Que du bonheur ( terminé )

Que du bonheur - Résumé - Prologue  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 05 mai 2009 20:11


CORRECTION !

RESUME

J'ai décidé d'améliorer un tant soit peu la chose, étant donné que ça me turlupinait depuis un moment. Alors voici donc le résumé de "Que du Bonheur" :

Daniel Pérez , bisexuel de 29 ans qui ne s'assume toujours pas, croit dur comme fer trouver le bonheur dans les bras d'une inspecteur de police violente, mais néanmoins sexy. Mais un jour, en face de son appartement, Tony emménage. Du haut de ses 22 ans, ce petit ange aux yeux bien trop bleu va chambouler la vie pépère du fougueux Pérez. Lui n'a plus qu'une idée en tête : devenir son plus proche ami, en tout bien tout honneur bien sûr. Mais les choses se corsent lorsqu'un autre homme se met à tourner autour du petit Tony et que le passé de celui-ci l'englobe d'un mystère envoûtant. Tant d'hommes dans sa vie !!!! Daniel voit pointer à l'horizon un sentiment bien connu qu'on appel : Jalousie. Combien de prétendants devra-t-il mettre au tapis?! Bref, Que Du Bonheur !

Comédie/Romance  Terminée !

Total : 1 prologue  ;  26 Chapitres  ;  1 épilogue  +  1 extra  +  1 interview

Avec en prime une musique spéciale du roman ! Comme une Bande Son Originale d'un film si vous préférez =)


PROLOGUE

le 24 Décembre

 

- Vas te faire foutre espèce de sale pédale !

    Thème récurent. Les jeunes l’appel le coming-out , moi j’appel ça une grosse-et-chiante-prise-de-tête et puis je ne suis plus tout jeune. Généralement, à vingt-neuf ans, notre orientation sexuelle est toute choisie. Pas pour moi. Il y a deux mois encore, j’en étais toujours au stade : cette fille a de jolis seins et ce mec a de superbes fesses! Aujourd’hui c’est terminé.

    Mais je m’éloigne.

    Je disais : récurent. C’est facile d’imaginer la scène : c’est la veille de Noël, la gentille femme attentive a noué son tablier blanc autour de sa taille gracieuse et s’occupe les mains en enfonçant des échalotes - ou des oignons j’en sais rien! - dans le cul de la dinde. Dis comme ça, je me marre. Dehors, il fait nuit, les flocons blancs tombent devant le ciel noir, les décorations de la ville brillent de mille feux et projettent leur lumières sur le plan de travail de la ménagère. Musique qui fait chialer. La caméra quitte le visage en larme, effondré, de la pauvre femme bafouée, recule très lentement, montre ses épaules secouées par des sanglots incontrôlables et puis enfin, il apparaît dans le cadre, lui, le mari. Le visage dur, les bras croisés. Il tient fermement sa position. Sa femme a beau être belle et délicate, cela ne l’a pas empêché de virer de bord. À présent, il est gay, il a caressé la langue de son voisin de pallier avec la sienne et il a aimé ça. La pauvre est en pleure, lui ne cillera pas. Il ne changera pas d’avis, ne retournera pas en arrière. Il a fait son choix. La caméra glisse sur un nouveau cadre. On revoit le visage de la femme en larme. Derrière elle, son mari baisse les yeux, un brin triste pour elle, puis s’excuse de sa voix grave. Il tourne les talons, l’abandonne dans sa cuisine, sort du cadre. En bruit de fond, une porte qui claque. On devine qu’il est sortit de l’appartement. L’image se fixe. Le nom du producteur exécutif apparaît en lettre blanche sur fond noir - un tantinet agressif pour les yeux. Pause puis : «  ce film est tiré d’une histoire vraie ». Coupure pub.

   Des mensonges. Dans la vraie vie, on ne suit pas le même scénario. C’est récurent, mais pas cliché.

    Premièrement, il fait gris, on est en plein jour. Les guirlandes de Noël de la ville ne sont donc pas illuminées. Elles prennent l’eau car il pleut, il ne neige pas. C’est une pluie fines et coupante, glaciale, qui s’insinue dans les moindres replis de votre manteau jusque dans le col pour venir vous mouiller la nuque. Très gênant. Deuxièmement, on est pas dans la cuisine mais dans le salon, et plus précisément : sur le tapis. Qu’est-ce qu’on peut bien faire allongé l’un sur l’autre sur un tapis qui gratte et qui n’est même pas beau en plus? On s’apprêtait à baiser. On est nu. Nos vêtements gisent éparpillé à la hâte autour de nous. On devine notre fébrilité. Alors qu’est-ce qu’il m’a prit?! Peut-être que je savais que je me brûlerais inévitablement les genoux sur cette carpette. Quoi qu’il en soit, c’est en plein échange … de fluides disons, que j’ai lâché ma bombe. Troisièmement, la femme ne pleure pas. C’est une femme forte, elle est belle, elle est blonde, elle est inspecteur de police - et là tout s’explique non? Elle n’est ni triste, ni abattue. Elle est folle de rage! Ses yeux noisettes m’auraient grillés sur place s’ils avaient été muni de rayons lasers thermiques - comme Superman. IL est fan de Bande Dessinée…Non, celui qui pleure c’est le mari. Enfin, moi. Daniel Pérez, émigré espagnol arrivé sur le sol français onze ans auparavant, garagiste par nécessité, grand, cheveux et yeux noirs, peau bronzé, carrure de boxeur bref, un beau gosse. Un beau gosse qui chiale pitoyablement au-dessus du corps offert de son épouse. La honte…Ah il n’a plus rien de fier le beau mari qui avoue son homosexualité!

    Donc comme je le disais, on est très loin de la scène que beaucoup aurait imaginé.

    Je pleure. Et pourquoi? Parce que je sais que je l’ai perdu. Je l’ai perdu lui. Et dire que j’ai cru dur comme fer que je pourrais l’oublier dans les bras d’une femme. Je ne bande même pas. Mais pourquoi est-ce que j’ai fais ça?!!! Après tout ce qu’on a traversé? Oui, j’ai les même pensées que la pauvre femme penchée sur son cul de dinde de Noël. Sauf que se n’est pas sur le cul d’une pauvre dinde qu’on farce que moi je suis penché. Quoi que…

    Noël…

    C’est durant ces fêtes qu’on atteint le record de suicide dit-on. La solitude pousse les gens à faire des choses incroyables les soirs de fêtes - surtout lorsqu’ils ont un coup dans le nez. Mais moi je ne suis pas seul, je suis avec ma dinde.

    Finalement si, je suis seul.

    Parce qu’il n’est pas là pour partager cette fête avec moi. Ç’aurait été notre premier Noël ensemble. J’aurais passé la soirée à lui faire l’amour. À cette pensée, mon cœur se serre et je pousse un long sanglot déchirant. Le visage de ma femme-dinde se tort de honte et de dégoût et elle me repousse. Je m’écrase lamentablement sur le tapis et me brûle les fesses - oui c’est très loin des genoux.

- Tu me fais gerber! lança la femme-dinde.

    Oui, je l’ai épousé pour sa délicatesse - en fait non, j’ignore encore pourquoi je lui ai passé la bague au doigt.

- Vas baiser tes tapettes connard de pédé!

    Et se n’est pas non plus pour son vocabulaire si richement garnie.

    Je pousse un nouveau sanglot. J’aimerais lui répondre que je ne peux pas, car j’ignore où il est en ce moment. Ni avec qui…

    J’aimerais tant changer ce qu’il s’est passé. J’aimerais tant… revenir en arrière…

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 1  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mercredi 06 mai 2009 20:16

le 31 Octobre

 

    Il m’a fallu un certain moment avant de me rappeler notre rencontre … Le jour d’Halloween. C’est une blague?

    Je travail donc dans un garage, qui avait appartenu à mon oncle maternel. Ma mère étant d’origine française, j’y avais de la famille. Mais cinq ans après mon arrivée, il est mort d’un cancer du poumon qui a finit par se généraliser. Je me souviens encore qu’il m’avait demander de le suivre dans son bureau crasseux au senteur d’huile de vidange. Il m’a annoncé la nouvelle ici, assit devant son bureau. Ce dont je me souviens le plus, c’est le tic-tac incessant de l’horloge murale en forme d’enjoliveur. Bref ! Il m’a donc tout dit ici. Comme quoi il n’aurait plus que quelques mois à vivre et que compte tenu de mon inexpérience dans le domaine, il ne pouvait me remettre son garage. Autant vous avouer que lorsque je suis arrivé en France, tout ce que je savais faire c’était donner des coups de poing et fumer comme un pompier. Je cogne et fume toujours mais au moins maintenant, je sais réparer une roue. Quoi qu’il en soit, celui qui se vit devenir garagiste en chef fut Philip Starkey, un grand ami de mon oncle qui avait fait ses études avec lui. Un homme que je n’arrive pas, mais alors pas du tout à renifler! Résultat, je suis toujours mécanicien, et bien dans mes baskets. Enfin jusqu’à ce que je le rencontre …

    Je disais donc : le jour d’Halloween. Et comme tous les jours - Halloween ou non - j’étais en retard. J’arrive pas à savoir pourquoi tous les matins je suis en retard ! Ça doit être hormonal … et si j’arrêtais de m’égarer?

    J’ai ouvert la porte de mon appartement, ma veste en cuir à moitié tombé sur mon épaule gauche et réalisé que je n’avais pas mes clefs de voiture. J’ai donc fait de mi-tour rapidement - la porte se refermant petit à petit dans un grincement - et saisit mes clefs, sur le petit porte-clef si utile qui permet justement, de ne pas oublier ces fichues clefs ! Et là j’ai entendu des voix. Et j’ai reconnu celle du propriétaire de l’immeuble. Et j’ai entendu sa voix, pour la première fois. Et, pour une raison que j’ignore, je suis resté près de l’entrebâillement de ma porte à l’écouter :

- Vous serez très bien ici jeune homme ! disait la voix du proprio - un homme que je n’ai jamais pu encadrer. Le voisinage n’est pas invivable et le quartier est agréable.

    Cet arnaqueur m’a servit le même discours quand j’ai emménagé y’a onze ans donc c’est pour dire! Sauf que moi, il m’a servi du Monsieur, pas du jeune homme …

- Merci Monsieur Ruchard, répondit-il enjoué.

- Bon donc on est d’accord, se sera cinq cent soixante-cinq euros par moi, le premier moi en cadeau.

    Quoi ! Et là je fais mon entrer. Je pousse la porte et surgit dans le couloir. Il est là, en face de moi, mais je n’ose pas le regarder. J’ai les yeux rivés sur cet homme ridé au cheveux délavé et teint grisâtre qui tient les papiers. Il a l’air soudain très gêné.

- Ah! Monsieur Pérez! Que je suis heureux de vous voir.

    C’est ça.

- Je vous présente votre nouveau voisin…

- C’est drôle, le coupais-je en m’appuyant nonchalamment contre le mur, faisant sautiller mes clefs dans la main gauche. Si je me souviens bien, mon loyer à moi quand je me suis installé était cent euros moins cher. Étrange non?

    Monsieur Ruchard passe du teint gris à l’écarlate, et il me fusille du regard. Je crois que j’ai manqué une belle occasion de me taire. Déjà que ce vieux chiant aime déranger les courriers de ses colocataires.

- Euh oui … oui bien sûr ! lance-t-il en rigolant, faussement joyeux. C’était une anodine petite blague!

    Il raille quelque chose sur les papiers.

- Quatre cent soixante-cinq euros donc … si vous pouvez signer ?

    Et il tend son dossier au jeune homme , et je croise son regard pour la première fois. Et j’en ai le souffle coupé. Des yeux si bleus, si pétillants de malice à cet instant, entourés de mèches de cheveux chocolat, il me remercie du regard. Et ce petit sourire en coin complice … s’en comprendre pourquoi, mon cœur s’est mis à battre plus vite. Il a continué de me regarder quelques secondes - qui m’ont paru une éternité - et il a tourné le regard pour signer.

    Monsieur Ruchard a récupéré ses papiers, les yeux baissés, et sans même un regard pour moi ou lui , il nous a souhaité une bonne journée d’une voix sourde et a dévalé les escaliers. Je le regarde disparaître et continu de fixer les marches après que la porte du hall de l’immeuble se soit refermée, un étage plus bas. Je refuse de croiser de nouveau son regard azur. C’est puéril je sais, mais je sens au fond de moi que si je le regarde dans les yeux je serais … envoûté.

- Merci …

    Irrésistiblement, je tourne la tête et CHBIM ! deux orbes de saphir en pleine face. Dieu merci, je suis assez maître de mes émotions pour ne pas rougir et bégayer comme une pucelle.

- De rien, répondis-je simplement en lui tournant le dos.

    Je claque ma porte et la ferme à clef.

- Je m’appel Tony.

    Je me retourne, croise de nouveau ses yeux trop bleus. Il me tend la main. Le sang pulse à mes oreilles. Je la serre. Ses doigts sont si fins dans les miens, sa peau est si douce contre la mienne, et son sourire est si chaleureux. Je prononce mon nom, le bourdonnement à mes oreilles devient de plus en plus fort, et je n’entend pas mes paroles. Tout ce que je sais, c’est que je me suis présenté au moins. Même si je ne me souviens pas avoir ordonné à ma bouche de commettre l’irréparable.

    Il penche légèrement la tête sur le côté, souriant malicieusement. Néanmoins, je perçois une certaine réserve timide derrière ce sourire engageant.

    Nous restons un moment à nous regarder, nous serrant toujours la main. Puis il finit par baisser les yeux et pouffer doucement, le rose aux joues. Mon cœur explose. Je retiens mon souffle.

- Je pourrais récupérer ma main? demande-t-il doucement, gêné.

    Je cligne des yeux, et revenant à la réalité, réalise qu’il a tenté de desserrer ma main mais que moi, je tiens toujours fermement la sienne. Je la lâche vivement, comme si je m’étais brûlé, étonné moi-même de ce qu’il venait de se passer. Doucement, il se masse la main dans un sourire contrit. Apparemment, je la lui ai serré un peu fort. Un peu honteux, je secoue la tête et détourne le regard.

- Euh … je vais être en retard au boulot.

    J’entend ma voix retentir entre les murs en béton du couloir dans lequel nous venons de faire connaissance, grave et sonore, sans que j’ai ordonné les mots, encore une fois. Puis, rassemblant mon courage, je descend les marches sans un regard en arrière. Je sens ses yeux bleus brûlés ma nuque, devinant qu’il me suit du regard dans la cage d’escalier.

    Une fois au rez-de-chaussée, j’entend encore son nom raisonner dans ma tête. Je me souviens encore de ce que je me suis répété à cet instant : mais reprends-toi! Ça n’est qu’un gosse ! La vingtaine à tout casser, ce qui explique pourquoi il a si facilement faillit se faire plumer par Ruchard. Non mais franchement, payer un soixante-cinq mètres carré près de six cent euros. N’importe quoi. Il est bête ou quoi? Naïf peut-être … un petit innocent dans un monde de brute.

    Je secoue la tête.

    Vraiment n’importe quoi ! J’ai vraiment besoin de vacances moi. Perdu dans mes pensées, je manque de percuter un homme en sortant de l’immeuble. Je l’identifie rapidement : veste et jean noir, lunettes noires, cheveux noirs, clope au coin de la bouche…un mafieux?

    Je le suis du regard. Il monte les escaliers d’un air pataud, un peu lourd. Impossible de dire son âge avec certitude. C’est une manie ça chez moi, d’essayer de deviner l’âge de tous ceux que je rencontre. Une manie qui me fait chier.

    Je monte dans ma voiture bleue. Quelques minutes plus tard, j’arrive au garage. C’est calme, l’humidité de la nuit a remplie la cour de flaque d’eau froide, et le ciel gris accentue encore la couleur du bitume. J’avance.

- PEREZ !!!

    Et voilà ça commence.

Philip Starkey se rut vers moi, habillé d’un jean délavé qui a connu des jours meilleurs et d’un pull marron aux manches trop larges. Ses cheveux couleur cuivre sont en bataille et ses yeux fatigués brillent comme de l’ambre. Un homme d’une quarantaine d’années qui a su, malgré les ans, resté … attractif.

- Putain t’es encore en retard! hurle-t-il.

    Et aussi chiant qu’une femme ménopausée.

- Dépêches-toi de t’habiller, m’ordonne-t-il en me jetant ma combinaison bleue, tu dois t’occuper de la voiture de Madame Foster, elle s’est encore encastrée dans une boîte aux lettres et son crétin de chien s’est lâché sur la banquette arrière.

    Il fait demi-tour et me crie par-dessus son épaule :

- Et vas me chercher Doug et Karl ! Ils m’énervent à se tripoter la nouille dans l’arrière boutique ces deux-là!

    Et voilà. La journée commence à peine et je comprend déjà pourquoi celui qu’on surnomme ici : Philou, n’est toujours pas marié à quarante-trois ans.

 

Euh la, Gabie aurait aimé vous pondre quelque chose de plus long

-_-" Mais, quand tout est dit, que dire de plus?

{#}

 

Ps : et voilà Plaisance! J'ai augmenté la taille de police {#} si tu veux plus gros dis-le moi

{#}

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 2  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 09 mai 2009 18:04

le 2 novembre

- Putain je suis encore en retard !

    Malgré tout, j’ai continué ma petite routine. Je ne l’ai pas vu pendant deux jours à travailler comme un fou et à vrai dire, j’ai tenté de ne plus y penser. Pourtant, chaque fois que je sors de chez moi, je ne peux m’empêcher de regarder sa porte. Sortira sortira pas?

     Et ce matin - encore en retard - j’attrapais mes clefs quand mon téléphone sonna. Bon sang, ils sont contre moi c’est pas possible? C’est Philou qui va encore s’énerver je le sens. Je décroche.

- Mais quoi bordel? hurlais-je en rabattant ma veste sur mon épaule.

- Salut étalon de mes rêves.

    Ma femme-dinde.

- Je suis en retard là! soupirais-je en souriant néanmoins.

- Je passe te voir ce soir. Je te préviens histoire qu’on ait autre chose à manger qu’un croûton de pain.

- Ah la dernière fois c’était cas de force majeur.

- Mais oui c’est ça.

    J’ouvre ma porte en bataillant pour la refermer avec une main prise.

- Écoutes, je vis à deux cent à l’heure, je bosse vingt quatre heures sur vingt quatre je n’ai même pas le temps de m’acheter à bouffer alors demandes pas monts et merveilles non plus !

    J’attend une réponse qui ne vient apparemment pas. J’ai enfin réussit à refermer ma porte à clef. Je regarde mon portable. Plus de batterie. C’est ça quand on fait attention à rien le soir en rentrant sauf à faire gaffe de ne pas en mettre partout quand on se branle devant un film porno.

    Je range mon portable d’un geste furieux en marmonnant :

- Putain c’est pas vrai connerie de chiotte de merde!

    J’entend un rire bref puis :

- Bonjour.

    Je me retourne vivement, prit sur le fait. J’ai l’impression d’être un enfant désobéissant qu’on aurait prit en flagrant délit de bêtise.

- Euh …

    Mais c’est pas vrai j’ai perdu mon cerveau entre hier et aujourd’hui au quoi? Tony me sourit - et pourquoi je me souviens de son nom ? Ses yeux sont plus clairs, ses cheveux défaits lui chatouillent les épaules, ce tee-shirt qui ne semble pas être le sien pend sur son épaule. Il n’a ni sac ni manteau. Juste ses clefs et ce sourire épanoui. Il a découché cette nuit. Malgré moi, mon cœur se serre.

- Désolé, lâchais-je en détournant le regard.

    Il rigole.

- J’ai entendu votre conversation, reprend-il doucement, je travail au Leader Price de Boissy. Pendant ma pause je peux vous faire quelques courses si vous voulez? Enfin, je vous dois bien ça.

    Je lui ai évité de se faire plumer par un crapuleux c’est pas vraiment comme si je lui avais sauvé la vie monté sur mon noble destrier. Mais je mœurs d’envie d’accepter son offre, ça me permettra de le voir plus souvent et d’abuser de son temps … Quoi?!

- Non merci, répondis-je brusquement.

    Il perd son sourire et baisse les yeux. Apparemment, il ne s’attendait pas à ça. Légèrement honteux, je l’ignore, le contourne et descend les escaliers. Non mais n’importe quoi!! Ma fiancé m’appel trente secondes avant pour m’informer que je risque de passer une nuit de folie - et Dieu sait combien j’en ai besoin - et moi j’ai envie de draguer un mec! Qui, cela dit en passent, à l’air bien plus fragile et doux au toucher que ma blonde. Stop ! Mickael Jackson sort de ce corps, je ne suis pas intéressé par les petits garçons. Je me serais fais prêtre catholique j’aurais eu un succès fou.

    Arrivé au boulot, même place de parking, même atmosphère gris - la pluie en plus - et même supérieur névrosé qui me chie sur les pieds.

- Pérez t’es encore en retard!! hurle Philip Starkey.

- Sans blague, marmonnais-je.

- Quoi?

- J’ai rien dis.

    Cette fois, Karl et Doug sont là. L’un est penché sous le capot ouvert d’une fiat et l’autre tente de redresser une carrosserie qui a connu des jours meilleurs.

- Salut Dany! me chantent-ils en cœur.

     Je leur répond aussi positivement que je le peux et pars me changer. J’enfile ma salopette bleue - oui à mourir de rire, il ne me manque plus que la moustache - et prend un café-jus-de-chaussette offert par la maison. Et après Philou a le culot de dire : c’est moi qui régale.

    Je sirote mon truc immonde en repensant à ce qu’il s’est passé dans l’immeuble. Il voit quelqu’un? Qui? Une fille ou un garçon? Pourquoi est-ce qu’il a l’air si mignon? Grand Dieu quand je repense à son sourire. Ses yeux …

- DANY !!

    Je sursaute et me retrouve nez à nez avec Philou.

- Bah cris pas j’suis pas sourd, râlais-je de mauvaise foi.

- Tu te fous de ma gueule ou quoi ça fait trois plombes que je t’appels!

    Il a l’air de bonne humeur lui comme toujours.

- Aujourd’hui tu changes les plaquettes de frein de l’Audi bleu et j’attend Madame Gomez qui vient pour faire changer les pneus de son Kangoo tu t’en occuperas.

- À vos ordres Saïd.

    Il semble vouloir faire demi-tour pour me balancer une de ces vannes bien piquantes dont il a le secret puis se ravise au dernier moment en soupirant. Il sort de la salle de repos. Trop fatigué pour vanner ! Ça cache quelque chose. Karl arrive tout souriant dans la pièce.

- Alors grand Dan, me lance-t-il joyeusement, on a trop fait la fête et on peut plus se lever? J’avoue que je préfère un beau connard bien monté mais ta blonde c’est quelque chose!

    Ah, ma femme-dinde soulève bien des polémiques.

- Je peux te poser une question? lui demandais-je le plus sérieusement du monde.

- Non.

- Le Leader Price à Boissy, tu sais à quelle heure il ferme?

     Il me regarde, un sourcil au garde à vous, et son gobelet de jus de chaussette fumant - oublions le terme : café - touchant ses lèvres.

    19h00

    Plutôt que de rentrer directement chez moi, je bifurque vers Boissy. Selon une source sûre - Karl en fait mais c’est pas grave - ce petit supermarché de village ferme à dix-neuf heures quinze. J’ai le temps. En onze ans, je n’ai mi les pieds qu’une seule fois dans cette superette, et j’ai du mal à retrouver l’entrée - quelle idée de la planquer derrière des hangars aussi. Alors que ma voiture approche du parking, mon esprit pèse le pour et le contre. Pourquoi le ramener? Parce qu’il me plait c’est évident. À quoi ça va me mener? À une histoire de sexe avec un peu de chance. Et c’est bien? Non. Alors pourquoi tu vas le chercher? Parce que le cœur a ses raisons que la raison ignore.

    Bon sang ce qu’elle est pourrie mon excuse!

    On recommence : pourquoi le ramener? Parce qu’il est gentil avec moi et j’ai été un vrai con avec lui ce matin. À quoi ça va me mener? À devenir son ami, et rien d’autre que son ami.

    Ah cette fois ça me plait !

    Ma voiture pénètre sur le parking et là, d’un brusque coup de frein, je stoppe. Devant moi, le parking est vide mis à part deux voitures que je devine appartenant à deux employés, et une moto. Noire. Appuyé dessus, un homme fume. Je le reconnais. Long cheveux noirs, veste noire, jean noir, lunettes noires. Une allure de mafieux d’abord, puis de vieux motard à présent. Il s’agit de l’homme que j’ai croisé deux jours plus tôt, peu après ma rencontre avec Tony.

    Sa tête se tourne vers moi. L’air lourd chargé d’humidité a grisé le ciel et rendu glissante la chaussé. Cela plombe l’atmosphère dans une étrange scène de film noir. Je devine son regard sur moi. De la fumée s’échappe de sa bouche lorsqu’il expire, sa cigarette à la main. Au loin : un grondement sourd. La pluie s’apprête à tomber de nouveau et cette fois, il y aura un orage. Grave et violent. Mon moteur gronde.

     Soudain, il tourne la tête vers le magasin. Il se relève, je n’existe plus. Un mouvement attire mon regard également et un groupe de gens s’extirpe de derrière une grille blanche. Un grand homme, deux femmes minuscules et Tony. Mon cœur s’arrête quand je le vois qui sourit. Mais ce sourire ne m’est pas adressé. D’un geste fluide du bras, il fait un signe d’au revoir à ses collègues et avances vers le motard qui vient d’écraser sa cigarette du pied. Il lui sourit, lui parle. Sans demander mon reste, je tente de me faire le plus discret possible avec ma voiture et ressort du parking. Un coup d’œil dans le rétroviseur intérieur m’indique qu’il ne m’a pas vu. Qui n’a même pas pensé un seul instant à regarder ma voiture.

    J’ai désormais des réponses à mes questions : il est gay. Mais il n’est pas libre.

Ah cette fois Gabie a réussit un truc qui lui plait ! Comme quoi le Yaoi peut aussi être source d'auto-satisfaction ( y'a aussi peut-être le fait que j'ai fumé deux pètes avant d'écrire mais ça, on va éviter d'en parler XD )

{#}

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 3  (Que du bonheur ( terminé )) posté le dimanche 17 mai 2009 12:14

le 9 novembre

- Ça t’écorcherais la gueule de nous dire ce qu’il se passe?

    Une semaine déjà que j’ai grillé Tony et ce motard et je ne m’en remet toujours pas. Bien sûr, il m’arrive de le croiser dans l’immeuble, étant voisin de palier je ne peux y échapper, mais on se contente de se dire bonjour ou bonsoir. Rien de plus. Je le vois bien dans son sourire ou dans son regard qu’il aimerait pousser la conversation un peu plus loin : « Salut ça va? Moi ouais, belle journée non? Alors tu vas faire quoi aujourd’hui? » Bon d’accord, là c’est moi qui fantasme.

    Bref, là je suis dans un café-bar avec mes deux collègues de travail, Doug et Karl - oui c’est la pause du midi - je suis devant ma bière fraîche et je me contente de tourner doucement mon verre dans ma main. Perdu dans mes pensées. Bien évidemment, la semaine dernière, ma femme-dinde est arrivée au beau milieu de la nuit et s’est incrustée dans mon lit. Résultat, ça fait du bien. Mais, quand je me suis levé le lendemain elle est déjà parti et toutes mes interrogations sont revenues en même temps que son absence.

- Youhou y’a quelqu’un?

    Je lève les yeux de mon verre. Karl me fixe, inquiet, alors que près de lui, Doug est occupé à batailler contre le cellophane qui recouvre son sandwich.

- T’es complètement dans la lune en ce moment, reprend Karl, t’es sûr que ça va?

    Je marmonne et avale une gorgée de bière.

- Dis-moi, y’aurait pas une fille dans l’histoire?

    J’avale de travers et toussote en grimaçant. Il est con lui ! Doug rigole et chiffonne le cellophane dont il a enfin réussit à se débarrasser.

- Réfléchis un peu crétin, lance-t-il en souriant, si c’était une fille il ne serrait pas là à se décarcasser. Il l’aurait déjà sauter et basta.

- T’as raison.

    Ils sont vraiment con ces deux-là.

- Moi je pense qu’il s’agit plutôt d’un mec, continue Doug en me lançant un regard intéressé.

- Vous les gays vous voyez des homo partout, rétorquais-je, je me pose juste des questions sur Katy, je me demandes si j’ai bien fais. On se marie dans deux mois et c’est à peine si on se voit.

- Pouce, coupa Karl les sourcils froncés, c’est qui Katy?

    Je soupire.

- Ma blonde, répondis-je.

- Ah.

- Et ? marmonna Doug, un bout de sandwich dans la bouche.

    Je soupire une nouvelle fois.

- Toute façon vous vous en foutez carrément, repris-je en regardant les passants par la vitre.

- Exact, reprend Karl, nous tant qu’on peut baiser le reste on s’en fou.

    Doug se met à rire.

- Tu ne serais pas bi par hasard ? me demande-t-il souriant.

    Il veut vraiment pas lâcher le morceau.

- Vous me faites chier !

    J’abandonne ma bière et dépose un billet de dix euros sur la table pour sortir. Une fois dehors, je soupir et me dirige vers ma voiture.

    Bon c’est vrai, je suis bi, et alors? C’est pas comme si j’avais éprouvé le besoin de draguer un mec depuis que j’ai rencontré Katy cinq ans auparavant. Je m’arrête. Cinq ans déjà ! C’est inhumain de rester si longtemps avec une fille qui tue des criminels en puissance et utilise un flingue dès que l’occasion se présente. À vrai dire, si je me souviens bien, ma première expérience sexuelle je l’ai eu avec un garçon.

    Je monte dans ma voiture.

    Comment c’était son nom déjà? Ricco. C’était mon meilleur ami si je me souviens bien. On avait quinze ans, on s’emmerdait, et y’avait pas de fille à l’horizon résultat, est arrivé ce qui devait arrivé. Et j’avoue que c’était drôlement bien! Et puis, trois ans après j’arrive ici, en France, je collectionne les filles, les coups d’un soir. Et puis l’une d’elle n’est jamais repartie de ma vie. Et je me suis dis : pourquoi pas? Avec ce mariage, je vais pouvoir faire sortir ma petite sœur d’Espagne et la faire vivre chez moi. Moi marié, elle aurait un endroit stable et calme pour continuer ses études et reprendre une vie normale après ce drame qui nous a séparé il y a onze ans … Mais ça ne veut pas dire que j’ai un jour renoncé aux garçons. Je me souviens encore comme c’était bien avec Ricco. Faudrait que je retente un jour.

    Non non et non ! Je suis tout de même plus fort que ça !

    Je laisse ma tête tomber sur le volant en cuir. Je vais me marier bon sang ! Passer les quarante prochaines années de ma vie avec une femme absente - le rêve de tout homme - et apprendre à mon fils que fumer c’est mal avant de lui offrir sa première clope et comment draguer les filles.

    Et rien que pour me prouver que je peux le faire, je vais devenir ami avec Tony et rien que son ami !

    Parfaitement remonté, j’accepte mon duel et met ma voiture en route. Dès le lendemain, je m’atèle à ma tâche.

Le lendemain justement

    C’est pas vrai ça je suis encore en retard ! Mon horloge biologique doit être déréglée. Ça se peut ça chez un homme ?

    Je sors en hâte, comme toujours, et m’arrête, les clefs de mon appartement en main, la porte entrouverte. Il est là, devant moi. Il vient de fermer la porte. Le motard aux longs cheveux noirs me regarde. Cette fois, il n’a pas ses lunettes. Ses yeux noirs sont ternes, froids, et son visage de marbre ne laisse rien transparaître de ce qu’il peut penser en cet instant. On se dévisage. Est-ce qu’il me reconnaît?

    Soudain, un rictus méprisant étire ses lèvres. Il se détourne de moi et commence à descendre les marches vers le rez-de-chaussée de l’immeuble. C’est une impression où il sort justement de l’appartement de Tony? À peine ais-je le temps de disserter sur cette question que ledit Tony sort en trombe dudit appartement et se ru dans les escaliers en me snobant royalement. Mon cœur manque un battement. Non pas parce qu’il ne m’a pas remarqué, mais parce qu’il est encore en pyjama. Un ample tee-shirt gris, sur lequel des coquillages aux couleurs bleues fatiguées dessinent des formes harmonieuse, s‘arrête sur ses cuisses et pend sur l‘une de ses épaules chatouillée par ses cheveux défaits. Ses jambes mises à nues découvrent une peau d’ivoire qui semble si douce, si tiède et ses pieds nus si petits.

    Je déglutis.

    Il tend quelque chose au motard qui s’en empare. Ils se murmurent quelque chose. Ils ont l’air complice, si complice que je ne peux me détourner d’eux. Le motard me lance un regard pénétrant et je finis par baisser les yeux. Finalement, ils se séparent et Tony remonte les marches.

- Oh ! s’étonne-t-il tout sourire. Bonjour Daniel.

    Il passe près de moi et s’apprête à retourner chez lui. Le fait de l’éviter si longtemps à créer une petite barrière entre nous. Qu’est-ce que je peux être bête !

- Euh … tentais-je incertain.

    Il se retourne, les yeux brillants. Et qu’est-ce que je fais maintenant?

- Je … j’aimerais te demander un petit service.

    Bon sang ! Du cran! T’es un Pérez oui ou non? ! Tony a plongé ses yeux bleus dans les miens. Il attend, plein d’espérance. Son regard est décidément trop brillant.

- J’ai vraiment pas le temps de faire quelques courses en ce moment alors, si ta proposition tient toujours …

- Oui bien sûr !

    Il s’approche de moi tout souriant. Tout ce qu’il y a de plus innocent. Mais ses yeux … pourquoi brillent-ils tant?

    Je sors la petite liste - cinq lignes écrites au critérium sur un post-it jaune - de ma poche et lui tend. Il la saisit doucement de ses doigts fins et me sourit sincèrement.

- Je ne travail pas aujourd’hui, me dit-il joyeusement, j’irais cet après-midi. Vous les aurez ce soir.

    Décidément il est trop mignon. Je souris, franchement attendri.

- Tu peux me tutoyer, dis-je dans un sourire.

    Ah !!!! Je suis en retard !!!

- Je te laisse! repris-je alarmé. Je suis vraiment à la bourre. À ce soir !

- Oui à ce soir …

    Je dévale les escaliers sans un regard en arrière, ramené à la réalité. Je suis grave en retard, et c’est Philou qui va encore m’incendier ! Mais, si seulement j’avais prit la peine de me retourner une petite fois, j’aurais croisé son regard brillant de joie et ce sourire béa affiché sur ses lèvres. J’aurais peut-être aussi entendu ce murmure :

-… Daniel.

...

Gabie n'est vraiment pas contente de ce qu'elle vous écrit pour l'instant mais si je fais avancer l'histoire trop vite vous allez finir par ne plus rien comprendre. Ne désespérez pas, n'oubliez pas que c'est un Thriller ^^

{#}

Ps : Salut Morganelafee02 ! Je suis impressionnée de voir qu'une ancienne lectrice de " Entre eux deux " est toujours fidèle à ce blog 0_o et pour répondre à ta question je dirais : oui ^^ mais seulement pour cette fic-ci =) je suis désolé, ça risque d'être ennuyeux pour toi =(

Bisous, et merci d'être là !

{#}

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 4  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 23 mai 2009 14:42

Le soir même

    Arrivé devant sa porte, je lève le poing. Il faut que je frappe. Allez frappe ! Pourquoi tu frappes pas? J’ai attendu ce moment toute la journée et voilà qu’arrivé devant son appartement, j’ai un gros bogue. Il est sept heures du soir, je risque de le déranger non? Allez bon Dieu t’es un Pérez oui ou merde!!!

    Je frappe.

    Quelques secondes plus tard, il ouvre. Il me sourit, ses cheveux sont mouillés, il porte un jogging large et un ample tee-shirt. Pourquoi s’obstiner à porter des fringues pareils alors qu’il est si sexy?! Stop! Qu’est-ce que je viens de dire là?

- Bonsoir Daniel.

- Bonsoir.

- Entres tes courses sont là.

    Je pose un pied dans son appartement. Il est identique au mien à une chose près : c’est bien rangé, ça ne sent ni la clope, ni le renfermé. Bon d’accord, ça fait trois choses.

- J’y suis allé en début d’après-midi, me dit-il en ouvrant son frigo, alors je les ai mi ici en attendant. Mais, tu veux peut-être boire quelque chose avant non?

    Madre de Dios * ! Il m’invite ! Qu’est-ce que je fais qu’est-ce je fais !!!! Calmes-toi et réfléchis. Tu viens de passer toute la journée penché au-dessus d’un moteur qui fuis, tu pus l’essence et le cambouis résultat : tu chlingues!

- Non merci, répondis-je, c’est gentil mais j’ai besoin d’une douche le plus vite possible.

    Il sourit.

- Oui excuses-moi.

    Je le regarde s’emparer d’un sac de course et ranger le tout dedans.

- Et puis j’ai pas trop envie de te déranger, ton petit ami ne devrait pas tarder.

    HEIN ?!!!?

    Qu’est-ce que je viens de dire là?! Tony s’arrête, redresse la tête et me regarde. Son regard bleu emplit d’indécision et de gêne. Mais je suis con ou quoi?

- Qui ça? me demande-t-il doucement.

- Bah, l’homme qui est sorti de ton appartement ce matin.

    C’est décidé, je rentre chez moi et je me jette par la fenêtre. Tony a un petit sourire gêné.

- Ray c’est, juste un ami. Je … je suis orphelin et il est le seul qui se soit occupé de moi alors, je lui dois beaucoup.

    Je sens mon cœur s’accélérer alors que l’allégresse me fait tourner la tête. Il est orphelin, lui aussi ! C’est trop beau pour être vrai. Tony referme son frigo.

- Désolé, lui dis-je sans pouvoir m’arrêter de sourire, c’était vraiment très con.

    Il rigole et me tend le sac. Mes mains sont fébriles.

- C’est rien, dit-il en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille, j’avoue que ça peut porter à confusion.

    Petit silence gênant.

- Bon, je te laisse, déclarais-je enfin.

    Il m’ouvre la porte et, une fois dans le couloir, je me retourne.

- Combien je te dois au fait?

- J’ai mi le ticket dans le sac, me dit-il, tu n’auras qu’à me rembourser demain.

    Il me tend la main. Je la sers. Ces doigts sont si fins dans ma main.

- Alors à demain.

    Je me tourne vers mon appartement et j’entend sa porte se refermer dans mon dos. Si seulement j’avais eu les même rayons X que superman, j’aurais pu voir Tony, appuyé contre sa porte, porté sa main aux odeurs d’huile de moteur à ses lèvres.

    Je dépose la sac au pied de mon propre frigo et soupir. Et bien, c’est une bonne nouvelle ! Ce dénommé Ray n’est qu’un ami, j’ai toutes mes chances.

    Ah non c’est vrai, Tony un pote et rien qu‘un pote.

    Je me laisse tomber dans mon canapé et m’empare de mon téléphone. J’ai besoin de lui parler.

- Holà ?

- Buenas tardes guapa, esta mi.

- Daniel ?

- Sì.

    Et je l’entend rire, s’émerveiller et commencer à me raconter sa journée avec empressement.

    Ma gorge se serre et des larmes coulent sur ma joue. Comme tu me manques …

...

Le lendemain matin

    Je suis encore en retard. Oui je sais, ça devient rébarbatif. Mais je ne comprend pas, quand je me réveil pourtant, je suis à l’heure, et après ma douche j’ai déjà un quart d’heure de retard! C’est incompréhensible.

    J’ai passé plus d’une heure au téléphone avec ma sœur hier soir et ça m’a fait énormément de bien. À l’entendre si heureuse comme ça, à des milliers de kilomètres de moi, je me sens si inutile, si étranger. Et dire que cela fait déjà onze ans qu’on ne s’est pas vu. Mais, si seulement mon oncle et ma tante - qui sont désormais ces tuteurs - n’étaient pas si chiants. Ils refusent que je la vois, selon eux je ressemble beaucoup trop à mon père. J’aurais préféré que non …

    Dans le salon, un gâteau petit Lu dans la bouche, j’attrape mon blouson, mes clefs, et m’apprête à ouvrir la porte lorsque je remarque enfin quelque chose. Un bout de papier à été glissé sous ma porte. Je me baisse, m’en empare et le lis :

...

« T’es un homme mort »

...

    Stoïque, complètement paralysé, mes yeux ne peuvent se décoller de ces quelques mots. C’est quoi cette farce?!

    Je le chiffonne et le jette dans le salon sans plus de cérémonie. C’est pas une petite blague d’adolescent qui va me faire peur. Je ferme ma porte à clef.

    Seulement, j’étais loin d’imaginer que cette petite menace allait apporter de si grands dangers …

...

Gabie est heureuse <3 Bon, vous avez sans doute remarqué que, plus ça va, plus je rajoute de fic dans le premier article? Et bien ne vous en faites pas, génralement elles ne dépasseront pas les 20 chapitres ^^

Alors sinon, ça vous plait pour l'instant ?

{#}

* = n'oubliez pas que Dany chéri est Espagnol {#} 

Ps : MISAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaa Grand Dieu ( avec des majuscules s'il te plait XD ) que je suis contente de te revoir! Non je ne te fuyais pas ma belle ! Seulement, en reprenant ce blog impossible de te mettre la main dessus =( effectivement si tu n'as plus de blog c'est pas évident XD en tout cas je suis vraiment contente de te savoir ici, tu m'as tellement manqué {#}

 

 

 

 

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS