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Que du bonheur ( terminé )

Que du bonheur - chapitre 25  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:22

    Je sais pas si vous voyez le truc. Mettez-vous un peu à ma place. Y’a dix secondes, je me mettais dans une colère noire et envoyais mon poing dans la tronche d’un capitaine de brigade de Paris. Trois secondes plus tard, je découvre un cadavre. Le temps d’analyser la situation - environ cinq secondes - puis de prendre une décision - environs deux secondes - et me voilà en train de monter quatre à quatre les marches de l’escalier de service emplie de colère, de peur et d’adrénaline. Et puis, autant l’avouer, le sport c’est pas ma tasse de thé - j’aurais dû commencer par là je crois. Alors arrivé au troisième étage, voilà que je souffle déjà comme un bœuf.

    J’aurais peut-être mieux fait de ne pas sonné Ray à moitié, et peut-être même que j’aurais dû commencer par le prévenir. Mais en même temps, un dingue est peut-être en ce moment même dans le studio avec Tony. La terreur remplace la peur et je redouble d’effort. Arrivé au cinquième, un cri me glace les sangs. Je m’arrête.

    J’entends la porte de service un étage plus haut, des pleurs, des bruits dans les escaliers puis je réceptionne Tony au cinquième. Il se jette dans mes bras.

- Dany ! Il est là, me dit-il affolé, il est là !!

    La terreur dans son regard me fait perdre quasiment tous mes moyens. En réalité non. Vu le sang qui coule de sa lèvre inférieur fendue et l’état de sa chemise de nuit - quelle idée de rester dans cette tenue toute la journée aussi - qu’on aurait déchiré au niveau de l’épaule, j’imagine bien ce que ce connard là-haut a tenté de lui faire. Ne me reste qu’un seul sentiment. La colère, muée en rage. Paniqué, Tony m’attrape par la main et me tire.

- Viens, me supplie-t-il, viens j’t’en prie ! Il arrive il est là !!

    Je vais le dérouiller !

« Tu as quelqu’un à protéger. »

    Cette voix dans ma tête … maman ? Je cligne des yeux. Oui. D’abord, mettre Tony en sûreté.

    On inverse les rôles. Je lui attrape le poignet et le tire pour descendre les escaliers. Premier arrêt : Ray Monroe, en espérant qu’il est pas filé sur sa moto. Ensuite : faire équipe - mon Dieu j’aurais jamais cru ça possible - avec lui et faire regretter à ce Gabriel d’avoir touché à MON Tony ! Beuh comment ça Ray avait raison ?

    Un hurlement furieux raisonne depuis l’étage. Bon Dieu c’est lui ça ?! On aurait di un grizzly ! Malgré moi, je tremble. Je resserre le poignet fragile de Tony dans ma main. Tiens le coup ! Avec le peu qu’il a mangé et les blessures qu’il s’est infligé le matin-même j’ai peur que … il s’écroule deux étages plus bas - on en est donc au troisième. J’ai tout juste le temps de m’arrêter et de le réceptionner avant qu’il ne touche le sol. Un peu plus haut, des pas furieux font trembler les escaliers et un cri dément retentit :

- Pérez !!

    C’est après moi qu’il en a. Ok, il m’a trouvé. De toute façon Tony n’a plus assez de force pour fuir. Il tremble, il halète, son poignet gauche saigne de nouveau. Je le dépose doucement au sol et me redresse puis remonte les escaliers un étage plus haut, attendant Gabriel de pieds fermes. J’entends Tony qui me supplie faiblement :

- Non Dany j’t’en prie, sauves-toi …

- J’ai assez fuis, murmurais-je pour moi-même sans être sûr qu’il m’entende.

    J’ai fuis toute ma vie, c’est terminé maintenant ! Gabriel arrive enfin, et désormais seul un escalier d’acier, un étage nous sépare. C’était bien lui, celui que j’avais pris pour un Bob - le numéro 4. Il a toujours son costume d’agent secret raté sur lui mais a abandonné sa veste et les premiers boutons de sa chemise blanche sont ouverts. Il a laissé tomber sa perruque blonde et je remarque avec haine qu’il lui manque sa ceinture à son pantalon.

- Qu’est-ce que t’as essayé de faire salopard ! ais-je hurlé.

    Il m’a sourit et j’ai eu la trouille. C’était un sourire de malade, de dingue, de psychopathe. J’étais en bas des marches, lui en haut, par conséquent sa carrure - déjà impressionnant d’après la description qu’on m’en avait fait - paressait irréel. Je me suis peut-être un peu avancé en affirmant que je ne fuirais plus. Mais bon, c’est pas comme si j’avais le choix, Tony n’est plus vraiment en état de courir. Soudain, le sourire de Gabriel disparait et je jurerais devant Dieu que ses yeux bleus ont viré au rouge.

- Je vais te crever, m’a-t-il dit d’une voix incroyablement neutre, plate, sans aucune émotion.

    Puis il s’est rué en avant dans un cri. Si je me souviens bien : deux mètres et quatre-vingt dix kilos c’est ça ? Bah lorsque je l’ai réceptionné et qu’il m’a écrasé de tout son poids contre le mur derrière moi, j’ai plutôt eu l’impression de rentrer de plein fouet dans un deux tonnes. L’escalier qu’il a dévalé aidant sûrement, il m’est tombé dessus a une sacré vitesse. J’ai juste eu le temps de me dire qu’un buffle me fonçait dessus que j’avais déjà le souffle coupé. Quelque chose en moi s’est brisée. Ma côte. Salope !

    Dans un moment pareil quand vous vous rendez compte qu’il vous manque vingt centimètres et dix bons kilos de muscle pour venir à bout de votre adversaire, vous voyez votre vie défiler, comme un petit film. Bah nan c’est faut. Moi j’ai surtout revu Olaf Rudkarsav, un soviétique qui fut mon entraîneur de boxe pendant huit ans en Espagne. Et j’ai entendu sa voix : « Lèves les mains Pérez bordel de merde! Protèges ton visage ! Encaisses et frappes encaisses et frappes ENCAISSES ET FRAPPES ! » J’ai encaissé et frappé.

    Dès que Gabriel a levé le poing, j’ai levé les bras et protégé mon flanc fragilisé et mon visage puis, profitant de son étonnement face à mon reflexe digne de Rocky Balboa, j’ai riposté pour le frapper en plein estomac. Bah, autant vous le dire tout de suite, ça fait très mal d’envoyer son poing dans un mur de béton ! Nan j’ai pas bêtement raté ma cible et tapé dans le mur, j’ai bel et bien atteint Gabriel seulement, non seulement j’ai eu mal à la main, mais en plus lui n’a pas chancelé de plus de deux centimètres et plutôt que de lui faire perdre sa belle assurance, je l’ai mi méchamment en colère.

    Alors j’ai fais ce que tout boxeur fait quand il sent que la situation est critique pour lui - nan j’lui ai pas mordu l’oreille ! - je me suis accroché à lui. Seulement, je ne me doutais pas un seul instant qu’avec mes quatre-vingt kilos je serais autant gênant pour lui que l’aurait été un moustique. Il m’a tout simplement soulevé. Je me suis senti décoller du sol et là j’ai réalisé à quel point ma tactique fut minable, pour me rendre compte lorsqu’il m’a balancé dans les escaliers, que le mieux avec Gabriel Kendallson c’est pas de jouer au plus fin, c’est de faire front et advienne que pourra.

    J’ai fais un sacré roulé boulé dans les escaliers et atterrit un étage plus bas, tout près de Tony, momentanément aux abonnés absents. Tony s’est accroché à moi, en larmes et son touché m’a aidé à garder conscience. Des points noirs dansaient devant mes yeux et je sentais que si je ne me concentrais pas, je tomberais complètement dans les pommes. Malgré ma semi-conscience, j’ai vu Gabriel dévaler les escaliers et soulever Tony par le bras, lui arrachant un cri de douleur mêlé à la terreur. Dans un dernier effort pour le protéger, j’ai tenté de l’agripper. Mais je n’avais plus aucune force. J’ai laissé ma tête tomber mollement au sol.

    Tony a crié. J’ai lutté contre l’évanouissement qui me tendait les bras et rouvert les yeux.

- T’es à moi p’tite salope ! a crié Gabriel dans une rage démentielle.

    Tony a tenté de se débattre mais il était beaucoup trop faible et totalement sans protection dans sa chemise de nuit. Gabriel l’a plaqué ventre au mur et dos à lui, le tenant d’une main par la nuque pour l’empêcher de s’enfuir, il a commencé à dégrafer son pantalon. Tony a crié, supplié, pleuré. Et moi ma vue s’est brusquement éclaircit.

    J’ai pas réfléchis. Quoi, vous seriez capable de réfléchir posément alors que votre amant s’apprête à se faire violer sous vos yeux ?! Bah moi, pas. Je me suis relevé, et j’ai foncé. En oubliant bien sûr que son poids, plus le mien, lancés ensemble sur une fenêtre qui n’était - comme de par hasard ! - pas double vitrage… inutile que je vous fasse un dessin je crois.

    La fenêtre s’est brisée et on a basculé.

Premier reflexe humain : s’accrocher à quelque chose quand on sent qu’on tombe. Et moi je me suis accroché au rebord de la fenêtre sans oublier de me planter des éclats de verre dans la main. Gabriel n’a rien tenté - à croire qu’il n’est même pas humain ! - il a juste crié et s’est laissé tombé au sol, du haut du troisième étage, dans la cour de l’immeuble - qui forme un U j’ai oublié de vous le dire ? - terminé par une grande porte qui aide certainement à rejoindre le boulevard opposé à la porte par laquelle je suis entré - eux, j’sais pas qu’elle image vous pouvez vous faire de cet immeuble maintenant grâce à ma description pourrie.

    J’avais mal à cause de ma côte cassé et de ma sacré chute dans l’escalier mais je continuais de m’agripper désespérément. Au moins, Gabriel était tombé. Soudain, une main tremblante a saisi la mienne pour tenter de m’aider à remonter. Devant mes yeux, les points noirs étaient revenus mais j’ai pu voir le visage baigné de larmes de Tony.

- Accroches-toi, m’a-t-il dit d’une voix que je perçus sourde, remontes …

    Il a tiré de toutes ses forces mais je n’ai pas bougé d’un pouce. Mes bras se sont mis à trembler et ma main gauche a lâché le rebord. Tony a crié.

- Non accroches-toi !

    J’ai laissé mon bras pendre quelques secondes avant de m’accrocher de nouveau. Puis j’ai vu ses yeux s’écarquiller de terreur et il a crié, paniqué :

- Oh mon Dieu remontes, remontes !!!

    Je me suis permis un coup d’œil vers le bas. Gabriel se relevait. Il s’est remit sur ses pieds, a épousseté son pantalon comme s’il venait simplement de chuter d’un tabouret, puis a levé les yeux vers moi. Pas de colère. Rien. Juste un sourire dément très satisfait. Tony a tiré plus fort.

- Remontes j’t’en prie, m’a-t-il supplié en pleurant.

    Mais je n’y arrivais pas.

    Gabriel a lentement dégainé son arme en souriant toujours. Tony a crié :

- Non !

    Une détonation, et j’ai lâché. Puis une autre, une troisième, quatre, cinq, six ! Et ça s’est enfin arrêté. Au bout de quelques secondes, mon cerveau m’a transmit cette info étrange : « T’as lâché gars, mais tu ne tombes pas ». Et j’ai enfin senti la poigne puissante d’une main m’agrippant le poignet. J’ai relevé les yeux.

    Ray Monroe, le nez en sang, me fixait de son regard noir.

- Pouvez pas vous empêcher de faire le pitre vous, m’a-t-il dit.

    Malgré-moi, j’ai souris. Il m’a agrippé avec son autre main et, inutilement aidé de Tony, il m’a remonté. Je me suis laissé tombé au sol dans la cage d’escalier, et sitôt fait, Tony s’est jeté sur moi et m’a serré dans ses bras en pleurant.

- J’ai eu si peur, a-t-il sangloté.

    Et moi j’avais vraiment du mal à respirer. J’ai vu Ray jeté un œil par la fenêtre et son visage s’est figé dans une expression insondable. Puis il a simplement dégainé son talkie walkie de sous sa veste :

- Ryan l’ambulance est là ? Ok transmets-leur : cage d’escalier, troisième étage, un homme à terre et un autre sous le choc. Quant à Gabriel ils le trouveront dans la cour truffé de plomb. Ouais. Ok.

    Il a stoppé la communication et m’a regardé, toujours aussi insondable. J’avais de plus en plus de mal à respirer. J’ai toussé.

    Du sang ?

    Puis j’ai perdu connaissance.

KAWABOUNGA !!!!! {#}

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Que du bonheur - chapitre 26  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:30

Le 8 Février

    Quand j’ai ouvert les yeux, je n’ai eu aucun mal à identifier l’endroit où je me trouvais puisque je venais de le quitter trois jours plus tôt - mais non c’est pas le même c’est une façon de parler ! Un hôpital. J’ai cligné des yeux et tenter de lever le bras pour me frotter les paupières mais n’y parvint pas. J’ai baissé le regard et vu que Tony dormait, la tête posé sur mon bras, sa main dans la mienne. J’ai souris.

    Un ronflement sonore m’a fait tourner la tête sur la gauche. Ryan était assis sur une chaise à bonne distance de mon lit, les bras ballants de chaque côté de la chaise, la tête renversée en arrière, il semblait dormir du sommeil du juste. Puis un mouvement a attiré mon attention près de la fenêtre. Ray Monroe me fixait intensément. Comme par hasard, c’est le seul réveillé.

    On s’est regardé un moment puis, comme pour reprendre la conversation que nous avions eu avant que je lui balance une droite dans le nez, il m’a dit :

- Dans mon plan, vous n’étiez pas sensé survivre.

    Ça fait plaisir. Je la sens moyen cette discussion.

- Vous étiez même sensé crever la gueule ouverte. La seule chose que je voulais que vous fassiez c’était de faire sortir Gabriel de son trou, pas de vous mettre bêtement en danger en jouant au Super Dany !

    Hein ?

    Il a soupiré, regardé un moment par la fenêtre avant de revenir à moi.

- Vous avez été opéré, ça fait des heures qu’on attend que vous vous réveillez.

- Opéré ?

- Votre côte cassée a perforé un poumon, l’a fallu vous emmené ici d’urgence. Tony était paniqué.

    J’ai regardé par la fenêtre à mon tour. À voir le soleil si haut dans le ciel j’ai deviné qu’il devait être dans les environs de midi treize heures et que par conséquent, tout ce dont je me souvenais s’était déroulé la veille. J’ai de nouveau regardé Ray.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? lui ais-je demandé.

    Dans mon souvenir, il y avait bel et bien des coups de feu ! Ray Monroe n’a donné qu’un seul prénom en réponse, suivit d’un nom de famille. Une identité.

- Philip Starkey.

    Hein ?

- Qu’est-ce qu’il vient foutre là-dedans lui ?! ais-je rétorqué.

- Je vous avais di qu’il était le mari de ma sœur qui s’est occupé de Tony quelque temps ? En fait ça a été mon beau-frère quelques années dans ma vie.

    Alors là, ça me la coupe ! Voilà pourquoi j’ai eu cette impression fugace qu’ils se connaissaient ! Et vu la haine que lui porte Philou, je devine qu’ils ne sont pas restés en très bon terme.

- Phil aussi avait sa revanche à prendre, a continué Ray, sans que Ryan ne s’en rende compte, il vous a suivit dans le train et jusqu’à l’immeuble.

    Finalement, la Mercedes et les Bob c’était pas une si mauvaise idée.

- On peut dire qu’il a agit au bon moment. Il a vidé un six coups sur Gabriel avant qu’il ne vous trou la peau. Vous lui devez une vie.

    On verra ça plus tard. J’ai souris.

- Vous voyez, ais-je lancé, c’est vous le con. Finalement c’est pas moi qui suis mort.

    Ray a arqué un sourcil avant de sourire. Ce genre de sourire moqueur que je déteste particulièrement.

- Personne n’est mort, m’a-t-il dit d’un air satisfait.

- Mais vous venez de dire que …

- Je n’ai jamais dit que Gabriel était mort. Il n’a reçu que six balles.

- Que six balles !!! N’importe qui serait mort avec six balles dans la peau !

- N’importe qui n’est pas Gabriel.

    Il a pointé son doigt vers le plafond.

- Il est à l’étage au-dessus en soin intensif, ses jours ne sont plus en danger sauf erreur de ma part et il sera renvoyé en taule dès que possible pour terminer sa peine, s’y ajoutant meurtre, tentative de trafique et de viol. Si j’me trompe pas il lui reste donc trente ans à purger.

    J’ai jeté un rapide coup d’œil à Tony pour vérifier s’il dormait toujours.

- Vous pourrez pas genre monter discrètement et débrancher une ou deux perf’ vite fait ?

    Il a sourit.

- Tuer lâchement c’est pas mon passe-temps favoris, m’a-t-il dit.

    J’ai pas pu m’en empêcher :

- Et le meurtre de Joshua vous en faites quoi ?

    Je l’ai vu tourner son regard froid vers Ryan et pendant un moment j’ai cru qu’il allait se jeter sur lui pour l’étrangler. Pauvre Niais qui dort.

- J’vois pas de quoi vous parler, m’a-t-il dit.

    J’ai laissé tomber le sujet en sentant Tony s’agiter. Il a doucement lever la tête puis a ouvert les yeux avant de bailler. Il m’a regardé puis son visage s’est illuminé lorsqu’il a réussit à faire le point. Il s’est blotti contre moi et j’ai réprimé une grimace de douleur.

- Dany j’ai eu si peur. Comment tu te sens ?

- Bah, comme quelqu’un qui a percuté un trente-six tonnes et basculé par la fenêtre.

    Nan j’en rajoute pas !! Bon si un peu, parce que je sais qu’il me consolera et … j’ai croisé son regard. Mon cœur s’est brisé. Cette assurance, cette si belle assurance qui m’avait tout de suite plût chez lui : envolée. Dans ses grands yeux bleus je ne lisais désormais que tristesse et supplication. Ils ont brillé de larme.

- Pardon, m’a-t-il dit d’une voix tremblante, j’suis tellement désolé pour tout ça.

    J’ai serré ses mains et baissé les yeux sur les bandages qui entouraient ses poignets. Ils sont là pour me rappeler à l’ordre, pour ne pas que j’oublie à quel point Tony est fragile. Ray a brisé l’instant :

- Attendez donc que je sorte avant de vous la jouer mélodramatique.

    Puis il est sortit sous mon regard noir. Une fois dans le couloir, il a fait quelques pas avant de s’immobiliser. Droit devant lui, deux yeux d’ambre le fixait, emplie de feu et de colère. Philip Starkey a tourné les talons. Ray s’est lancé à sa poursuite.

- Phil attends !

- Comment va Pérez ? lui a demandé celui-ci.

    Pris au dépourvu par la question, Ray a mi plusieurs secondes avant de répondre.

- Euh, bien il vient de se réveiller.

    Philip se détournait de nouveau mais il l’arrêta en attrapant son bras.

- Phil s’il te plait !

    Les deux yeux d’or l’ont fixé, implacable. Ray a prit une grande inspiration.

- Pardon, a-t-il simplement dit.

    Les deux hommes se sont simplement regardé puis le regard de Philip Starkey s’est soudain adoucit. Sans dégagé son bras, il a enfouit son visage dans ses mains et a murmuré :

- T’en as mi du temps.

    Puis il l’a serré dans ses bras. Abasourdi, Ray a laissé Philip nouer ses bras autour de son cou et poser sa tête sur son épaule.

- C’est tout ce que je voulais connard, des excuses.

    Ray a soupiré de soulagement puis passer ses bras autour de sa taille.

    Pour en revenir à nous - ouais Ray et Philou c’est bien beau mais on se doute de ce qu’il va se passer ensuite : ils vont baisé et passer leur temps à s’insulter en se tapant dessus avant de rebaiser - Tony pleurait doucement dans mes bras et je caressais ses cheveux tendrement. Le calmer c’est pas simple. J’ai doucement relevé son visage.

- Et si on rentrait ? lui ais-je demandé.

    Ryan a choisit ce moment pour émerger en criant :

- Ah qui va là !!!

FIN !

Oui, des mots ça blesse {#} Pleurez pas ! Encore un épilogue et un extra très long ( une trentaine de page sur Works {#} )

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Que du bonheur - épilogue  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:39

Le 18 Avril

    Le jour où Il a frappé à la porte, je ruminais mes pensées. Quand est-ce que j’allais enfin me décider à dire à Tony que j’avais contacté Mama Gourou la semaine dernière pour lui dire que j’avais un fiancé à lui présenter ?! Bon, analyse de la situation. Un : je n’ai pas encore fais ma demande de fiançailles à Tony. Deux : beuh y’a pas de deux. Ouais je sais, informer sa famille qu’on est fiancé avant d’avoir eu une réponse favorable - avant même d’avoir fait la demande ! - c’est con. Mais, c’est pas comme si j’avais un doute sur la réponse de Tony c’est juste le voyage qui me stresse.

    Tony est fragile depuis l’histoire Gabriel. Pour tout vous avouer, on a pas refait l’amour depuis. Chaque fois que je le touche, il se crispe et se met à pleurer en s’excusant. Il ne mange pratiquement pas - c’est la bagarre à chaque repas ! - a énormément de mal à mettre un pied dehors, et angoisse dès qu’il se retrouve tout seul - j’vous explique pas la merde quand on doit sortir faire les courses. Mais j’ai appris à être patient et puis hausser le ton n’arrange pas vraiment les choses. Tony a changé. Se n’est plus le Tony que j’ai croisé devant mon appartement six mois auparavant, c’est celui que j’ai rencontré il y a onze ans.

    Là, il fait la vaisselle. Je me souviens encore qu’avant toute cette histoire, il chantonnait chaque fois qu’il faisait la vaisselle. Maintenant il se contente de regarder ce qu’il fait sans rien dire. Et moi je suis assis sur le canapé à penser. Quelle merde.

    Analyse de la situation. Si Tony accepte le voyage en Espagne, deux possibilité : soit il supporte très mal de voir débouler sur lui une troupe de gitans sans aucune gêne qui croit aux esprits, aux malédictions et à la résurrection animale - moi là-dessus, j’ai un peu de mal j’avoue - soit il s’intègre facilement et fait tomber cette muraille qu’il a dressé autour de lui depuis ma scène de rage dans l’hôpital deux mois plutôt - ouais j’ai pas mi longtemps à réaliser que tout ça c’était de ma faute. Malheureusement j’ai peur qu’il n’ait pas trop le choix.

    Je m’explique : dans notre famille de Tzigane Pérez, il y a un Chef de Famille et une Matriarche. Mama Gourou est la Matriarche et son mari le Chef de Famille Remplaçant - mon père étant l’ancien Chef de Famille légitime mort y’a plus de dix ans, c’est moi qui aurait dû hérité de la caravane de tête mais je me suis défilé. La Matriarche est en fait une femme qui possède une philosophie de la vie très spéciale - je ne parle pas seulement de Mama Gourou, elles sont toutes comme ça de génération en génération - et qui décide de part son seul jugement qui a le droit de faire partie de la famille et qui en ai châtié. En gros, elle a tous les pouvoirs et c‘est d‘ailleurs la Matriarche actuelle qui choisie qu‘elle sera la fille de la famille qui lui succèdera. Le Chef de Famille lui, c’est celui que tout le monde suit. Il prend sa caravane, il se casse et les autres partent derrière lui. C’est lui qui trimbale la famille dans tout le pays et qui traite des affaires financières qui aident à ne pas faire de nous des clochards de bases. En ce qui concerne la famille Pérez il s’agit d’un élevage de chiens de bergers espagnols, de gérer les revenus de programmateurs informatique - on aime la diversification - et d’abattage d’arbre - on est aussi une petite entreprise d’élagage à nous tout seul. Sans oublier quelques petites choses ici et là comme : vente de fleurs au printemps, aide aux personnes âgés en hiver - genre j’te fais tes courses tu me files cent balles - et diverses autres activités qui se sont certainement diversifiées depuis mon départ. Et tout ça tout en voyageant dans le pays. En ce qui concerne le Chef de Famille, c’est la branche principale de la famille - celle dont je suis directement issu - qui hérite de ce titre, transmit de père en fils. Mon grand-père était Chef de Famille, mon arrière-grand-père aussi et ainsi de suite.

    Si je retourne là-bas, même en tant que vacancier, on me proposera donc forcément de reprendre le titre qui me revient de droit, chose dont je n’ai absolument pas envie - veiller au bien être d’une dizaine de personne c’est trop pour moi, j’ai déjà du mal à m’occuper de moi-même - d’ailleurs ça m’étonne toujours que Mama Gourou ne m’ait pas viré de la famille après le coup que je leur ais fait. Bref, ceci est un premier point négatif.

    Deuxième point très négatif : si Tony accepte de s’appeler Pérez, se n’est en réalité pas à lui de décider ! C’est à Mama Gourou oui, et autant vous le dire tout de suite : cette femme est très spéciale et ses bases de la vie Pérez sont encrées profondément dans sa tête ! Autrement dit, pour elle un homme Pérez doit être fort et capable de veiller au bien être de la communauté et des femmes qui se font rares dans la vie de Tzigane - bah ouais autant l’avouer - hors Tony ne répond pas du tout à cette description. Il devra faire impression à Mama Gourou et la sacré bonne femme est difficilement impressionnable.

    D’après Morgan, nous sommes à présent huit de la famille à vivre dans ce troupeau de caravane - à raison d’environ deux par caravane je vous laisse faire le calcul j’suis nul en maths - et il n’y a que quatre femmes : Mama Gourou, Morgan ma cousine Lola que j’ai connu enfant et qui est la petite dernière de Mama ainsi que la belle-fille de cette dernière. Vu l’état dans lequel se trouve Tony en ce moment je doute qu’il sera assez fort du point de vu de Mama Gourou la Dictatrice.

    Hors j’ai très très envie que Tony soit un Pérez ! M’ayant avoué au début du moi qu’il haïssait son nom de famille Kendallson et qu’il trouvait celui qu’on lui avait trouvé - Tobias - trop impersonnel, il aurait aimé qu’un système existe pour qu’il puisse porter mon nom. Et bien y’en a un ! Mais ça va pas être simple.

    Oui je sais vous vous dites que changer de nom de famille n’est en réalité pas simple, faut remplir tout un tas de papier et tout, mais en réalité, Mama Gourou n’a pas ce pouvoir, du moment qu’elle t’accepte, pour elle et les autres de la famille tu es un Pérez. Après je pense que Ray Monroe pourrait aider Tony à s’appeler Pérez … ouais je sais, j’ai pas fini de le faire chier.

    Bon je parle je parle mais je suis sûr que vous voudriez savoir qui, va frapper à la porte non ? Et bien allons-y :

« Toc toc » - ouah j’suis hyper doué pour les bruitages.

    Je me suis levé pour ouvrir. Dans l’encadrement, un homme m’a regardé et j’ai senti un frisson glacé parcourir ma colonne vertébrale. Je me suis retenu de claquer des dents. Là, devant moi, la copie conforme de Ray Monroe vingt ans plus jeune me fixait. Je me sentais tout petit. Non pas à cause de sa taille, j’suis plus grand en réalité, en fait son regard noir était tellement froid et impérieux que j’ai dû perdre vingt bon centimètres d’un coup.

    C’est dingue v’là que ça se multiplie ces trucs-là maintenant !

    Il se contentait de me regarder, sans aucune expression.

- Tony ?! ais-je appelé sans le quitter des yeux. Viens voir y’a eu un clonage !

- Hein?!

    Tony a quitté la cuisine, un torchon à la main, et m’a rejoint. En voyant l’homme qui se tenait devant la porte il a lâché le torchon, les yeux écarquillés.

- Noah ! a-t-il d’une voix blanche. Mais que …

    Mes yeux faisaient la navette entre mon amant qui, semble-t-il, m’avait encore caché quelque chose, et ce dénommé Noah qui lui sourit bien gentiment. Tony a soudain cligné des yeux et a semblé se rappeler de ma présence. Il m’a regardé, a récupéré son torchon, puis m’a dit légèrement tremblant :

- Dany je … te présente Noah le fils … de Ray.

    J’ai regardé ledit Noah, il m’a regardé, nous nous regardons quoi ! Puis je lui ai tendu la main. Il l’a serré, sceptique.

- Salut moi c’est Daniel ! ais-je dans un grand sourire. Le fiancé de Tony, bien décidé à le rester.

    Tony a de nouveau lâché son torchon et j’ai gardé le sourire. Ouais je sais y’a de meilleure façon de faire sa demande mais quand faut y’allé faut y’allé !

   En tout cas, quoi que m’est caché Tony je n’étais ni inquiet ni fâché. Parce qu’au fond, la vie avec lui, c’est que du bonheur !

Cet épilogue était en fait une sorte de prologue de l'extra ( on a rien pigé Gabie {#} ) Hey, qui aime les patates douces ?

Rendez-vous dans la rubrique "Extras" !!

 

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