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Que du bonheur ( terminé )

Que du bonheur - Chapitre 15  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 13 juin 2009 15:13

    Pour vous la faire court, Ray , après avoir garé ma voiture sur un emplacement interdit, a gentiment - pff c’te blague - accepté de nous invité dans son … studio ? Difficile à dire. On dirait plutôt une chambre de bonne dans laquelle on aurait tenté de faire rentrer un lit une place, une cuisinière et un mini frigo, avec une armoire où à peine un veston peut rentrer. M’enfin, c’est pas comme si je pouvais me permettre de faire des commentaires. Bon allé, juste un tout petit :

- Ça pu la clope ici !!! m’écriais-je.

    Et pour toute réponse, je reçois un gant rempli de glaçon sur la gueule.

- Aïeuh !!

    J’enfoui mon visage dans mes mains en gémissant. Oui bon d’accord j’exagère. J’ai reçu le gant sur la tempe et j’ai mal à la joue. Mais, je sais ce qu’il va se passer si j’en rajoute.

- Ray ! s’écrit Tony. Fais attention il a mal !

- Où c’est marqué exactement que c’est mon problème ?

    Je gémis et Tony pose doucement le gant sur ma joue.

- T’as vraiment un caractère de merde, rétorque Tony en lançant un regard meurtrier au flic.

    Ray rumine. Il a une bouteille de bière à la main et sa plaie à la tête a enfin arrêté de saigner. En plus c’est pas pour en rajouter mais j’ai un tantinet raison quand même, ça put la clope froide ici. Les tisses en sont imprégnés et un cendrier a disparu sous une montagne de cadavre de cigarette. D’ailleurs je pense avoir réussit à identifier un truc qui ressemble plus à un joint qu’à une Gitane.

- J’l’aime pas, marmonne enfin Ray.

- Rien à foutre, réplique méchamment Tony, t’étais près à le tuer au beau milieu de la rue j’espère que tu t’en rend au moins compte ?!

- Ce gars s’est foutu de ta gueule merde!!!

- C’est pas tes …

    J’attrape la main de Tony pour attirer son attention et il tourne les yeux vers moi. J’éloigne le gant de ma joue.

- Il a raison, ais-je murmuré, j’ai été un vrai connard.

    Il me sourit.

- Tu es revenu non ?

    À mon tour de sourire. Les yeux dans les yeux.

- Pitié ! s’écrit Ray en se relevant. Allé vous murmurer vos mots doux ailleurs j’ai comme une envie de gerber.

    Je ne l’avais jamais connu aussi cynique. Soupirant, Tony replace le gant sur ma joue et j’esquisse un geste pour l’en empêcher mais je grimace. Bon sang ce que j’ai mal !! Il m’a bel et bien casser une côte le salaud!

- On ira nulle part avant que Dany n’ait vu un médecin, déclare Tony.

- Hors de question que je transforme mon appart’ en clinique de Docteur Quinn, réplique Ray en allumant une cigarette, si tu veux le bichonner tu vas dans la cage d’escalier.

- C’est pas la peine, dis-je en écartant le gant une nouvelle fois, ça sert à rien un médecin. Tout ce qu’il va me dire c’est : une côte cassée rien de grave ! Du repos et tout ira mieux.

...

Près d’une heure plus tard …

- Une côte cassée rien de grave ! Du repos et tout ira mieux.

    Je lance un regard amusé à Tony. Il me tire la langue et Ray soupire, désespéré.

- Merci Docteur, sourit Tony en serrant la main du vieil homme.

    Et il sort sans avoir oublié de nous jeter un regard circonspect. Oui, on forme un trio bizarre et après ?! Ray en est à sa cinquième bière, Tony s’échine à me faire accepter un anti-douleur - je déteste les comprimés moi!! - et moi j’arrête pas mes commentaires sur l’insalubrité de la pièce. Résultat : Ray s’apprête à péter les plombs, Tony désespère et moi je jubile - faut bien qu’il y en ait un qui s’amuse.

- Rassuré? lance Ray d’une sobriété incroyable pour quelqu’un qui a autant bu. Allé dégagez maintenant.

    Tony pousse un soupir à mi-chemin entre le désespoir et la colère alors que je repousse pour la énième fois son gant glacé. Il commence sérieusement à me gonfler.

- Fais pas l’enfant ! me lance-t-il brusquement. Si ça continu à enfler tu vas bientôt ressembler à un hamster!

- Mais j’ai mal euh ! fut ma seule réplique.

    Oui je suis particulièrement chiant quand j’ai un bobo. Je crois que c’est ce qui m’a en partie forcé à arrêté la boxe.

- J’en ai mare de ses jérémiades à ce gosse ! hurle Ray en se redressant.

    Apparemment, l’alcool ne le fait pas tituber, pire, ça le rend irascible. Moi ça me rend bête … sans commentaire. Je m’apprête à lui lancer une bonne vanne bien travailler mais Tony se redresse vivement et, pile entre nous deux, nous jette un regard noir chacun notre tour.

- Y’en a marre, s’écrit-il d’une voix forte, va bien falloir que vous vous entendiez un jour alors autant faire la paix tout de suite !

    Ray et moi, on se regarde, on réfléchit, puis il pousse un rire et déclare :

- Tu m’as prit pour Mère Térésa ?

    Et moi je réplique :

- Y’a pas marqué S.P.A sur mon front.

    Tony baisse les bras et soupir, déçu. Ray retourne chercher une bière et moi je me lève du lit en retenant un cri. Non mais là c’est plus drôle, j’ai vraiment mal. Je tente en vain d’enfiler ma veste. C’est qu’il pleut dehors. Tony vient à mon secours. Plus personne ne dit rien. J’ouvre la porte et sort de l’appartement-studio-chambre-de-bonne. J’ai commencé à descendre les marches lorsque Tony me rejoint, ferme doucement la porte et passe mon bras gauche autour de ses épaules pour m’aider. Je le sens triste, limite abattu.

- J’suis désolé, marmonnais-je tout péteux.

    Il me sourit tristement.

- Je ne peux pas vous en demander autant en si peu de temps, déclare-t-il d’une voix douce, vous vous ressemblez tellement qu’il va vous falloir du temps pour vous supporter.

    J’ai failli louper une marche.

- Quoi ?!

    Il rigole.

- Vous êtes exactement identique c’est pour ça que vous pouvez pas vous renifler.

- C’est une blague ?!

- J’suis très sérieux.

    Je bougonne. Beuh non c’est pas vrai j’lui ressemble pas ! En fait je ne préfère pas que vous répondiez à cette interrogation intérieure désespérée.

    Arrivé en bas de l’immeuble, une fine pluie recommence à nous mouiller. En face, ma voiture. Tony m’y dirige mais je résiste.

- Non.

- Mais Dany tu ne vas pas pouvoir marcher jusqu’à l’immeuble!

- Bien sûr que si, c’est à cent pas à peine allé viens.

- Non c’est moi qui conduit.

- Non.

- T’es chiant !

- Je t’aime.

    Il me sourit. Je me laisse conduire jusqu’à la voiture. Tony m’aide à m’appuyer contre la portière et à peine a-t-il eu le temps de faire le tour du véhicule vers la place conducteur que j’ai déjà reprit mon chemin.

- Dany ! s’exclame-t-il indigné.

- Allez viens, lançais-je en m’appuyant contre un mur, dans cinq minutes on est arrivé pas besoin de la voiture.

    Je l’entends soupirer. Résigné, il me rejoint et repositionne mon bras autour de ses épaules.

    Trois étages au-dessus de nous, Ray nous regarde nous éloigner, un petit sourire au coin des lèvres. Tony a choisit, entre lui et moi. Et à cet instant, Ray se dit qu’il a fait le bon choix. Son regard est attiré par un mouvement. Derrière nous, un homme nous suit d’assez loin pour ne pas se faire repérer et d’assez près pour ne pas nous perdre. Il s’arrête, lève les yeux et croise ceux de Ray Monroe qui lui fait un bref signe de tête avant de murmurer pour lui seul :

- Je compte sur toi Ryan.

    Arrivé à l’immeuble, le plus chiant a été de grimper les marches. Bon d’accord ça n’est qu’un étage mais comme j’aime me plaindre, j’ai pas arrêté de geindre. Et Tony a prit son mal en patience. Il m’a aidé et, arrivé devant la porte de mon appartement :

- Tu as tes clefs ? me demande-t-il.

    Un dur combat fait rage en moi. Deux choix possibles : ou lui dire qu’elles sont dans ma poche, ou lui mentir pour qu’il me fasse entrer dans son appartement.

- Elles sont dans ma voiture, répondis-je alors.

- Bon …

    On fait volte face et il ouvre son appartement. Alors là, j’exulte ! J’suis fort quand même. Il m’installe doucement sur son canapé et aussitôt la douce odeur de fruit musqué m’apaise. Tout sent bon ici ! Les rideaux, les coussins, Tony. Je le regarde s’éloigner, refermer sa porte et partir vers la cuisine sortir un verre.

- Tu prend tes anti-douleurs, me déclare-t-il.

    Je grogne. Un silence s’installe. Faut dire qu’on a pas eu trop le temps de parler. J’aimerais m’excuser, lui assurer qu’avec Katy c’est terminer, lui assurer que c’est avec lui que je veux passer ma vie, lui assurer que ma sœur ne veut pas quitter l’Espagne, lui assurer que j’ai envie de le prendre, là maintenant ! Il s’approche.

- C’est quoi la moto de Ray ? demandais-je en acceptant le verre d’eau et le comprimé. Une Suzuki non ?

    Oui, j’ai pas trouvé mieux pour engager la conversation.

- Une Kawasaki ZZR 1100, me répond-il en s’installant près de moi.

    J’ai cru avaler un cactus. Euh, c’est moi le garagiste et lui l’apprenti secrétaire médicale c’est bien ça non ?!! Il me sourit en voyant mon air indigné.

- Quand je monte sur un engin j’ai bien savoir ce que c’est et d’où il vient, me déclare-t-il doucement.

- Ah … bah moi je suis un pur sang espagnol et je suis né à Séville, répliquais-je avant de pouffer de rire.

    Il m’envoie un coup de coude dans les côtes en souriant et je pousse un cri. Le verre m’échappe des mains et atterrit sur le tapis dans un bruit mâte, déversant son contenu. J’en profite pour lâcher le comprimé.

- Pardon !! s’écrit-il effrayé en se laissant tomber à genoux devant moi. Je t’ai fais mal je suis désolé !

    Il attrape doucement mon visage entre ses mains et me regarde dans les yeux.

- Ça va ?

    Je lui souris, les yeux imbibés de larmes. Non mais sérieux, j’ai vraiment eu mal.

- Oui ça va, lui assurais-je avant de l’attirer à moi pour l’embrasser.

    Une explosion de sensation parcours mon corps tout entier. Ses lèves sont douces, sa langue est chaude et ses reins frémissent. Je l’oblige à se coucher sur le sol. Le verre vide roule près de nous et le tapis mouillé ne semble pas le déranger. Je me positionne au-dessus de lui et approche mon visage pour reprendre possession de sa bouche mais j’étouffe un cri. Putain de côte cassée ! Ray Monroe, dès que je peux je demande à Mama Gourou de te rendre la vie impossible.

- Arrêtes tu vas te faire mal, me dit-il dans un souffle.

    Non non non !!! Il est là, sous moi, à deux doigts de se donner entièrement je le veux !!!

    Je grogne.

- Ça va ! déclarais-je brusquement. J’ai pas mal !

    Il me sourit.

- Y’a plusieurs façon de faire ça tu sais, me dit-il doucement.

    Mon cœur manque un battement. Avec d’infini précaution, il m’aide à me relever et me prend la main jusqu’à sa chambre.

    Je n’y suis jamais entré. Elle est claire, lumineuse, et l’odeur de kiwi qui y plane me fait pousser un faible gémissement de pur plaisir. Je sens déjà l’excitation me gagner. Il me sourit toujours, ses yeux brillants ne me quittent plus. Il m’arrête avant qu’on ait atteint le lit et dépose un chaste baiser sur mes lèvres. Puis, toujours aussi tendre, m’aide à retirer mes vêtements. C’est lui qui prend les commandes. Il guide mes mains jusqu’à son corps, et ses habits tombent à leur tour. On s’allonge enfin sur le lit.

    Étendu sur le côté, l’un en face de l’autre, il me sourit et commence par caresser ma joue douloureuse. Je frissonne. Son autre main s’est arrêtée sur mon torse et son pouce caresse tendrement ma peau. Il s’approche, m’embrasse. C’est un long baiser, doux et presque innocent. C’est toujours lui qui commande. Puis il quitte mes lèvres et embrasse mon cou. Je ferme les yeux et pousse un soupir de bonheur. L’une de ses mains s’attarde dans mes cheveux tandis que l’autre continue de caresser mon ventre. Puis passe doucement sur mes côtes. Comme un coup de vent. Aucune douleur. Je frémis. Il s’empare de nouveau de mes lèvres et j’y détecte une énergie nouvelle.

    Je passe enfin à l’action et pose une main sur le creux de ses hanches puis descend sur son ventre. Toujours aussi doux et chaud. Un havre de douceur et de chaleur dans lequel j’ai envie de mon réfugier encore et encore. Mon autre main enlace ses doigts à la sienne et on ne se lâche plus.

    Sa langue effleure ma peau et j’ai plongé mon visage dans ses cheveux, respirant à fond l’odeur qui me fait complètement planer. Sa main libre continue son exploration et effleure mon sexe. À vrai dire je ne m’y attendais pas et je sursaute en poussant un grognement de plaisir. Il relève la tête pour m’embrasser encore alors que, aussi innocemment que le permet ce geste, il commence à me caresser.

    Ma main n’a pas quitté sa hanche. Elle descend sur ses fesses, puis sa cuisse, et j’oblige sa jambe à passer au-dessus des miennes, le rapprochant d’avantage de moi. Nos ventres se touchent presque et notre chaleur corporelle réchauffe nettement l’atmosphère. Je sens mes reins me brûler délicieusement et le regarde fermer les yeux pour enfouir son visage à la base de mon cou, tout contre ma poitrine alors qu’il continue de me masturber. Ma main lâche sa jambe et remonte vers son bas-ventre. Il sursaute alors que je m’empare à mon tour de son sexe.

    Il relève les yeux vers moi.

- Non !

    Mais j’étouffe son cri en l’embrassant. Sa caresse s’est arrêtée alors que la mienne commence et il tremble en gémissant. C’est sans doute la première fois que quelqu’un le touche de cette façon.

    Presque timidement, il recommence son attouchement et je gémis avec lui. Alors que nos mains avides nous font ressentir d’infinies sensations, les secondes, enlacées, ne se sont pas lâchées.

..

TADADA !! Me revoilàààààààààààà  (elle arrive en haut de la colline !! {#} ) C'EST GABIE !!! {#}

Désolé, deux jours que j'ai pas majifié mais j'ai une bonne excuse, enfin deux pour être plus précise :

Saya : mon Dieu !!!!!!!!!!! Tes fics yaois sont un PUR REGALE !!! Je remercie le ciel de t'avoir conduite jusqu'à moi {#}

Mimieec : deuxième Simstorisseuse de talent à venir sur mon blog {#} Je n'ai qu'un mot à te dire : KIM EST CARREMENT ORGASMIQUE !! {#}

En ce qui concerne l'avancée de "Que du Bonheur", comme l'a si bien dit Lilly Kékette ( j'peux t'appeler comme ça ? {#} c'est meugnon {#} ) effectivement, ça tombe dans la guimauve {#}  et le chapitre suivant ne risque pas d'être plus explosif mais en ce qui concerne le chapitre encore d'après, les choses sérieuses vont commencer {#}

Gabie ou l'art de tout faire basculer en quelques lignes {#}

Dans ce chapite-ci vous avez assisté à l'arrivée brève d'un nouveau personnage : Ryan Hampton. Ce personnage est très particulier à mes yeux et vous aurez le droit à une biographie complète le concernant {#}

Voilà c'est tout !

{#} 

 

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Que du bonheur - Chapitre 16  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 13 juin 2009 23:02

10 ans plus tôt ...

    Je cours en espérant semer la terreur derrière moi, le semer LUI et les morts qu’IL provoque tout autour de moi. Pourquoi elle … pourquoi la seule femme qui n’ai jamais accepté de prendre soin de moi? De m’aimer … pourquoi l’a-t-IL tué ? Elle ne LUI avait rien fait, rien du tout. Le seul crime qu’elle ait commis est d’avoir pris soin de moi durant trois ans.

    J’ai couru longtemps, tout en pleurant. Il fait froid, il pleut. Pourquoi est-ce que c’est toujours comme ça ? Pourquoi, quand tout va mal et que votre vie n’a été qu’une succession d’horreur et de violence, pourquoi faut-il que l’ambiance tourne au film noir ? Il pleut, il fait nuit, il fait froid. Je suis seul et je cours toujours. Je pourrais presque m’attendre à voir arriver une équipe de tournage au tournant de la ruelle. Mais il n’y a personne.

    Je suis seul.

    Au bout d’un long moment, mes jambes ont refusé de continuer à me porter et je me suis écroulé sur le bitume, trempé par la pluie et engourdi par le froid. Tout autour de moi, les parisiens continuent leur route sans se soucier du garçon qui gît à terre et qui pleure. L’indifférence, la souffrance. Aucun d’eux ne pose ne serait-ce qu’un regard sur moi. Je les dégoûte. Je me dégoûte. Elle est morte à cause de moi. Deux hommes souffrent par ma faute. Elle les a quitté par ma faute. Et moi je suis de nouveau seul, priant pour qu’IL ne me retrouve pas. Priant pour qu’IL me laisse enfin tranquille. Priant pour mourir.

    Je veux mourir.

    On ne m’a jamais rien accordé de toute ma vie si se n’est des coups et des insultes, des caresses dont je ne voulais pas … SES caresses, SES mots, SES mains. Un violent frisson me parcours et, le cœur au bord des lèvres, je me redresse et reste assit tout contre un mur.

    Je lève enfin les yeux et découvre que je suis arrivé devant la Gare de l’Est. Quoi seulement ?! J’ai couru si longtemps et parcourus si peu de trajet! Je baisse la tête et continue de pleurer. J’ai l’air pitoyable mais c’est bien le cadet de mes soucis. Je n’ai qu’à rester ici et attendre de mourir. Combien de fois ais-je attendu, assis dans le noir ou attaché nu à un lit ? Combien de fois ais-je prié pour mourir ? Tous les jours depuis mes 4 ans … J’en ai 11 maintenant et je ne suis toujours pas mort.

    La vie est si cruelle.

    Et je suis toujours seul.

    Au bout d’un long moment, la pluie cesse enfin. Non, il y a quelque chose d’étrange. J’entends les gouttes continuer de tomber mais … tout autour de moi. Je relève la tête. Et pour la première fois, j’ai croisé ses yeux de braise. Ils semblaient si triste en cet instant, si accablé. Et pourtant, il me souriait tendrement.

    Et là j’ai compris qu’il me protégeait de la pluie grâce à son parapluie. Tout doucement, les gouttes ont commencé à mouiller ses cheveux d’ébène. Alors il s’est accroupit devant moi, il n’a rien dit, il m’a juste sourit. Habillé d’un sweat-shirt marron avec capuche et d’un jean noir délavé, il ne semblait pas avoir 20 ans et portait en bandoulière un seul et unique sac de voyage. J’ai deviné qu’il sortait tout juste de la gare, arrivé fatigué d’un long trajet.

    Il est resté silencieux. Je le suis resté aussi. On avait pas besoin de parler. Il a deviné ma misère dans mes larmes et j’ai deviné sa souffrance dans ses yeux. Celle d’être loin des siens.

    Je l’ai regardé sortir un briquet de sa poche. Il me l’a tendu. Je l’ai saisi. Et j’ai frôlé ses doigts chaud au passage. J’ai frissonné. Tout ça sans se quitter des yeux. Ce sourire si triste a de nouveau étirer ses lèvres et il a saisit ma main pour y fourrer le manche du parapluie. Je n’ai rien dit, je l’ai laissé faire tout en plongeant mes yeux dans les siens presque rougeoyant. De sa main chaude, il a caresser le haut de ma tête et j’ai fermé les yeux sous ce contact.

    Lorsque je les ai rouvert, il s’était redressé et avait remonté sa capuche sur sa tête. Dans l’ombre, ses yeux de braise ont continué de briller de tendresse. Il a redressé le épaules pour affronter le froid, rentrer ses mains dans ses poches pour resserrer son sweat-shirt autour de lui, et il est parti comme il était arrivé.

    Toujours en larme, je l’ai regardé s’éloigner. Lorsqu’il a entièrement disparu de ma vue, j’ai remonté mes jambes contre ma poitrine et serré fort le manche du parapluie contre moi. Protégé ainsi de la pluie et du mieux possible du vent, j’ai ouvert le briquet en métal et allumé la mèche. La petite flamme jaune orangée qui en ai sortit a lentement réchauffé mon cœur. Et cette fois, les larmes qui coulaient de mes yeux n’étaient pas des larmes de chagrin, mais de gratitude. Cet homme venait de m’offrir trente secondes d’humanité et de tendresse.

    J’ai longtemps continuer de fixer la flamme.

    Non, finalement, la mort n’est peut-être pas la solution. Ici, même dans ce monde, quelque part, quelqu’un sera en mesure de vous sauver la vie grâce à un briquet et un parapluie.

...

De retour au présent, le 25 Décembre …

« Clic Clac … Clic Clac … »

- Mirmfff …

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Grognement cette fois.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Bon sang on peut pas dormir tranquille !!!

« Clic Clac … Clic Clac … »

    À moins que se soit dans mon rêve ?

« Clic Clac … Clic Clac … »

    J’ouvre doucement les yeux et une vive lumière me brûle la rétine. Ah non, je suis bel et bien réveillé.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    C’est un bruit métallique.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Le bruit métallique de quelque chose qu’on ouvre et qu’on referme.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Un bruit que j’identifie rapidement vu que je l’entend jusqu’à trente fois par jour - quand je suis bien énervé.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Le bruit d’un briquet qu’on ouvre et qu’on referme.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Mais à part moi, qui fume ici ?

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Pas Tony c’est certain.

« Clic Clac … Clic Clac … »

    Ray alors!!!

    Brutalement, j’ouvre les yeux. Allongé sous les couvertures chaudes qui sentent le kiwi, je me tourne. Tony est assit sur le rebord du lit, il me tourne le dos, et toujours ce bruit :

« Clic Clac … »

    Toujours engourdi par la fatigue, je lève le bras et caresse doucement sa peau.

« Clic »

    Il frissonne et se retourne.

« Clac »

    Il me sourit. D’un geste vif, je le vois ranger quelque chose dans le tiroir de sa table de nuit. Il se penche sur moi et dépose un baiser dans le creux de mon cou.

- Joyeux Noël, murmure-t-il au creux de mon oreille.

    J’ai passé la nuit ici. La veille, après avoir fait l’amour d’une singulière façon - et très satisfaisante je dis pas ! - je me suis accordé un petit somme. En me réveillant, une douce odeur de bonne cuisine me chatouillait les narines et je me suis levé. Tony préparait à manger en chantonnant. Je me suis arrêté pour le dévorer des yeux dans son tablier et lorsqu’il m’a aperçu, il m’a accueillit d’un sourire si innocent que je suis lamentablement tombé - oui on a fait mieux comme drague. Quoi qu’il en soit ça l’a bien fait rire et moi ça m’a bien fait mal.

    Après quoi, on s’est installé pour manger et je lui ai parlé. Même s’il m’a affirmé ne pas vouloir d’explication, je l’ai supplié de m’écouter. Alors il m’a écouté. Je lui ai parlé de Morgan et de la conversation que j’avais eu avec elle avant qu’on fasse l’amour pour la première fois, ainsi que de celle qu’on avait eu après que Katy fasse son entrée fracassante dans l’histoire.

    Il m’a écouté jusqu’au bout sans m’interrompre et quand j’eu fini la seule chose qu’il a trouvé à dire c’est :

- Mais ça veut dire que tu reverras pas ta sœur alors ! Ça coûte combien une place d’avion sur Air France pour l’Espagne ?

    Je l’ai serré fort dans mes bras et là il m’a dit :

- J’aurais dû décorer mon appart’ pour le réveillon non ?

    Et j’ai ri.

    À vrai dire, tout comme moi, il ne s’attendait pas à passer la veille de Noël avec quelqu’un et puis, du fait de son récent emménagement et du budget serré avec lequel il devait vivre - cours par correspondance, loyer et tout ça à payer grâce à une paie minable - il n’avait pas eu le loisir d’acheter une seule branche de houx. Quant à moi, j’avais honte de lui parler des dizaines de guirlande et de boules rangés dans un carton lui-même rangé sur l’armoire qui se trouvait dans ma chambre.

    Après quoi, il m’a demandé de lui parler de mon enfance dans mon pays natal. Je n’ai rien omis. Hormis le fait que je suis né dans une caravane - je suis tzigane je vous l’avais di ? Non! Bah maintenant vous le savez - et que par conséquent j’avais vécu toute ma vie avec des Roms à parcourir le pays en long en large et en travers une bonne dizaine d’année. Ah ! Et aussi le fait que j’avais eu ma première relation sexuelle à quinze ans avec mon meilleur ami dans un champ de blé avec pour seul témoin : un épouvantail.

    Ensuite il m’a demandé de retirer mon tee-shirt - pour appliquer une pommade sur mon bobo bandes de folasses! - et on s’est couché en se serrant fort l’un contre l’autre. J’ai passé plusieurs heures à lui caresser tendrement les cheveux, même après qu’il se soit endormis, tout en regardant le plafond. À penser à lui. À l’avenir qui s’ouvrait enfin devant moi. L’homme de ma vie, ma sœur, mon pays.

    C’est vrai ça, combien ça coûte une place d’avion pour l’Espagne? Et deux ? Tout à coup, j’avais follement envie de lui faire découvrir ma région, ma famille. Il fallait que je l’emmène là-bas, au moins une fois ! En vacance, une semaine ou deux.

    Et alors que je jubilais en pensant à tout ça, je me suis endormis.

    Voilà, maintenant il est contre moi et il me dit :

- On va prendre une douche ?

    Je suis facile à convaincre vous savez.

    Sans attendre ma réponse, simplement en voyant mon sourire, il a sauté hors du lit et s’est rué dans le couloir, vers la salle de bain. Je me suis redressé tant bien que mal - j’ai mal euh!! - et j’ai mi un pied hors du lit lorsque mon portable à sonné. Va te faire foutre. Mais ça ne semblait pas s’arrêter. J’ai grogné - oui je grogne beaucoup quand j’ai bobo - et je me suis levé dans une grimace. Sur une chaise, tout prêt de la porte de la chambre, Tony avait déposé mes vêtements. J’ai sorti ce putain de téléphone de cette putain de poche de ma putain de veste et j‘ai beuglé :

- Mais quoi putain ?!

    Oui, je suis très irascible quand on me dérange alors qu’un garçon sexy en diable m’attend complètement nu sous un jet d’eau brûlant.

- Dany ? C’est moi …

    Katy. Oui je ne l’appel plus ma « femme-dinde » à partir de maintenant, se serait déplacé sinon, croyez pas ?

- Qu’est-ce tu veux Katy ?

- Tu es … avec lui ?

- En quoi ça te regarde ?

- J’ai quelque chose d’important à te dire.

- J’ai pas envie de t’entendre, au revoir.

- Je suis enceinte.

    Lourd silence. Dans le combiné, j’entend sa respiration saccadée, entrecoupé par des sanglots. Non mais je la connais vous affolez pas, elle invente tout ça croyez-moi c’est des conneries.

- T’as rien trouvé de mieux pour m’enchaîner hein ? lançais-je sincèrement dégoûté.

- Quoi ?

- La prochaine fois inventes quelque chose qui tienne la route connasse ! Tu sais très bien que moi je ne baise pas sans capote.

    Et je raccroche. Je peux vous jurer sur ma vie que jamais, au grand jamais, je n’ai eu de rapport non protégé. Pas même avec elle. Et ça c’est carrément vrai.

    J’entre dans la salle de bain et sitôt mon regard se pose sur Tony que tous mes tracas s’envolent. Pas pudique pour un sou, mon amant me sourit, nu au milieu de la pièce et me dit :

- Dépêches-toi j’ai froid.

...

Et voilà ! Gabie a préféré vite en finir avec les "Chapitres Guimauve" {#} avant de passer à la suite ! {#}

Le mystère s'épaissit, un problème pointe le bout de son nez, ainsi qu'un nouveau rêve ... {#}

Mais que cache donc notre petit Tony aux airs si innocents {#}

Va y avoir du sport mes enfants {#}

Mais demain, là Gabie est fatiguée {#}

{#}

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Que du Bonheur - Chapitre 17  (Que du bonheur ( terminé )) posté le dimanche 14 juin 2009 16:04

Le 2 Février

    Oui je sais, le temps passe vite. Mais la réalité c’est que je ne vois plus le temps passer. Tony et moi on a emménagé ensemble. Bon, au début on s’est contenté de faire des allés et retours entre nos deux appartements. Je vais vous le faire comme ça :

    Je me lève à peine un matin :

- Mmh ça sent bon ici !

- Ah Dany, tu peux allé me chercher le safran dans mon appart’ s’il te plait ?

- Et mon bisous de bienvenue ?

- Dans le placard en haut de la gazinière.

    Je souris et m’exécute. Arrivé devant le placard :

- Je le trouve pas!

- Tu le veux avec la langue ?

    Bref, c’était marrant mais quand les voisins du dessus ont commencé a se plaindre du raffut qu’on pouvait faire, on en ait arrivé à parler de déménager. Alors on s’est installé tous les deux dans un appartement à Boissy, là où Tony travail et puis ça m’arrange aussi c’est plus près du garage. Oui je sais ça peut paraître rapide mais … j’ai jamais été plus sûr de moi.

    Pour vous parler de mon état de santé - bah oui faut bien que je vous parle un peu de moi - je reprend tout juste le boulot aujourd’hui après un arrêt maladie à cause de ma côte cassée. C’est Philou qui a bien râlé. Du coup Tony et moi on a passé énormément de temps ensemble. Non pas que j’ai pu sortir tant que ça, mais on a parlé, on a rit, on s’est amusé, on s’est caressé aussi principalement. Et j’ai dû pratiqué un mois d’abstinence. Depuis que je vais mieux, c’est-à-dire une semaine, j’ai recommencé à lui faire l’amour.

    Je l’aime.

    Ah oui ! Faut que je vous raconte notre fête du nouvel an. Tony n’a personne - à part Ray mais je me suis bien gardé de l’inviter - et moi j’ai l’habitude de fêter la nouvelle année au boulot avec les camarades : Philip, Karl et Doug. Chacun invite son mec ou sa copine du moment. Mais, comme Philip est trop chiant pour avoir quelqu’un, que Karl et Doug sont ensemble depuis cinq ans et que moi j’ai jamais voulu y emmener Katy - à part une fois mais je l’ai regretté - alors en gros on fête ça entre collègue. Mais cette année, j’y ai amené Tony. Ça a été l’attraction de la soirée et je crois qu’il a beaucoup plut à Karl, sans parler de Doug qui n’arrêtait pas avec ses questions du genre : « Genre quand il cri ça fait comment ? Il est chaud ? Il lèche au moins ? » Et tout un tas d’autres que je préfère censurer. Mais on s’est bien amusé.

    Bref ce matin je me lève et comme tous les matins, Tony n’est plus au lit. Alors là je comprend pas comment il fait. On fait l’amour jusqu’à quatre fois par nuit et chaque fois que je me réveil il est déjà debout en train de se préparer un bon petit déjeuner avec le sourire. Et moi je baille deux heures durant. Ça m’apprendra à être du genre insatiable.

    Sauf que, ce matin, il était pas seul.

- Ray, bougonnais-je sans lui adresser un regard.

- Pérez, marmonna-t-il derrière sa cigarette.

- Les gens civilisés se disent bonjour, répliqua Tony dans un sourire.

    Je grogne et entre dans la petite cuisine - notre appartement fait 45 mètre carré - et enlace Tony par derrière en déposant un baiser sur sa nuque. Ray nous lance un regard noir.

- Tu restes prendre un petit déjeuner Ray ? lui demande Tony.

- Non merci j’ai déjà mangé.

- Tant mieux.

- Dany !

- J’ai des trucs à faire et je suis en retard.

- Tant mieux.

- Dany !!

- J’y vais, je vous laisse.

- Tant mieux.

- Dany !!!

    Ray nous regarde, partagé entre l’amusement et l’accablement, puis fini par sortir.

- Vas t’excuser, me lance Tony en se dégageant de mon étreinte.

- Nan.

- Dépêches-toi ou ce soir tu dors sur le canapé.

- Maisjenaimarreeuhfaischierputain ! grommelais-je de mauvaise fois.

    Je suis sortis et Ray était encore au milieu de l’escalier, occuper à tenter d’allumer une énième cigarette. Je ferme la porte. Il me regarde. Je le regarde.

- Tony veut que je m’excuse mais je vous emmerde, lançais-je en croisant les bras.

    Il me sourit. Je peux pas vous expliquer pourquoi je ressens ce besoin de lui dire merde. Certainement pour me protéger. Mais à ce moment-là, j’ignorais encore de quoi …

- Ah si seulement vous saviez dans quel merde vous avez mi les pieds, déclara-t-il après une taffe.

    Je restais silencieux, les bras toujours croisés sur le torse.

- J’espère juste que vous vous en rendrez compte avant de crever la gueule ouverte.

- C’est une menace ? ais-je répliqué.

    Il m’a sourit.

- Non, c’est un avertissement. Un souhait. Sachez simplement Pérez que c’est pas pour moi que j’ai tenté de vous éloigner de Tony. C’est pour vous.

    Ça a fait tilt dans ma tête. Bing Bang Putain !!!

- C’est vous qui avez déposé ce mot de menace à la con sous ma porte ! me suis-je écrié, menaçant.

    Mais il a continué de sourire. Ah je suis sûr et certain que vous, vous l’aviez carrément zappé ce :

...

« T’es un homme mort »

...

- Ça a raté.

- Je vois ça, a-t-il rétorqué, dommage pour vous.

- C’était con de votre part.

- J’ai tenté de vous protéger.

    Alors là j’ai carrément avalé un glaçon. Il se fou de ma gueule ?! Dans un dernier sourire, il a descendu les dernières marches et est enfin sorti. Remonté comme une pendule, je rentre dans l’appartement.

- Tu t’es pas excusé, m’a dit Tony.

- Nan.

- Ça se voit à ta tête.

- Il m’a prit le choux.

    Et une demi-heure plus tard, je partais en voiture pour le garage. Non mais, c’est quoi ces conneries ! Déjà qu’il a tout fait pour que Tony me lâche, maintenant il veut faire capoter ce que j’essaie de construire !! Oui en fait, j’ai toujours pas parlé de mon idée de vacances en Espagne à Tony, j’attends d’abord de me réconcilier avec ma sœur. Elle est très rancunière.

    Bref ! J’ai passé mon temps à vous raconter ma vie simplement parce que ce qui va suivre ne va durer que quelques secondes. Quelques secondes de pur terreur qui vont plonger les prochains mois de ma vie dans un long cauchemar éveillé. Un cauchemar dans lequel je vais réalisé une chose : peut importe combien de temps vous vous voilez la face, la réalité vous rattrape toujours, dépassant la fiction.

    Et tout a commencé avec une sonnerie de téléphone. Mon téléphone. Jamais je n’oublierais cette putain de sonnerie de téléphone ! Et après ça, dès que je l’entendrais sonner, je me mettrais à trembler … Mais pour l’instant je ne tremble pas. Je tiens fermement mon volant, j’écoute NRJ, et je me réjouis du beau soleil qu’il fait. C’est pas encore ça question température estivale mais au moins, fait pas gris. Et j’ai décroché.

- Holà Daniel ?

    Ma sœur. Je souris.

- Sì.

* ndla : bon vous avez l’habitude hein ? XD*

- Ça me fait plaisir de t’entendre.

- Écoutes Dany, je suis désolé de ce que je t’ai di. C’est faux tout ça, t’es mon grand frère et je t’aime. Mais par pitié dis-moi que t’es pas si con que ça et que t’as largué la grognasse pour le garçon !

    J’ai la banane jusqu’aux oreilles.

- J’ai largué la grognasse pour le garçon, affirmais-je.

- AAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh !!!!!!!!!!! MON FRERE EST GAY !!

    Hein ?

- C’est génial !!!!!!! a-t-elle continué, carrément hystérique.

    On se fixe. Alors en réalité, c’est pas le fait que je me marie par sacrifice pour elle qui l’a braqué contre moi, mais plutôt parce qu’elle voulait que je sois gay ? Les filles de nos jours.

    Et c’est là que tout a capoté. J’aurais dû la voir cette moto pourtant, je ne pouvais pas la louper. Pourquoi je ne l’ai pas vu ? Une moto au milieu de la route, son conducteur casqué qui vous regarde droit dans les yeux, j’aurais dû le voir ! Mais j’ai pas vu. En arrêt sur la ligne blanche, face à ma voiture. Je l’ai regardé un long moment - quelques centièmes de secondes en réalité - et là j’ai réalisé. Mais trop tard. Les coups sont partis pour raisonner à mes oreilles et faire éclater le pare-brise. J’ai fermé les yeux et tourné le volant pour éviter la collision même si trois bons kilomètres nous séparaient encore. Et mon téléphone est tombé à mes pieds pour glisser sous la pédale de frein. Je suis sortis de la route, incapable de freiner et ma voiture a buté contre le fossé qui sépare l’asphalte du champ de blé chauve avant de se retourner, peu avant la grande grille immonde en fer rouillé sur laquelle est marqué : « Garage des Montgoins ». Jamais ce panneau ne m’avait semblé si laid. C’est bête de penser à ça alors que votre voiture fait un tonneau dans un terrain boueux. Les coups de feu avaient cessé mais je ne m’en suis pas aperçu sous le bruit de la taule malmenée et du moteur qui tourne toujours. La seule chose dont je me souviens nettement c’est cette sensation en moi, cette sensation de déchirure, de cassure, qui m’indique que ma côte encore fragilisée n’a pas résisté à la pression que la portière tordue exerçait sur mon flanc gauche.

    Et enfin, la voiture s’est stabilisée après une vitesse de 110 kilomètres heure, des balles dans la carrosserie et un tonneau et demi. Je me retrouve la tête en bas. Très vite, une odeur d’essence me frappe les narines et je gémis. Mon bras gauche est extrêmement douloureux, ma jambe gauche aussi en bref, tout le côté gauche à prit. Je sens même une plaie ouverte à la tête. Mais j’ai à peine le temps de faire le point qu’un bras passe par la vitre brisée et m’attrape par la veste.

- Bon sans sortez de là !

    J’entend parfaitement ce qu’on me dit mais je suis incapable de répondre. Quelqu’un tente de me tirer à l’extérieur du véhicule mais je suis encore attaché. Vive la ceinture de sécurité. J’entend le bruit caractéristique d’un couteau qu’on dégaine et soudain, la pression contre mon torse se relâche et je tombe la tête la première sur le toit de ma voiture. L’odeur d’essence est encore plus forte. On me tire à l’extérieur. Une force phénoménale m’oblige à me relever en vitesse, on parcours quelques mètres, et puis s’est la détonation. Une explosion comme j’en avais jamais entendu, sauf en regardant James Bond.

    Vous pensez peut-être que ce genre de film est exagéré. Vous vous dites : « Pff n’importe quoi ! Une voiture qui explose ça peut pas être si impressionnant ! » Et bien détrompez-vous. La seule sensation qui a parcouru mon corps est celle-ci : l’impression de quitter le sol et d’y atterrir lourdement quelques seconde plus tard, avec en bonus : une surdité momentanée.

    Lorsque j’ai rouvert les yeux, allongé sur le dos, une fumée noire s’élevait du cadavre de ma Renault Clio et un homme était étendu à mes côtés.

    Il s‘est relevé, s’est agenouillé dans la boue, a secoué la tête comme s’il avait de l’eau dans les oreilles et a enfin posé les yeux sur moi. Lorsqu’il a vu que j’étais en vie et conscient, il m’a sourit très simplement et m’a serré la main.

- Salut ! Moi c’est Ryan Hampton, ravi de pouvoir enfin vous parler en face.

    Je n’ai rien dit parce que je n’ai rien compris à ce qu’il venait de baragouiner. Une seule pensée activait mes méninges : Ray Monroe venait de tenter de me tuer.

...

BADABOUM !

Gabie adore quand ça pète {#} Les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer {#} alors je vais vous faire la biographie de ce Ryan Hampton si précieux à me yeux:

Il y a plus d'un an maintenant, Gabie commençait son deuxième roman " Entre deux hommes " dans lequel Ray et Philou {#} tenaient le rôle principal. Au même moment, sur un autre blog, Misa Jolie {#}commençait une fic qui relatait les aventures d'un policier bien dans ses baskets dénommé : Ryan Hampton. Et là j'suis carrément tombé sous le charme de ce gentil cow-boy {#} Alors une idée sugrenue m'est venue {#} j'ai proposé à Misa Jolie de lui emprunter Ryan le temps d'un au deux chapitres, et en échange, elle faisait apparaître Ray et Philou dans sa fic. Malheureusement, elle a abandonné sa fic en cour de route {#}, j'ai donc récupéré Ray et Philou ( naturellement {#} ) et j'ai pu garder Ryan !!!! Depuis ce jour, je n'imagine même pas une aventure de Ray et Philou san Ryan Hampton.

Voilà pourquoi ce personnage est si précieux pour moi, simplement parce qu'il n'a pas été créé à partir de mon cerveau dérangé et qu'il appartient à une amie très chère

{#}

Ps : dans le prochain chapitre, Ray passe enfin aux aveux ! Accrochez-vous à vos baskets !

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Que du Bonheur - Chapitre 18  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mercredi 17 juin 2009 17:57

/!\ 'Ttention ! Chapitre révélateur hyper long !   /!\

Si vous ne vous êtes pas psychologiquement préparé avant( en regardant trente fois les bisounours au pays des merveilles par exemple ), passez votre chemin!

Beuh non, restez lire ou je vous dérouille {#}

...

- Voilà maintenant que vous savez tout ça qu’est-ce que vous allez faire ? m’a-t-il demandé.

    Le problème avec les téléfilms à l’eau de rose c’est que ça nous lave le cerveau. À cause d’eux - ou grâce, à vous de voir - on croit dur comme fer que, dans une histoire d’amour, le plus chiant c’est avant le premier baiser.

    Je suis sûr que vous avez déjà vécu ça : quand vous êtes trop malade pour bouger de votre canapé - ou qu’une côte cassée vous emmerde - et que vous allumez la télé en soupirant. Vous tombez forcément sur la 6. Et sur la 6 l’après-midi - et ça depuis des années !! - il y a ces putains de téléfilms trop niais !! Et là vous êtes trop déprimé pour vous bagarrer avec les centaines de chaînes du câble alors vous restez sur cette connasse de 6.

    Généralement, dans ces trucs, les personnages principaux - c’est toujours un garçon et une fille vous remarquerez - vivent mille et une aventure hyper hard - en fait non, j’extrapole - et pile à la fin, après avoir braver tous les dangers, ils se roulent une grosse pelle avec un soleil couchant en paysage de fond, le plus souvent sur une plage mais il arrive aussi que se soit au milieu d’un champ.

    Et là on s’imagine tous qu’après ce gros patin ils vont vivre heureux et auront beaucoup d’enfant. Mais vous finissez par grandir - sauf si vous regardez encore ces téléfilms à trente ans comme un parfait « no life » de base - et vous réalisez alors que ces connards de téléfilms à la con vous ont raconté que des conneries toutes ces années ! Le plus chiant n’est pas avant le premier baiser, au contraire ! Se sont les plus beaux moments d’une vie et faut en profiter à fond. En fait, le plus chiant, mais genre chiant de chez chiant, vient après. Quand vous êtes persuadé de tout connaître de l’autre, de l’aimer à fond comme un parfait imbécile, et d’avoir jurer devant Dieu - ou votre reflet dans une glace, tout dépend du fait si vous êtes croyant ou non - que c’est l’homme de votre vie ! Vous découvrez qu’en fait, votre relation est basé sur des mensonges, et que vous vivez avec un parfait inconnu.

    Là vous vous demandez certainement pourquoi je vous raconte toute cette merde ?

    Alors je vais revenir un peu en arrière pour vous - aussi pour moi en fait, parce que j’ai pas vraiment eu le temps de digérer tout ce qui vient de me tomber sur la gueule.

...

Trois heures plus tôt …

- Salut! Moi c’est Ryan Hampton, ravi de pouvoir enfin vous parler en face.

    Oui, il me semble que vous en étiez là. À savoir : Ray Monroe m’a plombé les fesses avec une mitraillette avant de foutre le camp sur sa moto, et moi j’ai bien failli découvrir ce que ressent un pâté en croûte coincé dans un four. Mais je suis en vie - euh, c’est sensé être positif là - mon flanc gauche me fait affreusement mal, j’ai une blessure sanglante à la tête et je ne sens plus mon genoux gauche. Je vous mentirais en vous disant que j’ai connu pire.

- Comment vous vous sentez ? me demande le prénommé Ryan Hampton.

    M’a l’air d’être un gentil bougre mais là tout de suite j’ai envie de lui envoyer mon poing dans la gueule. Voyons : on vient de tenter de me tuer, j’ai la tête à l’envers, ma voiture m’a explosé à la tronche mais à part ça ça va. Et vous la forme ?

    Je ne peux que grogner. Oui bon, ça change pas mes habitudes me direz-vous.

- Bougez pas surtout.

    Sans blague mon pote je l‘aurais pas deviné sans toi ! Je m’apprêtais à me taper un sprint sur un cent mètres là tu vois.

- J’appel une ambulance.

    Bon d’accord, là j’ai rien à dire. Philip nous a rejoint, avec Karl et Doug puisque le garage était à quelques centaines de mètres de l’« accident ». Et là :

- Ryan ?!

- Coucou Philou.

    Et un peu plus d’une demi heure plus tard, l’ambulance et son grand orchestre crèvent l’écran. À savoir : l’ambulance elle-même - bah oui quand même - une voiture du SAMU - j’ai jamais compris ce qu’ils foutaient là eux - et les flics - et eux ? - et aussitôt, de cinq on est passé à … m’en voulez pas mais j’ai pas la tête à compter. Je me suis retrouvé sur un brancard avant d’avoir eu le temps de dire ouf - bah oui évidemment j’étais trop occupé à dire : « putain mais AÏEUH ! ». Un mec en blouse blanche à passé dix minutes à soulever ma jambe gauche dans tous les sens avant de décréter :

- Rien de grave ne vous inquiétez pas.

    Il a de la chance que je sois à moitié mort lui. Puis il a ausculté mon torse et je peux vous dire une chose : ils ont vachement bien anticipé mes réactions en me sanglant au brancard.

- Votre côte est fragilisée mais elle n’est pas cassée.

    Oh ! En gros j’suis un fêlé d’la côte. Cool.

- Monsieur, pouvez-vous me donner votre nom ? m’a demandé un mec du SAMU.

    Les sédatifs qu’ils m’ont donné commencent déjà à faire son effet.

- Euh …

    Ouahou ! Je plane carrément. C’est mieux que Space Montain !

- Pouvez-vous me donner votre nom monsieur ? a répété le SAMU-mec-que-je-vois-totalement-flou.

    Ça y est je sais c’est quoi le rôle du SAMU : te faire chier alors que tu pars gentiment en vrille.

- Jean-Jacques, ais-je répondu.

    Tiens dépatouilles-toi avec ça.

- Savez-vous où vous êtes monsieur ?

- Dans une putain d’ambulance avec un putain de connard qui pu de la gueule.

    Tralalèreu.

- Bon laissez-le maintenant il est plus en état de vous répondre, a lancé le médecin.

    Sauf que moi j’ai compris :

-Bon baisez le chiendent y ais vu en tas deux houx pondre.

    Alors forcément j’ai pas tout saisi.

    Et quelques minutes plus tard, me voilà arrivé à l’hôpital en riant. Sans savoir pourquoi, j’étais en train de me taper le plus grand fou rire de toute la génération ! J’avais jamais ri comme ça et je savais pas pourquoi je m’égosillais alors forcément, ça me faisait rire. De fil en aiguille les médecins en sont arrivés à vouloir me faire passer un scanner cérébral. Je ne sais pas ce qu’ils y ont trouvé, mais ça les a inquiété.

    Bref, près de deux heures après l’« accident », j’étais dans une chambre d’hôpital habillé de leur robe qui gratte à tenter de remettre mes idées en place. Bizarrement, j’avais comme dans l’idée de m’appeler Caravane d’être né en Daniel dans une Espagne. Mmh …

    Mais, petit à petit, les doses de sédatif diminuant, la douleur a commencé à m’aider à mieux réfléchir. Ma jambe n’est apparemment pas cassée - puisque j’arrive à la bouger - mais mon genoux a doublé de volume, j’ai un grand bandage autour du crâne - je sais pas à quoi je ressemble mais je dois faire peur - et le bras gauche en bandoulière - ouais, couché ça aide vachement. J’essayais en vain de me gratter le gros orteils lorsque quelqu’un a passé ma porte.

    Ray.

    Je me suis redressé, ignorant la douleur de ma côte fêlée, et la rage a semblé me donner des ailes.

- Espèce de salop ! ais-je hurlé. Vous croyez que je ne vous aurais pas reconnu derrière votre casque ! C’était la même moto connard de flic de merde !

    Ray Monroe s’est arrêté au milieu de la pièce, suivi de près par … euh … le gars qui m’a sauvé la vie - j’ai oublié son nom - et a arqué un sourcil en me fixant comme si j’étais un insecte qu’il fallait au plus vite écrasé.

- Ils vous ont donné quoi comme calmant ? a-t-il rétorqué très platement. Des champignons hallucinogène ?

- Allez vous faire foutre !!

    Il a eu un sourire en coin tout à fait hypocrite. Bon sang je le déteste !! C’est possible de détester quelqu’un à ce point ?

- Non, vous d’abord, m’a-t-il dit en croisant les bras, même si, d’après ce que j’ai compris, Tony n’est pas le dominant du couple. À moins que je me trompe ?

    J’ai failli arracher ma perfusion tellement j’ai remué en grognant de rage pour le toucher. Je ne réaliserais que dans quelques heures à quel point j’ai pu être minable en cet instant. Mon sauveur s’est approché pour me calmer.

- Hey doucement ! m’a-t-il dit en me remettant correctement dans mon lit. Vous arrachez le bras ne vous aidera pas à lui coller un pain faites-moi confiance. En fait rien ne vous aidera. Mais vous pouvez toujours shooter dans des canettes !

    Hein ?

    Il m’a sourit et s’est assit à ma gauche.

- C’est ce que je fais quand je suis énervé.

    Rien à branler.

- Je n’ai pas tenté de vous tuer Pérez, a dit Ray sans bouger d’un pouce.

- À d’autre je vous ai reconnu ! ais-je hurlé en gigotant de nouveau.

    Les deux flics - oui, c’est facile de deviner que mon ange gardien est un poulet - ont échangé un bref regard puis Ray m’a de nouveau porté attention.

- Vous délirez, m’a-t-il dit.

- Je vous emmerde ! ais-je rétorqué.

- Du calme, a sourit le Flic Niais - bah ouais, faut bien que je lui trouve un surnom et son sourire est trop niais.

    Le Flic Niais et le Flic Bourru. Font la paire ces deux cons.

- Je vous l’avais bien di que vous mettiez les pieds dans la merde, a reprit Ray.

- Évidemment si tu lui dis ça toi aussi ! s’est exclamé le Flic Niais. C’est pas étonnant qu’il soit persuadé que se soit toi.

- J’espère que vous vous rendez compte de la chance que vous avez d’être encore en vie ? m’a demandé Ray en ignorant royalement son collègue.

- M’en fou.

    Il a soupiré et le Niais a rit.

- Vous êtes comme Tony vous a décrit, m’a-t-il dit.

    Bing Bang Putain !! - oui : tilt dans ma tête.

- Il est con, a lâché Ray.

    Mais je l’ai ignoré.

- Vous connaissez Tony ? ais-je demandé au Niais.

    Il a parut décontenancé.

- Bah oui, je l’ai sauvé de la baraque en feu y’a treize ans. Sans moi il serait parti en fumée !

    Hein ?! Des restes de sédatif doivent encore se promener dans mon organisme j’ai rien capté. Ray a soupiré.

- Il est au courant de rien Ryan, a-t-il dit en se laissant tomber dans une chaise à droite près de mon lit - mais pas trop près quand même.

- Ouais je sais mais il est shooté là, il se souviendra de rien dans une heure.

- Ils ont retiré ma perf’ de morphine y’a une demi-heure, ais-je di sans le quitter des yeux.

- Oups !

    Ray a soupiré. J’ai l’impression qu’ils se foutent de ma gueule. Mais le Niais - oui j’ai entendu qu’il s’appel Ryan mais j’aime bien le surnom que je lui ai donné - ne semble pas prendre mes accusations au sérieux alors, je dirais que c’est moi qui ai tord. Oui je sais reconnaître mes erreurs, même si ça fait mal. Je crois que ce que je viens de vivre m’a préparé à blesser un peu mon ego.

- Alors si c’est pas vous, ais-je di en tournant les yeux vers Ray, c’est qui ?

    Par là : c’est qui le bouffon qu’a fait explosé ma caisse ?! Putain et dire que ma Clio m’a conduit au garage le matin pour me reconduire chez moi le soir pendant onze ans ! La pauvre elle a eu une fin terrible.

- Gabriel Kendallson, m’a-t-il répondu.

    Il n’a même pas concerté son collègue, il m’a fixé et répondu du tac au tac, presque fébrile. Il a l’air … heureux ?

- Connais pas, ais-je rétorqué blessé.

- Non mais lui vous connaît, a-t-il précisé dans un sourire.

    Il m’énerve il m’énerve il m’énerve !

- C’est sensé me faire plaisir ?

- Vous faire pisser de peur, a-t-il répondu.

    La Niais se contentait de nous regarder. Ray et moi ne nous quittions pas du regard.

- Qui c’est ? ais-je fini par demander. Qu’est-ce qu’il me veut merde ! C’est quoi ces conneries vous vous foutez de ma gueule?!

    Son air suffisant qui m’a fait sortir ainsi de mes gonds a disparu de son visage et il a tourné le regard vers la fenêtre. Dehors, le ciel était gris et le vent sifflait, se frayant un chemin parmi les branches nues des arbres. Dans ses yeux, j’y lisais enfin quelque chose que j’avais un moment voulu, mais qui ne m’a finalement pas réjouis du tout : la peur. Ray Monroe était inquiet.

    Il a de nouveau porté son attention sur moi.

- Qu‘est-ce qu‘il vous veut ? À vous rien.

    J’ai lâché un rire nerveux.

- C’est Tony qu’il veut.

    J’ai avalé une pierre.

    Le silence.

- Tony ? ais-je murmuré. Mais …

- Vous l’avez touché alors il veut vous buter, a lancé Ray.

    Ryan le Niais a gigoté sur sa chaise, nerveux. Tour à tour, je les ai regardé.

- C’est quoi cette histoire ? Qui c’est ce mec ?! Tony ne m’a jamais parlé d’un Ga …

    Bing Bang Putain !

    Tilt oui.

    Une voix a raisonné dans ma tête : « Dites-lui simplement que Gabriel est passé le voir »

    Ray me fixait, les sourcils froncés, et le Niais semblait avoir momentanément cessé de respirer.

    Sauf que je n’ai jamais transmit ce message à Tony, simplement parce que le même jour, je surprenais une conversation entre lui et Ray. Une conversation dans laquelle Tony affirmait m’aimer. Alors j’ai oublié …

- Qu’est-ce qu’il y a ? m’a finalement demandé Ray.

- Vous avez une photo de ce Gabriel ? ais-je demandé.

    Il a paru surpris.

- Pas sur moi, a-t-il répondu, pourquoi ?

- Vous avez une photo oui ou merde !!

    Dépêches-toi ou je te mords !

    Il a froncé les sourcils et lancé un regard à son collègue. Je n’ai pas pu voir la réaction de Ryan puisque je continuais de fixer Ray mais je l’ai senti se lever. Il a traversé la pièce et en est sorti. Le Bourru a continué de me regarder.

- Pourquoi ? a-t-il répété. 

    Mes poings se sont serrés presque malgré moi. J’ai eu comme l’impression que la fin de cette histoire ne serait pas agréable du tout. Mais je n’ai pas répondu. J’ai tourné la tête dans l’autre sens pour éviter son regard pénétrant en tentant de me remémorer le visage de cet homme. Ce Gabriel. Rien à faire, les précisions m’échappaient.

    Ryan est revenu quelques minutes plus tard, un dossier jaune en main. Je t’ai demandé une photo pas de la lecture ! Il a donné le dossier à Ray et est revenu s’assoire à ma gauche. J’ai regardé Ray ouvrir le dossier, en sortir une feuille et me la tendre. Je l’ai saisi de ma main valide - la droite - et mon cœur a manqué un battement. C’était bien lui mais en nettement plus jeune. Sur la photo, en noire et blanc, il me regardait de face et tenait une plaque minéralogique sous son menton. Ses mains étaient menottées.

- C’est quoi cette blague ! ais-je lancé d’une voix blanche.

- Vous vouliez une photo non ? m’a répondu Ray. Maintenant dites-moi pourquoi.

    J’ai regardé la photo dans les yeux avant de lui répondre :

- Parce que ce gars je lui ai déjà parlé.

    Ray a perdu toutes ses couleurs et Ryan a failli glisser de sa chaise sous la surprise.

- Quoi ?! m’ont-il demandé en cœur.

- Je sais plus quand exactement, ais-je continué sans quitter la photo des yeux, en décembre … y’a presque deux mois. Il essayait d’ouvrir la porte à Tony je … lui ai di qu’il n’était pas là.

- Et qu’est-ce qu’il vous a dit ? m’a demandé Ray en se rapprochant.

- Rien juste que … je n’avais qu’à lui dire qu’il était passé …

- Et vous l’avez dit à Tony?!!!

    Ray n’avait plus peur. Il était effrayé.

- Non, ais-je répondu en fronçant les sourcils, j’ai oublié. Pourquoi ?

    Il a poussé un bref soupir de soulagement et s’est rassit au fond de son siège. Comme si, par mon silence, j’avais évité une guerre atomique.

- Bah putain ! a-t-il dit en forçant un sourire. Vous avez de la chance qu’il vous ai pas buté.

    J’ai eu envie de lui mettre une baffe. Hey oh coco ! Je suis sur un lit d’hôpital à cause de ce connard là !!

- Il avait aucune raison de le faire à ce moment là, a dit Ryan.

    Ray a acquiescé silencieusement.

- Sauf que maintenant il sait que vous vous envoyez ce qui est à lui alors il ne se calmera pas avant de vous avoir explosé la tête.

    Mon sang n’a fait qu’un tour.

- Ce qui est à lui ?! ais-je rétorqué avec forcé. Tony n’est pas un putain de bibelot qu’on gagne à la loterie !

- Z’avez raison, m’a dit Ray, malheureusement c’est comme ça que Gabriel le voit. Et il est pas du genre a prêté ces jouets.

    La rage m’a fait mal à la tête.

- Fermez-la ok !!!

    Ray m’a sourit.

- J’comprend maintenant pourquoi Tony vous a choisit, a lâché Ryan le plus sérieusement du monde, mais Ray a raison vous êtes con.

    Euh c’est pas le moment de me faire du rentre dedans là.

- Y’en a marre j’comprend rien ! ais-je crié. Vous allez m’expliquer qui c’est ce connard !!

- Non.

    Le contraire m’aurait étonné. J’ai lentement respiré pour me calmer.

- Si j’analyse bien, ais-je reprit alors que Ray m’arrachais la photo des mains, vous ne voulez pas que Tony le sache ? Que ce Gabriel a montré les dents.

    Ray a stoppé son geste alors qu’il rangeait le dossier et j’ai cru que Ryan allait faire une attaque.

- Et alors ? m’a demandé le Bourru.

- Vous me dites tout ou ma langue pourrait bien fourché et peut-être que, je sais pas moi, Tony pourrait être au courant de tout ça avant demain.

- Je peux aussi l’empêcher de fourcher en vous cassant votre sale petite gueule de con !!!

- Ray.

    La voix de Ryan, calme, n’a pas du tout arrangé la situation.

- Quoi ?!!!

    Les deux flics se sont jaugés du regard, puis Ray m’a regardé, puis de nouveau Ryan. Il a semblé peser le pour et le contre.

- Bon, a-t-il cédé, il va bientôt vous niquer alors autant que vous sachiez pourquoi.

    J’ai avalé une barrique et Ryan a pouffé de rire. Ouais, moi je trouve pas ça drôle du tout. Ray a de nouveau sortit quelque chose du dossier avant de me le tendre.

- Regardez bien cette photo, m’a-t-il dit.

    J’avais l’impression de participer à un appel à témoin. Sur le cliché, tout neuf tout brillant, j’ai reconnu le connard qui a flingué ma caisse. Beaucoup plus jeune - d’au moins dix années je dirais - il semblait plongé dans une conversation animée avec un autre homme et tenait la main d’une fillette. L’autre homme regardait sa montre et semblait franchement blasé. Ils se ressemblaient étrangement et je pu affirmer sans problème qu’ils étaient père et fils.

   Le silence s’éternisa et je relevais les yeux vers Ray un sourcil arqué. Ouais, et après ?

- Regardez l’enfant, m’a-t-il précisé.

    Beuh pourquoi, c’est le Gabriel tout moche qui m’intéresse. Néanmoins j’ai obéis. Mon cœur s’est arrêté. Tony. Dix ans de moins, mais c’était bien lui. Ces cheveux chocolat démesurément longs m’avaient induit en erreur et je l’ai pris pour une fille. Mais des yeux aussi bleus et brillants ne trompent pas. C’était bien Tony, âgé de dix ans à peine. Pourquoi tenait-il la main de … ?

    J’ai relevé la tête, le souffle court.

    Non …

- Cette photo a été prise y’a treize ans, m’a dit Ray en évitant mon regard, Tony avait neuf ans et Gabriel dix-huit. C’était deux jours avant que je ne butte Joshua Kendallson, leur père.

    L’information a fait le tour de mon cerveau et raisonnait dans ma tête. Leur père … leur père … Tony, Gabriel … leur père …

    Ils sont frères.

    J’ai secoué la tête comme un obstiné sans pour autant accepter de lâcher le cliché.

- Non, ais-je dis d’une voix blanche, Tony m’a dit qu’il était orphelin qu’il … a été promené de famille d’accueil en famille d’accueil toute son enfance !!

    Le ton était monté au fil de ma tirade. Ray n’a pas été décontenancé un seul instant. Il continuait de regarder par la fenêtre.

- Il vous a menti, a-t-il simplement dit.

    Mon ventre s’est contracté et mes mains se sont mises à trembler.

- Non, ais-je di d’un ton ferme.

    Ray s’est soudainement tourné vers moi le regard plus noir que la nuit.

- Vous vouliez connaître l’histoire ?! Ok, alors je vais vous la raconter l’histoire !

    Il était en colère et mon souffle s’est bloqué dans ma gorge. ndla : 'ttention les noeils xD

- Joshua Kendallson, leur père, a-t-il reprit, était le plus grand trafiquant de France, rechercher par la DGSE et la Brigade Criminelle. Il était également connu des services Américains genre F.B.I et C.I.A. C’était le pire malade du pays et le genre de gars intouchable dont même le gouvernement français avait peur. Ce que ce type était capable de faire dépasse votre imagination. Il a eut son premier fils très jeune, Gabriel, avec une putain australienne accro à l’héroïne. Neuf ans plus tard, à l’apogée de sa carrière, il en a eu un second, Ange, de la même femme. Sa putain est morte en couche et il s’est occupé de ses deux fils entre deux meurtres. Y’a treize ans, j’étais capitaine de la Brigade de Répression du Proxénétisme et on a fait une descente dans la maison des Kendallson. Joshua a préféré foutre le feu à sa baraque plutôt que de se laisser attraper mais je l’ai descendu. Ryan a sauvé Ange et on a fait de Gabriel un fugitif. Afin de le protéger et de le réhabilité, on a changé le nom d’Ange pour Tony et il a été adopté.

    Il s’est arrêté, s’est de nouveau laissé allé contre le dossier de sa chaise pour regarder dehors. Et moi je continuais de fixer la photo. Tony, âgé de neuf ans. Il s’appelait Ange et vivait dans un monde de drogue, de violence et de … Brigade de Répression du Proxénétisme ?! J’ai tourné mon regard vers Ray. Ma tête bourdonnait.

- Proxénétisme ?

    Aucun des deux flics n’a bougé. Ça n’était pas la bonne question.

- De quel genre de trafique vous me parlez là ? ais-je demandé en ignorant le vertige qui me prenait. Ce mec était un trafiquant de quoi ?!!

    Toujours rien. Ray regardait dehors, et Ryan fixait ses chaussures.

- Mais répondez bordel !!! ais-je crié.

    C’était une drôle d’impression. Je venais d’apprendre que Tony m’avait menti du début à la fin et je ne ressentais pour l’instant aucune colère. Je voulais juste connaître la vérité, je voulais tout savoir ! Après, peut-être que je m’énerverais. Ray s’est lentement tourné vers moi et a soupiré.

- Joshua Kendallson était un proxénète, un mac, un trafiquant de chaire humaine appelez ça comme vous voulez, m’a-t-il dit, mais il était spécialisé dans … le trafique d’enfant.

    Mon corps s’est raidi.

- Il se servait dans les pays du tiers monde, a continué Ryan - mais je continuais de fixer Ray -, principalement en Afrique, Turquie et Brésil. Il prostituait des mômes âgés de huit à quatorze ans surtout dans les pays slaves et en Russie mais aussi en Amérique. Il avait plus de mal a vendre sa marchandise ici, en France, et c’est pour ça qu’il s’y cachait.

    Ray et moi ne nous étions pas lâché du regard de tout l’exposé. Puis, lentement, j’ai de nouveau fixé le cliché. M’attardant sur Tony … Ange Kendallson. Effrayé, l’enfant regardait la direction opposée aux deux autres hommes. Il semblait attendre, espérer quelque chose qui tardait à venir. Il était maigre, incroyablement maigre et recroquevillé sur lui-même. À bien y regarder, j’ai même eu l’impression qu’il tenait difficilement debout. Mon regard est remonté le long de son bras frêle jusqu’à cette main que Gabriel tenait. Tony et lui ne se tenaient pas la main. Gabriel lui tenait le poignet, l’obligeant à rester près de lui. J’ai relevé les yeux vers Ray.

- Il a commencé a prostitué Ange il avait huit ans.

    Sa voix a crié dans ma tête. J’ai lâché la photo et enfouit mon visage dans mes mains. Je ne pleurais pas, je n’ai pas gémit ni même juré. Je voulais juste qu’il se taise sans vraiment le vouloir. Malheureusement - ou heureusement je ne sais pas - il a continué :

- Mais on le soupçonne d’avoir violé l’enfant bien avant.

    Je n’ai pas bougé.

- En fait il l’utilisait surtout pour … convaincre d’autre trafiquant tout aussi pervers que lui.

    Je ne bougeais toujours pas.

- Il y a exactement onze ans, on a découvert que Gabriel s’était attaché à Ange d’une bien étrange façon. Pour le récupérer il a tué la femme qui avait adopté l’enfant. En interrogeant Ange, on a découvert que ça n’était pas son père qui abusait de lui mais son grand frère.

    Idem.

- Vous comprenez ce que je vous dis Pérez! Gabriel est dingue amoureux de son petit frère et il a été en prison toutes ses années! La première chose qu’il a fait une fois libre c’est se mettre à la recherche de ce dont son corps a été privé pendant des années. S’il attrape Tony ça va lui faire très très mal! Et malheureusement pour vous, il sait que vous êtes amants.

    Je n’ai eu aucune réaction. Comment vous réagiriez à ça vous ? Je ne savais pas moi-même comment réagir. Je suis amoureux d’un homme qui m’a menti. D’un homme qui a un passé de putain et qui met ma vie en jeu!

    J’ai entendu Ray soupiré.

- Voilà maintenant que vous savez tout ça qu’est-ce que vous allez faire ? m’a-t-il demandé.

...

*pause dramatique*

{#}

Alors ? {#} Bon, certaines choses étaient évidentes pour vous puisque j'en avais fait certaines allusions mais vous doutiez-vous que Tony et Gabriel étaient frères ? {#} ( oui bon là je parle à ceux qui ne connaissent pas les "Entre deux" {#} )

Chose à savoir : Gabie adoooooooooore les drames familiaux et histoires incestueuses {#}

Deuxième chose à savoir : il ne reste plus que trois ou quatre chapitres avant la fin de cette fic plus un extra. {#}

Et vi, ce chapitre spécial révélation sera le seul spécial révélation avant le grand BOUM ! ( oui parce qu'y'a un grand boum {#} ) ça va se fighter {#} Bon, dans les prochains chapitres y'aura encore quelques petites révélations secondaires pas trop trop importante ( bah ouais, vous savez pas tout encore {#} )

Le couple Daniel/Tony survivra-t-il a la tempète Gabriel qui s'apprête à s'abattre sur eux ? {#}

{#}

Réponse à votre question muette {#} : pourquoi le michant de cette histoire : Gabriel, porte-t-il le même nom que moi : Gabrielle {#} Parce que {#}, z'en avez pas marre de vous posez des questions bêtes ? {#} {#} {#}

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Que du bonheur - chapitre 19  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 19 juin 2009 20:15

 Gabie's back bande de folasse !!! {#}

Je vais passer outre le fait que ça fait un mois que je vous fais glander et vais vous annoncer ceci :

Finalement je n'aurais pas Internet durant mon séjour de deux ans ( donc 365x2 jours - trop la flemme de compter - ) à Paris ! {#}

... pause dramatique ...

Meuh non je rigole {#} {#}

*reçoit une brique*

Beuh qui a fait ça ? {#}

Je vais dare-dare passer à ma promesse Gabienne en béton armé {#}

Et vi, "Que du bonheur" je l'ai fini toute seule dans mon coin et je vais désormais tout vous publier d'un coup {#} et on commence tout de suite avec le chapitre 19 :

...

    Ce que je vais faire ? Rien. Bien évidemment, je n’ai pas donné cette réponse à Ray le Bourru. À lui j’ai carrément pas répondu. Je suis resté le regard dans le vide un certain moment avant de lui demander - ainsi qu’à Ryan le Niais bien sûr - de sortir et de me laisser seul dans ma chambre d’hôpital blanche qui sent le propre. Qui sent trop d’ailleurs. En temps normal ça m’aurait pas déranger, mais là ça me dérange parce que je veux penser à autre chose. Faut que je pense à autre chose, parce que plus je pense à tout ce que je sais maintenant et plus je m’énerve. Et je n’ai pas envie de m’énerver, pas contre Tony. Ange ? Ma tête me fait mal.

    J’ignore combien de temps je suis resté à ruminer mes pensées et se n’est que lorsque ma rage a atteint un sommet aussi haut que le toit de l’Europe - le Mont Blanc pour les ignares - que j’ai tourné la tête vers la fenêtre pour réaliser qu’il faisait nuit. J’ai quand même pas passé mon après-midi à fixer la porte ?!

    Bon et maintenant qu’est-ce que je fais ? Oui, tout ce temps à penser et encore aucune décision de prise. Je dis tout à Tony ou pas ? Parce qu’apparemment il ne sait pas que Gabriel est ici. Je me frotte les yeux avec ma main valide et pousse un grognement. Bon sang, je sens que si je vois Tony je m’énerve, et généralement quand je m’énerve j’arrive jamais à m’arrêter, et généralement quand je m’énerve - oui je sais une répétition, mais c’est voulu - je dis des choses méchantes que je ne pense pas forcément et que je regretterais à coup sûr.

    Beuh je ne sais pas comment vous appelez ça mais moi j’appel ça être un imbécile.

    Et si je ne disais rien à Tony ? Mon Dieu non je n’y arriverais jamais. J’ai tous les défauts les plus ignobles : je suis lâches et con - on me l’a tellement répété ces derniers temps que j’ai fini par l’admettre - mais j’ai aussi une qualité ignoble : je suis honnête, trop franc. Nan ça fait pas deux, techniquement honnête et franc c’est la même connerie. Et, tout aussi techniquement, lâche et franc ça ne s’oppose pas ? Je ne sais pas ce que vous pensez de moi là mais j’ai pas une très haute opinion de moi-même pour le moment. C’est désespérant. Sans même le vouloir, mes mains tremblent de colère et je construis déjà dans ma tête un monologue bien méchant au cas ou Tony entrerait dans cette pièce dans la seconde.

    La porte de ma chambre s’est ouverte et Tony est entré, affolé. J’aurais presque pu resté coi. Z’avez vu ça la synchronisation de ouf ?

    J’ai croisé son regard et mon cœur a tapé plus fort dans ma poitrine. Dès que je l’ai vu s’approché, un sourire de toute évidence rassuré sur les lèvres - il s’attendait peut-être à me voir bouffer avec une paille - une phrase de Ray en particulier est revenue dans ma tête. Pas des paroles vraiment importante. J’aurais pu penser au fait que Gabriel abusait de son frère, que leur père se servait de lui comme d’un objet sexuel de luxe, qu’il avait très certainement vécu un enfer durant des années mais non. Une seule phrase tambourinait dans mon cerveau chauffé à blanc : « Il vous a menti. »

    Tony m’avait menti, il avait joué avec moi et s’était fait passer pour quelqu’un d’autre. Il m’a menti. Et ma fierté en a prit un coup. C’est égoïste oui je sais. Seulement, je ne le réaliserais qu’après ça :

- Dany ! s’est-il écrié en s’approchant de mon lit pour saisir ma main droite. J’ai paniqué quand …

- Pourquoi tu ne m’as rien dit à propos de Gabriel ? l’ais-je coupé.

    Il s’est arrêté et a continué de me fixer. Rien dans son regard, je ne lisais ni peur ni incompréhension ni même fureur. Apparemment, il tentait juste d’analyser la situation, comme s’il faisait un blocage sur le prénom que je venais de prononcer. J’ai retiré ma main.

- Qui ça ? m’a-t-il finalement demandé d’une voix blanche.

    Il se forçait à sourire mais ses yeux brillaient déjà de larmes retenues. Ça ne m’a pas adoucit. Je ne voyais que ma rage.

- Gabriel ton putain de frère ! ais-je crié.

    Il a sursauté et reculé d’un pas.

- Mais Dany, a-t-il dit, je n’ai pas de frère je suis orphelin je te l’ai dis.

    Il ne faisait que répéter un discours appris par cœur, j’ai tout de suite vu que lui non plus n’était plus convaincu par ce qu’il disait. Petit à petit, des tremblements ont agité ses mains et la peur s’est lu dans son regard. Mais moi je ne voyais toujours que ma rage.

- Bordel mais tu te fous de ma gueule ! ais-je repris. Je sais tout Tony! D’ailleurs je ne devrais pas plutôt t’appeler Ange ?!

    Les larmes ont coulé sur ses joues soudain très pâles. Il s’est avancé et a tenté d’attraper ma main.

- Dany, a-t-il murmuré.

- Sale pute ! ais-je hurlé en repoussant violemment sa main tendue. T’es qu’une saloperie de putain dégage !!

    Il a serré sa main douloureuse contre son cœur et s’est mi a sangloté. J’ai ignoré cette chose à l’intérieur de moi qui me criait d’ouvrir les yeux, d’arrêter tout de suite, de me souvenir. Mais de quoi ? Un briquet et un parapluie ? Hein ! J’ai tout refoulé sans vraiment m’en rendre compte - enfin un peu puisque je vous en parle - et j’ai continué de crier :

- Tires-toi !

    Il m’a regardé quelques secondes, nos regards ne se sont pas lâchés. Je vous ai déjà di que se sont ses yeux qui m’ont attiré dès le départ? Si brillants, si bleus, si purs. Mais en cet instant, ses prunelles étaient ternes, terrifiées, attristées, il a fait demi-tour et la porte s’est refermée sur lui.

    J’ai fixé la porte quelques instants. Un gouffre immense s’est ouvert en moi.

J'ai oublié de vous dire : je vous avais annoncé que ce roman serait fini d'ici trois ou quatre chapitres, et bien non, il y en aura 8 + 1 épilogue + 1 extra + 1 interview {#}

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