Le 23 décembre
Et oui, ça fait déjà huit jour que je sais ce que je sais et qu’est-ce que j’ai fait ? Rien. Après avoir surpris la conversation entre Ray et Tony ce soir-là, je suis purement et simplement rentrer dans mon appartement, je me suis assis, et j’ai ruminé cette révélation dans le noir de mon salon. Bien sûr, sur le coup, tout ça m’a réjoui. Ce gamin aime un homme comme moi je me suis senti flatté c’est certain ! - pas bon pour mon ego tout ça. Mais, une fois mon allégresse passé, la déception m’a submergé. Tony a le béguin pour moi et après ? Moi je vais me marier et j’ai ma sœur à faire venir d’Espagne. Ma décision prise, je décidais de faire comme si je ne savais rien et continuais ma petite routine.
Seulement, dès le lendemain, j’ai découvert que se serait bien moins simple que ce que j’avais prévu. Croisé son regard bleu si brillant était une véritable torture, voir son sourire mettait mon self-contrôle à rude épreuve - en gros j’avais une énorme envie de lui en rouler une ! - et sentir son parfum de chèvrefeuille m’envoûtait totalement. Étais-je condamné à l’écouter me parler, suspendu à ses lèvres, totalement au courant de ses sentiments pour moi, mais à jamais conscient de tout renier en bloc ? Non, pas éternellement.
Après notre mariage, Katy et moi ne resterions pas vivre dans l’appartement que j’occupe maintenant depuis onze années c’était certain. Nous partirions nous installer ailleurs, loin, fonder notre famille. Et, depuis que cette vérité m’est apparu, mon cœur n’en est que plus lourd.
Alors je vais osé ? Partir comme ça sans lui donner ma nouvelle adresse, avec un simple au revoir de la main ? Oui, je vais osé. Parce que l’entendre déblatérer des inepties telles que : « Je l’aime et peu importe ce qu’il pense de moi je veux rester près de lui le voir sourire. » m’a fait comprendre à quel point il était naïf et fragile, et à quel point je ne méritais pas un amour pareil.
Bien sûr que non que je ne le mérite pas - là j’essaie de me convaincre moi-même - je suis une tête de lard qui râle tout le temps et qui est bien trop têtu pour admettre qu’il a tord - même si je n’ai jamais tord.
Je m’éloignerais de lui, comme ça, et il s’épanchera sur quelqu’un d’autre. Moi je disparaîtrais de sa vie, il finira pas m’oublier complètement. Mon nom, la couleur de mes yeux, le temps qu’on pouvait passer ensemble … ses cheveux aux reflets si gourmands, sa peau si douce, son parfum si subtile… euh, ou j’en étais ?
Bon, fini la parlotte, ça vous ennui. Là, à deux jours de Noël, il est exactement 19h07 et j’attend devant le Leader Price, dans ma voiture. Le moteur tourne toujours histoire de garder le chauffage allumer, et la radio m’aide à ne pas m’endormir. Oui parce que, à force de penser à tout ça seul dans mon lit froid, j’ai fini par en perdre le sommeil. Je n’ai pas le choix !!! Si je veux revoir ma sœur je dois me marier ! Je veux tant la revoir.
Réalisant soudain que je ne lui ai par parlé depuis un bon moment, j’attrape mon portable et compose le numéro. Ça va me coûter la peau des fesses mais tant pis, j’ai juste besoin de l’entendre et puis, tant que j’y suis, lui annoncer la bonne nouvelle.
- Holà ?
Ah, c’est pas elle.
- Holà prima.
- Daniel ?!!!
- Sì.
- AH DANIEL !!!
Je grimace et coupe court à ses élucubrations - sinon j’suis encore là au nouvel an.
- Morgan esta aquì ? demandais-je.
- Sì sì ! MORGAN !!!!!!!!
Cette fois, j’écarte mon portable de mon oreille. Ne jamais sous-estimer les cordes vocales d’une Pérez en pleine poussée d’hormones.
- Holà ?!
ndla : pour faciliter la compréhension du lecteur et pour éviter à la fainéante qui vous sert de narratrice de se casser le cul à utiliser sa langue maternelle depuis longtemps reléguée au rang de seconde langue, les dialogues sont directement traduits en français.
- Salut ma belle c’est moi.
- Oui je sais, me répliqua ma sœur dans un gloussement, j’ai entendu la folle hurler ton nom. Je suis sûre et certaine qu’elle a réveillé tout Madrid et le centre du pays.
Étant donné que la majeur partie dudit centre est composé de sable et de chaleur, je ne pense pas qu’elle est réveillé grand monde dans cette partie du pays.
- J’ai une bonne nouvelle, déclarais-je de bute en blanc.
- C’est vrai ? Qu’est-ce que c’est ?
- Je vais me marier.
- AH !!!!!!!!!!!!!
J’éloigne de nouveau le portable, certain d’être devenu temporairement sourd de l’oreille droite. Bizarre, ma sœur a fini sa mue depuis longtemps pourtant. Derrière j’entend des voix et devine qu’elle, elle a certainement ameuté tout le pays, et pas seulement le centre.
- Racontes racontes comment elle s’appelle ?
J’entendis ma cousine tenter une percée jusqu’au téléphone pour ajouter quelque chose mais essuya certainement un lourd échec face à ma sœur. Certains diront qu’elle me ressemble sur bien des poings moi j’irais juste affirmer qu’effectivement, elle a le caractère de merde des Pérez.
- Katy, répondis-je simplement.
Bizarrement, j’ai pas envie de m’étendre d’avantage au sujet de ma femme-dinde.
- Et c’est pour quand ? T’inviteras toute la famille hein ?
- Oui bien sûr, répondis-je d’une voix étrangement lointaine.
Plutôt que de me réjouir qu’elle l’accepte si bien, je me sens comme oppressé. J’ai besoin de prendre l’air. Au fond de moi, je réalise que j’avais souhaité qu’elle rejette ce mariage, m’en dissuade jalousement, désireuse de garder son grand frère pour elle toute seule. Mais cette distance et toutes ses années n’ont pas créer une barrière entre nous, juste un immense viaduc.
À l’autre bout du fil, ils se sont mi à tous parler en même temps. Une tradition chez nous - je vous explique pas le bordel pendant les réunions de famille - chacun essayant de me faire entendre sa voix. Pourtant celle de ma sœur parvient à dominer toutes les autres :
- Dis dis je pourrais être ta demoiselle d’honneur ?
- Morgan ?
- Ouais ?
- Après mon mariage tu viendras vivre chez moi ?
- Hein ? Attends … tu peux répéter s’il te plait j’entend rien avec le boucan qu’ils font.
- Si je me maries c’est pour toi Morgan, pour que tu viennes t’installer chez moi en France.
Je n’ai pas voulu le dire comme ça, je n’aurais pas dû le dire comme ça. Pourquoi je l’ai di comme ça ? Je sens quelque chose couler sur ma joue. Je regarde dans le rétroviseur et réalise que je pleure. Un silence s’installe à l‘autre bout du fil, seulement comblé par les voix lointaines de ma tante, ma cousine et mes cousins puis j’entend une porte claquée dans le combiné. Ma sœur s’est isolée.
- Attends c’est quoi ce plan débile que t’es en train de me faire là ?
- Écoutes Morgan …
- Non toi tu m’écoutes !
Beuh non les femmes ne portent pas la culotte dans la famille Pérez … elles ont juste une voix d’un million de décibel et des griffes à la place des ongles ! Honteux, je baisse les yeux sur ma main libre et me tais.
- T’as l’intention de te marier avec une française à la con pour me faire quitter mon pays et m’installer dans celui que tu considères maintenant comme le tien ?
Y’a pas trente secondes elle semblait hyper heureuse d’avoir une « française à la con » comme belle sœur. Question de survie, je garde cette réflexion pour moi. Vous moquez pas, même à cette distance son courroux peut être mortel !
- Est-ce que tu l’aimes au moins cette grognasse ?
Comme j’aurais aimé qu’elle ne pose jamais cette question. J’ouvre la bouche histoire de lui affirmer que oui mais ma voix se bloque dans ma gorge et je suis incapable d’émettre un son. Oui, bien sûr je l’aime ! J’aime tout de lui !! Quand il me sourit, me regarde, me touche … Ma bouche toujours ouverte, de stupeur cette fois, je réalise alors que je suis amoureux de ce mec à en perdre la tête ! Comment ça ça fait cliché ?
Oui je m’en rend compte seulement maintenant et non je ne suis pas débile !
- Morgan je …
- Fermes-la crétin ! Tu l’aimes pas c’est évident !
Bien sûr que si je l’aime ! Mais bon comme on parle pas de la même personne ça peut porter à confusion.
Je l’entend soupirer, elle semble se calmer. Puis elle reprend :
- Daniel, vraiment c’est touchant ce que tu fais, mais ne te sacrifie pas pour moi comme maman l’a fait.
Mon cœur se serre.
- Je refuse de quitter l’Espagne pour te rejoindre je regrette. C’est mon pays, ma famille ! Malgré ce qui est arrivé moi j’ai décidé de ne pas fuir.
La honte me submerge de nouveau. Oui, j’ai fuis il y a onze ans. J’ai fuit cette famille de dingue dont je ne voulais plus entendre parler après les révélations affreuses faites sur ma véritable ascendance à l’hôpital. Là, sur la dépouille de mes parents,j’y ai appris que mon père n’était pas mon véritable père. Que ma mère m’avait menti toute mon enfance, que j’ai supporté le regard plein de haine et les coups d’un homme saoul tous les soirs, un homme dont je croyais être le fils. Mais, en une seule nuit, non seulement j’ai perdu tout ce que j’avais de matériel, mais aussi toute mes croyances. Mon monde venait de s’effondrer. Plein d’amertume, j’ai craché sur la mémoire de ma mère et je suis parti rejoindre le seul homme en qui j’avais désormais confiance : mon oncle français.
La seule que je n’ai jamais rejeté c’est bien toi, Morgan.
- Ma vie est ici Daniel, mon lycée, mes amis, mon avenir ! reprit-elle doucement.
Oui, une femme Pérez peut aussi être très douce. Étonnant hein ?
- Pas le mien, murmurais-je doucement.
- Bien sûr que si Daniel, ta vie est ici aussi. Reviens ! C’est à toi de venir vers moi pas le contraire ! C’est à toi de revenir vers les tiens !
Évidemment, j’y ai pensé à la mort de mon oncle. Retourner en Espagne. Mais pourquoi ? Pour affronter le regard des autres et me demander sans cesse qui est mon véritable père ? Non, j’ai refusé et continué à me bercer d’illusion.
- Pourquoi t’es parti ?
Je ne lui ai jamais di, jamais je n’oserais briser le lien si fragile qui nous uni encore.
- Reviens s’il te plait, rien ne te retiens là-bas non?
Rien ne me retenait jusqu’à il y a un moi et vingt-quatre jours. Mais maintenant, je ne peux pas, quelque chose me retient. Ou plutôt, quelqu’un. Et ce quelqu’un vient de sortir du magasin.
- Je te rappelle plus tard, lançais-je plus brusquement que je ne le voulais.
- Non Dany attends !
Mais je raccrochais.
...
Oui je sais je vous
avais promi une scène de fesse mais j'ai mal calculé mon coup, je
ne pensais pas que cette conversation téléphonique durerait si
longtemps 
* s'autogifle *
Et pis comme j'aime
pas faire des chapitres trop long bah voilà 
Bon au moins vous en
avez apri un peu plus sur Dany
et cette fois, juré juré, y'aura une
scène de fesse dans le prochain chapitre

Ps : je suis contente
que cette fic te plaise tant Misa Jolie 
Ps2 : tu veux
vraiment une scène de sexe entre Ray et Philou ma Yayette ?
( en plus c'est vrai que j'en avais déjà promi une dans "
Entre deux hommes "
) d'accord alors j'essairais de
caser ça quelque part ( j'hésitais entre en faire une ou pas
toute façon
)
Ps3 : allez, un petit
Dany en image, c'est un dessin de moi 
)
J'avais dans l'idée de faire ça avec
plus de description salées mais ça aurait cassé l'ambiance croyez
pas 

)


) m'enfin c'est pas comme si
ç'avait de l'importance ( ah bon ça en a 
Gabie déteste le romantisme


)



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