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Que du bonheur ( terminé )

Que du bonheur - Chapitre 10  (Que du bonheur ( terminé )) posté le jeudi 04 juin 2009 13:16

Le 23 décembre

    Et oui, ça fait déjà huit jour que je sais ce que je sais et qu’est-ce que j’ai fait ? Rien. Après avoir surpris la conversation entre Ray et Tony ce soir-là, je suis purement et simplement rentrer dans mon appartement, je me suis assis, et j’ai ruminé cette révélation dans le noir de mon salon. Bien sûr, sur le coup, tout ça m’a réjoui. Ce gamin aime un homme comme moi je me suis senti flatté c’est certain ! - pas bon pour mon ego tout ça. Mais, une fois mon allégresse passé, la déception m’a submergé. Tony a le béguin pour moi et après ? Moi je vais me marier et j’ai ma sœur à faire venir d’Espagne. Ma décision prise, je décidais de faire comme si je ne savais rien et continuais ma petite routine.

    Seulement, dès le lendemain, j’ai découvert que se serait bien moins simple que ce que j’avais prévu. Croisé son regard bleu si brillant était une véritable torture, voir son sourire mettait mon self-contrôle à rude épreuve - en gros j’avais une énorme envie de lui en rouler une ! - et sentir son parfum de chèvrefeuille m’envoûtait totalement. Étais-je condamné à l’écouter me parler, suspendu à ses lèvres, totalement au courant de ses sentiments pour moi, mais à jamais conscient de tout renier en bloc ? Non, pas éternellement.

    Après notre mariage, Katy et moi ne resterions pas vivre dans l’appartement que j’occupe maintenant depuis onze années c’était certain. Nous partirions nous installer ailleurs, loin, fonder notre famille. Et, depuis que cette vérité m’est apparu, mon cœur n’en est que plus lourd.

    Alors je vais osé ? Partir comme ça sans lui donner ma nouvelle adresse, avec un simple au revoir de la main ? Oui, je vais osé. Parce que l’entendre déblatérer des inepties telles que : « Je l’aime et peu importe ce qu’il pense de moi je veux rester près de lui le voir sourire. » m’a fait comprendre à quel point il était naïf et fragile, et à quel point je ne méritais pas un amour pareil.

    Bien sûr que non que je ne le mérite pas - là j’essaie de me convaincre moi-même - je suis une tête de lard qui râle tout le temps et qui est bien trop têtu pour admettre qu’il a tord - même si je n’ai jamais tord.

    Je m’éloignerais de lui, comme ça, et il s’épanchera sur quelqu’un d’autre. Moi je disparaîtrais de sa vie, il finira pas m’oublier complètement. Mon nom, la couleur de mes yeux, le temps qu’on pouvait passer ensemble … ses cheveux aux reflets si gourmands, sa peau si douce, son parfum si subtile… euh, ou j’en étais ?

    Bon, fini la parlotte, ça vous ennui. Là, à deux jours de Noël, il est exactement 19h07 et j’attend devant le Leader Price, dans ma voiture. Le moteur tourne toujours histoire de garder le chauffage allumer, et la radio m’aide à ne pas m’endormir. Oui parce que, à force de penser à tout ça seul dans mon lit froid, j’ai fini par en perdre le sommeil. Je n’ai pas le choix !!! Si je veux revoir ma sœur je dois me marier ! Je veux tant la revoir.

    Réalisant soudain que je ne lui ai par parlé depuis un bon moment, j’attrape mon portable et compose le numéro. Ça va me coûter la peau des fesses mais tant pis, j’ai juste besoin de l’entendre et puis, tant que j’y suis, lui annoncer la bonne nouvelle.

- Holà ?

    Ah, c’est pas elle.

- Holà prima.

- Daniel ?!!!

- Sì.

- AH DANIEL !!!

    Je grimace et coupe court à ses élucubrations - sinon j’suis encore là au nouvel an.

- Morgan esta aquì ? demandais-je.

- Sì sì ! MORGAN !!!!!!!!

    Cette fois, j’écarte mon portable de mon oreille. Ne jamais sous-estimer les cordes vocales d’une Pérez en pleine poussée d’hormones.

- Holà ?!

ndla : pour faciliter la compréhension du lecteur et pour éviter à la fainéante qui vous sert de narratrice de se casser le cul à utiliser sa langue maternelle depuis longtemps reléguée au rang de seconde langue, les dialogues sont directement traduits en français.

- Salut ma belle c’est moi.

- Oui je sais, me répliqua ma sœur dans un gloussement, j’ai entendu la folle hurler ton nom. Je suis sûre et certaine qu’elle a réveillé tout Madrid et le centre du pays.

    Étant donné que la majeur partie dudit centre est composé de sable et de chaleur, je ne pense pas qu’elle est réveillé grand monde dans cette partie du pays.

- J’ai une bonne nouvelle, déclarais-je de bute en blanc.

- C’est vrai ? Qu’est-ce que c’est ?

- Je vais me marier.

- AH !!!!!!!!!!!!!

    J’éloigne de nouveau le portable, certain d’être devenu temporairement sourd de l’oreille droite. Bizarre, ma sœur a fini sa mue depuis longtemps pourtant. Derrière j’entend des voix et devine qu’elle, elle a certainement ameuté tout le pays, et pas seulement le centre.

- Racontes racontes comment elle s’appelle ?

    J’entendis ma cousine tenter une percée jusqu’au téléphone pour ajouter quelque chose mais essuya certainement un lourd échec face à ma sœur. Certains diront qu’elle me ressemble sur bien des poings moi j’irais juste affirmer qu’effectivement, elle a le caractère de merde des Pérez.

- Katy, répondis-je simplement.

    Bizarrement, j’ai pas envie de m’étendre d’avantage au sujet de ma femme-dinde.

- Et c’est pour quand ? T’inviteras toute la famille hein ?

- Oui bien sûr, répondis-je d’une voix étrangement lointaine.

    Plutôt que de me réjouir qu’elle l’accepte si bien, je me sens comme oppressé. J’ai besoin de prendre l’air. Au fond de moi, je réalise que j’avais souhaité qu’elle rejette ce mariage, m’en dissuade jalousement, désireuse de garder son grand frère pour elle toute seule. Mais cette distance et toutes ses années n’ont pas créer une barrière entre nous, juste un immense viaduc.

    À l’autre bout du fil, ils se sont mi à tous parler en même temps. Une tradition chez nous - je vous explique pas le bordel pendant les réunions de famille - chacun essayant de me faire entendre sa voix. Pourtant celle de ma sœur parvient à dominer toutes les autres :

- Dis dis je pourrais être ta demoiselle d’honneur ?

- Morgan ?

- Ouais ?

- Après mon mariage tu viendras vivre chez moi ?

- Hein ? Attends … tu peux répéter s’il te plait j’entend rien avec le boucan qu’ils font.

- Si je me maries c’est pour toi Morgan, pour que tu viennes t’installer chez moi en France.

    Je n’ai pas voulu le dire comme ça, je n’aurais pas dû le dire comme ça. Pourquoi je l’ai di comme ça ? Je sens quelque chose couler sur ma joue. Je regarde dans le rétroviseur et réalise que je pleure. Un silence s’installe à l‘autre bout du fil, seulement comblé par les voix lointaines de ma tante, ma cousine et mes cousins puis j’entend une porte claquée dans le combiné. Ma sœur s’est isolée.

- Attends c’est quoi ce plan débile que t’es en train de me faire là ?

- Écoutes Morgan …

- Non toi tu m’écoutes !

    Beuh non les femmes ne portent pas la culotte dans la famille Pérez … elles ont juste une voix d’un million de décibel et des griffes à la place des ongles ! Honteux, je baisse les yeux sur ma main libre et me tais.

- T’as l’intention de te marier avec une française à la con pour me faire quitter mon pays et m’installer dans celui que tu considères maintenant comme le tien ?

    Y’a pas trente secondes elle semblait hyper heureuse d’avoir une « française à la con » comme belle sœur. Question de survie, je garde cette réflexion pour moi. Vous moquez pas, même à cette distance son courroux peut être mortel !

- Est-ce que tu l’aimes au moins cette grognasse ?

    Comme j’aurais aimé qu’elle ne pose jamais cette question. J’ouvre la bouche histoire de lui affirmer que oui mais ma voix se bloque dans ma gorge et je suis incapable d’émettre un son. Oui, bien sûr je l’aime ! J’aime tout de lui !! Quand il me sourit, me regarde, me touche … Ma bouche toujours ouverte, de stupeur cette fois, je réalise alors que je suis amoureux de ce mec à en perdre la tête ! Comment ça ça fait cliché ?

    Oui je m’en rend compte seulement maintenant et non je ne suis pas débile !

- Morgan je …

- Fermes-la crétin ! Tu l’aimes pas c’est évident !

    Bien sûr que si je l’aime ! Mais bon comme on parle pas de la même personne ça peut porter à confusion.

    Je l’entend soupirer, elle semble se calmer. Puis elle reprend :

- Daniel, vraiment c’est touchant ce que tu fais, mais ne te sacrifie pas pour moi comme maman l’a fait.

    Mon cœur se serre.

- Je refuse de quitter l’Espagne pour te rejoindre je regrette. C’est mon pays, ma famille ! Malgré ce qui est arrivé moi j’ai décidé de ne pas fuir.

    La honte me submerge de nouveau. Oui, j’ai fuis il y a onze ans. J’ai fuit cette famille de dingue dont je ne voulais plus entendre parler après les révélations affreuses faites sur ma véritable ascendance à l’hôpital. Là, sur la dépouille de mes parents,j’y ai appris que mon père n’était pas mon véritable père. Que ma mère m’avait menti toute mon enfance, que j’ai supporté le regard plein de haine et les coups d’un homme saoul tous les soirs, un homme dont je croyais être le fils. Mais, en une seule nuit, non seulement j’ai perdu tout ce que j’avais de matériel, mais aussi toute mes croyances. Mon monde venait de s’effondrer. Plein d’amertume, j’ai craché sur la mémoire de ma mère et je suis parti rejoindre le seul homme en qui j’avais désormais confiance : mon oncle français.

    La seule que je n’ai jamais rejeté c’est bien toi, Morgan.

- Ma vie est ici Daniel, mon lycée, mes amis, mon avenir ! reprit-elle doucement.

    Oui, une femme Pérez peut aussi être très douce. Étonnant hein ?

- Pas le mien, murmurais-je doucement.

- Bien sûr que si Daniel, ta vie est ici aussi. Reviens ! C’est à toi de venir vers moi pas le contraire ! C’est à toi de revenir vers les tiens !

    Évidemment, j’y ai pensé à la mort de mon oncle. Retourner en Espagne. Mais pourquoi ? Pour affronter le regard des autres et me demander sans cesse qui est mon véritable père ? Non, j’ai refusé et continué à me bercer d’illusion.

- Pourquoi t’es parti ?

    Je ne lui ai jamais di, jamais je n’oserais briser le lien si fragile qui nous uni encore.

- Reviens s’il te plait, rien ne te retiens là-bas non?

    Rien ne me retenait jusqu’à il y a un moi et vingt-quatre jours. Mais maintenant, je ne peux pas, quelque chose me retient. Ou plutôt, quelqu’un. Et ce quelqu’un vient de sortir du magasin.

- Je te rappelle plus tard, lançais-je plus brusquement que je ne le voulais.

- Non Dany attends !

    Mais je raccrochais.

...

Oui je sais je vous avais promi une scène de fesse mais j'ai mal calculé mon coup, je ne pensais pas que cette conversation téléphonique durerait si longtemps {#}

 

* s'autogifle *

Et pis comme j'aime pas faire des chapitres trop long bah voilà {#}

Bon au moins vous en avez apri un peu plus sur Dany {#} et cette fois, juré juré, y'aura une scène de fesse dans le prochain chapitre

{#}

Ps : je suis contente que cette fic te plaise tant Misa Jolie {#}

Ps2 : tu veux vraiment une scène de sexe entre Ray et Philou  ma Yayette ? ( en plus c'est vrai que j'en avais déjà promi une dans " Entre deux hommes " {#} ) d'accord alors j'essairais de caser ça quelque part ( j'hésitais entre en faire une ou pas toute façon {#} )

Ps3 : allez, un petit Dany en image, c'est un dessin de moi {#}

 

 

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Que du bonheur - Chapitre 11  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 05 juin 2009 12:28

/!\ Public avertis ! /!\

En fait c'est juste pour la forme, je me doute que si vous venez ici c'est parce que vous êtes des pervers {#}

...

- Qu’est-ce qu’il y a Dany ça va pas ?

    C’est dingue ça il est à peine monté dans la voiture qu’il a remarqué que j’avais pleuré. Pourtant je me suis échiné à essuyer toute trace de larme. En plus j’ai même pas les yeux rouge d’après le reflet que me renvoie le rétroviseur intérieur.

- Je viens de parler avec ma sœur, répondis-je plus brusquement que je ne l’avais voulu.

    Il ne di rien et se contente de boucler sa ceinture. Non c’est pas bon ça il faut qu’il me parle ! Rien que pour me donner du courage. Parce que j’en suis arrivé à une conclusion : si ma sœur ne veut pas quitter l’Espagne - bon sang je me suis débattu pour elle et tout ça pour rien !!! - alors moi je n’ai plus besoin de me marier. Cette perspective m’arrache une grimace. Alors finalement, j’ai perdu toutes ses années ici pour l’entendre dire que j’ai fui ? Et elle a raison, j’ai fui, je me suis caché derrière une excuse minable. Et maintenant ?

    Maintenant j’ai les tripes nouées et la gorge sèche comme lorsque Ricco m’a proposé de coucher avec lui pour tuer le temps. Bon d’accord c’était il y a quatorze ans mais, le problème reste le même. À quelques exceptions près : je vais sur trente ans - donc je ne suis plus puceau depuis bah, quatorze ans - et …

    Et autant se l’avouer, je n’ai rien accompli d’autre depuis.

    Perdu dans mes ruminations je n’ai pas remarqué immédiatement qu’on était arrivé dans le quartier. Ni lui ni moi n’avions décroché un mot de tout le trajet, pourtant il ne semblait gêné loin de là, il regardait par la vitre perdu dans ses pensées. Pensait-il à la conversation qu’il avait eu avec Ray huit jours plus tôt ? En tout cas moi, je ne pensais qu’à ça. Et je pensais et pensais et encore, et pour finir nous voilà arriver devant nos appartements respectifs sans que je sache quoi dire et le stress m’a soudain noué les entrailles.

- Dany ?

    Sa voix délicate et préventive m’a ramené à la raison. Je le regarde.

- Je suis désolé je ne peux rien faire pour toi, me dit-il dans un sourire, je me doute qu’elle te manque beaucoup.

    Il posa sa main sur mon bras et le pressa doucement. Mon cœur manqua un battement et ma respiration se coupa. Je lui souris du mieux possible.

    Et il me rendit mon sourire. Sans le quitter des yeux, je tentais de rassembler tout mon courage. Mais pourquoi je panique comme ça ?! J’ai sept ans de plus que lui, vingt bon centimètres en plus et trente kilos, si jamais il tente de me résister je peux toujours … hein ?

    Il a ouvert sa porte. Je ne peux pas, je ne peux vraiment pas ! J’ouvre ma porte également. Mais si je peux !

- Tony ?

    Il se retourne et me regarde. Il a l’air vraiment triste pour moi il … j’ai juste envie de … l’embrasser. À moitié entré chez lui, la main sur la poigné de la porte, il attend.

- Je … j’ai …, bégayais-je stupidement avant de passer une main dans mes cheveux, j’ai un truc à te dire.

    Il esquisse un sourire timide et un pas vers moi. Je déglutis, inspire à fond et me lance :

- J’ai entendu la conversation que t’as eu avec Ray la semaine dernière. J’étais dans le couloir.

    Doucement, son sourire s’efface et la terreur fait briller son regard qu’il détourne de moi. Je vois sa main trembler alors qu’il s’appuie sur cette poigné comme à une bouée.

    Un lourd silence gêné s’installe. Je n’ai qu’à faire un pas pour rentrer chez moi.

    Le sang bat à mes tempes et j’ai comme l’impression que mon cœur va explosé. Bientôt, des larmes se mettent à briller au fond de ses yeux bleus. Et moi je ne bouge pas. Bien et je fais quoi maintenant ?

- Je suis désolé, minaude-t-il en baissant les yeux, je … tu sais … je ne voulais pas que tu l’apprennes … pas comme ça …

    J’entends pratiquement pas ce qu’il me raconte tellement mon cœur bat fort et je sens une chaleur délicieuse monter en moi.

- J’te gênerais pas je te le promet, reprend-il d’une voix tremblante, je … promet …

    Il éclate en sanglot. Alors que je tentais de me persuader que je pourrais l’ignorer et rentrer chez moi - que je devais l’ignorer ! - et que je le vis qui s’apprêtait à fermer sa porte sur moi, je me précipitais. Plus brusquement que je ne l’eus souhaité, j’attrapais son bras et le tirais à moi. En larmes, parcouru de tremblement, il était totalement à ma merci.

    Je le plaquais brutalement contre le mur blanc du couloir - devenu gris depuis le temps - et plongeai mes yeux fiévreux dans les siens, écarquillés de terreur. Mes mains enserrant ses poignets, mon corps coinçant le sien lui supprimant tout échappatoire, je l’embrassais. Sa bouche ne m’opposa aucune résistance et j’y glissais ma langue sans aucune douceur. J’ignore encore aujourd’hui pourquoi il ne se défendit pas. Trop peur ou trop faible ? Peut-être aussi n’en avait-il pas envie. Ma langue caressa l’intérieur de sa bouche avec plus d’ardeur que je ne l’aurais cru et sentir son corps tremblant tout offert contre le mien propagea en moi une vague de plaisir intense. Il gémit et mon baiser redoubla de vigueur.

    Mais, vigoureux ou pas, un homme se doit bien de reprendre son souffle, aussi je m’écartais de lui. Terrorisés, ses yeux d’où continuaient de couler des larmes me fixaient, comme implorant. Et pourtant, il ne me repoussait pas.

    J’étais totalement conscient qu’il fallait que j’arrête, que je le lâche, que ses tremblements incontrôlés n’étaient pas dû à une quelconque préciosité, mais bien à de la peur. Mais, comme obéissant à un contrôle puissant et extérieur à ma pensée, je l’entraînais dans mon appartement. Là il tenta de me résister en poussant un gémissement effrayé. Je l’ignorais.

    Claquant violemment la porte derrière nous, la respiration saccadée, je le lâchais enfin et il recula, ses bras frêles enserrant sa poitrine dans l’espoir de se protéger. Fébrile, je retirais ma veste sans le quitter des yeux. Lorsque je m’approchais de nouveau de lui, le regard presque fou, il poussa un sanglot et tenta certainement la supplication mais je n’entendais plus rien. Violemment, je le poussais sur le canapé.

    Il y atterrit dans un cri et gémit de nouveau alors que je me retrouvais sur lui, le souffle court, mon excitation à son comble, je sentais déjà qu’il fallait que je me débarrasse au plus vite de mon jean. Je plongeais un instant mes yeux dans les siens. Il avait gardé ses bras contre son torse, son ultime protection. Je me laissais alors entièrement tombé sur lui, coinçant son corps sous le mien et enfouis mon visage dans le creux de son cou. L’odeur de kiwi de ses cheveux m’enveloppa totalement et sembla me ramener quelque peu à la réalité. Avec plus de douceur je me redressai et attrapais ses mains pour les dresser au-dessus de sa tête. Et je l’embrassais de nouveau. Cette fois, sa bouche mi plus de temps à me céder et ses jambes s’obstinaient à me rester fermées. Le barrage de ses lèvres me céda et j’y enfoui ma langue pour jouer avec la sienne. Attrapant ses deux mains avec une seule des miennes, je glissais la seconde entre nos deux corps, bien décidé à forcer ses jambes à s’écarter. Il poussa un cri de terreur, étouffé par mes lèvres, puis se mit à se débattre si fort que je dus mettre prématurément un terme à notre baiser. Enfin, mon baiser.

- Non ! supplia-t-il les larmes coulant sur ses joues. J’t’en prie va doucement ! … doucement… je n’ai … n’ai jamais … jamais …

    Le reste de sa phrase se perdit dans un sanglot et une vague de honte me submergea. Mais c’est pas vrai quel chien ! Qu’est-ce qu’il m’a prit ?! Je relâchais ses mains qu’il ramena immédiatement sur son torse.

- S’il te plait …

    Sa supplique m’arracha une partie de moi-même et quelque chose se brisa en moi. J’ignore encore de quoi il s’agit, mais dès cet instant je sus que plus jamais je ne pourrais me passer de ses yeux si unique, de son corps frissonnant. Plus jamais je n’autoriserais personne à poser des yeux envieux sur lui. Pendant un bref instant, l’idée saugrenue de l’enfermer quelque part pour moi tout seul me traversa l’esprit. Il était à moi, cet être si fragile était à moi. Je me devais de le protéger. C’est ça que ça veut dire, aimer à en perdre la tête ?

    Toujours haletant, le pantalon de plus en plus inconfortable, je lui caressai la joue. Les yeux plongés dans les miens il ne bougea pas, la respiration saccadée.

- Pardon, murmurais-je d’une voix rauque, excuses-moi …

    Il eut un faible sourire.

- Je ne t’imaginais pas si passionné, me répondit-il simplement.

    Et je souris à mon tour. Il n’avait plus peur, cela se voyait dans son regard. Totalement consentant cette fois, il m’ouvrit les bras et les passa autour de mon cou pour m’attirer à lui. Un peu avant que nos lèvres ne se touchent il ouvrit la bouche et se fut sa langue qui vint à la rencontre de la mienne. Resté pantois quelques instants par ce brusque revirement de situation, je répondis enfin au baiser et l’approfondis. Le gémissement de plaisir qu’il poussa m’aida à me souvenir que mon pantalon était des plus serré. Réprimant un frisson, il m’autorisa à glisser une main sous son pull. Sa peau frémissante était aussi douce que de la soie, son torse fin et délicats et son ventre plus chaud que celui d’une femme. Se fut à mon tour de gémir.

    Brusquement, je me redressais et retirait mon pull pour le jeter dans le salon. Le regard qu’il promena brièvement sur mon torse me fit l’effet d’une caresse des plus intimes. Jamais un regard n’avait été si intense. Si je ne m’étais pas retenu, j’aurais joui dans l’instant mais quitte à avoir commencé, autant aller jusqu’au bout. Je l’embrassai encore, insatiable. Il y avait sur ses lèvres comme un odeur de fièvre, et ses mains qui caressaient ma peau nue provoqua en moi une ivresse qui m’anéantis. Je l’obligeais à retirer son vêtement également et le contact de nos deux corps nus m’électrisa. Plus rien ne comptais pour moi si se n’est ce contact, cet échange. Un amour sans borne qu’il me transmettait par ses mains, ses lèvres, ses yeux.

   Bientôt, nos vêtements nous quittèrent et il m’ouvrit enfin ses jambes pour m’accueillir. Je m’y engouffrais avec bonheur. Le contact de nos deux sexes me fit pousser un cri d’extase bien malgré moi. Et il me sourit. Alors que je l’embrassais à nouveau, remontant d’avantage l’une de ses jambes, près à le posséder enfin, il m’arrêta.

- Attends ! Pas sans préservatif.

    Ah oui ! Très juste.   ndla : sortez couverts !

    D'un bond je sautais du canapé, fouillais fébrilement ma veste à la recherche de mon portefeuille et le délogeais enfin. À l’intérieur, une capote qui se promenait là en cas d’extrême nécessité - on sait jamais - et je retournais à lui me plonger dans la chaleur de ses bras. Il n’avait pas bougé, allongé là, complètement offert. Une fois de nouveau à ma place, je l’embrassais, bataillant contre ce putain d’emballage. Agacé, je l’arrachais à coup de dent et enfilait enfin le préservatif. Puis je plongeais mes yeux dans les siens, brillant. Je me souvins à cet instant - c’est con de ce souvenir d’un truc pareil dans un moment pareil ! - que la première chose qui m’avait frappé chez lui lors de notre rencontre était ses yeux, bien trop brillant. Aujourd’hui, je les trouvais bien plus brillants encore. Il m’adressa un sourire confiant et lâcha la formule qui enchaîna à jamais mon cœur au sien :

- Je t’aime.

   J’ai cru que j’allais explosé de jouissance avant l’acte. J’ai eu toutes les peines du monde à me retenir mais je l’ai embrassé quand même. Pourquoi je ne lui ai pas di non plus ? Vous croyez vraiment que c’est le truc auquel j’ai pensé à ce moment-là ?!

    J’ai redressé d’avantage ses jambes autour de mes hanches, me suis permis une caresse intime qui le fit gémir de plaisir et le pénétrait enfin avec toute la douceur dont j’étais capable - no comment - et me mit à trembler furieusement. Son visage ne se crispa pas, ni aucune autre parti de son corps. Il se contenta de pousser un soupir d’extase, les yeux fermés, et de s’accrocher plus fort à moi. Le fait que, pas une seule fois je ne lui fis mal, m’empli de confiance. Tremblant et haletant, je restais immobile un moment, savourant la chaleur de son être et ses yeux dans les miens. Le cœur complètement emballé, le souffle coupé et le corps parcourus de tremblement furieux, je dû lutter contre moi-même afin de rester le plus doux possible. J’avais une furieuse envie de le prendre avec toute la force dont j’étais capable mais, ma raison encore debout, je parvins à me contrôler et entamais des va-et-vient lents et peu profonds.

    À chacune de mes pénétrations, je l’entendais gémir de plaisir et, les yeux dans les yeux, j’ai commencé à lui faire l’amour. Et d’un coup, il m’a sourit pour me dire :

- Je ne suis pas en sucre Dany, prends-moi plus fort.

    Oui, j’avoue qu’il en faut peu pour me convaincre, surtout sur ce terrain-là. Alors, obéissant, j’accélère le rythme et la profondeur de mes coups de reins. Il a fermé les yeux et poussé un cri d’extase, totalement abandonné à ma passion, complètement offert. Subjugué par une pure émotion, je me suis effondré sur lui sans casser mon rythme pour enfouir mon visage dans le creux de son cou et ses caresses ont redoublé d’ardeur.

    Jamais j’avais ressentit ça, c’est comme si j’étais envoyé dans une autre dimension, sur un autre monde. Et ce monde c’était ses bras, ses yeux, ses cris, son corps et toutes les sensations uniques qu’il me procurait. J’étais enfin chez moi, dans ses bras, inséré profondément en lui, j’avais trouvé ma place.

    Plus rien n’existait autour de moi mis à part ses yeux, et j’ignore combien de temps je suis resté ici à le posséder, à jouer avec son corps comme un musicien jouerais avec son instrument : à la perfection. Chacune de mes caresses m’était rendue, chacun de mes baisers également et toutes mes pénétrations étaient accompagné d’un cri et d’un regard. J’aurais voulu que ça continu éternellement mais je ne suis pas un surhomme - fait chier ! - et lorsque j’ai senti l’orgasme venir, je me suis effondré sur lui, plongé dans le creux de son cou - l’endroit que je préfère - et j’ai crié en me libérant. Lui n’a pas crié, il s’est contenté de me murmurer un « je t’aime » plein d’amour au creux de mon oreille et de continuer à me caresser le dos alors que je tentais de reprendre mon souffle, le corps parcourut de soubresaut de plaisir.

    Il continuait de me prodiguer ses caresses et moi je restais en lui, un brin nostalgique du pur moment de bonheur qu’on venait de partager. Gardant les yeux grands ouvert dans la pénombre de mon salon - tiens je viens seulement de me rendre compte qu’on est dans le noir - je réalisais alors que, pour une fois, je n’ai pas pris. On m’a offert.

...

Et voilà ! La toute première scène de Sexe Gay que Gabie écrit {#}

 GROS MENSONGE !!!!

En fait non j'en avais déjà écris une mais c'était un viol hyper hard alors on le citera pas {#} ( " Humphbrouf " <== te caches pas on t'a vu {#} )

Je suppose que vous ne vous attendiez pas forcément à ça {#} En réalité moi non plus {#} J'avais dans l'idée de faire ça avec plus de description salées mais ça aurait cassé l'ambiance croyez pas {#}

Et voilà, ils ont sauté le pas. Et maintenant ? {#}

{#}

Ps : la berceuse qui a aidé Gabie a s'endormir durant les 10 premières années de sa vie ( Beuh quoi ? {#} )

 

 

 

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Que du bonheur - Chapitre 12  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 06 juin 2009 15:52

 

le 24 décembre

    Je sais pas si c’est le cas pour vous mais en me levant ce matin-là, j’ai eu la très agréable sensation d’être l’homme le plus heureux du monde. Ça fait quatorze ans que je couche à droite à gauche - oui si vous vous posez la question il m’est déjà arrivé d’avoir recourt à une « professionnelle » - mais jamais je n’avais été aussi comblé. C’est dingue de voir à quel point on peut se sentir béat rien qu’en faisant l’amour à quelqu’un.

    Je me retourne, encore engourdi par le sommeil, et tombe à la renverse. J’avais oublié ce léger détail : je suis encore sur le canapé. On n’a pas bougé de là de toute la nuit et, pour se tenir chaud, on s’est serré fort l’un contre l’autre. Lorsqu’il s’est endormi tout contre moi, je l’ai regardé pendant plusieurs heures. Et là je me suis rendu compte à quel point je le trouvais beau.

    Mais là, en me redressant, je réalise que je suis seul. Je tourne la tête. Le canapé est vide - évidemment je viens de me ramasser le cul par terre - et mis à part mes vêtements, rien ne traîne dans le salon.

    Parti ?

- Tony ? appelais-je doucement.

    Pas de réponse. Bon sang il a pas fait ça ! Paniqué, je me jette sur mon jean et l’enfile difficilement - essayez de vous habiller avec grâce allongé sur votre carrelage vous - puis je me relève et ouvre la porte de mon appartement pour débouler dans le couloir. Là, je m’arrête.

    Tony vient à peine de poser le pied sur l’avant dernière marche de l’escalier de l’immeuble, un paquet de croissants chauds dans les mains, il me regarde légèrement ébahi. Oui, je dois faire peur avec ma tête d’adolescent du matin, pieds nus et le pantalon même pas fermé. Heureusement que c’est pas la voisine du dessus que j’ai croisé. Il me sourit et toute nervosité disparaît en moi.

- Oups, me dit-il dans un sourire en désignant les croissants, je voulais te faire une surprise mais c’est raté.

- T’imagines même pas la trouille que j’ai eu en me réveillant seul, avouais-je en m’appuyant contre le mur froid.

- Ah oui ?

    Il s’approche de moi en souriant. Je ne sais pas ce qui me fait le plus trembler, le froid du mur dans mon dos ou son regard légèrement - trop en fait - aguicheur. J’esquisse un pas vers lui quand soudain, le début de la fin :

- Dany chériiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!!

    Oh non ! Je reconnaîtrais cette cacophonie entre mille. Au tour de Katy de débouler de l’escalier, habillée comme s‘il faisait quarante degrés à l‘ombre dehors. Paralysé de terreur, je la regarde pousser Tony sans ménagement et me sauter au cou.

- Mon chéri d’amour !!!!!!!!!!!! J’ai une bonne nouvelle ! L’enquête est enfin terminé on va pouvoir avancer la date du mariage!

    Ses mots glissent sur ma peau sans que je m’en aperçoive, tout comme ses lèvres. Le regard planté droit devant moi, je n’ose même plus regarder Tony. Et Katy m’embrasse sans même que je réagisse. Soudain, elle s’arrête et se tourne.

- C’est qui lui ? demande-t-elle avec toute la grâce dont elle dispose - autrement dit pas énormément.

    Je glisse un regard lointain vers Tony qui fixe la scène sans trop y croire. On se regarde quelques secondes, puis il recule jusqu’à s’accoler au mur derrière lui. Les yeux embués de larmes, il répond d’une voix tremblante à peine audible :

- Rien que … le voisin …

    Accablé par le chagrin, il se jette dans l’escalier en retenant des sanglots. Je le regarde les dévaler vers la sortie de l’immeuble. Bon sang rattrapes-le fait quelque chose ! Réagis merde ! Mais j’en suis incapable, trop abattu par ma propre bêtise.

- Allez viens on va baiser !

    Même la voix stridente de Katy ne m’aide pas à réagir. Sans ménagement, elle m’entraîne dans mon appartement, claque la porte, et me pousse sur le canapé. J’ai l’impression de revivre la scène au ralenti sauf que cette fois, je n’y tiens pas le même rôle. D’un bon, elle se jette sur moi, s’assoit sur mes hanches et commence à se déshabiller.

    J’y crois pas. Je suis devenu un ami proche de Tony, on parlait de tout et de rien, on s’est raconté nos histoires passés, je n’ai rien omis à par le fait que j’étais fiancé et que j’allais me marier. Pourquoi est-ce que je ne lui ai rien dit sur elle ?!

    Katy se penche sur moi et m’embrasse fougueusement.

    Peut-être parce que je savais que cette révélation créerait une barrière indestructible entre nous.

    La bouche de Katy a un goût de rouge à lèvre.

    Peut-être parce que je ne voulais pas qu’il me croit indisponible, que je voulais être totalement libre pour lui.

    Les cheveux de Katy sentent la coloration.

    Peut-être simplement parce que c’est lui que je veux épouser.

- Dany ?

    Je regarde Katy dans les yeux. Elle a l’air en colère. Elle a remarqué que je ne bandais pas ? Elle se redresse, toujours à cheval sur moi, et attrape quelque chose.

- C’est quoi ça ?

    Ça, abrutie de femme-dinde, c’est un emballage de capote.

    …

    AH !

- Euh …, fut la traduction faite par mon cerveau de : « bah hier j’ai déchiré ça avec mes dents pour faire l’amour à un garçon mais la capote est dans la poubelle je te le promets! »

- Putain !

    Pleine de grâce oui.

    Elle se relève et me fait face, totalement nue. Et moi je réalise que je le suis également. Quand est-ce qu’elle a retiré mon jean ?!

- Tu t’es encore envoyé une salope ramassé dans ton garage ! s’écrie-t-elle.

    Je secoue vigoureusement la tête de droite à gauche. Et le fait qu’on se soit rencontré dans ce garage justement parce qu’elle avait crevé ne me fait même pas rire. Quoi que c’est assez ironique non ? Je me redresse et m’assoit sur le canapé. Une odeur de kiwi plane encore sur les tissus …

    Katy s’agenouille devant moi.

- Écoutes-moi bien petit con, me lance-t-elle en m’obligeant à la regarder, j’ai accepté longtemps que tu te foutes de ma gueule mais c’est fini maintenant. T’es à moi ! T’as pas le choix. J’accepte de supporter ta putain de sœur uniquement parce que je te veux pour moi toute seule alors maintenant tu vas arrêtés de te foutre de ma gueule et tu me baises !

    Ni une ni deux, elle m’attrape par les épaules et nous tombons tous les deux sur le tapis, complètement nus. De me retrouver au-dessus d’elle comme ça fait remonter des souvenirs en moi, aussi bien charnelles qu’olfactif. Lui, à cette même place quelques heures plus tôt, qui me sourit les yeux brillants, qui m’ouvre ses bras, qui m’accueille en lui et qui me murmure ces mots …

     Je t’aime … 

    Et de nouveau lui, l’odeur de ses cheveux, de sa peau, de son corps entier. Et ces mots …

    Je t’aime …

    Et encore lui il y a quelques minutes qui me regarde, brisé par la tristesse, et qui me tourne le dos en laissant tomber ces croissants à terre. Et moi, qui n’ais pas bougé. Pourquoi je n’ai pas bougé ? Pourquoi je suis ici à embrasser une femme que je n’aime évidemment pas ? Pourquoi je l’ai laissé partir merde !

- Je suis gay.

    Euh là, c’est sortit tout seul.

    Katy lâche mes lèvres, me fixe, et pousse un rire jaune.

- Mais oui c’est ça.

    Elle se redresse dans l’idée de m’embrasser de nouveau mais je recule.

- Je suis gay Katy, insistais-je avec force, le garçon que tu as vu tout à l’heure dans le couloir c’était mon amant.

    C’était …

    Katy me fixe, puis son sourire disparaît peu à peu, pour laisser place à une colère sourde dans ses yeux. Elle semble soudain me prendre au sérieux.

- Vas te faire foutre espèce de sale pédale !

    Et voilà, c’est ici que tout à commencé pour vous. Maintenant que vous savez comment j’en suis arrivé là, nus, penchés au-dessus d’une femme pleine de rage, à pleurer comme un enfant, vous serez plus à même de comprendre ce qu’il va suivre. Dehors, la pluie commence à s’abattre contre la fenêtre. La veille de Noël, nous y revoilà. Z’avez vu un peu tout ce que j’ai accompli en un mois et vingt-quatre jours ? Balèze hein …

    Katy me repousse violemment sur le tapis et se relève. C’est ici que je me suis brûlé les fesses …

- Tu me fais gerber! me lance-t-elle.

    Et moi je pleure. Comment j’ai pu être aussi bête ? Pourquoi ne pas lui avoir parlé d’elle plus tôt, pourquoi ne pas avoir été franc, pourquoi être si lâche ?!!! J’ai tout foutu en l’air uniquement parce que, quatorze ans plus tôt, j’ai fuis lamentablement et me suis obstiné toutes ces années à fuir la vérité. Quelle vérité ? Que j’ai eu tord de fuir ? Mais si je n’avais pas fuis je ne l’aurais pas rencontré. Et si je ne l’avais pas rencontré, je ne m’en serais pas tant voulu d’avoir fuis, alors je ne me serais pas poser toutes ces questions. Je pousse un sanglot et enfoui mon visage dans mes mains. Près de moi, Katy s’est rhabillée.

- Vas baiser tes tapettes connard de pédé!

    Puis elle sort de l’appartement et claque violemment la porte. Je me retrouve seul, roulé en boule sur le tapis qui gratte et qui brûle. Où est-il maintenant ? Il est parti retrouvé Ray ? Comment ? À pied sous cette pluie ? Et s’il s’était juste laissé tomber quelque part pour pleurer ? Pour me maudire ? Pour ne plus m’aimer …

    Jaimerais tant changer ce quil sest passé. Jaimerais tantrevenir en arrière

    Hélas, ça n’est plus possible maintenant. Tout ce que je puisse faire c’est me relever et me punir. C’était évident que je ne le méritais pas, et ce depuis le début. Comment un être si pur puisse-t-il m’être destiné ? Il faut que je trouve quelqu’un digne de m’infliger une punition digne de ce nom.

    En fait, deux personnes peuvent m’aider.

    J’ignore combien de temps je suis resté à pleurer ici mais, lorsque je n’eus plus de larmes à verser, le cœur aussi sec qu’un parchemin et tout aussi douloureux - non ça n’a pas mal un parchemin c’est une métaphore - je me suis relevé, toujours nu, et attrapé mon combiné. Dans l’air, l’odeur de kiwi refusait de me quitter, et m’arracha un gémissement de douleur. D’une main tremblante, je composais le numéro.

- Holà holà holà !

- Moggy …

    Le surnom que je lui donnais lorsqu’elle était enfant, en espérant que ça l’attendrirait un tant soit peu.

- Daniel ? Que pasa esta extraño ?

    Je lui racontais toute l’histoire en commençant par ma fuite quatorze ans plus tôt et la raison qui m’y poussa. Ma connaissance avec la femme-dinde puis ma décision de me marier, et ma rencontre avec Tony. Tout ce qu’on a vécu jusqu’à la nuit qu’on a passé et l’intervention de Katy le lendemain. Sans oublier ma misérable incapacité à lui courir après. Sa seule réaction fut :

- Hijo de puta !

Ndla : voilà maintenant que votre narratrice a put enfin écrire sa tirade préférée, elle va passer à la traduction automatique pour le français, si c’est pas génial.

    Je poussai un gémissement.

- Écoutes-moi bien petit con, reprit-elle - la deuxième fois qu’on me sort ça dans la journée quand même - tu vas te lever et le retrouver pour t’excuser c’est clair !

    Je fis non de la tête - comme si elle pouvait me voir.

- Non Moggy c’est trop tard, argumentais-je d’une voix briser, de toute façon je le mérite pas.

- C’est quoi ce truc minable !!! On t’a bouffé les couilles ou quoi ! Si tu te lèves pas tout de suite je demande à Mama Gourou de te jeter un sort alors bouges ton cul !

    Je m’obstinais tout en tentant d’ignorer le frisson de terreur qui courut le long de ma colonne vertébrale - rigolez pas, elle est vraiment capable de maudire les gens cette Mama Gourou ! - et provoqua chez ma sœur une colère dont jamais je n’aurais soupçonner ni l’existence ni la force.

- Va te faire foutre ! me lança-t-elle. Je le savais que t’étais pas mon véritable frère t’es vraiment trop lâche ! Finalement t’as eu bien fait de t’exiler alors reste dans ton payer de merde et oublis-moi !

    Et elle raccrocha. Je suis resté plusieurs minutes le combiné collé à l’oreille à écouter les « bip bip bip » puis j’ai baissé la tête sur mes genoux, laissé le téléphone tomber à mes pieds, et me suis balancé d’avant en arrière en gémissant.

    Il était tant d’aller rendre visite à la deuxième personne susceptible de me rabaisser plus bas que terre et, si possible, me faire passer un très sale quart d’heure.

    Et j’avais une petite idée de l’endroit où je trouverais Ray.

...

Beuh comment ça c'est fini ? C'est pas parce qu'y'a écrit "24 décembre" sur le prologue et pareil sur ce chap que c'est fini {#} C'est loin d'être fini au contraire ! {#}

Daniel court-il à sa perte ? {#}

Ps : Layla The Folle !!! Comment ça va ? Euh non, "Entre deux" faut oublier maintenant, j'ai mi à la poubelle, faut se contenter des fics maintenant {#}

Ps2 : désolé tout le monde, gros problème de publiage j'ai dû publiager deux fois {#}

{#}

 

 

 

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Que du bonheur - Chapitre 13  (Que du bonheur ( terminé )) posté le lundi 08 juin 2009 22:57

Chapitre spécial Ray / Philou dédié à ma Yayette

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...

    Il frappa trois coups sur la porte imbibée d’eau et attendit. Des pas mal assurés, un grommellement injurieux et la porte s’ouvrit.

- Putain t’es chiant ! s’écria Philip. Dégages !

    Ray l’arrêta avant qu’il ne puisse refermer la porte et il entra dans la maisonnette.

- Pourquoi est-ce que tu refuses toute protection ? s’indigna-t-il en claquant la porte derrière lui. Sois sérieux un peu ! Gabriel peut …

- J’en ai rien à foutre de ce gamin, dégages j’ai di !

- Phil … t’es saoul ?

- Nan.

    Philip Starkey se laissa tomber sur son canapé miteux, trois cadavres de bouteilles de bières à ses pieds et une vodka à moitié vide - ou à moitié pleine ça dépend comment on voit la chose - dans une main. Il leva un regard vitreux vers l’intrus dans une expression qu’il voulait sans doute menaçante. Ray soupira.

- Gabriel n’est plus un gamin, argua-t-il en s’asseyant près de Philip, il mesure un mètre quatre-vingt dix-huit et pèse quatre-vingt dix kilos, sans oublier qu’il est aussi tordu que son père voire plus.

    Philip eut un rire sans joie et leva le goulot de sa bouteille à ses lèvres.

- Bah putain, s’exclama-t-il après une gorgée, tu connais son dossier médical par cœur.

    Il rit de nouveau. Ray lui, ne trouvait pas ça très drôle. Le silence s’installa un moment.

- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda enfin Philip.

- J’viens m’assurer que tu vas bien.

- Te fous pas de ma gueule.

    Ray décida de prendre une grande goulée d’air pour se calmer, puis déclara :

- Y’a une semaine, on a surprit Gabriel qui rôdait autour de l’appartement de Tony. On était trop peu nombreux pour intervenir alors on l’a laissé filé et on l’a suivit. Seulement, on a perdu sa trace.

    Phil pouffa.

- Bande de nases, lâcha-t-il avant d’avaler une nouvelle gorgée.

- On ignore encore où il a bien pu passer et pourquoi il ne s’en est pas encore prit à Tony. Selon toute probabilité, il est retourné à Paris pour tenter de se rabibocher avec les anciens associés de son père sans doute. Sinon je ne vois pas où il peut être.

- Tu veux dire que vous utilisez encore Tony comme appât ?

    Ray préféra éviter son regard.

- Salopard ! s’écria Philip en envoyant valser sa bouteille enfin vide à l’autre bout de la pièce. Tu crois que ce gamin en a pas vu assez dans sa vie vous voulez encore jouer avec lui ?!

- C’est pas moi qui donne les ordres et tu le sais bien !

- Encore heureux sinon Gabriel serait déjà le maître du monde avec tes compétences.

    Ray serra les poings.

- Si tu veux mon avis, reprit Philip en se redressant tant bien que mal, il est simplement quelque part à attendre son heure.

- C’est pas son genre.

- Ah oui excuses-moi, tu le connais mieux que personne.

    Ray se redressa de toute sa hauteur et suivit Philip jusque dans ce qui ressemblait à une cuisine - en tout cas c’était ici que se trouvait le frigo. Au moment ou Philip ouvrit un placard, Ray le referma violemment et l’obligea à le regarder.

- Gabriel a trente-deux ans maintenant ! s’écria-t-il d’une voix grave. La dernière fois où je me suis retrouvé en face de lui il ressemblait à un champion de catch toute catégorie et il pulvérisait le crâne d’un de mes hommes à mains nues en encaissant une balle dans le bras comme si c’était une piqûre de moustique ! Alors le jour où il décidera de s’en prendre à toi crois-moi, ça te fera très mal !

    Le visage de Philip perdit ses couleurs.

- La dernière fois que tu l’as vu c’est-à-dire ? demanda-t-il d’une voix tremblante.

- Deux jours après son évasion à Paris. On était à cinq hommes armés et lui était seul avec un canif. J’suis le seul du groupe d’intervention à m’en être tiré. Tu piges maintenant ?! Le gosse qu’on a coincé y’a dix ans et envoyé en taule est mort ! Ce Gabriel là n’est plus le même. Il est encore pire qu’avant … alors s’il te plait, fais attention.

    Philip garda les yeux dans le vague quelques instants puis sembla reprendre ses esprits et se dégagea de la prise de Ray.

- Et pourquoi hein?! hurla-t-il les yeux fous. Qu’est-ce que j’ai bien pu lui faire moi? Rien ! Tout ce que j’ai fais s’est accepté de prendre un gosse chez moi y’a treize ans, j’ai rien à voir dans cette histoire c’est toi qui a tué son père pas moi ! C’est après toi qu’il devrait en avoir !!

    Ray eut un sourire mi-figue mi-raisin.

- Oui, concéda-t-il doucement, j’ai tué son père c’est vrai. Mais tu te trompes totalement si tu crois que c’est pour ça qu’il joue avec moi. Pourquoi est-ce qu’il m’aurait épargné après avoir tué mes hommes dans cette ruelle à Paris ? Simplement parce que ça l’amuse. Et dès qu’il ne s’amusera plus, il me tuera. Mais pas parce que j’ai butté son paternel, parce que je lui ai pris Tony.

    Les deux hommes se lorgnèrent du regard un moment.

- C’est pour ça qu’il a tué ma sœur, reprit doucement Ray, y’a dix ans.

    Philip baissa les yeux et murmura :

- Ma femme …

    Puis il plongea son visage dans ses mains et se mit à pleurer. Tout doucement, Ray passa ses bras autour de sa taille et l’attira à lui. Il plongea son visage dans ses cheveux cuivrés et huma son odeur. Toujours cette même odeur de miel et d’orange chaude.

        « J’ai toujours été jaloux de toi Sylvia, pensa-t-il tristement, jaloux de ma propre sœur parce que tu t’étais marié avec l’homme que j’aime. »

    Sans même prendre gare à son geste, il déposa ses lèvres au creux de son cou, caressant cette peau chaude qu’il désirait tant. Philip frissonna et le repoussa violemment.

- Connard ! s’écria-t-il. J’suis pas encore assez bourré Ray, t’arriveras pas à profiter de moi comme y’a dix ans.

- Autant que je me souvienne c’est toi qui m’a supplié de te prendre.

- Menteur !!!

    Philip se jeta sur lui dans un cri de rage. Totalement saoul, il rata sa cible de vingt bon centimètres et se réceptionna sur ce qui semblait être une table - couverte de cambouis et d’outils. Il était en larme. Ray le regarda pleurer quelques secondes puis fit volte-face. Bien évidemment que Gabriel ne s’en prendrait jamais à Philip. Pour quelle raison ? Il ignorait même qu’il vivait ici - probablement en tout cas. Et il n’avait pas de temps à perdre. Il se préparait en vu de le défier lui. Un combat qui tournerait autour de Tony, comme il y a dix ans …

    En réalité, Ray se servait de cette excuse pour s’inviter chez Philip. Il aurait tant voulu ne jamais l’avoir mêlé à ça, ni lui ni Sylvia. Mais revenir en arrière était impossible. Il avait commis une grossière erreur il y a treize ans en confiant cet enfant à ce couple tout juste marié. Plus jamais il ne mettrait la vie de Philip en danger. Il avait presque atteint la porte quand :

- J’en ai pas fini avec toi salop !

    Philip se jeta sur lui et le tira en arrière. Déséquilibré, Ray s’étala sur le sol en dallage poussiéreux. D’un geste souple, il réceptionna le corps qui se jetait sur lui et le fit roulé sur le côté pour se retrouver au-dessus de lui. Philip se débattit en hurlant :

- Je te hais ! Tu l’as tué c’est de ta faute si elle est morte de ta faute !!

    Les deux hommes se débattirent violemment, Philip tentant de prendre le dessus et Ray luttant pour ne pas perdre sa place de dominant. Très vite, abruti par l’alcool et la tristesse, Philip perdit ses forces et cessa de gigoter. Haletant, penché au-dessus de lui, Ray reprenait son souffle.

- Je te hais, murmura Philip en pleurant de nouveau, je te déteste comme c’est même pas permis de détester quelqu’un !!!

- Moi aussi, répliqua Ray sans le quitter des yeux.

- Menteur !!!

    Soudain, Philip l’agrippa par le cou et le tira à lui pour l’embrasser. Ray ne résista pas et savoura sa langue au goût de vodka et de caramel. Pourquoi ? Chaque fois qu’il se retrouvait dans les bras de Philip Starkey, il perdait tout self-contrôle. Fébrilement, il déchira son tee-shirt et passa ses mains sur son torse frissonnant. Dix années s’étaient écoulées et Philip n’avait pas changé, réagissant exactement de la même façon sous ses caresses : il gémit et le traita d’enfoiré.

    Ils s’embrassèrent longtemps. Les caresses de Philip oscillaient entre abandon et révolte, comme si lui-même hésitait entre se donner ou le repousser. Ray avait continuer de le déshabiller et ne lui laissa que son tee-shirt déchiré. Très vite, sans doute de peur que son amant de l’instant prenne une décision, Ray dégrafa son propre pantalon, obligea les jambes de Philip à se resserrer autour de sa taille et le pénétra avec toute la force dont il était capable.

    Philip Starkey cria et la douleur sembla le ramener à la raison. D’un geste vif, il s’empara d’une bouteille de bière restée au sol et l’abattit violemment sur la tête de Ray. Sonné, celui-ci le lâcha et Philip s’écarta de lui.

- Enfoiré !!! cria-t-il avant de le frapper au visage à coup de pied.

    Ray roula sur le côté. Non, c’était différent. Dix années s’était écoulées et Philip avait énormément changé. La dernière fois, il s’était laissé faire, allant jusqu’à pleurer dans ses bras et en redemander. Qu’est-ce qui avait bien pu changer cette fois ?

    Philip recula jusqu’à touché le mur, ramena ses jambes contre lui et plongea son visage entre ses genoux pour pleurer. Pourquoi Ray agissait-il ainsi? Dans d’autre circonstance, il se serait donner corps et âme à lui. Mais pas comme ça …

    De son côté, Ray resta plusieurs minutes allongé sur le dos à laisser le sang couler de la plaie qui s’était ouverte sur son crâne, et à se maudire jusqu’à la septième génération. Puis, tout doucement, il se redressa et sortit de la maisonnette sans un regard en arrière ndla : pour celles qui se poseraient la question : oui, il a prit le temps de fermer sa braguette XD, en se jurant de ne plus jamais y revenir. Chaque fois qu’il devait croiser le regard doré de cet homme, il se sentait obliger de le posséder, même contre sa volonté, alors autant ne plus le revoir.

    Perdu dans ses pensées, accablé par sa propre honte, Ray monta sur sa moto et prit la direction de son appartement. Et, tout le long du chemin, il ne remarqua pas un seul instant la voiture qui s’était mi en tête de le suivre …

...

Et voilà Yayette d'Amoureuh {#} un spécial Ray / Philou ! Oui d'accord c'est pas très coustillant ce qui s'y passe mais ce "couple" est un peu spécial ( oui bon : carrément barje {#} ) m'enfin c'est pas comme si ç'avait de l'importance ( ah bon ça en a {#} )

Partagé entre amour et haine, tendresse et violence {#}

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Que du bonheur - Chapitre 14  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 09 juin 2009 19:02

    Je me doutais bien que je le trouverais ici. Je suis arrivé près du garage - on est dimanche alors il est pas ouvert - et me suis garé près de la grille en fer forgée, à moitié caché derrière le grand panneau sur lequel est écrit : «  Garage des Montgoins » - comment c’est débile comme nom ! -, bref n’importe quel neuneu aurait pu me remarquer. Et sa moto était là.

    Je savais qu’il serait chez Philip. C’est bizarre hein ? Cette intuition de tout savoir ? Bah oui mais c’est comme ça. Ray est chez Philip Starkey et je ne me l’explique pas. Enfin si : à tous les coups ils ont été amant, ce qui explique que l’un - Ray - s’accroche et l’autre - Philip - râle. Oui je vous l’accorde il râle tout le temps lui mais plus avec Ray donc j’en suis arrivé à cette conclusion.

    J’attends.

    Pour éviter d’avoir à penser, j’allume la radio. Elle est branchée sur Nostalgie et c’est « Le géant de papier » de Jean-Jacques Lafon qui passe. Je change sur NRJ, « Ta main » de Grégoire. J’éteins la radio. C’est pas vrai bordel sors de ma tête. Tony encore et toujours Tony. Je l’ai perdu c’est clair comme ça !!! Je m’apprête à me faire casser la gueule par son bodyguard alors c’est pas le moment d’avoir des remords.

    Mais quand même, ses yeux étaient si tristes tout à l’heure …

    J’abats ma tête sur le volant. Et si je tentais quand même de me faire pardonner ? C’est lui qui l’a dit, il est prêt à tout supporter parce qu’il m’aime non ? Comment c’est lâche. Je me cogne la tête trois fois de suite sur le volant. Aïe.

    J’ignore combien de temps je l’ai attendu - comme si ça avait de l’importance - mais il a fini par sortir de la maison - si on peut appeler ça une maison - salement amoché. Y’a eu de la bagarre ! Une bouffée de stress est montée en moi et mes mains se sont crispées sur le volant - c’est mon ami lui aujourd’hui - mais sans même m’accorder un regard, Ray est monté sur sa moto et a mi les voiles. Hein ? Il m’a même pas capté ? Quand même un peu hésitant, je met le contact et me lance derrière lui.

   J’ai pas l’intention de me cacher ni même de le prendre sournoisement en filature, j’espère bien qu’il finira par me remarquer au contraire. Mais rien. Il continue son chemin, moi sur les basques, vers le centre-ville. Il est con ou quoi ? Et c’est sensé être un flic ça ? Même pas capable de voir quand on le suit de près ? Minable.

    Triste ironie du sort, il s’arrête près d’un immeuble gris et sale à une rue de notre immeuble MON immeuble !!! C’est pas vrai ça … Il gare sa moto - en fait je suis incapable de vous dire s’il s’agit d’une Suzuki ou d’une Harley, tout le monde s’en fou je crois - et met un pied à terre, chancelant. L’a pas l’air en forme.

    Moi j’ai arrêté ma voiture en milieu de la rue, en face de lui, le moteur tournant toujours. Et enfin, il lève la tête vers moi. Ça y est il m’a vu - pas trop tôt - et fronce les sourcils. Il sait que c’est moi ou pas ? J’ouvre la portière et sort. On se fait face.

- Qu’est-ce qu’il me veut l’immigré ? me lance-t-il en sortant un paquet de Marlboro de sa poche.

    Alors là je suis perplexe. Quoi, il est pas au courant ? Tony n’est pas venu le voir !!! L’inquiétude remplace le stress et j’avance d’un pas.

- Tony n’est pas avec vous ?

    Ma question l’oblige à se figer, cigarette au coin du bec, briquet allumé en main, regard haineux dirigé droit sur moi. Silence. Finalement, il semble se souvenir que c’est à son tour de répliquer et rengaine son briquet.

- C’est quoi cette question ?

    Ma gorge se serre et je recule d’un pas. Jamais j’avais vu tant de haine sur un visage c’est comme si Hulk avait prit possession de ce mec ! Maman …

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? me demande-t-il en jetant sa clope neuve dans le caniveau.

    Il avance vers moi. J’ai encore le temps de remonter dans ma voiture et lui rouler dessus vous croyez ?

- Euh … bah …, bégayais-je.

    Oui, le courage d’un paresseux narcoleptique vous pouvez le dire.

- On a couché ensemble.

    Ray se fixe comme s’il venait de se faire asperger par Mr.Freeze. J’avoue que j’ai le don de lâcher mes bombes avec flegmes et délicatesse - BUZZ BUZZ !! gros mensonge.

- Et j’ai … comment dire … oublier de lui préciser que j’allais me marier. Alors quand ma fiancée s’est ramené ça a fait tâche.

    Il s’est jeté sur moi. J’ai même pas eu le temps de trembler, de rassembler un tant soit peu de mon courage - hum hum - ou même de serrer les dents qu’il m’envoyait dans le caniveau au même titre que sa clope d’un seul coup de poing. J’ai pas vu le coup partir, j’ai juste senti la douleur et le goût cuivré du sang dans ma bouche. J’avais presque oublié l’effet que ça fait.

    J’ai oublié de vous préciser que, fut un temps, j’ai été champion de boxe poids léger ? Champion national d’Espagne en réalité. J’aurais pu me relever, parer quelques uns de ses coups, ou même lui en rendre pourquoi pas, mais je ne l’ai pas fait. Je l’ai laissé m’attraper par le col pour me relever, me frapper une seconde fois au même endroit - ce qui fait très mal - rien que pour le plaisir de me revoir tomber. Et je me suis rouler au sol en protégeant mon visage de mes bras pour recevoir les coups, attendant qu’ils cessent de pleuvoir. Je ne sais pas combien j’en ai pris dans l’abdomen mais assez pour vous affirmer sans problème que j’avais au minimum une côte de casser - ça n’était pas la première fois, de ce fait je sais qu’elle sensation ça procure.

    Pour ma défense je tiens à préciser que je n’ai pas crier une seule fois - bon peut-être un ou deux miaulement de douleur - et j’ai relevé la tête lorsque les coups ont enfin cessé. Quand j’ai vu son flingue qui me regardait droit dans les yeux, là j’ai commencé à avoir les chocottes. Juste sa voix :

- Salopard.

    Le bruit du chien qu’on rabat, et :

- NON !

    La détonation.

    J’ai attendu une quelconque douleur qui viendrait se mêler à celles déjà présente - à savoir qu’au moins 90% de mon corps était affreusement douloureux -, mais rien. Alors j’ai rouvert les yeux, que j’avais au préalable fermés bien entendu, et j’ai vu Tony, trempé jusqu’aux os, qui s’était apparemment jeté sur Ray pour dévier son bras juste à temps. La balle venait de se loger dans le mur dix centimètres au-dessus de ma tête.

- Non, a-t-il répété d’une voix faible, je t’en prie.

    Ray ne me quittait pas des yeux, un regard froid et terne dans lesquels je pouvais y lire une affreuse envie de tuer, une soif de vengeance à faire pâlir Dardevil - mais si rappelez-vous, le héros tout rouge et aveugle de Marvel - et il n’a pas bougé. Même lorsque Tony s’est agenouillé devant moi.

    Et la première chose qui m’a frappé : ses yeux brillants. Des vestiges de larmes sur ses joues, de tristesse dans son regard, mais tellement de tendresse dans cette caresse. Sa main passa lentement sur ma joue tuméfiée, et il m’a dit :

- T’aurais pu te faire tuer.

    J’ai souris autant que le permettait ma triste joue et je me suis redressé : ma hanche cria de douleur et je priais pour qu’elle ne soit pas casser elle aussi. Tout comme mon orgueil …

- C’était ça l’idée, minaudais-je en essuyant le sang qui coulait de ma lèvre supérieur fendue.

    Oui bon d’accord, j’ai exagéré. Je voulais juste qu’il me casse la gueule un bon coup. Mais admettez que c’était suicidaire de venir voir Ray !

    Tony m’a sourit tristement. La pluie continuait de tomber, fine et glaciale et, allongé là dans une flaque d’eau, lui devant moi, je me suis senti soudain vulnérable. Et ma gorge s’est nouée. J’ai tenté de me relever.

- Arrêtes ! s’est écrié Tony en m’arrêtant. Tu vas te faire mal.

- Lâches-moi.

    J’ai senti son souffle se perdre dans un sanglot et les doigts de Ray se crisper sur son arme.

- Va-t-en, ais-je murmuré en fuyant son regard.

    Silence. On entendait que les gouttes tomber sur le bitume et la veste en cuir du flic.

- Pourquoi ? m’a-t-il demandé dans un soupir.

    J’ai risqué un regard vers lui et vu qu’il pleurait. Je n’ai pas répondu : Pourquoi ? Mais parce que tu es trop pur pour moi. Si je lui di ça je vais passer pour un couard pas vrai ? Et puis si jamais j’ouvre la bouche, je sens que je vais pleurer. Alors il a agrippé ma veste de ses mains tremblantes et a laissé tombé sa tête sur mon torse pour pleurer. Puis il a dit :

- Pardon.

    J’étais tellement estomaqué que je n’ai pas répondu tout de suite. Pourquoi c’est lui qui s’excuse ?! Ray semblait aussi perplexe que moi. J’allais répliquer mais Tony m’en a empêché en posant un doigt sur mes lèvres.

- Je n’avais pas compris, a-t-il continué, quand tu me parlais de ta sœur et de mariage. Je n’avais pas compris que tu essayais de me prévenir pour cette femme. Je crois que je ne voulais pas comprendre.

    Ah mais euh …

- Je comprend maintenant, tu veux revoir ta sœur et je ne me mettrais pas entre vous. Je ne veux pas tout gâcher.

    Et il s’est agrippé à moi plus fort.

- Mais je t’en prie, ne me jette pas comme ça, laisses-moi être à toi !!! Je ne te demandes que … je ne veux que toi alors … même si c’est pour une nuit … ou deux par semaine … je veux que se soit toi …

    Et il est retombé contre ma poitrine, s’abandonnant de nouveau aux larmes. Il a sangloté tout contre moi, trempé, faible et perdu. Et je crois que je l’étais tout autant. Non faut pas me dire ça, surtout pas ! J’ai relevé les yeux et croisé ceux de Ray. Son regard me disait clairement : « méfies-toi de ce que tu vas répondre » et comme pour appuyer ça, il a de nouveau braquer son arme sur moi. Il semblait sérieux c’est ça le pire.

    On devait formé un drôle de trio quand même. Moi avachi par terre, les fesses trempées et du sang sur le visage, Tony en tee-shirt dans mes bras, tremblant et pleurant et Ray avec sa coupure au cuir chevelu qui ne voulait pas s’arrêter de saigner, qui braquait son flingue sur ma tronche. Dieu merci, pour un dimanche 24 Décembre, les rues étaient désertes, enfin surtout la nôtre.

    Alors j’ai pleuré. Tony contre moi, j’ai passé un bras autour de sa poitrine et enfoui mon visage dans le creux de son cou - mon endroit préféré rappelez-vous - pour respirer l’odeur de ses cheveux mouillés aux effluves de kiwi. Et je lui ai di :

- Je t’aime.

...

Tout ce romantisme fait gerber Gabie {#} Gabie déteste le romantisme {#} Mais Gabie avait envie de mettre du romantisme {#} et maintenant Gabie a envie de se gratter les fesses {#}

On pourrait croire que c'est fini là mais euh, c'est loin de l'être. Dan-Dan n'est pas au bout de ses surprises

{#} <== toujours pas rassurant du tout

Accroches-toi SuperDany ( avec le collant et la cape s'il vous plait !) The-Grand-Michant-Loup arrive {#}

Oui Gabie est en plein délire mais ça c'est parce qu'elle vient de se faire couper les pointes ( de cheveux entendons-nous bien {#} )

{#}

Ps : en image, Tony ( dessin by Gabie {#} ). Oui je sais c'est un peu abusé. Mais Gabie aime faire dans la démesure {#}

 

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