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Que du bonheur ( terminé )

Que du bonheur - Chapitre 5  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 26 mai 2009 23:41

Le 29 Novembre

- Tony ? ! Tu te grouilles oui !

    Cette fois, ça n’est pas moi qui suis en retard ! En vingt jours, je dirais que j’aurais pu gagner le prix du plus sociable des garagiste. Tony et moi sommes devenus de grands amis, voisins de pallier qui se conduisent au travail - enfin moi surtout puisque Tony n’a pas de voiture - qui se rendent mutuellement service et qui déjeunent ensemble dès que l’occasion se présente. Et comme presque tous les matins je conduis Tony à son travail avant de partir pour le mien.

    Psychologiquement, mes relations sociales s’en ressentent. Ça fait treize jours que je n’ai plus de nouvelles de ma femme-dinde - qui a dit que 13 était un chiffre qui portait malheur ? - et je ne m’en porte pas plus mal. D’ailleurs plus le temps passe et plus je me dis que je devrais peut-être la larguer. Mais non, il faut que je pense à ma sœur …

- Bon tu te grouilles ?

    Quant à mes collègues de travail, je suis d’humeur plus joueuse et les espiègleries de Karl et Doug me font plus rire que grogner. Eux aussi le voient et ils m’en ont fait la remarque : « T’es de bonne humeur Dany ! » « T’as bien baisé cette nuit Dan-Dan! » « Ta blonde s’est amélioré ou t’as trouvé un film porno particulièrement bien filmé? » « Et ton nouveau mec il s’appel comment? »

- Tony euh !

    Parfois, leur perspicacité me rend dingue.

- J’arrive j’arrive …

    Le jeune homme sortit de son appartement et je fronçai les sourcils.

- Ça va ? demandai-je inquiet.

    Des cernes affreuses entouraient ses yeux bleus myosotis et ses cheveux en bataille venaient chatouiller sa nuque. Il sursauta lorsque je m’adressai à lui, comme s’il s’attendait à ne pas me voir ici.

- Euh … oui, j’ai … mal dormi… c’est tout.

   Il se força à sourire.

- Je t’ai mi en retard, excuses-moi.

- C’est rien.

    Je ne le quittai pas du regard, inquiet. Quelque chose n’allait pas j’en aurais mi ma main à couper, néanmoins je l’accompagnai au Leader Price sans poser plus de question, me contentant de parler de chose et d’autre en tentant de le faire sourire. Ce qui s’avéra délicat. Les lèvres sellées, le regard perdu dans le vague, Tony affichait une expression indéchiffrable. Quelque chose avec Ray ?

    Arrivé au garage, assaillit par un Philip plus grognon que jamais et un couple de gay aux idées loufoques bien décidé à jouer avec ses nerfs, j’éludai la question. Tony était libre comme l’air - d’après ses dires - mais ce Ray n’arrêtait pas les allés et retours vers son appartement. Parfois, on en arrivait à se croiser plusieurs fois par semaine mais on ne s’était jamais vraiment adressé la parole. Au début, le motard me lançait des regards amusés l’air de dire : « Tu perds ton temps mon grand » et puis finalement, ses regards étaient devenus plus noirs encore, plus méchant et agressif qui se traduisaient cette fois par : « T’as pas encore gagné ! ».

    Tony ne me parlait jamais de ce Ray et j’en était d’abord satisfait mais désormais, je commençais à me poser des questions. Qu’est-ce qui les liait en réalité ? Hormis le fait que Ray se soit occupé de Tony depuis sa plus tendre enfance ? En vingt jours, on avait eu le temps de faire plus amples connaissances. Apparemment, Tony était né sous X et n’avait jamais connu ses parents. Lorsqu’il avait été envoyé dans une famille d’accueil pour ses études au lycée, il avait rencontré Ray qui, par simple bonté, l’avait prit sous son aile. N’étant pas très brillant en classe Tony avait vite abandonné et suivait désormais des études de secrétaire médicale par correspondance, toute financée par Ray. Que cherchait cet homme exactement en s’occupant ainsi si généreusement de lui ?

    À mon tour, je lui avait également raconté mon histoire. J’était également orphelin, mais depuis moins bien longtemps que lui. Atteint de schizophrénie grave, mon père avait fini par devenir totalement fou et avait tué ma mère d’un coup de chevrotine avant de tourner son arme sur sa petite fille de neuf ans. J’était arrivé à temps pour sauver ma cadette et désarmer mon père avant de fuir de la caravane familiale. Le lendemain mon père avait été retrouvé allongé près de sa femme. Suicide.

    En entendant mon histoire, Tony avait pleuré. Attendrit, je lui avait assuré que cette histoire remontait à onze années et que rien ne m’importait plus que de rapatrié ma sœur en France. Et pour cela, je devais être marié.

    Pour la pause du midi, on avait prévu de se rejoindre dans un bar-restaurant à Coulommiers. Tony ne travaillant que la matinée tous les mardis, on se retrouvait ici tous les mardis. Ensuite je retournais travailler et Tony rentrait à son appartement. Après, quitte à savoir s’il retrouvait Ray, c’était une autre histoire …

    Arrivé en retard - essuyer un savon de la part de Philip prenait du temps - je me garais en hâte à cheval sur un épis et pénétrais vivement dans le café. Tony était assit au fond, une bouteille de coca à la main et plongé dans un bouquin. J’approchais et Tony leva les yeux vers moi en souriant. Les cernes étaient toujours aussi visible mais son sourire était plus franc et son regard plus sincère.

- Désolé je suis en retard, minaudais-je essoufflé.

- Je crois que c’est un genre qu’on se donne tous les deux, sourit-il en refermant son bouquin, on devrait peut-être tenté de guérir ça.

- Moi je me sens bien quand je suis en retard, ça emmerde les autres.

- Autosatisfaction ?

- Ouais le pied.

    On rigole.

- Qu’est-ce tu penses de Superman ? me demande-t-il.

    Hein ?

- Bah, je ne suis pas trop fan des Marvell, je suis plutôt Spirou et Titeuf, répondis-je incertain.

    Il rigole. La serveuse choisit cet instant pour débouler dans sa tenue noire.

- Comme d’habitude? nous demande-t-elle dans un sourire.

    Elle me fixe dans un sourire radieux. Je réponds par l’affirmative d’un hochement de tête et elle s’éloigne.

- Et du ketchup dans mon hamburger ! lui cri Tony.

    Il me regarde et rigole. Je ris à mon tour.

- Quoi ? lui demandais-je.

- Tu lui plais c’est évident.

    Je sors une cigarette de mon paquet - préalablement sortie de ma poche - et l’allume au coin de ma bouche.

- Mouais, marmonnais-je en évitant son regard, bah elle attendra parce que pour l’instant je suis plutôt garçon.

    Je lui jette un regard brillant et il baisse les yeux sur sa bouteille de coca, un mystérieux sourire aux lèvres.

- Et toi ? lui demandais-je doucement en expirant la fumée de cigarette.

    Il s’agit là d’un sujet qu’on a jamais vraiment abordé. Au début, je pensais qu’il était gay lorsque je l’avais vu en compagnie de ce motard - Ray - devant le Leader Price, mais en m’affirmant que se n’était qu’un ami pour lui, j’ai eu des doutes quant à sa sexualité. J’aimerais être sûr, enfin juste en ami bien sûr.

- Euh … moi je … enfin, baragouine-t-il le rose au joue, je sais pas.

    J’ai failli m’étrangler avec ma fumée de cigarette. Je ne m’attendais pas vraiment à cette réponse.

- Pas une fille ?

- Non.

- Ni même un garçon ?

- Non.

    Il est devenu rouge écrevisse et moi aussi excité qu’un taureau en rut - on fait la paire tous les deux. J’y crois pas, il est encore vierge. Ma jambe se met à tressauter et je tire une nouvelle taffe. Aïe, généralement ma jambe tressaute quand je m‘apprête à bander.

- Et Ray ? demandais-je histoire d’orienter la conversation vers un sujet qui ferait baisser mon voltage.

    Tony fronce les sourcils.

- Pourquoi est-ce que tu ramènes toujours nos conversations à lui, me demande-t-il d’une voix ou perce un brin de colère.

    Cette fois-ci, le tressautement de ma jambe est tout ce qu’il y a de plus nerveux. S’il découvre que je suis jaloux de ce Ray de mes deux - juste un brin promis -je suis pas dans la merde.

- Pourquoi tu me parlais de Superman ? lui demandais-je alors d’un apparent air serein - intérieurement j‘ai l‘impression d‘avoir été drogué à l‘hélium.

- Parce que je l’adore, sourit-il, près à aider les gens sans jamais rien demander en retour. Le pauvre se sent si seul, loin de sa famille …

    Je sens comme de l’amertume. La serveuse revient et dépose nos assiettes devant nous : Hamburger et frites pour lui, steak frites pour moi - bien saignant de préférence. Elle me sourit et je l’ignore.

- Et Ray tu sais s’il est gay ou pas ?

    Mais c’est pas vrai faut que je me fasse soigner !! Tony soulève une tranche de son hamburger et braque un regard meurtrier sur la serveuse.

- Bah et le ketchup! s’indigne-t-il.

    Puis il tourne son regard bleu vers moi.

- Peut-on avaler un hamburger sans ketchup ?

- Là est la question.

- Tu me le passes s’il te plait?

    Je me tourne vers la table derrière moi, m’empare dudit ketchup et lui tend. Il s’en sert généreusement et croque amoureusement dans son hamburger.

- De quoi che parlais décha ? me demande-t-il la bouche pleine.

    Je souris.

- Tu philosophais sur le problème des hamburgers sans ketchup.

- Ouais, reprit-il en essuyant le ketchup au coin de sa bouche, bah j’en sais rien figures-toi et tu veux que je te dises ? Je m’en fou ! Dès que ce gars a besoin de moi faudrait que je sois là à ses pieds et moi quand j’ai besoin qu’il soit là il m’envoie balader ! T’en veux ?

    Il me tendit ce qui lui restait de son hamburger alors que je grignotais une frite en le regardant, tentant par tous les moyens de comprendre de quoi il me parlait. J’ouvris la bouche lentement, hypnotisé par son regard d’azure puis me ravisa.

- Euh … non, murmurais-je en clignant des paupières, de quoi on parlait déjà ?

- Bah, de Superman.

- Ah … ouais.

    Je m’emparais d’une nouvelle frite en souriant. Dieu que j’aurais aimé que ce genre de moment avec lui continue pour l’éternité.

- Et tu sais le pire? reprit-il en versant du ketchup en abondance sur ses propres frites. C’est qu’au Canada, ils mettent de la mayonnaise dans les hamburgers.

    Je souris. Oui, pour l’éternité même si parfois, j'ai un peu de mal à le suivre.

...

Mais non ça piétine pas XD ça vient ça vient, parce qu'en fait y'a deux histoires en une alors je dose je dose ^^

 

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Que du bonheur - Chapitre 6  (Que du bonheur ( terminé )) posté le jeudi 28 mai 2009 14:00


Le 3 décembre

    Sans quitter la porte d’entrée des yeux, il sortit son paquet de Marlboro de sa poche, saisit une cigarette entre ses lèvres et l’alluma. Derrière ses lunettes noires, son regard sombre était empli de méfiance et d’appréhension. Déjà presque dix-neuf heures trente qu’est-ce qu’il foutait ? D’un geste nerveux il ramena ses longs cheveux noirs en arrière et tenta de trouver une position plus confortable sur sa moto. Il y a à peu près trois semaines, Tony lui avait demandé de ne plus se déranger pour venir le chercher à son travail, apparemment son voisin de palier s’était proposé. Non mais qu’est-ce qu’il croyait, qu’il prenait ça pour une corvée?! Et ce Daniel Pérez, il ne lui faisait pas confiance. Il lui ressemblait beaucoup trop …

    Dès que la voiture fut dans son champ de vision, il se redressa. Garé assez loin de l’immeuble, aucune chance pour que Tony le voit, il était bien trop imprudent pour prendre la peine de regarder de chaque côté de la route avant de traverser - un vrai gamin à qui il fallait tenir la main - mais ce Pérez, il espérait bien croiser son regard.

    La voiture s’arrêta à sa place habituelle. Les deux hommes descendirent. Ils riaient et se parlaient d’une voix forte, apparemment en plein débat. Même s’il ne pouvait voir ce Pérez en couleur, il était bien forcé d’admettre qu’il avait su redonner le sourire à son protégé. À peine eut-il atteint le trottoir d’en face que les yeux de braise de Daniel Pérez rencontrèrent son regard de charbon. Les deux hommes se lorgnèrent du regard quelques brèves seconde avant que l’espagnol ne disparaisse dans l’immeuble à la suite de Tony.

    Voilà, le message était passé : « Méfies-toi je veille toujours sur lui. »

    D’un geste brusque, il jeta sa cigarette à moitié entamé sur le bitume froid et mouillé de pluie avant de mettre sa moto en route. Dans un vrombissement de moteur, il s’élança et disparu au coin de la rue. Pourquoi fallait-il que Tony prenne son indépendance à ce moment-là?! Il serra les dents et fit une queue de poisson à une Renault particulièrement lente qui manifesta son mécontentement par un furieux coup de klaxon. C’était devenu bien trop dangereux pour qu’il lui demande de rester à l’écart! Quel inconscient. Même s’il comprenait parfaitement que Tony avait désormais besoin d’oublier et de laisser tout ça définitivement derrière lui, son terrible passé le rattrapait bien plus vite que prévu.

    Bouillonnant de rage, il ne fit guère attention au feu rouge et continua sa route en slalomant entre les voitures. Il savait où aller. Voilà des jours qu’il le surveillait. Il était temps qu’il sache lui aussi. Quelle ironie qu’il vive si près de là où Tony avait emménagé. Quoi que ça l’arrangeait. Il avait tellement envie de le revoir …

    Arrivé devant l’immense grille en fer rouillé, il gara sa moto et releva la tête. Le garage était fermé à cette heure et, plongé dans le noir, le bâtiment de taule semblait plus instable qu’à l’accoutumé. Le jour où il s’effondrera sur la tête de tous ces mécaniciens, qu’ils ne viennent pas pleurer. Il coupa le moteur, mit la cale et descendit. Le cuir de sa veste crissa en accompagnant ses mouvements, recouvert d’une fine couche de pluie froide. Quel temps pourri.

    Il tourna la dos à la grille de fer forgé et fixa son regard noir sur une indépendance collée à l’arrière boutique du garage. Une petite maisonnée de pierres effritées aux couleurs oscillant entre le beige et le marron. La porte de vieux bois semblait plus absorber l’eau que la repousser. Il s’approcha, regarda tout autour de lui et frappa doucement. Il entendit un bruit effroyable et devina qu’un quelconque ustensile de cuisine venait de percuter le sol apparemment en dallage. Un juron, des bruits de pas puis Philip Starkey ouvrit sa porte. D’abord furieux, son visage perdit toute couleur et ses yeux d’ambre s’arrondirent comme des soucoupes. Sa bouche entrouverte formant un « Oh! » muet, resta longtemps silencieuse. Quelques secondes passèrent ainsi puis :

- Nom de Dieu Ray c’est toi!! s’étonna-t-il d’une voix blanche.

    Ray Monroe retira ses lunettes noires.

- Qui d’autre ? rétorqua-t-il abruptement.

- J’ai une furieuse envie de fermer cette putain de porte sur ta putain de tronche!

- Moi aussi je suis content de te revoir n’en doute pas.

    La porte se referma d’un coup sec et Ray Monroe se retrouva dehors alors qu’une pluie fine et glaciale commençait à tomber. Il soupira. Dix ans et cet imbécile n’avait pas changé. Il sourit. Tant mieux au fond. Il toqua de nouveau sur la porte.

- Casses-toi!

- Phil ouvre c’est important.

- M’en fou vas voir ailleurs si j’y suis!

    Ray soupira. Autant lâcher la bombe tout de suite :

- C’est Gabriel il s’est échappé le mois dernier on le cherche toujours.

    Très court silence. La porte se rouvrit brusquement, une main saisit Ray par le colle puis le tira à l’intérieur. La porte se referma violemment. Philip Starkey la ferma à double tour puis se retourna et plaqua son dos contre le montant de bois. Son visage affichait une terreur sans nom.

- C’est des conneries! lâcha-t-il d’une voix mal assurée. Ce connard en avait prit pour vingt ans!!

- Apparemment c’était trop long pour lui et il s’est évadé. On a retrouvé sa trace il y a quatre jours, il est dans le coin.

    Philip enfouit son visage dans ses mains et poussa un gémissement partagé entre le désespoir et la rage.

- Putain putain putain, marmonnait-il.

- Accepte notre protection s‘il te plait, dit doucement Ray, c’est pas sûr qu’il s’en prenne à toi mais on ne veut courir aucun risque.

        « Enfin moi surtout » ajouta-t-il pour lui-même.

    Philip Starkey se redressa, ses yeux dorés brillant de colère.

- Pas sûr!!!! s’écria-t-il. Pourquoi il serait ici si c’est pas pour me tirer une balle dans la tête hein?!

- Tony est en ville, c’est pour lui qu’il est là.

     Un long et lourd silence s’installa. Philip continuait de fixer Ray Monroe dans les yeux, n’osant trop y croire. Tony était là!! Ce petit fils de pute qui avait gâché sa vie et fait de lui un reclus? Ses jambes se mirent à trembler et son sang pulsa dans ses tempes. C’était trop d’information d’un coup. Tout doucement, les larmes remplirent ses yeux et coulèrent sur ses joues. Il prit son visage entre ses mains et sanglota doucement. Ray s’approcha et posa ses mains sur ses épaules.

- Ne t’inquiètes pas, murmura-t-il doucement.

    Mais Philip le repoussa violemment.

- Ne me touches pas!!! cria-t-il, dément. Tout ça c’est de ta faute on aurait jamais dû t’écouter! T’as foutu ma vie en l’air connard!!! Elle est morte à cause de toi, de toi !!!

    Ray serra les poings de rage.

- C’est peut-être de ma faute aussi si t’as pas été capable de la protéger?!! rétorqua-t-il avec force.

    Réagissant au quart de tour - comme toujours - Philip se jeta sur Ray. Le projetant contre le mur, la rage lui fit oublier qu’il était moins costaud de vingt bon kilos et Ray prit vite le dessus. Il l’envoya valser à l’autre bout de la pièce sans grand effort. Philip percuta une petite table branlante et, le souffle coupé, glissa lentement sur le sol.

    Fou de colère, Ray le saisit par le bras, lui tordit dans le dos et le releva. Sa victime poussa un cri de douleur et, les jambes flageolantes, serait tombé si Ray ne le tenait pas si fort contre lui. Levant les yeux vers le plafond, il tenta de se concentré sur l’ampoule à économie d’énergie qui pendant lamentablement, baignant la pièce d’une faible couleur orangé - économe c’est sûr mais merdique en éclairage - afin d’ignorer l’ivresse qui faisait battre son cœur. Dans son dos, il sentait le torse puissant de Ray se soulever à chaque respiration, et son souffle qui venait chatouiller sa nuque. Pourquoi sa bouche était-elle si près? Lorsque Ray se pencha pour venir humer l’odeur au creux de son cou, ses longs cheveux noirs glissèrent et caressèrent sa peau. Philip poussa une plainte qu’il aurait aimé plus vibrante de colère. Le bras douloureux et l’autre main prise au piège, il était totalement impuissant. Ray approcha ses lèvres de son oreille.

- Tu sais que j’ai toujours été jaloux d’elle, murmura-t-il sensuellement, ce que tu m’as donné y’a dix ans jamais je l’aurais espéré.

    Philip gémit et secoua vivement la tête pour l’obliger à s’écarter de lui. Il aurait tant aimé oublier cet instant …

- Lâches-moi, implora-t-il les larmes aux yeux, espèce de salop lâches-moi !!!

    Ray soupira et laissa tomber sa tête sur l’épaule de celui qu’il aurait aimé qualifié de : compagnon. Puis il le lâcha à contre cœur. Vivement, Philip lui fait face, de la rage dans ses yeux dorés brillant de larmes contenues.

- Connard, souffla-t-il.

- Je vais poster deux hommes devant chez toi, répliqua Ray impassible, au cas ou.

- Je m’en fou !! Il peut venir me tuer j’en ai rien à taper!!

     D’un geste vif, Ray le saisit par le tee-shirt et le propulsa contre le mur. Philip grimaça mais ne montra pas sa douleur, leur visage étant à quelques centimètres l’un de l’autre. Les yeux ternes de Ray, aussi noirs et profond que la nuit, ressemblaient à ceux d’un ours des glaces.

- Redis jamais ça, ordonna-t-il les dents serrées, même si t’as envie de crever je ne te laisserais pas mourir comme ça. C’est clair?

    Sans attendre la réponse qui ne serait sans doute jamais venue, Ray le relâcha, fit demi-tour et sortit de la maisonnette sans plus de cérémonie. Philip le suivit du regard puis, lorsque la porte se fut refermée, il se laissa glisser le long du mur et, dans un sanglot incontrôlé, se roula en boule sur le sol pour pleurer.

...

Le lendemain

    Lorsque Daniel Pérez arriva - en retard - au garage, il constata avec étonnement que son chef était encore plus insupportable qu’à l’accoutumé. Chose qu’il n’aurait jamais cru possible.

...

Yeah  Gabie est motived motived en ce moment ! ( faut en profiter tant que ça dur je me remet à écrire de suite après avoir été faire pipi  {#} )

Alors ça, c'est le grand truc de Gabie ! Elle fait piétiner son histoire comme pas possible pendant 5 chaps et là PAAAAAFFFFF ( le chien {#} ) elle vous pond un article qui en dit plus que les 5 précédents {#}. Même si tout n'est pas dit {#}

{#}

Ps : musique qui colle assez bien avec l'ambiance ( enfin je trouve {#} ) c'est l'instrumental de "Bratja" du manga "Full Métal Alchemist"

 

 

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Que du bonheur - Chapitre 7  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 29 mai 2009 20:08

Le 6 Décembre

    Bon sang c’est pas vrai !! - non je ne suis pas encore en retard - c’est cette connasse de portière à la con qui veut pas s’ouvrir. Il est dix-neuf heures, il fait nuit, j’ai froid et je suis fatigué, et cette putain de clef refuse de rentrer dans cette putain de serrure! J’abats un poing rageur sur la vitre et fixe mes clefs. Salope !

    Ah … évidemment si j’utilise les clefs de mon appartement pour ouvrir ma voiture ça ne va pas le faire. Je soupire et sort les bonnes clefs de mon autre poche. Vivement arrivé chez moi que je me couche.

    Quinze minutes plus tard - un record - je me gare devant mon immeuble, à la place qui m’est réservée. Le dernier qui a osé me la piquer, je lui ai pété ses rétroviseurs extérieurs. Je baille à m’en décrocher la mâchoire et, alors que je m’apprêtais à sortir, une moto noire passe en trombe près de ma voiture. Je la reconnais. Il s’arrête devant l’immeuble et Tony descend.

    Ma main se serre sur le volant à en faire blanchir mes jointures et je sens une rage sans nom - non en fait ça s’appel de la jalousie mais je fais mine de ne pas savoir - faire pulser mon sang dans tout mon corps. Ray et Tony. On est mardi alors il est rentré chez lui en fin de matinée. Maintenant je sais à quoi il a passé son après-midi …

    La haine laisse place à la tristesse et je baisse les yeux. Au fond, je m’attendais à quoi franchement? Ils se connaissent depuis hyper longtemps, moi seulement depuis un peu plus d’un moi et j’espérais devenir … mais devenir quoi au juste ? Rien son ami c’est tout. Je relève les yeux et là, mon cœur bondi de joie. Ils sont en train de s’engueuler et sévère ! Je fronce les sourcils. Non, c’est Tony. Il a les larmes aux yeux et il crie. Qu’est-ce qu’il se passe ? J’ai peur d’intervenir. C’est pas mes affaires non plus mais, je n’aime pas ça. Le voir pleurer. Ses yeux bleus brillent tellement dans la nuit que mon cœur se serre. Le vieux lampadaire qui éclaire faiblement la rue baigne la scène dans une atmosphère de vieux film romantique. On s’attendrait presque à voir tomber la pluie, puis les deux protagonistes se jeter dans les bras l’un de l’autre. Je hais les films de ce genre.

    Quelques gouttes commencent à tomber sur mon pare-brise.

    Et puis soudain, d’un geste plein de rage, Tony jette à terre le casque de moto qu’il tenait en criant : « J’en ai rien à foutre putain vas te faire voir ! ». J’avoue que je ne m’attendais pas à ce genre de chose de sa part. Ray, qui jusque là était resté totalement stoïque une clope au coin du bec, fronce les sourcils et se redresse. Tony se dirigeait déjà vers la porte de l’immeuble lorsqu’il descendit de sa moto et l’attrapa par le bras. Abasourdi, je le regardais le plaquer violemment contre le mur. Le visage tordu de souffrance de Tony mit fin à mon indécision. Ni une ni deux, je descends de ma voiture.

- … alors tu feras ce que je te dis compris !!!

    J’en ai trop entendu. Je fonce vers le motard, le tire en arrière et libère Tony de son emprise. Toujours en larme, il me fixe les yeux ronds.

- Daniel tu …

    Ray et moi nous faisons face.

- Te mêles pas de ça l’immigré, me lance-t-il.

    Je serre les poings de rage et sens une main douce attraper mon bras.

- S’il te plait, me supplie Tony dans un sanglot, laisses …

    Mais je l’ignore royalement et pointe inutilement mon index sur le motard qui me fixe sans siller.

- Le touche pas sinon je t’éclate la tête ! le menaçais-je.

    Et lui il me sourit. Il est con ou quoi ?

- T’as pas encore compris qu’il en a rien à foutre de ta gueule, sourit-il.

- Ray ! s’exclame Tony. Non c’est faux !

    Le regard brillant de colère, je fais un pas en avant en brandissant le poing.

- Espèce de …

- Pas si vite.

    Je me fixe. Je rêve où il vient de sortir un flingue de sous sa veste?!! Là, j’ai vraiment l’impression d’être dans l’un de ces putains de film. Et pour rien arranger il pleut, c’est le pompon. Tony s’interpose.

- Baisses ça putain ! hurle-t-il. Que ça te plaise ou non je fais ce que je veux c’est pas parce que tu l’as décidé comme ça que je dois me terrer comme un lapin alors fous-moi la paix !!

    J’ai rien compris. Déconcerté, et peut-être triste qui sait, Ray baisse son arme et fixe son « protégé » dans les yeux. Il a l’air … perdu.

    Tony m’attrape par la main et m’entraîne dans l’immeuble. Je le suis, un peu troublé. Sa main, petite et froide dans la mienne, dégage pourtant une force que je n’aurais jamais soupçonné. Il me la serre tellement fort qu’il m’en aurait presque fait mal. Arrivé devant son appartement, il sort ses clefs de sa poche sans me lâcher la main.

- Euh, Tony je, tentais-je avec douceur.

- Non ! me coupe-t-il vivement. Ne dis rien, s’il te plait …

    Il ouvre la porte et la referme une fois m’avoir tirer dans l’appartement, puis il se jette à mon cou, me serrant fébrilement contre lui. Les yeux écarquillés, je reste là, planté droit comme un piquet. Qu’est-ce qu’il se passe là ? Je le sens sangloter, il pleure. Il a passé ses bras autour de mon cou et enfoui son visage contre ma poitrine. Dressé sur la pointe des pieds, je sens le reste de son corps frêle contre le mien.

- Serres-moi fort, me demande-t-il dans un sanglot, s’il te plait.

    Tout doucement, j’enlace sa taille fine de mes bras, et mon cœur manque un battement. Il tremble tant que j’ai peur de le briser entre mes doigts. On reste comme ça un certain moment puis il reprend la parole, pas calmer pour un sou.

- Parle, dis quelque chose.

    Il est marrant lui qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter?! La première chose qui me passa par la tête :

- Aujourd’hui Karl a assommé Doug avec une clef de huit, sans faire exprès bien sûr.

    Je réussis à lui arracher un rire timide.

- Tu veux bien rester ici cette nuit ? me demande-t-il d’une voix tremblante.

    Oh !

...

Le lendemain

    J’ouvre difficilement les yeux. Putain quelle nuit ! Ah je vous vois venir vous, je vous arrête tout de suite il ne s’est rien passé - damned - on a passé la soirée dans son appartement à parler de tout et de rien - tout pour oublier ce qu’il venait de se passer - et à faire la cuisine. Oui, la cuisine. Et Tony est un putain de bon cuisinier ! J’avais jamais aussi bien mangé. On s’est battu - moi armé d’une spatule et lui d’une râpe à fromage - en rigolant comme des gosses, il m’a apprit à couper des carottes et je me suis brûler le doigt dans la sauce.

    Je vous disais : quelle nuit, parce que j’ai dormis sur le canapé. J’étais tellement crevé que je ne me souviens pas m’être assoupi et quand je me suis réveillé avec un putain de mal de dos, Tony avait allumé la radio et dansait joyeusement en préparant un petit déjeuné. Il ne portait qu’un grand tee-shirt qui dévoilait ses jambes fines et fuselées et ses cheveux en bataille brillaient d’un reflet cuivré sous les rayons du soleil levant. Sans gêne, je le regardais évoluer au rythme de la musique que diffusait NRJ - je ne connais ni le titre ni le chanteur pardon - et réalisait enfin que je le trouvais bien trop sexy.

...

Oui je sais j'aurais pu publier ce chap hier mais, après avoir été faire pipi, j'étais trop occupé à me curer le nez {#}

Gabie est la reine des faux espoirs {#}

 

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Que du bonheur - Chapitre 8  (Que du bonheur ( terminé )) posté le lundi 01 juin 2009 16:11

- Pardon, s’excusa-t-il en souriant, je t’ai réveillé ?

- Non, marmonnais-je en tournant la tête.

    Je passais une main nerveuse dans mes cheveux histoire de leur donner une désinvolture structurée, conscient d’avoir une tête à faire peur au réveil. Mes yeux se baissèrent sur une couverture chaude qui gisait à mes pieds, apparemment déposée sur mon corps cette nuit pendant que je dormais. Oh non ! Il m’a vu dormir. D’après les dires je ronfle comme un porc.

    Tony s’avança vers la table - située juste en face du canapé - et y déposa la sucrière et un sachet de pain de mie sans croûte. À sentir l’odeur du café qui régnait dans l’appartement, le petit déjeuné ne tarderait pas.

- J’ai ronflé? demandais-je abruptement.

    Il tourna ses yeux bleus pétillants vers moi et me sourit à pleine dent avant d’opiner. Je soupirais et me prenais la tête dans les mains.

- À ce qu’il paraît je suis une vraie star du rock à moi tout seul quand je dors, lançais-je en souriant bien décidé à prendre ça à la rigolade.

    Il rit.

- Toi au moins tu racontes pas ta journée à qui veut l’entendre, lança-t-il joyeusement, moi je parle c’est pas mieux.

- On fait la paire.

    Il sourit puis baissa légèrement les yeux alors que moi je me retenais de ne pas le dévorer du regard. Mais vas t’habiller bon sang !

- Je suis désolé de t’avoir obligé à dormir ici, dit-il tout penaud, le canapé n’est pas très confortable et t’as dû garder tes fringues.

    Je baisse un instant les yeux vers mon tee-shirt froissé et mon jean puis lui sourit.

- Bah c’est pas grave, argumentais-je, c’est pas comme si je devais prendre la voiture pour rentrer chez moi.

    Il sourit.

- Il est quelle heure au fait ? demandais-je en oubliant que je portais une montre au poignet.

- Six heure et demi.

- Histoire de voir le point positif, je serais au moins à l’heure aujourd’hui.

- J’ai remarqué que tu courais souvent le matin, t’as vérifié au moins si ton réveil était à la bonne heure ? Ça m’est arrivé une fois, l’heure dans ma chambre et dans le salon n’était pas la même et du coup j’étais toujours en avance d’une bonne demi-heure.

    Je souriais en me relevant, persuadé de n’être pas si bête - alors qu’en retournant dans mon appart’ dans une heure, je me sentirais bien stupide en découvrant que mon réveil avait un quart d’heure de retard.

- Du café? me proposa-t-il.

- Oui merci.

    Je le regardais rejoindre la cuisine gaiement et se tendre sur la pointe des pieds pour atteindre une porte de placard. Suivant le mouvement, le tee-shirt large qui lui servait de pyjama se souleva et dévoila ses cuisses. Je détournais la tête, les lèvres scellées pour étouffer un juron, et me laissa tomber sur une chaise, les coudes appuyés sur la table, ma jambe droite se mit à tressauter. Oh non ! Ne bande pas ne bande pas ne bande pas !

    Tony s’approcha et déposa une tasse pleine d’un café noir fumant devant moi.

- Monsieur est servi ! ironisa-t-il.

    Et bien assis-toi sur mes genoux que je puisse te remercier …

    Je serrais fort les poings alors que ma jambe redoublait ses tressautements et j’étouffais un juron dans un grognement. Mon genoux heurta le dessous de la table et la douleur me ramena à la raison.

- Ça ne va pas ? me demanda Tony, un peu inquiet.

    Je levai les yeux vers lui et forçai un sourire.

- J’ai la tête dans le cul, répondis-je en tentant de calmer les battements de mon cœur.

    Il me sourit.

    Bon sang c’est pas vrai ! Il est tellement près que je peux sentir l’odeur de kiwi qui se dégage de ses cheveux - apparemment il vient de prendre une douche - et son corps est là, juste à porté de main !!!

    Il retourne dans la cuisine et je ne peux détacher mon regard de ses hanches. Sous le ample tee-shirt, je devine la forme de ses fesses.

    Je me gifle mentalement.

    Maintenant que j’ai réussi à devenir un si bon ami pour lui je ne vais pas tout foutre en l’air ! De tout évidence lui ne me voit que comme un pote et je ne sais même pas s’il est gay - il s’est gardé ses secrets le bougre - ne gâches pas tout triple andouille ! J’inspire et expire lentement et les tressautements de ma jambe se calment. Tony me rejoint, sa tasse pleine de café dans une main et un pot de confiture dans l’autre. Il s’assoit près de moi, en bout de table, et sort une tranche de pain de mie du paquet. Les silences ne vont pas m’aider ! Bien décidé à penser à autre chose, je choisis le premier sujet de conversation qui me tombe sous la main :

- Faut que tu me dises si tes amis cachent tous des flingues sous leur veste, histoire que je prenne mes précautions à l’avenir.

    Je ne fais pas dans la dentelle quand je pense avec ma queue. Affligeant. Mais, contre toute attente, Tony garde son calme et me sourit.

- Désolé, s’excuse-t-il en étalant de la confiture sur son pain de mie, j’aurais dû te prévenir plus tôt que Ray était flic mais je ne voyais pas l’utilité d’en parler.

    Je pousse un profond soupir de soulagement. Il me fixe, amusé.

- J’suis rassuré! lançais-je en attrapant la sucrière. Pendant un moment j’ai cru qu’il s’agissait d’un gangster, un trafiquant de quelque chose quoi.

    Tony perd brièvement son sourire et détourne le regard, les yeux voilés. Bah qu’est-ce que j’ai di ? Mais très vite, il reprend constance et me sourit de nouveau.

- Ça a dû te faire un choc, excuse-moi. Mais, même si Ray est du genre a dégainé pour rien, il est doux comme un agneau.

    Je glisse un sucre dans mon café et m’empare de la cuillère, amusé par l’image mentale qui vient de prendre forme dans mon esprit : Ray coiffé d’une toison de mouton en laine blanche. Manquerait plus qu’il est un tatouage dans l’oreille.

- En tout cas cette nuit, j’ai pu découvrir une face de toi que j’imaginais pas, reprend Tony en me fixant de ses yeux brillants.

    Je soutiens son regard, intrigué, tout en buvant doucement mon café chaud.

- J’aurais jamais pensé que tu sois si agressif face à quelqu’un, même si t’as été un peu décontenancé devant l’arme, t’es resté courageux et t’as pas bougé.

    Je sens une bouffée de fierté m’envahir alors que Tony poursuit :

- C’est pas que ça m’a choqué mais, comment dire, plutôt impressionné. Ray est du genre à faire peur avec ses cent kilos de muscle mais toi, tu lui as fait face sans siller même si t‘avais aucune chance. Jusqu’ici je te prenais plutôt pour un … gros ours en peluche.

    Je garde ma tasse près de mes lèvres et arque un sourcil. J’ignore si je dois rire ou pleurer. Je l’ai impressionnée, ok. Mais il m’a bien di que de toute évidence je n’aurais rien pu faire face à Ray le Flic Bourru et je dois bien admettre que c’est vrai. Avec sa carrure de grand basketteur dans le meilleur de sa forme, ce gars aurait fait blanchir d’effrois Sylvester Stallone, et moi du haut de mon petit mètre quatre-vingt - c’est rageant d’être un espagnol des fois * - et mes vingt kilos en moins, j’aurais pas fait le poids c’est sûr. Il me sourit.

- Quoi ? demande-t-il amusé.

    Réalisant que je ne l’ai pas quitté des yeux tout le long de mes ruminations, je souris également.

- En fait j’ai vraiment un caractère de merde mais y’a qu’avec toi que j’arrive à être cool et généralement on me surnomme Le Taureau, pas l’Ours en Peluche, rigolais-je.

    Il rit aussi, légèrement gêné.

- Pourquoi Le Taureau ? me demande-t-il en portant sa cuillère préalablement plongé dans son café à ses lèvres.

- C’est le surnom que me donne toutes mes conquêtes, selon elles je suis monté comme un taureau espagnol.

    Il lâche sa cuillère se stupéfaction et sourit, le rose au joue. Je rigole.

- Mais l’Ours en Peluche ça me va aussi.

    Je l’observe à la dérobée, tentant d’imaginer quelle différence de taille et de poids il peut y avoir entre nous. Vu comme ça je dirais qu’il doit faire un mètre soixante-cinq à tout casser et cinquante kilos tout mouillé. Pourtant avec tout ce qu’il avale …

    Souriant, je le regarde s’enfiler sa quatrième tranche de pain de mie imbibée de confiture de groseille.

...

    Arrivé au garage - à l’heure ! - je me gare et prend le temps de repenser à ce matin. C’est peut-être bête de ma part mais, alors qu’on discutait, je me suis surpris à penser à quel point cela pourrait être agréable de vivre avec lui. Bon vivant, toujours plein de joie de vivre, de bonne humeur et bon cuisinier, se serait déjà plus supportable que seul ou avec ma femme-dinde. Je secoue la tête. N’importe quoi moi …

    Je descend de voiture et inspire à fond l’air froid alors que la nuit règne encore sur les alentours. Éclairé par des lampes basse consommation, le garage ne semble, à première vu, pas très accueillant.

    J’avais oublié la satisfaction que c’était d’arriver à l’heure !

    Karl sort de l’arrière boutique et stoppe net en me voyant, les yeux ronds comme des soucoupes.

- Bah, Grand Dan, lance-t-il éberlué, t’es tombé du lit ou quoi ?

- Lâches-moi, marmonnais je en l’évitant.

    Je me stoppe plus vite que lui et reste paralysé. La colère monte peu à peu et je sens mon sang bouillonner de rage. Là, devant le garage, Ray le Flic Bourru est en pleine conversation avec mon chef qui ne semble pas apprécié sa présence. Je m’avance à grande enjambées, bien décidé à l’envoyer balader ! Je m’arrête à quelques pas de lui.

- Qu’est-ce que vous foutez-là vous ! Hurlais-je en leur coupant net la parole.

    S’il se met à rôder autour du garage, là je vais vraiment commencer à avoir les chocottes. Il me lance un regard dédaigneux derrière ses lunettes.

- Tiens, l’immigré, maugréa-t-il.

    Je sers les poings. Il me cherche vous le reconnaissez ?!

- Pérez, marmonne Philip Starkey apparemment aux limites de ce que sa patience peut supporter, rangez votre fierté à la con et asseyez-vous dessus, j’ai vraiment pas besoin de votre sale caractère maintenant.

- Ce sale connard a osé braquer son flingue sur moi ! criais-je décontenancé.

- J’en ai rien à secouer, c’est un flic il fait ce qu’il veut. S’il estime qu’il doit vous tirer une balle dans le cul parce que vous ne l’avez pas suffisamment torché ça le regarde.

    Hein ?

    Ray le Flic Bourru sourit.

- T’en fais pas l’immigré, me lance-t-il en décroisant les bras, je ne vais pas empiété sur ton territoire plus longtemps mais toi, t’as intérêt à dégager tes pieds du mien.

    Il nous plante là, Philip et moi, et s’approche de sa moto. L’allusion furtive à Tony a fait mouche et mes mains se mettent à trembler. Autant que je me souvienne, c’est Tony lui-même qui lui a craché dessus ! Il s’éloigne dans un bruit de moteur assourdissant.

- C’était qui ce gars ? demande Karl en se grattant le menton.

- Je sais pas, réplique Doug en souriant, mais en tout cas il avait un cul à se damner.

    Son amant le fixe, indigné.

- Arrêtez un peu les deux pédés, et la prochaine fois que vous vous tripotez la biscotte pendant vos heures de boulot je vous vire! s’écria Philip encore plus énervé qu’à l’accoutumé.

    Je ne sais pas pourquoi mais j’ai bien l’impression que ces deux-là - Philou et Ray - se connaissent.

- La discrimination sexuelle est punie par la loi, répliquais-je amusé.

- Rien à branler, réplique mon chef, et pourquoi tu lui ais rentré dedans comme ça toi ?

- Il n’arrête pas de faire du gringue à mon voisin et ça m’énerve.

- AH ! s’écrit Doug en faisant sursauter tout le monde. Alors c’est lui que tu baises! Ton voisin !

    Et il se met à rire.

- La ferme connard de tapette ou je t’éclate la gueule avec la décolleuse ! récriais-je les points serrés.

- Discrimination sexuelle t’as oublié ? coupe Karl dans un sourire.

    J’ai envie de les lyncher.

- Alors comment il s’appel ? me demande Doug excité comme une pucelle - des fois j’ai vraiment du mal à le comprendre.

- Tony, répondis-je plus énervé que jamais, et je ne le baise pas c’est juste un pote c’est clair !

    Doug continue de rire à gorge déployée et Karl sourit.

- Mais oui c’est ça on te croit, me lance-t-il.

...

                            «  Double meurtre au garage des MontGoings !

                                                      Un employé, apparemment prit d’un excès de folie, aurait abattu deux de ses collègues d’un coup de clef à mollette ! »

...

    Prédiction des journaux de demain.

    Soudain, mon chef m’attrape par les épaules alors que les deux folles continuent de se fendre la poire.

- Comment t’as di qu’il s’appelait ? me demande-t-il une lueur inquiétant dans les yeux.

- Tony, pourquoi ?

- Son nom de famille !

- Euh … Tobias.

    Je vois les couleurs quitter le visage de Philip Starkey et, me lâchant, il part s’enfermer dans son bureau en claquant violemment la porte. Je suis entouré de dingue.

...

* = certains pensent, à tord, que les hommes espagnols sont grand, virils à souhait et macho ! ( là je parle des purs sangs hein {#} ) 2 choses sur 3 sont exacts. En réalité, ils ne sont pas très grand. Mon père, un espagnol pur souche, ne mesure qu'1m70 ( je suis plus grande que lui {#} ) et ses frères c'est pas mieux. Alors on peut même dire que Daniel est exceptionnellement grand pour un pur Andalou {#}

C'est le plus grand chap que j'ai écris jusque là ! Trop fier la Gabie {#} et en plus l'histoire avance {#} On réalise à présent qu'en réalité Daniel n'est qu'un pauvre bougre plongé dans toute cette histoire, prit entre deux feux ...

 

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Que du bonheur - Chapitre 9  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 02 juin 2009 19:21

Le 15 Décembre

    Depuis mon problème de réveil réglé, je dois avouer que mes journées sont plus simples, hormis le fait que Ray le Bourru a prit la fâcheuse habitude de s’inviter au garage. Accablé par la colère - oui, ça accable ça aussi -, j’en étais arrivé, en cherchant le sommeil, à réfléchir à diverses possibilités de me débarrasser de lui : mon poing dans la gueule, un petit traficotage sur sa moto, une perceuse devenue folle. Mais, à force de réflexion j’en étais arrivé à une conclusion : il n’en avait pas après moi, mais après mon chef, Philip Starkey. Quoi que je fasse quoi que je dise, Ray le Bourru ne le quittait jamais des yeux ! Et pour finir se fut Philou qui lui envoya son poing dans la gueule. D’abord en pleine jubilation, j’avais fini par me cacher subtilement derrière Karl en découvrant que Ray le Bourru n’avait même pas chancelé sous le choc et que Philip venait de se tordre le poignet. Ce flic était-il incassable ? Avec un poignet bandé, mon chef était encore plus irascible qu’avant, et c’est peu dire.

    En ce qui concerne Tony, après l’incident d’il y a neuf jours, il ne m’a plus invité chez lui. Beuh nan je boude pas ! Et notre situation n’a pas tant évolué. C’est pas la peine de sourire de toute façon on est ami et on le restera ! Z’êtes dur de la feuille vous.

    Ce jour-là, tout guilleret - certainement dû au fait que je venais de me branler sous la douche - je sortais de mon appartement en sifflotant. Mais soudain, je m’arrête. Devant moi, un homme fixe la porte de Tony, espérant sans doute l’ouvrir par la simple force de son esprit. En entendant ma porte s’ouvrir, il s’est tourné vers moi. Des cheveux auburn et des yeux bleus électrique, il me fixe sans ciller. Je sens un frisson glacer remonter le long de ma colonne vertébrale. C’est moi ou ce mec à un regard de loup affamé? C’est vachement désagréable comme sensation, j’ai l’impression d’être un morceau de viande de luxe derrière une vitrine.

    Sans même lui tourner le dos, je referme ma porte.

- Si vous chercher Tony il n’est pas là, lançais-je en priant pour que ma voix ne tremble pas.

    Non, c’est vrai ! Il est midi, aujourd’hui je travail seulement l’après-midi et Tony est au boulot depuis sept heures et demi ce matin. Les lèvres de l’homme en face de moi s’étire dans un sourire carnassier. Je retiens mes dents de claquer. C’est moi ou l’atmosphère s’est nettement refroidie ?

- Tony ?

    J’évite de justesse à ma bouche de s’ouvrir d’étonnement. Sa voix, incroyablement douce et chaude, contraste nettement avec le reste de sa glaciale personne.

- Oui, c’est lui qui vit ici. Tony Tobias.

    Bon sang mais qu’est-ce qu’il me prend de donner son nom comme ça à un mec pareil ! Si ça se trouve c’est un anthropophage en manque venu trouver une proie faible et sans défense ! … Z’avez raison je ferais bien de retourner dare-dare dans mon appart’ avant de me faire bouffer.

- Un joli brun avec de beaux yeux bleus et le sourire d’un ange ? me demande-t-il en souriant toujours .

- Oui …

    Hein ? J’adhère totalement à sa description ? Même pas vrai d’abord. Il fixe de nouveau la porte.

- Tony … murmure-t-il pour lui-même, alors c’est comme ça qu’il se fait appeler maintenant …

    Je crois qu’un gros : Gnééééééééééééééé ? !!!!!!!!!!!! Serait la bienvenue dans le cas présent. Autrement dit j’ai rien pigé.

    Il se tourne de nouveau vers moi.

- Vous pourriez lui transmettre un message de ma part ?

- Oui …

    Allo la bouche ici le cerveau ! T’as rien d’autre à dire connasse ?!!!! Mais où est passé ma ferté d’espagnol je vous le demande.

- Dites-lui simplement que Gabriel est passé le voir.

    Sans dire un mot de plus, l’homme tourne les talons, descend les marches et disparaît. C’était quoi ça ? Voilà que je suis plaqué contre ma porte à trembler comme un chevreuil après une rencontre avec un chasseur. Sauf que cette fois, le chasseur n’a pas tué sa proie …

    Une fois dans ma voiture, je me met à ruminer. Encore un gars que Tony connaît. Mais bordel je vais devoir en envoyer paître combien comme ça avant de pouvoir … euh, rien. Ça paraît incroyable à dire, mais ce gars avait l’air encore plus dangereux que Ray le Bourru ! C’est normal si tant de mal bourré de testostérone se battent en duel autour de Tony ? Hey sauf moi ! Je ne suis pas un grand macho têtu et borné qui sait pas calmer sa queue et qui parle avec ses poings …

    Les commentaires sur cette tirade sont interdits.

    Je crois que je viens d’avoir une preuve de plus en ce qui concerne l’homosexualité de mon voisin. Mais, et s’il m’avait menti ? Et si, en fait, il collectionnait les mecs et n’était plus vierge depuis belle lurette ! Une image se forme dans mon esprit, celle d’un Tony plus sexy qui jamais qui m’invite à … AH !!!! Faut que je baise j’en ai marre des branlettes ! C’est quand qu’elle revient ma femme-dinde ? Faudrait que je l’appel elle au fait. On est sensé se marier en mai prochain et j’ai l’impression d’être plus proche du facteur du dimanche que d’elle.

    Beuh …

    Voilà à quoi se résume ma vie.

...

Le soir même …

    À dix-neuf heures vingt précise - oui je suis en retard !!!!!! - arrivé devant le Leader Price, je réalise qu’il n’y a plus une seule voiture sur le parking. Les employés se sont fait la male, et Tony n’est nulle part en vue. Et merde ! Inutilement, je fais le tour de parking deux fois, espérant sans doute que Tony sorte d’un mur en criant : « BOUH ! Je t’ai eu ! » mais je me rend à l’évidence, il n’est pas là et quelqu’un d’autre l’a certainement ramené.

    Je sens que Ray le Bourru a encore frappé. Je vais le massacrer, fois de Pérez ! Trop en colère pour réaliser que je roule à cent dans la petite bourgade et pas à cinquante, je manque d’écraser une mémé qui traverse avec son chien formule riquiqui. Salope ! Et les passages piétons s’est fait pour les crottes de pigeon !!!!

    Quelques minutes plus tard, je me gare devant mon immeuble et aperçois la moto noire à quelques pas de là. Il est encore là, parfait. Je monte les escaliers quatre à quatre et, à peine arrivé en haut, je réalise que la porte de l’appartement de Tony est entrouverte et que des voix en sortent. Je m’approche doucement, ma curiosité l’emportant sur ma colère.

- T’en as rien à foutre de Pérez, dit une voix que j’identifie comme étant celle de Ray le Bourru, c’est un con. Il est à peine capable de manier un tournevis, c’est une tête de lard et il n’en a rien à foutre de toi.

    Je sais pas si vous avez remarqué, mais on entend rarement des choses agréable sur son compte quand on écoute aux portes.

    Des sanglots s’élèvent et mon cœur se serre. Ce connard est en train de le faire pleurer ! Alors que je m’apprête à pousser la porte, la voix de Tony lui répond faiblement :

- Mais je l’aime …

    …

    …

    euh

    …

    Quoi ?

- Non Tony tu ne l’aimes pas, du moins pas comme tu l’entend. Tu l’aime comme tu m’aimes moi. Il fait semblant de s’inquiéter pour toi, d’être ton ami, alors tu crois l’aimer. Mais il s’en fou de toi. J’ai pas l’intention de te laisser le fréquenter si c’est pour te voir pleurer chaque fois que je reviens après l’une de tes virées avec ce type.

    Quoi ?

- Je m’en fou s’il m’aime ou pas ! Moi je l’aime et je veux rester ici, près de lui. Rien que pour l’entendre parler et le voir sourire …

    Quoi ?

- Non mais écoutes-toi ! Quoi t’as l’intention de le suivre partout quand il se mariera, quand il aura des rejetons et simplement pour quoi ? Pour l’entendre raconter des conneries !

    Quoi ?

- Oui, parce que je diriges ma vie comme je l’entend ! T’as trop longtemps dicté mes moindres gestes Ray. C’est à moi de décider maintenant.

    Quoi ?

- Évidemment que je dicte tes moindres gestes, regardes comment tu t’occupes de toi !

    Quoi ?

- Je l’aime et ça me regarde, maintenant comment je gère ma vie ne te concerne pas !

    QEUWAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!

...

Oui je sais, c'est du grand n'importe quoi {#} Mais, avec ce que prévois la suite de l'histoire, je préfère tout bombarder d'humour ( bah oui c'est drôle ! {#} ) tant que je peux.

Et oui, petit Tony est amoureux de Grand Dan {#} Comment celui-ci va-t-il réagir ?

Je suis consciente qu'à l'origine, il s'agit de fic gay, et qu'il devrait y avoir plus de scène de fesses ! Et bien, finit l'attente ! Le sexe, c'est pour le prochain chap {#}

Et voilà, maintenant vous savez comment Dan-Dan va réagir, c'est malin Gabie {#}

Ps : l'image n'a rien à voir avec la scène ( quoi qu'un tout petit peu {#} ) mais je la trouve assez marrante et je l'aime bien

{#}

 

 

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