Brad prit, quant à lui, la direction de son bureau. Le sol était recouvert de moquette grise et les murs étaient blancs recouverts de différents tableaux. Un bureau brun apparut, fin et large. Une femme y était accoudée, pleurant à chaudes larmes. C’était Mademoiselle Odin, la quarantaine, les cheveux grisonnants et les yeux marron. Elle travaillait ici depuis sept ans. Brad arriva près du bureau, droit et insensible.
- Des messages pour moi? demanda-t-il d’un ton distant.
- N-non…Monsi-monsieur, répondit la secrétaire dans un sanglot.
- S’il y a des appels je ne suis pas là.
- Bien…
Brad poussa une porte brune immense et pénétra dans son bureau. Juste en face de lui, une immense fenêtre remplaçait le mur et offrait une vue incroyable sur le reste de la ville. Son bureau noir était propre et immaculé. Il n’y avait qu’une plaque sombre sur laquelle son nom en lettres d’or était gravé et un ordinateur portable ainsi qu’un téléphone sans fil relié directement au bureau de la secrétaire.
Sur la droite, il y avait un mini-bar avec whisky, scotch et vin rouge. Brad avait toujours été habitué à ce qu’il se faisait de plus cher et de plus luxueux. Il se dirigea vers le bar et se servit généreusement un verre de scotch. Il but une gorgé et partit s’asseoir sur son haut siège de cuir noir, le tournant en poussant fort avec ses jambes pour regarder par la fenêtre.
Le bureau était sans cesse fermer mais sentait le frais et l’alcool grâce aux ventilateurs muraux. Il était spacieux et pouvait accueillir nombre de clients, jusqu’à une dizaine. C’était parfait pour les petites réunions hebdomadaire ou bien encore pour consulter les photos d’auditions prises par le photographe personnel de Brad. Celui-ci avait été formé par Fred et devenait le photographe de chaque audition qui se comptaient par vingtaine dans l’année avec plus de cent candidates à chaque fois. Il était très bien payé et d’une grande efficacité. Ensuite Brad regardait les photos et choisissait laquelle de ces filles pourraient commencer une carrière.
Soudain, un « bip » aigu retentit. Brad pivota sur son siège et appuya sur un bouton, près du téléphone.
- Oui Mademoiselle, dit-il d’une voix lasse.
- Madame Rance est là pour vous, lui répondit sa secrétaire d’une voix faible.
- Faites entrer.
La porte s’ouvrit sur une femme élégante et élancée. Elle était mince voire squelettique. Ex top modèle de l’agence, elle était devenu une associée de la H&M Corp. lorsque son âge l’avait rendu incapable de continuer. Elle n’avait pourtant que la trentaine mais Brad était précis dans ses investigations. Il regarda cette femme rigide pénétrer dans son bureau d’une démarche aguichante. Son tailleur dessinait ses formes, ses petits seins et ses hanches fines. Ses longues jambes semblaient interminables, Brad savait d’avance pour quoi elle était venu, et ce n’était sûrement pas pour jouer au dé.
- Bonjour Nathalie, lança Brad en terminant son verre.
- Tu as vu la police? demanda-t-elle d’une voix sèche et pincée.
- Oui j’ai vu la police Nathalie.
Il savait parfaitement comment jouer de ses charmes avec elle. Chaque femme avait ses murailles soi-disant infranchissable, il suffisait de trouver la combinaison et Brad les connaissait toutes, aucune femme ne lui résistait, et ce n’était pas maintenant que cela allait commencer. Il se calla confortablement dans son siège, souriant malicieusement, se préparant à lancer une nouvelle attaque séductrice.
- Cela risque de ne pas être bon pour les affaires, reprit Nathalie. Si seulement tu ne te faisais pas temps d’ennemi!
Elle voulait lui faire croire qu’elle ne voulait pas coucher avec lui. Elle était plus stupide que ce qu’il croyait, vraiment. Il voyait parfaitement ses prunelles griser par un plaisir de plus en plus flagrant en elle.
- Je ne connaissais pas ce garçon…enfin, la victime, répondit Brad, évasif en fixant sans retenu la poitrine de la jeune femme.
- Oui mais c’est à toi que s’adressait cette lettre Brad!
- Je le sais Nathalie…
Voilà, il l’avait mise dans sa poche. Il la vit se décrisper, résolue, vaincue. Il aimait gagner. Il ressortit ce sourire frimeur qu’il arborait lorsqu’il voulait quelque chose de précis. Nathalie sourit à son tour.
- Ça ne te fais pas peur? demanda-t-elle en s’approchant de lui.
- Non. Et toi?
- Je suis terrifiée…Brad.
Brad sourit et commença à déboutonner la chemise kaki du tailleur de Nathalie. Elle avait vite abandonné la partie, comme d’habitude, simplement heureuse de récolter ce qu’elle avait semé dès qu’elle était entrée. Elle ne fit aucun geste, et se contenta de sourire de satisfaction, puis desserra la boucle de ceinture en argent de Brad. Elle plongea la main dans son pantalon et lui caressa le sexe. Brad ne poussa aucun gémissement et se contenta de la tirer jusqu’à lui, la faisant s‘assoire sur lui en lui écartant violemment les jambes. Il la pénétra assez brutalement, lui soutirant un cri de surprise. Il aimait qu’elles se donnent à lui sans confession, cela avait toujours été ainsi. Il les prenait sauvagement, violemment la plupart du temps, et elles revenaient toujours. Comme cette Nathalie, qui ne s’en lassait pas et venait dans son bureau jusqu’à plusieurs fois par jour.
Elle avait basculé la tête en arrière, un sourire satisfait illuminait son visage, la bouche entrouverte, elle haletait et gémissait. Brad n’avait même pas à prendre d’initiative sur quoi que se soit, Nathalie le chevauchait, de plus en plus vite, l’introduisant en elle avec plus de profondeur à chaque va-et-vient. Brad se contenta de lui caresser les seins, sans toutefois en avoir eut vraiment envie. Nathalie poussait des cris non dissimulés, hors d’haleine, grisée par le plaisir, elle ne semblait pas vouloir s’arrêter. Brad sourit, elle avait toujours été plus affamé que toutes les autres, et lui non plus ne s’en lassait pas, se n’était pas désagréable, loin de là, elle s’offrait complètement à lui, se laissant pénétrer sans demander son reste, elle voulait juste cela, jouir une bonne fois. Lorsque Brad sentit sa jouissance venir, il lui attrapa les hanches et la tint fermement contre lui, restant ainsi profondément en elle pendant qu’il se déversait. Elle poussa un long cri d’extase, remuant légèrement les hanches durant plusieurs longues minutes encore, pour accentuer d’avantage le plaisir.
Elle le fixa alors, un sourire sans équivoque aux lèvres.
- Tu es affamé aujourd’hui dis-moi, lança Brad d’une voix ferme.
Il n’était pas essoufflé le moins du monde, il était resté dur et froid, ce rictus frimeur aux lèvres. Nathalie poussa un soupir partager entre la déception que se soit déjà terminé, et satisfaite de l’orgasme qu’elle venait d’avoir. Elle lui sourit et resta assise sur lui, savourant le plus possible cette sensation inlassable de le sentir en elle. Apparemment elle n’en avait pas finis. Remuant légèrement les hanches, soupirant de plaisir, elle approcha son visage du sien en recommençant un long et lent va-et-vient.
- Une petite fellation ça t’intéresse? lui demanda-t-elle en souriant, accélérant le rythme de ses hanches.
Brad lui sourit. Elle était encore plus obsédé que lui et il aurait dit oui, s’il aurait été du genre à se laisser dominer par une femme. Hors, ce n’était pas le cas. Il se contenta de se retirer brusquement d‘elle, lui arrachant un nouveau cri étouffé, il n’était ni essoufflé ni brûlant de plaisir. Il referma sa fermeture Éclair et rattacha sa ceinture.
- Maintenant tu m’excuseras mais j’ai du travail, lança-t-il d’une voix morne.
- Comme tu voudras, rétorqua Nathalie dans un sourire.
Elle reboutonna son chemisier, rajusta sa jupe et sortit du bureau d’une démarche assurée, apparemment fière d’elle. Brad se leva et se servit un autre verre. Il repartit s’assoire puis fixa le mur en face de lui, perdu dans ses réflexions. Depuis l’accident de son mariage, il n’avait plus désiré une seule femme. Il leur faisait l’amour sans conviction, sans plaisir. Il s’y était habitué et s’était même fait une raison. À présent, plus aucune femme ne pourrait jamais lui faire de l’effet. Lisa peut-être mais étant donné qu’il ne l’avait pas revu depuis le jour où tout avait été gâché, il n’en savait rien.
Il avala son scotch d’une traite et soupira.
Oulala oulala...
J'espère que j'en ai pas choqué!











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