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Que du bonheur - Chapitre 22  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:01

    La pièce est entièrement noire. Et pourtant je le vois cet enfant totalement nu recroquevillé dans un coin. Ses pleurs raisonnent contre les murs. J’avance d’un pas. Il relève la tête. Ses yeux bleus me transpercent et les larmes coulent sur mes joues. Tony est blessé, de son corps meurtri s’échappe des filets de sang et l’odeur fraîche me paraît désagréablement réelle.

- Daniel? appel-t-il d’une voix tremblante.

    Il ne me voit pas. Ses yeux passent à travers moi sans me remarquer. Je tente d’avancer de nouveau mais reste cloué sur place. J’ouvre la bouche pour lui dire que je suis là mais aucun son ne sort de ma gorge nouée.

- Dany, murmure l’enfant entre deux sanglots, tu m’as abandonné.

    Mon cœur se serre et je tente de crier. Toujours rien.

- Pourquoi tu m’as abandonné ? répète-t-il plus fort.

    L’image de Tony disparaît et ma mère apparaît à sa place, telle que je l’ai vu la dernière fois qu’elle était en vie. Un débardeur blanc, une jupe rouge volante ample et un châle bleu sur les épaules. L’odeur musqué de ses cheveux remplace celle du sang.

- Tu devais le sauver Dany, me dit-elle de sa voix douce.

- Pardon, ais-je réussi à dire.

    Les larmes coulent sur mes joues.

- Se n’est pas à moi qu’il faut que tu présentes des excuses Dany.

    Ma mère disparaît et je me retrouve seul dans le noir.

- Maman ? appelais-je en pleurant. Maman !!!!

    Je me laisse tomber à genoux et pleure sans retenu. Soudain, parmi mes sanglots, d’autres viennent s’y ajouter. Je relève la tête et tend l’oreille.

- Non, murmure une voix suppliante, pas Dany je t’en prie.

    Je reconnais la voix de Tony et me redresse. De nouveau, je suis incapable de parler.

- Ne lui fais pas de mal, pitié.

    La voix s’élève en échos. J’ai beau tourner sur moi-même, je n’en trouve pas la source.

- Fais ce que tu veux avec moi mais ne le touche pas.

    Je commence à paniquer. Tony est en train de s’offrir en pâture pour quelqu’un qui l’a jeté ! Puis enfin, un souffle :

- Daniel …

    Derrière moi ! Je me retourne.

    Mon cœur manque un battement. Tony est allongé au sol, inerte, la peau anormalement blanche, quelqu’un est penché au-dessus de lui, la tête enfoui au creux de son cou. Non, c’est ma place ici !!! L’homme se redresse et je croise son regard.

    Gabriel.

    Ses canines démesurément longues sont gorgées de sang qui s’écoule en filet sur ses lèvres et son menton. Il me sourit.

- Tu l’as tué.

    Je me tourne de nouveau. Ray Monroe me regarde, son regard glacé caché derrière ses lunettes noires. Il pointe son flingue sur moi.

    La détonation.

    Je me réveille en sursaut.

- Allo la Terre ici la Lune ! scande Ryan en agitant ses mains devant moi. On est arrivé.

    Je regarde par la vitre et plisse les paupières sous la lumière vive du soleil. Je secoue la tête pour m’éclaircir les idées. Un rêve évidemment. Je suis Ryan dans les couloirs du train. Qu’est-ce que l’inconscient peut être bizarre quand même. J’ai fuis ma mère et trahit ma famille alors s’est elle qui m’annonce que je n’ai pas sauvé Tony, et là je vois Gabriel qui vide Tony de son sang, comme un vampire. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il l’a privé d’une vie normale des années et que si je ne le sauve pas il recommencera.

    On débarque sur le quai de la Gare de l’Est.

    C’est une manie ça chez moi, certainement parce que ma mère était diseuse de bonne aventure et que l’explication des rêves faisait partie de ses « dons » hormis la lecture des cartes et des lignes de la main - nan elle utilisait pas de boule de cristal. Bref, du coup chaque fois que je fais un rêve je m’efforce de l’interpréter.

    On est sorti de la gare et traverser la cour caillouteuse pour s’arrêter sur le trottoir ou certains bus et voyageur attendaient. En face, de l’autre côte du boulevard, mon regard s’arrête. Mon cœur se serre. Je reconnais ce coin de mur, ce bâtiment. Je revois son petit corps recroquevillé sous la pluie battante.

Ryan me secoue par l’épaule.

- C’est pas le moment d’être dans la lune, lance-t-il, notre carrosse est arrivé.

Une Mercedes noire aux vitres fumées s’arrête pile à notre hauteur. Vachement discret comme arrivée.

Ryan s’y engouffre et je le suis. Je pose mon sac de voyage à mes pieds et lève les yeux. Deux hommes en costume noir, cravate noire et chemise blanche - sans oublier l’accessoire indispensable de l’agent secret qui veut à tout prix passer inaperçu : la paire de lunette noire - sont assis devant. C’est qui eux, les Men In Black ? Aucun des deux ne me regarde m’enfin, c’est pas comme si je pouvais voir quoi que se soit derrière ces lunettes.

    Je regarde Ryan.

- À quoi tu joues ? demandais-je en grognant presque - oui ça faisait longtemps.

- C’est pour faire peur à Gabriel, répond-il dans un sourire contrit.

- Hourra j’suis sûr qu’il a chié dans son froc là !

    J’ai entendu l’un des deux Men In Black - ouais bon, généralement des gardes du corps comme ça ça s’appel Bob alors on va les appeler Bob 1 et Bob 2 - se racler la gorge, agacé. Qu’est-ce t’as t’es pas content Bobby ?! Moi aussi je suis capable de me déguiser en copie de Ray Monroe d’abord ! Au fait, pourquoi il est apparu dans mon rêve lui ? Beuh certainement parce que Ryan venait de me faire un cour détaillé sur sa vie.

- Au fait, me dit Ryan alors que la Mercedes hyper discrète se faufile dans les embouteillages, tout ce que je t’ai di dans le train ça reste entre nous hein ?

- À qui je pourrais répéter tout ça et à quoi ça me servirais t’façon ?

- J’sais pas, à énerver Ray par exemple.

- J’suis pas suicidaire !

- Nan mais t’es con.

    Bon y’en a marre à la fin !

    Je grogne et Ryan se marre.

- Détends-toi, Ray est au rapport à la Brigade aujourd’hui, le bâtiment où Tony et lui sont logés est généralement réservé aux jeunes recrus qu’ont pas de quoi avoir un appart’ dans l’immédiat, il est bourré de flic et surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Gabriel ne risque pas de se montrer là.

- C’est pas Gabriel qui me fait peur.

- Je t’ai di que Ray était au 36 ! Ndla : pour les ignares, la Brigade Criminelle est située au 36 Quai des Orfèvres.

- C’est pas non plus de Ray que j’ai peur.

    Cette fois, Ryan s’est tu.

    De qui j’ai peur ? De Tony. Avec les choses atroces que je lui ai dites, il risque de m’en vouloir. Moi-même je m’en voudrais.

    On a finit par arriver au « 36 » comme dit Ryan. Ndla : je ne sais pas à quoi il ressemble alors je préfère ne pas le décrire ^^ On l’a contourné pour arriver devant un immeuble tout à fait identique au millier d‘autres présents dans la capitale. La voiture s’est arrêté et je ne suis pas descendu. Les deux Bob commençaient à s’impatienter lorsque Ryan a soupiré :

- Je vous ai connu plus courageux.

    Beuh quoi, j’ai pas le droit de paniquer ?!!! Je lui ai lancé un regard noir avant de descendre.

- Sixième étages! a-t-il eu le temps de me crier avant que je ne ferme violemment la portière.

    Quand même j’suis ingrat, il m’amène jusqu’ici et moi je le lourde. Ouais mais il avait qu’à pas être chiant ! Je suis entré dans la bâtiment. Là, un Bob 3 m’a regardé, enfin il a tourné sa grosse tête carré et ses grosses lunettes carrées vers moi j’ai donc deviné qu’il me regardait.

- Daniel Pérez ? m’a-t-il demandé.

- Nicolas Sarkozy ? ais-je répliqué.

    Il a pas trouvé ça drôle. Ah j’ai pensé qu’on jouait à un jeu des devinettes moi.

- Carte d’identité, m’a-t-il ordonné.

- Elle peut être fausse.

    Il a pas trouvé ça drôle non plus.

- Je suis sensé vous poser une question dont seul vous connaissez la réponse.

    Ah, Ryan ne m’en a rien dit ! Il était trop occupé à raconter sa vie ce gros lourd.

- Combien d’enfant a Ryan Hampton ? m’a demandé Bob 3.

- C’est une blague ? ais-je rétorqué.

- Nan un record.

    C’est vrai que c’est plus une famille c’est une équipe de basket.

- Cinq, ais-je enfin répondu.

- Vous l’avez di au pif ?

- Ouais.

    Il a enfin sourit.

- Allez-y, m’a-t-il dit.

    Et j’y suis allé. Le pire c’est que oui, je l’ai di au pif. Ouais je sais, Ryan m’en a parlé dans le train - c’était fait exprès vous croyez ?! - mais tout ce dont je me souviens c’est que ça commençait vaguement par « sein » et se terminait par « queue » - je vous vois venir bande de perverses et oui je sais on appel ça un transsexuel. Bon j’avoue le choix était limité.

    Je suis monté dans l’ascenseur, sixième étage. Et plus l’ascenseur montait, plus mon stress montait avec lui. J’ai serré la bandoulière de ma main moite et repensé à ma mère. Tu avais tord maman, à toi aussi je dois des excuses. Toi aussi je t’ai abandonné. J’ai inspiré et expiré à fond pour tenter de me calmer. L’ascenseur à fait « Ding ! » et la porte s’est ouverte. Au dernier étage, il y avait trois portes. Bah c’est malin, c’est laquelle ?!

    Mon portable a sonné. J’ai décroché.

- C’est la seule porte qu’a pas de nom.

- Ryan ?! me suis-je écrié. Mais comment ?

- Lèves la tête.

    J’ai obéis bêtement et croisé le regard d’une caméra de surveillance.

- Coucou, m’a dit Ryan dans le combiné.

    J’ai souris.

- T’es vraiment trop con.

- Regardes dans ta poche, m’a-t-il répliqué.

    J’ai glissé ma main dans la poche de droite.

- Nan l’autre.

    Poche de gauche. Une petite clé. J’ai relevé les yeux vers la caméra.

- Je te l’ai di qu’avant de m’engager dans la police j’avais été pickpocket au lycée ?

    J’ai secoué la tête en signe de dénégation.

- Bah maintenant tu le sais, a-t-il rigolé.

    J’ai souris.

- Merci, ais-je dis plein de gratitude.

- Arrêtes, un Pérez qui se repend c’est flippant, j’te préfère quand t’es con.

    J’ai rigolé.

- Allez courage.

    Et il a raccroché. J’ai rangé mon portable dans ma veste tout en continuant de regarder la caméra. Puis je me suis tourné et me suis approché de la seule porte sans nom. J’ai glissé la clé dans la serrure. Puis suis entré.

    Un petit studio sans prétention, dix mètres carré peut-être un peu plus, un couloir étroit où je peux à peine me glisser, une porte sur la droite et en face une petite pièce qui sert à la fois de cuisine, de bureau et de chambre : une cuisinière sur la gauche, une armoire sur la droite avec un bureau devant et un lit pour terminer le tout - y’a aussi une sorte de mini-bibliothèque en face du bureau - et sur le lit : Tony. Et du sang. Ndla : là je vous ai fait la description de MON studio ^^

    Tony semblait dormir et il était affreusement pâle comme dans mon rêve. Je me suis précipité, affolé, et laissé tomber mon sac sur le sol dans un bruit sourd. Des bandages rougies entouraient ses poignets et il respirait difficilement. Je me suis accroupi près du lit et ma gorge s’est serrée. Tendrement, j’ai repoussé une mèche de ses cheveux. Il a gémit.

- Tony, ais-je dis doucement, qu’est-ce que t’as fais ?

    Il s’est brusquement tourné et, en perdant l’équilibre, je me suis appuyé au sol. Ma main a rencontré quelque chose que j’ai eu peur d’identifier. Une boîte de calmant gisait au sol, vide. J’ai commencé à paniqué et me suis redressé.

- Tony !

    Il a de nouveau gémit.

- On ne vous a jamais appris à fermer les portes Pérez ?

    Je me suis retourné. Dans le petit couloir du studio, Ray Monroe me fixait de ses yeux noirs. Je ne l’avais même pas entendu arriver. Il était pas sensé être au « 36 » ? J’ai même pas eu le temps de faire ma prière c’est de la triche ! Il a fermé la porte et s’est approché. Sans le quitter des yeux, je l’ai regardé retirer sa veste en cuir et la poser négligemment sur la chaise du bureau. Il s’y est appuyé et m’a regardé.

- Je l’ai trouvé en arrivant ce matin, m’a-t-il dit, il s’est ouvert les veines sous la douche. Il a pratiquement pas perdu de sang je suis arrivé juste après qu’il se soit tailladé mais il a fait une crise d’angoisse après ça, j’ai dû le tranquilliser.

- Le tranquilliser ! ais-je explosé en me redressant. Complètement shooté ouais !

- La faute à qui ?

    En plein dans ma poire. J’ai serré les poings et ravalé ma réplique.

- Vous me tabassez pas ? ais-je demandé.

    Il a arqué un sourcil et m’a regardé comme si j’étais l’idiot du village. Puis il a soupiré.

- Ça me démange croyez-moi mais il ne va pas tarder à se réveiller et en vous voyant il se jettera à votre cou en hurlant qu’il vous aime et qu’il vous demande pardon. Si je vous arrange le portrait je serais obligé de m’excuser et ça m’enchante vraiment pas.

    Il a tiré la chaise pour s’y assoir et a sortit son arme pour la démonter et commencé à la nettoyer. J’ai jeté un œil à Tony pour vérifier qu’il dormait toujours et reporté mon attention sur Ray.

- Dites-moi tout sur Gabriel.

    Il m’a jeté un regard furtif.

- Pourquoi ? m‘a-t-il demandé.

- Un ennemi de ce genre je préfère en savoir plus sur lui.

- Vous voulez pas plutôt tout savoir sur lui parce que c’est le grand frère de Tony et ça vous rapprocherais de lui ?

    Mais comment il fait pour être si perspicace ?!

- Peut-être, ais-je di.

- Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

- Tout.

- Y’a pas grand chose à dire sur lui en réalité.

- Dites toujours.

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Que du bonheur - chapitre 23  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:06

    C’est marrant ça, d’un côté j’ai Ryan qui me dit qu’il y’a pas mal de chose à savoir sur Gabriel, et d’un autre Ray qui me dit l’inverse. Lorsque Ray a commencé à en parler, je me suis demandé lequel croire. Mais, dès les premières paroles, j’ai senti la peur :

- Pour résumer le personnage en quelques mots, je dirais que Gabriel est cruel comme Tony est délicat.

    Ray m’a regardé.

- Ça vous donne une idée ?

    J’ai opiné de la tête en tentant de paraître détendu mais d’après le sourire que m’a renvoyé Ray, j’ai deviné que mon expression devait être proche de celle du mec constipé. Tony a gémit dans son sommeil de drogué. J’ai tourné la tête vers lui. La peau blanche, les sourcils légèrement froncé et la bouche entrouverte, il avait l’air tellement fragile. Lentement, je me suis assit au sol tout contre le lit, histoire de me rapprocher d’avantage de lui. Ray a fait mine de ne pas me regarder et a commencé à nettoyer son arme.

- Joshua Kendallson était un mec dangereux, a-t-il reprit, un obsédé du sexe et des enfants. En cela, il était pas difficile à cerner. Mais au moins, c’était un débile.

    Ouais c’est sûr faut être con pour s’envoyer une pute mineure dans un motel en étant poursuivit par toutes les polices de France.

- Le seul truc qui nous gênait vraiment avec lui c’était ses relations. Étant le fils d’un riche industriel, il a vite comprit où étaient les avantages de son statut de riche héritier milliardaire et s’est rapidement acoquiné avec les pires crapules enfin bref, c’est pas lui qui vous intéresse.

    Nan effectivement.

- Gabriel a hérité ça de son père, c’est un homme d’affaire mais aussi un dingue de première. À quinze ans il a commis son premier meurtre.

- Et comment vous le savez ?

    Ray m’a jeté un regard agacé. Ouais j’te coupe et après ?!

- Parce qu’il s’est vanté quand on l’a arrêté y’a onze ans. Il nous a aussi avoué qu’il avait perdu son pucelage en violant une immigré que son père avait fait venir d’Egypte, une gamine de pas dix ans. Lui en avait treize. En partant de là, c’est pas compliqué de savoir qui a violé Tony étant donné qu’ils ont neuf ans d’écart.

    Beuh, j’suis pas doué en maths.

- En réalité il nous a avoué que jamais Joshua n’avait touché son cadet, il était pédophile d’accord, mais pas gay. Gabriel par contre a vite réalisé qu’il préférait les garçons.

    J’ai préféré rien dire.

- Comme je l’ai dis, Joshua était un imbécile. Gabriel en revanche est mortellement intelligent.

    Le Caméléon. Là, ce que m’a dit Ryan prend un sens.

- On a vite réalisé que Gabriel était une sorte de Joshua amélioré, surtout quand il s’est entièrement volatilisé trois ans d’affilé.

- Ok ça j’ai compris, il est pas stupide. Mais après ?

    Ray m’a de nouveau regardé. Près de moi, Tony a légèrement remué.

- Quand on l’a foutu en prison, il ressemblait à n’importe quel mec de vingt ans qui avait grandi dans le fric de son papa. Il était pas grand et pas bien costaud mais diablement intelligent. En ça, on avait plus grand chose a craindre de lui et on a relâché la vigilance. Seulement, dix ans en taule ça changerait n’importe quel homme. En tout, incarcéré Gabriel a violé au moins une dizaine de mec par semaine et commis environ deux meurtres par an bref, un palmarès assez impressionnant. Il en avait pris pour vingt ans mais sa peine a été alourdie de dix ans. Seulement, il s’est échappé avant d’en avoir purgé la moitié. Comment il a fait ça reste un pur mystère. Un soir à la fermeture des cages il était dans sa cellule et le lendemain matin pouf ! Plus personne.

- Il a changé genre comment ? ais-je demandé alors que l’image de Gabriel dans mes souvenirs était encore floue.

    Ray s’est laissé allé dans sa chaise et a croisé les bras. Il a balancé sa tête en arrière pour regarder le plafond, perdu dans ses réflexions.

- Pour vous résumer, il est puissant. Intelligent, dangereux et plus fort que vous et moi réunit. Lors de la dernière visite médicale à laquelle il a participé à la prison, il mesurait deux mètres zéro trois et pesait quatre-vingt onze kilo cinq cent, mais on arrondi à deux mètres et quatre-vingt douze kilos.

    Il m’a regardé.

- La dernière fois que moi et ma Brigade nous sommes frotté à lui, j’ai été le seul survivant.

    J’ai froncé les sourcils.

- Ryan était en congé paternité, a-t-il précisé.

    J’imagine bien ouais.

- Je sais pas si vous vous rendez compte Pérez quel effet ça fait de voir un homme souriant prendre une balle sans broncher et tuer mes hommes à mains nues. On était armé jusqu’aux dents et lui n’avait que ses mains. Je l’ai vu explosé le crâne d’un de mes collègues à coup de poing avant de se tourner vers moi. J’ai regardé la mort dans les yeux cette nuit-là.

    Il s’est penché vers moi.

- Gabriel est l’exact opposé de Tony, son contraire, son négatif. Si jamais il l’attrape ça va lui faire très mal et si jamais il vous attrape, ça va vous faire encore plus mal !

    J’imagine bien là aussi.

- Et si jamais c’est moi qui l’attrape ? ais-je demandé.

    Ray m’a sondé du regard, comme s’il tentait de savoir si je blaguais ou pas. À l’évidence j’avais l’air très sérieux.

- Avec un peu de chance il vous tuera sans procédé à quelques expériences sadiques. J’espère pour vous que le dégoût que vous lui inspirez sera assez fort pour ça. J’ai oublié de préciser qu’il avait eu le temps d’expérimenter pas mal de technique de torture dans sa cellule. En tout il en est ressorti vachement avancé sur le sujet.

    Je n’ai pas bronché tout en continuant de le regarder.

- Qu’est-ce que vous avez l’intention de faire Pérez ?

- Qu’est-ce qui vous fait croire que j’ai l’intention de faire quelque chose ? ais-je répliqué. Et ne me répondez pas que j’suis con !!

    Il a sourit faiblement.

- Vous mottez les mots de la bouche. Je répète : qu’est-ce que vous avez l’intention de faire Pérez ?

- En tout cas j’ai pas l’intention de me terrer dans ce dix mètres carrés en attendant qu’il me trouve !!

- Alors tirez-vous.

- Ok, mais j’emmène Tony avec moi.

- Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans : s’il le trouve il lui fera très mal ?!

- Rien j’suis con.

    La colère a allumé son regard noir. Soudain, Tony a gémit.

- Pardon … a-t-il murmuré faiblement.

    Je me suis tourné vivement et avant que j’ai pu en placer une, Ray m’avait tiré par le col et je me suis ramassé sur les fesses alors qu’il prenait ma place près du lit. Retenez-moi ou je fais un malheur !

- Tony ? a-t-il doucement appelé.

    Un gémissement lui a répondu puis Tony s’est tourné vers le mur pour ne pas avoir à le regarder. Ray a doucement dégager ses cheveux chocolat de son visage pâle.

- Tony, pourquoi t’as fais ça ?

    Pas de réponse. De mon point de vu, j’ai clairement remarqué que Ray perdait patience - faut avouer que c’est pas une qualité chez lui, la patience. Oui bon d’accord chez moi non plus !

- T’as quand même pas fait ça pour ce connard de Pérez putain !! a-t-il crié.

    J’ai vu Tony se crisper et j’ai envisagé le flingue, resté sur le bureau. S’il arrête pas tout de suite de le brusquer je monte sur mes grands chevaux ! Et pis j’aime pas tant que ça qu’on parle de moi en faisant comme si j’étais pas là alors que je suis bêtement assit sur le derrière à quelques centimètres de lui.

- Si, a faiblement répondu Tony.

    Mon cœur s’est serré et j’ai ignoré le regard plein de rage que me jetais Ray. Qu’est-ce t’as ?!

- J’ai fais ça pour pas qu’il souffre, a continué Tony.

    Sa voix était tellement basse et tremblante que j’ai cru un instant qu’il parlait sous hypnose.

- Et t’as cru que c’est en te tuant qu’il …

    Tony s’est brusquement tourné vers lui et j’ai enfin pu voir son visage. Le mouvement a cependant été si rapide que Ray a stoppé sa réplique.

- Si je meurs Gabriel le laissera tranquille !! a lancé Tony.

    Puis, tout doucement, son regard a coulé sur moi. Vu l’expression que son visage a affiché j’ai deviné qu’il venait seulement de s’apercevoir de ma présence. Alors il avait même pas capté que j’étais là depuis vingt bonnes minutes ?

    Il a fermé les yeux, m’a tourné le dos, s’est recroquevillé sur lui-même et s’est mi à sangloter. Ray a soupiré puis s’est relevé pour me laisser approcher. Ce que j’ai fais.

- Tony ? ais-je doucement appeler en posant une main sur son bras.

    Il a frissonné si brutalement qu’on aurait pu prendre ça pour un sursaut.

- Non, a-t-il murmuré avant de se mettre à pleurer.

    J’ai senti mes propres larmes me monter aux yeux et j’ai appuyé mon front sur son bras.

- Pardonnes-moi, lui ais-je dis, pardon de ne pas m’en être souvenu.

    Il s’est d’avantage tassé sur lui-même et a tenté de cacher ses poignets meurtris sous sa poitrine.

- Et merci d’avoir prit soin de mon briquet.

    D’une rapidité incroyable, il s’est tourné vers moi en pleurant et s’est accroché à mon cou. Ses bras frêles m’ont entouré et serré avec le peu de force qui leur restait et j’ai senti son souffle contre ma peau ainsi que son corps délicat qui tremblait contre le mien. J’ai hésité un instant.

- Tu t’en souviens, a-t-il dit partagé entre désespoir et soulagement, tu t’en souviens !

    Je l’ai serré fort contre mon cœur.

- Je t’aime, ais-je simplement dit.

    Derrière nous, Ray s’était appuyé contre la cuisinière et a levé les yeux au ciel en soupirant :

- Oh pitié.

Gerbement romantique, j'étais en mode "guimauve ultra" ce jour-là {#}

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Que du bonheur - chapitre 24  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:14

    Je me suis allongé près de lui et, blotti contre moi, il s’est endormi. J’ai caressé ses cheveux en désordre un certain moment, tout en constatant qu’il avait maigri puis me suis endormi à mon tour. Ouais, hormis ma sieste dans le train j’ai pas énormément fermé l’œil depuis quelques jours.

    Lorsque Ray m’a gentiment réveillé - le connard m’a secoué comme un prunier ! - j’ai cligné des paupières et vu l’heure sur le réveil posé sur le bureau. Milieu de l’après-midi. Étant donné que je suis arrivé ici en fin de matinée, j’ai dormis uniquement quelques heures mais je me sentais incroyablement reposé.

- Je dois y retourner, m’a dit Ray dans un murmure, vous restez là.

    J’ai acquiescé en silence et replongé ma tête dans la chaleur diffusé par le corps de Tony. Un froissement, puis la porte, et enfin le silence. Plus de Ray Monroe. Genre il nous a regardé dormir !! Tony a légèrement remué et j’ai relevé la tête. Il m’a sourit, mal réveillé. Je lui ai rendu son sourire.

- Comment tu te sens ? lui ais-je demandé.

- Bien mieux.

    Il tremblait plus, c’était déjà un bon début.

- T’as faim ? Tu veux que je te prépare quelque chose ?

- Non je veux juste resté contre toi.

- Tony je ne suis pas psychologue diplômé mais ça se voit que t’as pas énormément mangé ces derniers jours. Je te fais un sandwich.

    J’ai fais mine de me lever mais il m’a retenu en s’agrippant désespérément à mon tee-shirt.

- S’il te plait pars pas !

    C’est de la peur que j’ai lu dans son regard et il a resserré sa prise.

- Tony le frigo est à cinquante centimètres du lit à peine, ais-je dis doucement.

    Il a enfoui son visage contre mon torse. Comment voulez-vous résister à ça vous ? Je me suis rallongé près de lui. Court moment de silence puis :

- Qu’est-ce qui t’a décidé à me retrouver ? m’a-t-il demandé.

    J’ai avalé ma chic. Beuh je pensais que c’était clair !

- Ta lettre, ais-je répondu en espérant que le message soit clair.

    Il a relevé la tête, indécis.

- Ma lettre ?

- Bah oui, celle que t’as laissé à l’appartement.

- Mais Dany, je ne suis pas retourné à l’appartement. Dès que je suis sorti de l’hôpital quand tu … ( il a évité mon regard quelques secondes et j’ai senti mon cœur se serrer ) enfin, Ray m’attendait dehors sur le parking. Je me suis écroulé dans ses bras et il m’a amené directement ici. Ça doit faire une semaine que je suis enfermé là. J’ai jamais écris de lettre.

    J’avais peur de comprendre. Légèrement perdu, j’ai sorti le briquet en argent de ma poche de pantalon.

- Tu m’as même laissé ça dans l’enveloppe, me suis-je entêté.

    Son regard s’est illuminé lorsqu’il a identifié l’objet. Il me l’a prit des mains et la serré contre son cœur.

- Je l’avais perdu, a-t-il murmuré en souriant.

    Bing Bang Putain !! - tilt vous aviez oublié ?

    J’ai serré les poings. C’était un putain de piège ! Je me suis levé précipitamment.

- Restes ici je reviens, ais-je lancé à Tony.

- Non Dany !

- Restes là surtout !

    Et je suis sorti en trombe du studio. En laissant la porte ouverte.

    Trop énervé pour attendre l’ascenseur, j’ai dévalé les escaliers de services. Une fois au rez-de-chaussée, j’ai constaté qu’un nouveau Bob avait remplacé Bob 3 - celui-là on va l’appeler Bob 4, autant resté dans la logique des choses - il m’a suivis du regard lorsque je suis passé devant lui comme une furie. Jusque là, rien d’anormal me direz-vous.

    Celui que je voulais s’était arrêté sur le trottoir pour allumer une cigarette. J’ai poussé la porte de l’immeuble et l’ai tourné vers moi, de la haine dans les yeux. Ray Monroe ne semblait pas étonné de me voir débouler là près de lui.

- Espace de connard ! ais-je explosé.

    Il m’a forcé à lâcher prise.

- Qu’est-ce que vous faites là Pérez je vous avais di de rester là-haut ! Gabriel est dans le quartier on a retrouvé deux de mes hommes flingués dans leur voiture y’a pas dix minutes, retourné dans le studio.

- Pas tant que vous m’aurez expliqué.

    Pas de panique, y’a un Bob qui surveille l’entrée.

- Vous faites chier Pérez !

- Pourquoi vous avez écrit cette lettre ?

    Il m’a regardé quelques secondes et j’ai cru un instant qu’il allait exploser de fureur en hurlant que j’étais un crétin qui déblatérait des conneries, mais il a sourit et m’a dit :

- Vous en avez mi du temps.

- Vous avez tout manigancé espèce de salop !

- Vous n’imaginez même pas à quel point. Même l’emménagement de Tony en face de chez vous était calculé.

    J’ai glissé un regard à Bob 4 qui nous regardait de l’autre côté de la porte vitrée de l’immeuble l’air de pas trop bien comprendre. Le fait que la forme de son visage caché derrière ses lunettes noires me soit familier ne m’a même pas effleuré. Pas même lorsque j’ai constaté que la blondeur de ses cheveux n’avait rien de naturel.

- C’est moi qui ai élevé Tony ! a reprit Ray l’air de croire que c’était une révélation pour moi. Le réhabiliter n’a pas été une partie de plaisir, il faisait des crises d’angoisse dès qu’il se retrouvait seul dans le noir ou faisait des cauchemars, il hurlait dès qu’on le touchait et avait la trouille de foutre un pied dehors ! Mais y’a un truc que j’ai vite compris. Il ne s’accrochait pas à la vie pour moi ou grâce à moi, mais grâce à un briquet à la con ! Il avait qu’un nom à la bouche : « Daniel Pérez », il se servait du souvenir d’un gars qu’il ne connaissait même pas pour survivre, il avait fait de vous un exemple à suivre, une idéologie. Vous étiez son héros et un jour j’ai carrément compris qu’il était amoureux d’un bouffon qui lui avait refilé un briquet merdique !

    Le ton était monté et j’étais trop estomaqué pour dire quoi que se soit.

- Ça fait dix ans qu’il vous vénère et vous aime et moi ça fait dix ans que je vous ai en travers de la gorge. J’ai lutté pour que Tony devienne indépendant et vive enfin pour lui mais non ! Il vivait pour vous, il voulait vous retrouver et vous dire simplement merci ! Je vous ai haï pour ça, moi qui m’échinait pour qu’il vive comme tout le monde, vous, avec quelques secondes et un putain de briquet, vous l’aviez enchaîné à vous !

    C’était trop délirant pour que j’y crois. Malgré moi, j’ai reculé d’un pas.

- Quand j’ai appris que Gabriel s’était évadé j’ai eu une idée. Je ferais d’une pierre deux coups en me vengeant et de lui et de vous.

    Alors Ryan avait raison, Ray n’était capable de vivre qu’à travers la vengeance même avec des choses si futiles.

- Tony était enfin devenu sociable et avait besoin d’un boulot. J’ai fais des recherches sur vous et lui ai trouvé un job tout près de chez vous et même un appartement en face du votre. Vous n’êtes pas compliqué à cerner Pérez, vous ressemblez à Gabriel a un point inimaginable. Tout comme lui vous détestez perdre, vous détestez qu’on vous mettes des bâtons dans les roues, vous détestez qu’on se dresse en face de vous et vous détestez qu‘on vous prenne ce qui vous appartient. Il fallait simplement que je fasse en sorte de me dresser entre vous et Tony et le reste vous l’avez accomplis tout seul. Vous avez tout fait pour gagner contre moi et vous ferez tout pour gagner contre Gabriel !

    Mon souffle s’est coupé. Alors tout ça, tout ce que je suis en train de vivre depuis le trente et un octobre, tout ça était voulu par Ray Monroe ?

- Je vous ai menti à l’hôpital en vous disant que la première chose que ferait Gabriel en sortant de prison c’était de chercher Tony. Gabriel est pas fou, il est moins con que son père. Il a fait dix ans en taule et ne veut pas courir le risque d’y retourner. On ne l’a vu qu’une seule fois rôder autour de l’appart’ de Tony et c’est le jour où vous l’avez rencontré. Le reste du temps il était impossible à localiser. La première chose qu’il a fait une fois à l’air libre s’est de s’envoyer des putes gay et reprendre contact avec les anciens associés de son père. Avant de tenter quoi que se soit pour reprendre son frère il lui fallait devenir aussi puissant que son paternel et nous tenir par les couilles ! Je ne pouvais pas attendre ça, il fallait que je trouve un moyen pour le forcer à sortir de son trou, et c’est là que vous entrez en jeu. Gabriel n’a pas supporté que vous touchiez son frère et maintenant vous êtes le premier dans sa listes des connards à éliminer et ça va pas traîner !

    Je lui ai envoyé mon poing dans la gueule, j’ai vu rouge. En gros, il a utilisé Tony pour m’appâter moi et Gabriel pour que tout ça se termine en règlement de compte entre nous. Tout de suite, je me suis revus sur le ring. Plus vite tu frappes, plus vite tu gagnes ! Et j’ai frappé vite et fort. Il a prit le coup de poing en plein dans la figure et, déstabilisé par mon geste, il s’est écroulé par terre. Sans attendre qu’il se redresse, dégaine ou fasse quoi que se soit d’autre, je lui ai asséné un coup de pied dans l’estomac. Il a toussé et roulé sur le côté.

    Ha Ray Monroe ne s’attendait pas à ça ! Le gros nounours de Tony, qui passe son temps à grogner sans prendre l’initiative de mordre, a enfin sortit les crocs ! Moi aussi quand je m’énerve ça fait très mal monsieur Monroe !

- Tony n’est pas un putain d’objet de luxe dont on se sert pour ses règlements de compte perso ! ais-je hurlé en le tirant par le col, penché au-dessus de lui. C’est un être humain qui a besoin de vivre et de respirer !

    Je l’ai laissé retombé au sol, le nez en sang, et suis de nouveau rentrer dans l’immeuble. Je me suis approché de l’ascenseur, remonté à bloc, et ai abattu mon poing dans le mur en hurlant :

- Putain !

    Puis j’ai tourné la tête pour balayer le rez-de-chaussée du regard. Quelque chose clochait. Ou plutôt : quelque chose manquait. Il ne m’a pas fallu longtemps pour découvrir de quoi il s’agissait. Bob 4 n’était plus sur sa chaise. Bêtement, j’ai regardé de nouveau partout, même au sol. C’est stupide comme réaction, comme si le gars s’était transformé en cafard, mais ça m’a au moins permis de comprendre. Du sang coulait de sous une porte sur laquelle était marquée : interdit au public. Je me suis approché doucement, le cœur battant à cent à l’heure, puis l’ai ouverte. Allongé par terre dans un mélange de sang, d’éclat d’os et de bouillie de cervelle, Bob 3 - avec qui j’avais si intelligemment échangé quelques paroles en arrivant le matin-même - croulait sous les balais et autre ustensiles de maintenance.

    Je suis resté paralysé à le fixer quelques secondes avant de me ruer dans l’escalier de service en hurlant :

- Tony !!!

Va y avoir du sport mes enfants !

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Que du bonheur - chapitre 25  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:22

    Je sais pas si vous voyez le truc. Mettez-vous un peu à ma place. Y’a dix secondes, je me mettais dans une colère noire et envoyais mon poing dans la tronche d’un capitaine de brigade de Paris. Trois secondes plus tard, je découvre un cadavre. Le temps d’analyser la situation - environ cinq secondes - puis de prendre une décision - environs deux secondes - et me voilà en train de monter quatre à quatre les marches de l’escalier de service emplie de colère, de peur et d’adrénaline. Et puis, autant l’avouer, le sport c’est pas ma tasse de thé - j’aurais dû commencer par là je crois. Alors arrivé au troisième étage, voilà que je souffle déjà comme un bœuf.

    J’aurais peut-être mieux fait de ne pas sonné Ray à moitié, et peut-être même que j’aurais dû commencer par le prévenir. Mais en même temps, un dingue est peut-être en ce moment même dans le studio avec Tony. La terreur remplace la peur et je redouble d’effort. Arrivé au cinquième, un cri me glace les sangs. Je m’arrête.

    J’entends la porte de service un étage plus haut, des pleurs, des bruits dans les escaliers puis je réceptionne Tony au cinquième. Il se jette dans mes bras.

- Dany ! Il est là, me dit-il affolé, il est là !!

    La terreur dans son regard me fait perdre quasiment tous mes moyens. En réalité non. Vu le sang qui coule de sa lèvre inférieur fendue et l’état de sa chemise de nuit - quelle idée de rester dans cette tenue toute la journée aussi - qu’on aurait déchiré au niveau de l’épaule, j’imagine bien ce que ce connard là-haut a tenté de lui faire. Ne me reste qu’un seul sentiment. La colère, muée en rage. Paniqué, Tony m’attrape par la main et me tire.

- Viens, me supplie-t-il, viens j’t’en prie ! Il arrive il est là !!

    Je vais le dérouiller !

« Tu as quelqu’un à protéger. »

    Cette voix dans ma tête … maman ? Je cligne des yeux. Oui. D’abord, mettre Tony en sûreté.

    On inverse les rôles. Je lui attrape le poignet et le tire pour descendre les escaliers. Premier arrêt : Ray Monroe, en espérant qu’il est pas filé sur sa moto. Ensuite : faire équipe - mon Dieu j’aurais jamais cru ça possible - avec lui et faire regretter à ce Gabriel d’avoir touché à MON Tony ! Beuh comment ça Ray avait raison ?

    Un hurlement furieux raisonne depuis l’étage. Bon Dieu c’est lui ça ?! On aurait di un grizzly ! Malgré moi, je tremble. Je resserre le poignet fragile de Tony dans ma main. Tiens le coup ! Avec le peu qu’il a mangé et les blessures qu’il s’est infligé le matin-même j’ai peur que … il s’écroule deux étages plus bas - on en est donc au troisième. J’ai tout juste le temps de m’arrêter et de le réceptionner avant qu’il ne touche le sol. Un peu plus haut, des pas furieux font trembler les escaliers et un cri dément retentit :

- Pérez !!

    C’est après moi qu’il en a. Ok, il m’a trouvé. De toute façon Tony n’a plus assez de force pour fuir. Il tremble, il halète, son poignet gauche saigne de nouveau. Je le dépose doucement au sol et me redresse puis remonte les escaliers un étage plus haut, attendant Gabriel de pieds fermes. J’entends Tony qui me supplie faiblement :

- Non Dany j’t’en prie, sauves-toi …

- J’ai assez fuis, murmurais-je pour moi-même sans être sûr qu’il m’entende.

    J’ai fuis toute ma vie, c’est terminé maintenant ! Gabriel arrive enfin, et désormais seul un escalier d’acier, un étage nous sépare. C’était bien lui, celui que j’avais pris pour un Bob - le numéro 4. Il a toujours son costume d’agent secret raté sur lui mais a abandonné sa veste et les premiers boutons de sa chemise blanche sont ouverts. Il a laissé tomber sa perruque blonde et je remarque avec haine qu’il lui manque sa ceinture à son pantalon.

- Qu’est-ce que t’as essayé de faire salopard ! ais-je hurlé.

    Il m’a sourit et j’ai eu la trouille. C’était un sourire de malade, de dingue, de psychopathe. J’étais en bas des marches, lui en haut, par conséquent sa carrure - déjà impressionnant d’après la description qu’on m’en avait fait - paressait irréel. Je me suis peut-être un peu avancé en affirmant que je ne fuirais plus. Mais bon, c’est pas comme si j’avais le choix, Tony n’est plus vraiment en état de courir. Soudain, le sourire de Gabriel disparait et je jurerais devant Dieu que ses yeux bleus ont viré au rouge.

- Je vais te crever, m’a-t-il dit d’une voix incroyablement neutre, plate, sans aucune émotion.

    Puis il s’est rué en avant dans un cri. Si je me souviens bien : deux mètres et quatre-vingt dix kilos c’est ça ? Bah lorsque je l’ai réceptionné et qu’il m’a écrasé de tout son poids contre le mur derrière moi, j’ai plutôt eu l’impression de rentrer de plein fouet dans un deux tonnes. L’escalier qu’il a dévalé aidant sûrement, il m’est tombé dessus a une sacré vitesse. J’ai juste eu le temps de me dire qu’un buffle me fonçait dessus que j’avais déjà le souffle coupé. Quelque chose en moi s’est brisée. Ma côte. Salope !

    Dans un moment pareil quand vous vous rendez compte qu’il vous manque vingt centimètres et dix bons kilos de muscle pour venir à bout de votre adversaire, vous voyez votre vie défiler, comme un petit film. Bah nan c’est faut. Moi j’ai surtout revu Olaf Rudkarsav, un soviétique qui fut mon entraîneur de boxe pendant huit ans en Espagne. Et j’ai entendu sa voix : « Lèves les mains Pérez bordel de merde! Protèges ton visage ! Encaisses et frappes encaisses et frappes ENCAISSES ET FRAPPES ! » J’ai encaissé et frappé.

    Dès que Gabriel a levé le poing, j’ai levé les bras et protégé mon flanc fragilisé et mon visage puis, profitant de son étonnement face à mon reflexe digne de Rocky Balboa, j’ai riposté pour le frapper en plein estomac. Bah, autant vous le dire tout de suite, ça fait très mal d’envoyer son poing dans un mur de béton ! Nan j’ai pas bêtement raté ma cible et tapé dans le mur, j’ai bel et bien atteint Gabriel seulement, non seulement j’ai eu mal à la main, mais en plus lui n’a pas chancelé de plus de deux centimètres et plutôt que de lui faire perdre sa belle assurance, je l’ai mi méchamment en colère.

    Alors j’ai fais ce que tout boxeur fait quand il sent que la situation est critique pour lui - nan j’lui ai pas mordu l’oreille ! - je me suis accroché à lui. Seulement, je ne me doutais pas un seul instant qu’avec mes quatre-vingt kilos je serais autant gênant pour lui que l’aurait été un moustique. Il m’a tout simplement soulevé. Je me suis senti décoller du sol et là j’ai réalisé à quel point ma tactique fut minable, pour me rendre compte lorsqu’il m’a balancé dans les escaliers, que le mieux avec Gabriel Kendallson c’est pas de jouer au plus fin, c’est de faire front et advienne que pourra.

    J’ai fais un sacré roulé boulé dans les escaliers et atterrit un étage plus bas, tout près de Tony, momentanément aux abonnés absents. Tony s’est accroché à moi, en larmes et son touché m’a aidé à garder conscience. Des points noirs dansaient devant mes yeux et je sentais que si je ne me concentrais pas, je tomberais complètement dans les pommes. Malgré ma semi-conscience, j’ai vu Gabriel dévaler les escaliers et soulever Tony par le bras, lui arrachant un cri de douleur mêlé à la terreur. Dans un dernier effort pour le protéger, j’ai tenté de l’agripper. Mais je n’avais plus aucune force. J’ai laissé ma tête tomber mollement au sol.

    Tony a crié. J’ai lutté contre l’évanouissement qui me tendait les bras et rouvert les yeux.

- T’es à moi p’tite salope ! a crié Gabriel dans une rage démentielle.

    Tony a tenté de se débattre mais il était beaucoup trop faible et totalement sans protection dans sa chemise de nuit. Gabriel l’a plaqué ventre au mur et dos à lui, le tenant d’une main par la nuque pour l’empêcher de s’enfuir, il a commencé à dégrafer son pantalon. Tony a crié, supplié, pleuré. Et moi ma vue s’est brusquement éclaircit.

    J’ai pas réfléchis. Quoi, vous seriez capable de réfléchir posément alors que votre amant s’apprête à se faire violer sous vos yeux ?! Bah moi, pas. Je me suis relevé, et j’ai foncé. En oubliant bien sûr que son poids, plus le mien, lancés ensemble sur une fenêtre qui n’était - comme de par hasard ! - pas double vitrage… inutile que je vous fasse un dessin je crois.

    La fenêtre s’est brisée et on a basculé.

Premier reflexe humain : s’accrocher à quelque chose quand on sent qu’on tombe. Et moi je me suis accroché au rebord de la fenêtre sans oublier de me planter des éclats de verre dans la main. Gabriel n’a rien tenté - à croire qu’il n’est même pas humain ! - il a juste crié et s’est laissé tombé au sol, du haut du troisième étage, dans la cour de l’immeuble - qui forme un U j’ai oublié de vous le dire ? - terminé par une grande porte qui aide certainement à rejoindre le boulevard opposé à la porte par laquelle je suis entré - eux, j’sais pas qu’elle image vous pouvez vous faire de cet immeuble maintenant grâce à ma description pourrie.

    J’avais mal à cause de ma côte cassé et de ma sacré chute dans l’escalier mais je continuais de m’agripper désespérément. Au moins, Gabriel était tombé. Soudain, une main tremblante a saisi la mienne pour tenter de m’aider à remonter. Devant mes yeux, les points noirs étaient revenus mais j’ai pu voir le visage baigné de larmes de Tony.

- Accroches-toi, m’a-t-il dit d’une voix que je perçus sourde, remontes …

    Il a tiré de toutes ses forces mais je n’ai pas bougé d’un pouce. Mes bras se sont mis à trembler et ma main gauche a lâché le rebord. Tony a crié.

- Non accroches-toi !

    J’ai laissé mon bras pendre quelques secondes avant de m’accrocher de nouveau. Puis j’ai vu ses yeux s’écarquiller de terreur et il a crié, paniqué :

- Oh mon Dieu remontes, remontes !!!

    Je me suis permis un coup d’œil vers le bas. Gabriel se relevait. Il s’est remit sur ses pieds, a épousseté son pantalon comme s’il venait simplement de chuter d’un tabouret, puis a levé les yeux vers moi. Pas de colère. Rien. Juste un sourire dément très satisfait. Tony a tiré plus fort.

- Remontes j’t’en prie, m’a-t-il supplié en pleurant.

    Mais je n’y arrivais pas.

    Gabriel a lentement dégainé son arme en souriant toujours. Tony a crié :

- Non !

    Une détonation, et j’ai lâché. Puis une autre, une troisième, quatre, cinq, six ! Et ça s’est enfin arrêté. Au bout de quelques secondes, mon cerveau m’a transmit cette info étrange : « T’as lâché gars, mais tu ne tombes pas ». Et j’ai enfin senti la poigne puissante d’une main m’agrippant le poignet. J’ai relevé les yeux.

    Ray Monroe, le nez en sang, me fixait de son regard noir.

- Pouvez pas vous empêcher de faire le pitre vous, m’a-t-il dit.

    Malgré-moi, j’ai souris. Il m’a agrippé avec son autre main et, inutilement aidé de Tony, il m’a remonté. Je me suis laissé tombé au sol dans la cage d’escalier, et sitôt fait, Tony s’est jeté sur moi et m’a serré dans ses bras en pleurant.

- J’ai eu si peur, a-t-il sangloté.

    Et moi j’avais vraiment du mal à respirer. J’ai vu Ray jeté un œil par la fenêtre et son visage s’est figé dans une expression insondable. Puis il a simplement dégainé son talkie walkie de sous sa veste :

- Ryan l’ambulance est là ? Ok transmets-leur : cage d’escalier, troisième étage, un homme à terre et un autre sous le choc. Quant à Gabriel ils le trouveront dans la cour truffé de plomb. Ouais. Ok.

    Il a stoppé la communication et m’a regardé, toujours aussi insondable. J’avais de plus en plus de mal à respirer. J’ai toussé.

    Du sang ?

    Puis j’ai perdu connaissance.

KAWABOUNGA !!!!! {#}

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Que du bonheur - chapitre 26  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 31 juillet 2009 15:30

Le 8 Février

    Quand j’ai ouvert les yeux, je n’ai eu aucun mal à identifier l’endroit où je me trouvais puisque je venais de le quitter trois jours plus tôt - mais non c’est pas le même c’est une façon de parler ! Un hôpital. J’ai cligné des yeux et tenter de lever le bras pour me frotter les paupières mais n’y parvint pas. J’ai baissé le regard et vu que Tony dormait, la tête posé sur mon bras, sa main dans la mienne. J’ai souris.

    Un ronflement sonore m’a fait tourner la tête sur la gauche. Ryan était assis sur une chaise à bonne distance de mon lit, les bras ballants de chaque côté de la chaise, la tête renversée en arrière, il semblait dormir du sommeil du juste. Puis un mouvement a attiré mon attention près de la fenêtre. Ray Monroe me fixait intensément. Comme par hasard, c’est le seul réveillé.

    On s’est regardé un moment puis, comme pour reprendre la conversation que nous avions eu avant que je lui balance une droite dans le nez, il m’a dit :

- Dans mon plan, vous n’étiez pas sensé survivre.

    Ça fait plaisir. Je la sens moyen cette discussion.

- Vous étiez même sensé crever la gueule ouverte. La seule chose que je voulais que vous fassiez c’était de faire sortir Gabriel de son trou, pas de vous mettre bêtement en danger en jouant au Super Dany !

    Hein ?

    Il a soupiré, regardé un moment par la fenêtre avant de revenir à moi.

- Vous avez été opéré, ça fait des heures qu’on attend que vous vous réveillez.

- Opéré ?

- Votre côte cassée a perforé un poumon, l’a fallu vous emmené ici d’urgence. Tony était paniqué.

    J’ai regardé par la fenêtre à mon tour. À voir le soleil si haut dans le ciel j’ai deviné qu’il devait être dans les environs de midi treize heures et que par conséquent, tout ce dont je me souvenais s’était déroulé la veille. J’ai de nouveau regardé Ray.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? lui ais-je demandé.

    Dans mon souvenir, il y avait bel et bien des coups de feu ! Ray Monroe n’a donné qu’un seul prénom en réponse, suivit d’un nom de famille. Une identité.

- Philip Starkey.

    Hein ?

- Qu’est-ce qu’il vient foutre là-dedans lui ?! ais-je rétorqué.

- Je vous avais di qu’il était le mari de ma sœur qui s’est occupé de Tony quelque temps ? En fait ça a été mon beau-frère quelques années dans ma vie.

    Alors là, ça me la coupe ! Voilà pourquoi j’ai eu cette impression fugace qu’ils se connaissaient ! Et vu la haine que lui porte Philou, je devine qu’ils ne sont pas restés en très bon terme.

- Phil aussi avait sa revanche à prendre, a continué Ray, sans que Ryan ne s’en rende compte, il vous a suivit dans le train et jusqu’à l’immeuble.

    Finalement, la Mercedes et les Bob c’était pas une si mauvaise idée.

- On peut dire qu’il a agit au bon moment. Il a vidé un six coups sur Gabriel avant qu’il ne vous trou la peau. Vous lui devez une vie.

    On verra ça plus tard. J’ai souris.

- Vous voyez, ais-je lancé, c’est vous le con. Finalement c’est pas moi qui suis mort.

    Ray a arqué un sourcil avant de sourire. Ce genre de sourire moqueur que je déteste particulièrement.

- Personne n’est mort, m’a-t-il dit d’un air satisfait.

- Mais vous venez de dire que …

- Je n’ai jamais dit que Gabriel était mort. Il n’a reçu que six balles.

- Que six balles !!! N’importe qui serait mort avec six balles dans la peau !

- N’importe qui n’est pas Gabriel.

    Il a pointé son doigt vers le plafond.

- Il est à l’étage au-dessus en soin intensif, ses jours ne sont plus en danger sauf erreur de ma part et il sera renvoyé en taule dès que possible pour terminer sa peine, s’y ajoutant meurtre, tentative de trafique et de viol. Si j’me trompe pas il lui reste donc trente ans à purger.

    J’ai jeté un rapide coup d’œil à Tony pour vérifier s’il dormait toujours.

- Vous pourrez pas genre monter discrètement et débrancher une ou deux perf’ vite fait ?

    Il a sourit.

- Tuer lâchement c’est pas mon passe-temps favoris, m’a-t-il dit.

    J’ai pas pu m’en empêcher :

- Et le meurtre de Joshua vous en faites quoi ?

    Je l’ai vu tourner son regard froid vers Ryan et pendant un moment j’ai cru qu’il allait se jeter sur lui pour l’étrangler. Pauvre Niais qui dort.

- J’vois pas de quoi vous parler, m’a-t-il dit.

    J’ai laissé tomber le sujet en sentant Tony s’agiter. Il a doucement lever la tête puis a ouvert les yeux avant de bailler. Il m’a regardé puis son visage s’est illuminé lorsqu’il a réussit à faire le point. Il s’est blotti contre moi et j’ai réprimé une grimace de douleur.

- Dany j’ai eu si peur. Comment tu te sens ?

- Bah, comme quelqu’un qui a percuté un trente-six tonnes et basculé par la fenêtre.

    Nan j’en rajoute pas !! Bon si un peu, parce que je sais qu’il me consolera et … j’ai croisé son regard. Mon cœur s’est brisé. Cette assurance, cette si belle assurance qui m’avait tout de suite plût chez lui : envolée. Dans ses grands yeux bleus je ne lisais désormais que tristesse et supplication. Ils ont brillé de larme.

- Pardon, m’a-t-il dit d’une voix tremblante, j’suis tellement désolé pour tout ça.

    J’ai serré ses mains et baissé les yeux sur les bandages qui entouraient ses poignets. Ils sont là pour me rappeler à l’ordre, pour ne pas que j’oublie à quel point Tony est fragile. Ray a brisé l’instant :

- Attendez donc que je sorte avant de vous la jouer mélodramatique.

    Puis il est sortit sous mon regard noir. Une fois dans le couloir, il a fait quelques pas avant de s’immobiliser. Droit devant lui, deux yeux d’ambre le fixait, emplie de feu et de colère. Philip Starkey a tourné les talons. Ray s’est lancé à sa poursuite.

- Phil attends !

- Comment va Pérez ? lui a demandé celui-ci.

    Pris au dépourvu par la question, Ray a mi plusieurs secondes avant de répondre.

- Euh, bien il vient de se réveiller.

    Philip se détournait de nouveau mais il l’arrêta en attrapant son bras.

- Phil s’il te plait !

    Les deux yeux d’or l’ont fixé, implacable. Ray a prit une grande inspiration.

- Pardon, a-t-il simplement dit.

    Les deux hommes se sont simplement regardé puis le regard de Philip Starkey s’est soudain adoucit. Sans dégagé son bras, il a enfouit son visage dans ses mains et a murmuré :

- T’en as mi du temps.

    Puis il l’a serré dans ses bras. Abasourdi, Ray a laissé Philip nouer ses bras autour de son cou et poser sa tête sur son épaule.

- C’est tout ce que je voulais connard, des excuses.

    Ray a soupiré de soulagement puis passer ses bras autour de sa taille.

    Pour en revenir à nous - ouais Ray et Philou c’est bien beau mais on se doute de ce qu’il va se passer ensuite : ils vont baisé et passer leur temps à s’insulter en se tapant dessus avant de rebaiser - Tony pleurait doucement dans mes bras et je caressais ses cheveux tendrement. Le calmer c’est pas simple. J’ai doucement relevé son visage.

- Et si on rentrait ? lui ais-je demandé.

    Ryan a choisit ce moment pour émerger en criant :

- Ah qui va là !!!

FIN !

Oui, des mots ça blesse {#} Pleurez pas ! Encore un épilogue et un extra très long ( une trentaine de page sur Works {#} )

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