/!\ 'Ttention ! Chapitre révélateur hyper long
! /!\
Si vous ne
vous êtes pas psychologiquement préparé avant(
en regardant trente fois les bisounours au pays des merveilles par
exemple ), passez votre
chemin!
Beuh non, restez lire
ou je vous dérouille 
...
- Voilà maintenant que vous savez tout ça
qu’est-ce que vous allez faire ? m’a-t-il
demandé.
Le problème avec les
téléfilms à l’eau de rose c’est que ça nous lave le
cerveau. À cause d’eux - ou grâce, à vous de voir - on croit
dur comme fer que, dans une histoire d’amour, le plus chiant
c’est avant le premier baiser.
Je suis sûr que vous
avez déjà vécu ça : quand vous êtes trop malade pour bouger de
votre canapé - ou qu’une côte cassée vous emmerde - et que
vous allumez la télé en soupirant. Vous tombez forcément sur la 6.
Et sur la 6 l’après-midi - et ça depuis des années !! - il y
a ces putains de téléfilms trop niais !! Et là vous êtes trop
déprimé pour vous bagarrer avec les centaines de chaînes du câble
alors vous restez sur cette connasse de 6.
Généralement, dans ces
trucs, les personnages principaux - c’est toujours un garçon
et une fille vous remarquerez - vivent mille et une aventure hyper
hard - en fait non, j’extrapole - et pile à la fin, après
avoir braver tous les dangers, ils se roulent une grosse pelle avec
un soleil couchant en paysage de fond, le plus souvent sur une
plage mais il arrive aussi que se soit au milieu d’un
champ.
Et là on s’imagine
tous qu’après ce gros patin ils vont vivre heureux et auront
beaucoup d’enfant. Mais vous finissez par grandir - sauf si
vous regardez encore ces téléfilms à trente ans comme un parfait
« no life » de base - et vous réalisez alors que ces
connards de téléfilms à la con vous ont raconté que des conneries
toutes ces années ! Le plus chiant n’est pas avant le premier
baiser, au contraire ! Se sont les plus beaux moments d’une
vie et faut en profiter à fond. En fait, le plus chiant, mais genre
chiant de chez chiant, vient après. Quand vous êtes persuadé de
tout connaître de l’autre, de l’aimer à fond comme un
parfait imbécile, et d’avoir jurer devant Dieu - ou votre
reflet dans une glace, tout dépend du fait si vous êtes croyant ou
non - que c’est l’homme de votre vie ! Vous découvrez
qu’en fait, votre relation est basé sur des mensonges, et que
vous vivez avec un parfait inconnu.
Là vous vous demandez
certainement pourquoi je vous raconte toute cette merde
?
Alors je vais revenir un
peu en arrière pour vous - aussi pour moi en fait, parce que
j’ai pas vraiment eu le temps de digérer tout ce qui vient de
me tomber sur la gueule.
...
Trois heures plus tôt
…
- Salut! Moi c’est Ryan Hampton, ravi
de pouvoir enfin vous parler en face.
Oui, il me semble que
vous en étiez là. À savoir : Ray Monroe m’a plombé les fesses
avec une mitraillette avant de foutre le camp sur sa moto, et moi
j’ai bien failli découvrir ce que ressent un pâté en croûte
coincé dans un four. Mais je suis en vie - euh, c’est sensé
être positif là - mon flanc gauche me fait affreusement mal,
j’ai une blessure sanglante à la tête et je ne sens plus mon
genoux gauche. Je vous mentirais en vous disant que j’ai
connu pire.
- Comment vous vous sentez ? me demande le
prénommé Ryan Hampton.
M’a l’air
d’être un gentil bougre mais là tout de suite j’ai
envie de lui envoyer mon poing dans la gueule. Voyons : on vient de
tenter de me tuer, j’ai la tête à l’envers, ma voiture
m’a explosé à la tronche mais à part ça ça va. Et vous la
forme ?
Je ne peux que grogner.
Oui bon, ça change pas mes habitudes me
direz-vous.
- Bougez pas surtout.
Sans blague mon pote je
l‘aurais pas deviné sans toi ! Je m’apprêtais à me
taper un sprint sur un cent mètres là tu vois.
- J’appel une
ambulance.
Bon d’accord, là
j’ai rien à dire. Philip nous a rejoint, avec Karl et Doug
puisque le garage était à quelques centaines de mètres de
l’« accident ». Et là :
- Ryan ?!
- Coucou Philou.
Et un peu plus
d’une demi heure plus tard, l’ambulance et son grand
orchestre crèvent l’écran. À savoir : l’ambulance
elle-même - bah oui quand même - une voiture du SAMU - j’ai
jamais compris ce qu’ils foutaient là eux - et les flics - et
eux ? - et aussitôt, de cinq on est passé à … m’en
voulez pas mais j’ai pas la tête à compter. Je me suis
retrouvé sur un brancard avant d’avoir eu le temps de dire
ouf - bah oui évidemment j’étais trop occupé à dire :
« putain mais AÏEUH ! ». Un mec en blouse blanche à
passé dix minutes à soulever ma jambe gauche dans tous les sens
avant de décréter :
- Rien de grave ne vous inquiétez
pas.
Il a de la chance que je
sois à moitié mort lui. Puis il a ausculté mon torse et je peux
vous dire une chose : ils ont vachement bien anticipé mes réactions
en me sanglant au brancard.
- Votre côte est fragilisée mais elle
n’est pas cassée.
Oh ! En gros
j’suis un fêlé d’la côte. Cool.
- Monsieur, pouvez-vous me donner votre nom
? m’a demandé un mec du SAMU.
Les sédatifs
qu’ils m’ont donné commencent déjà à faire son
effet.
- Euh …
Ouahou ! Je plane
carrément. C’est mieux que Space Montain !
- Pouvez-vous me donner votre nom monsieur
? a répété le
SAMU-mec-que-je-vois-totalement-flou.
Ça y est je sais
c’est quoi le rôle du SAMU : te faire chier alors que tu pars
gentiment en vrille.
- Jean-Jacques, ais-je
répondu.
Tiens dépatouilles-toi
avec ça.
- Savez-vous où vous êtes monsieur
?
- Dans une putain d’ambulance avec un
putain de connard qui pu de la gueule.
Tralalèreu.
- Bon laissez-le maintenant il est plus en
état de vous répondre, a lancé le médecin.
Sauf que moi j’ai
compris :
-Bon baisez le chiendent y ais vu en tas
deux houx pondre.
Alors forcément
j’ai pas tout saisi.
Et quelques minutes plus
tard, me voilà arrivé à l’hôpital en riant. Sans savoir
pourquoi, j’étais en train de me taper le plus grand fou rire
de toute la génération ! J’avais jamais ri comme ça et je
savais pas pourquoi je m’égosillais alors forcément, ça me
faisait rire. De fil en aiguille les médecins en sont arrivés à
vouloir me faire passer un scanner cérébral. Je ne sais pas ce
qu’ils y ont trouvé, mais ça les a
inquiété.
Bref, près de deux
heures après l’« accident », j’étais dans
une chambre d’hôpital habillé de leur robe qui gratte à
tenter de remettre mes idées en place. Bizarrement, j’avais
comme dans l’idée de m’appeler Caravane d’être né
en Daniel dans une Espagne. Mmh …
Mais, petit à petit, les
doses de sédatif diminuant, la douleur a commencé à m’aider à
mieux réfléchir. Ma jambe n’est apparemment pas cassée -
puisque j’arrive à la bouger - mais mon genoux a doublé de
volume, j’ai un grand bandage autour du crâne - je sais pas à
quoi je ressemble mais je dois faire peur - et le bras gauche en
bandoulière - ouais, couché ça aide vachement. J’essayais en
vain de me gratter le gros orteils lorsque quelqu’un a passé
ma porte.
Ray.
Je me suis redressé,
ignorant la douleur de ma côte fêlée, et la rage a semblé me donner
des ailes.
- Espèce de salop ! ais-je hurlé. Vous
croyez que je ne vous aurais pas reconnu derrière votre casque !
C’était la même moto connard de flic de merde
!
Ray Monroe s’est
arrêté au milieu de la pièce, suivi de près par … euh
… le gars qui m’a sauvé la vie - j’ai oublié son
nom - et a arqué un sourcil en me fixant comme si j’étais un
insecte qu’il fallait au plus vite écrasé.
- Ils vous ont donné quoi comme calmant ?
a-t-il rétorqué très platement. Des champignons hallucinogène
?
- Allez vous faire foutre
!!
Il a eu un sourire en
coin tout à fait hypocrite. Bon sang je le déteste !! C’est
possible de détester quelqu’un à ce point ?
- Non, vous d’abord, m’a-t-il
dit en croisant les bras, même si, d’après ce que j’ai
compris, Tony n’est pas le dominant du couple. À moins que je
me trompe ?
J’ai failli
arracher ma perfusion tellement j’ai remué en grognant de
rage pour le toucher. Je ne réaliserais que dans quelques heures à
quel point j’ai pu être minable en cet instant. Mon sauveur
s’est approché pour me calmer.
- Hey doucement ! m’a-t-il dit en me
remettant correctement dans mon lit. Vous arrachez le bras ne vous
aidera pas à lui coller un pain faites-moi confiance. En fait rien
ne vous aidera. Mais vous pouvez toujours shooter dans des canettes
!
Hein ?
Il m’a sourit et
s’est assit à ma gauche.
- C’est ce que je fais quand je suis
énervé.
Rien à
branler.
- Je n’ai pas tenté de vous tuer
Pérez, a dit Ray sans bouger d’un pouce.
- À d’autre je vous ai reconnu !
ais-je hurlé en gigotant de nouveau.
Les deux flics - oui,
c’est facile de deviner que mon ange gardien est un poulet -
ont échangé un bref regard puis Ray m’a de nouveau porté
attention.
- Vous délirez, m’a-t-il
dit.
- Je vous emmerde ! ais-je
rétorqué.
- Du calme, a sourit le Flic Niais - bah
ouais, faut bien que je lui trouve un surnom et son sourire est
trop niais.
Le Flic Niais et le Flic
Bourru. Font la paire ces deux cons.
- Je vous l’avais bien di que vous
mettiez les pieds dans la merde, a reprit Ray.
- Évidemment si tu lui dis ça toi aussi !
s’est exclamé le Flic Niais. C’est pas étonnant
qu’il soit persuadé que se soit toi.
- J’espère que vous vous rendez
compte de la chance que vous avez d’être encore en vie ?
m’a demandé Ray en ignorant royalement son
collègue.
- M’en fou.
Il a soupiré et le Niais
a rit.
- Vous êtes comme Tony vous a décrit,
m’a-t-il dit.
Bing Bang Putain !! -
oui : tilt dans ma tête.
- Il est con, a lâché
Ray.
Mais je l’ai
ignoré.
- Vous connaissez Tony ? ais-je demandé au
Niais.
Il a parut
décontenancé.
- Bah oui, je l’ai sauvé de la
baraque en feu y’a treize ans. Sans moi il serait parti en
fumée !
Hein ?! Des restes de
sédatif doivent encore se promener dans mon organisme j’ai
rien capté. Ray a soupiré.
- Il est au courant de rien Ryan, a-t-il
dit en se laissant tomber dans une chaise à droite près de mon lit
- mais pas trop près quand même.
- Ouais je sais mais il est shooté là, il
se souviendra de rien dans une heure.
- Ils ont retiré ma perf’ de morphine
y’a une demi-heure, ais-je di sans le quitter des
yeux.
- Oups !
Ray a soupiré.
J’ai l’impression qu’ils se foutent de ma gueule.
Mais le Niais - oui j’ai entendu qu’il s’appel
Ryan mais j’aime bien le surnom que je lui ai donné - ne
semble pas prendre mes accusations au sérieux alors, je dirais que
c’est moi qui ai tord. Oui je sais reconnaître mes erreurs,
même si ça fait mal. Je crois que ce que je viens de vivre
m’a préparé à blesser un peu mon ego.
- Alors si c’est pas vous, ais-je di
en tournant les yeux vers Ray, c’est qui ?
Par là : c’est qui
le bouffon qu’a fait explosé ma caisse ?! Putain et dire que
ma Clio m’a conduit au garage le matin pour me reconduire
chez moi le soir pendant onze ans ! La pauvre elle a eu une fin
terrible.
- Gabriel Kendallson, m’a-t-il
répondu.
Il n’a même pas
concerté son collègue, il m’a fixé et répondu du tac au tac,
presque fébrile. Il a l’air … heureux
?
- Connais pas, ais-je rétorqué
blessé.
- Non mais lui vous connaît, a-t-il précisé
dans un sourire.
Il m’énerve il
m’énerve il m’énerve !
- C’est sensé me faire plaisir
?
- Vous faire pisser de peur, a-t-il
répondu.
La Niais se contentait
de nous regarder. Ray et moi ne nous quittions pas du
regard.
- Qui c’est ? ais-je fini par
demander. Qu’est-ce qu’il me veut merde ! C’est
quoi ces conneries vous vous foutez de ma
gueule?!
Son air suffisant qui
m’a fait sortir ainsi de mes gonds a disparu de son visage et
il a tourné le regard vers la fenêtre. Dehors, le ciel était gris
et le vent sifflait, se frayant un chemin parmi les branches nues
des arbres. Dans ses yeux, j’y lisais enfin quelque chose que
j’avais un moment voulu, mais qui ne m’a finalement pas
réjouis du tout : la peur. Ray Monroe était
inquiet.
Il a de nouveau porté
son attention sur moi.
- Qu‘est-ce qu‘il vous veut ? À
vous rien.
J’ai lâché un rire
nerveux.
- C’est Tony qu’il
veut.
J’ai avalé une
pierre.
Le
silence.
- Tony ? ais-je murmuré. Mais
…
- Vous l’avez touché alors il veut
vous buter, a lancé Ray.
Ryan le Niais a gigoté
sur sa chaise, nerveux. Tour à tour, je les ai
regardé.
- C’est quoi cette histoire ? Qui
c’est ce mec ?! Tony ne m’a jamais parlé d’un Ga
…
Bing Bang Putain
!
Tilt
oui.
Une voix a raisonné dans
ma tête : « Dites-lui simplement que Gabriel est passé
le voir »
Ray me fixait, les
sourcils froncés, et le Niais semblait avoir momentanément cessé de
respirer.
Sauf que je n’ai
jamais transmit ce message à Tony, simplement parce que le même
jour, je surprenais une conversation entre lui et Ray. Une
conversation dans laquelle Tony affirmait m’aimer. Alors
j’ai oublié …
- Qu’est-ce qu’il y a ?
m’a finalement demandé Ray.
- Vous avez une photo de ce Gabriel ?
ais-je demandé.
Il a paru
surpris.
- Pas sur moi, a-t-il répondu, pourquoi
?
- Vous avez une photo oui ou merde
!!
Dépêches-toi ou je te
mords !
Il a froncé les sourcils
et lancé un regard à son collègue. Je n’ai pas pu voir la
réaction de Ryan puisque je continuais de fixer Ray mais je
l’ai senti se lever. Il a traversé la pièce et en est sorti.
Le Bourru a continué de me regarder.
- Pourquoi ? a-t-il
répété.
Mes poings se sont
serrés presque malgré moi. J’ai eu comme l’impression
que la fin de cette histoire ne serait pas agréable du tout. Mais
je n’ai pas répondu. J’ai tourné la tête dans
l’autre sens pour éviter son regard pénétrant en tentant de
me remémorer le visage de cet homme. Ce Gabriel. Rien à faire, les
précisions m’échappaient.
Ryan est revenu quelques
minutes plus tard, un dossier jaune en main. Je t’ai demandé
une photo pas de la lecture ! Il a donné le dossier à Ray et est
revenu s’assoire à ma gauche. J’ai regardé Ray ouvrir
le dossier, en sortir une feuille et me la tendre. Je l’ai
saisi de ma main valide - la droite - et mon cœur a manqué un
battement. C’était bien lui mais en nettement plus jeune. Sur
la photo, en noire et blanc, il me regardait de face et tenait une
plaque minéralogique sous son menton. Ses mains étaient
menottées.
- C’est quoi cette blague ! ais-je
lancé d’une voix blanche.
- Vous vouliez une photo non ? m’a
répondu Ray. Maintenant dites-moi pourquoi.
J’ai regardé la
photo dans les yeux avant de lui répondre :
- Parce que ce gars je lui ai déjà
parlé.
Ray a perdu toutes ses
couleurs et Ryan a failli glisser de sa chaise sous la
surprise.
- Quoi ?! m’ont-il demandé en
cœur.
- Je sais plus quand exactement, ais-je
continué sans quitter la photo des yeux, en décembre …
y’a presque deux mois. Il essayait d’ouvrir la porte à
Tony je … lui ai di qu’il n’était pas
là.
- Et qu’est-ce qu’il vous a dit
? m’a demandé Ray en se rapprochant.
- Rien juste que … je n’avais
qu’à lui dire qu’il était passé
…
- Et vous l’avez dit à
Tony?!!!
Ray n’avait plus
peur. Il était effrayé.
- Non, ais-je répondu en fronçant les
sourcils, j’ai oublié. Pourquoi ?
Il a poussé un bref
soupir de soulagement et s’est rassit au fond de son siège.
Comme si, par mon silence, j’avais évité une guerre
atomique.
- Bah putain ! a-t-il dit en forçant un
sourire. Vous avez de la chance qu’il vous ai pas
buté.
J’ai eu envie de
lui mettre une baffe. Hey oh coco ! Je suis sur un lit
d’hôpital à cause de ce connard là !!
- Il avait aucune raison de le faire à ce
moment là, a dit Ryan.
Ray a acquiescé
silencieusement.
- Sauf que maintenant il sait que vous vous
envoyez ce qui est à lui alors il ne se calmera pas avant de vous
avoir explosé la tête.
Mon sang n’a fait
qu’un tour.
- Ce qui est à lui ?! ais-je rétorqué avec
forcé. Tony n’est pas un putain de bibelot qu’on gagne
à la loterie !
- Z’avez raison, m’a dit Ray,
malheureusement c’est comme ça que Gabriel le voit. Et il est
pas du genre a prêté ces jouets.
La rage m’a fait
mal à la tête.
- Fermez-la ok !!!
Ray m’a
sourit.
- J’comprend maintenant pourquoi Tony
vous a choisit, a lâché Ryan le plus sérieusement du monde, mais
Ray a raison vous êtes con.
Euh c’est pas le
moment de me faire du rentre dedans là.
- Y’en a marre j’comprend rien
! ais-je crié. Vous allez m’expliquer qui c’est ce
connard !!
- Non.
Le contraire
m’aurait étonné. J’ai lentement respiré pour me
calmer.
- Si j’analyse bien, ais-je reprit
alors que Ray m’arrachais la photo des mains, vous ne voulez
pas que Tony le sache ? Que ce Gabriel a montré les
dents.
Ray a stoppé son geste
alors qu’il rangeait le dossier et j’ai cru que Ryan
allait faire une attaque.
- Et alors ? m’a demandé le
Bourru.
- Vous me dites tout ou ma langue pourrait
bien fourché et peut-être que, je sais pas moi, Tony pourrait être
au courant de tout ça avant demain.
- Je peux aussi l’empêcher de
fourcher en vous cassant votre sale petite gueule de con
!!!
- Ray.
La voix de Ryan, calme,
n’a pas du tout arrangé la situation.
- Quoi ?!!!
Les deux flics se sont
jaugés du regard, puis Ray m’a regardé, puis de nouveau Ryan.
Il a semblé peser le pour et le contre.
- Bon, a-t-il cédé, il va bientôt vous
niquer alors autant que vous sachiez pourquoi.
J’ai avalé une
barrique et Ryan a pouffé de rire. Ouais, moi je trouve pas ça
drôle du tout. Ray a de nouveau sortit quelque chose du dossier
avant de me le tendre.
- Regardez bien cette photo, m’a-t-il
dit.
J’avais
l’impression de participer à un appel à témoin. Sur le
cliché, tout neuf tout brillant, j’ai reconnu le connard qui
a flingué ma caisse. Beaucoup plus jeune - d’au moins dix
années je dirais - il semblait plongé dans une conversation animée
avec un autre homme et tenait la main d’une fillette.
L’autre homme regardait sa montre et semblait franchement
blasé. Ils se ressemblaient étrangement et je pu affirmer sans
problème qu’ils étaient père et fils.
Le silence s’éternisa et
je relevais les yeux vers Ray un sourcil arqué. Ouais, et après
?
- Regardez l’enfant, m’a-t-il
précisé.
Beuh pourquoi,
c’est le Gabriel tout moche qui m’intéresse. Néanmoins
j’ai obéis. Mon cœur s’est arrêté. Tony. Dix ans
de moins, mais c’était bien lui. Ces cheveux chocolat
démesurément longs m’avaient induit en erreur et je
l’ai pris pour une fille. Mais des yeux aussi bleus et
brillants ne trompent pas. C’était bien Tony, âgé de dix ans
à peine. Pourquoi tenait-il la main de … ?
J’ai relevé la
tête, le souffle court.
Non
…
- Cette photo a été prise y’a treize
ans, m’a dit Ray en évitant mon regard, Tony avait neuf ans
et Gabriel dix-huit. C’était deux jours avant que je ne butte
Joshua Kendallson, leur père.
L’information a
fait le tour de mon cerveau et raisonnait dans ma tête. Leur père
… leur père … Tony, Gabriel … leur père
…
Ils sont
frères.
J’ai secoué la
tête comme un obstiné sans pour autant accepter de lâcher le
cliché.
- Non, ais-je dis d’une voix blanche,
Tony m’a dit qu’il était orphelin qu’il …
a été promené de famille d’accueil en famille d’accueil
toute son enfance !!
Le ton était monté au
fil de ma tirade. Ray n’a pas été décontenancé un seul
instant. Il continuait de regarder par la
fenêtre.
- Il vous a menti, a-t-il simplement
dit.
Mon ventre s’est
contracté et mes mains se sont mises à trembler.
- Non, ais-je di d’un ton
ferme.
Ray s’est
soudainement tourné vers moi le regard plus noir que la
nuit.
- Vous vouliez connaître l’histoire
?! Ok, alors je vais vous la raconter l’histoire
!
Il était en colère et
mon souffle s’est bloqué dans ma gorge. ndla : 'ttention les noeils xD
- Joshua Kendallson, leur père, a-t-il
reprit, était le plus grand trafiquant de France, rechercher par la
DGSE et la Brigade Criminelle. Il était également connu des
services Américains genre F.B.I et C.I.A. C’était le pire
malade du pays et le genre de gars intouchable dont même le
gouvernement français avait peur. Ce que ce type était capable de
faire dépasse votre imagination. Il a eut son premier fils très
jeune, Gabriel, avec une putain australienne accro à
l’héroïne. Neuf ans plus tard, à l’apogée de sa
carrière, il en a eu un second, Ange, de la même femme. Sa putain
est morte en couche et il s’est occupé de ses deux fils entre
deux meurtres. Y’a treize ans, j’étais capitaine de la
Brigade de Répression du Proxénétisme et on a fait une descente
dans la maison des Kendallson. Joshua a préféré foutre le feu à sa
baraque plutôt que de se laisser attraper mais je l’ai
descendu. Ryan a sauvé Ange et on a fait de Gabriel un fugitif.
Afin de le protéger et de le réhabilité, on a changé le nom
d’Ange pour Tony et il a été adopté.
Il s’est arrêté,
s’est de nouveau laissé allé contre le dossier de sa chaise
pour regarder dehors. Et moi je continuais de fixer la photo. Tony,
âgé de neuf ans. Il s’appelait Ange et vivait dans un monde
de drogue, de violence et de … Brigade de Répression du
Proxénétisme ?! J’ai tourné mon regard vers Ray. Ma tête
bourdonnait.
- Proxénétisme ?
Aucun des deux flics
n’a bougé. Ça n’était pas la bonne
question.
- De quel genre de trafique vous me parlez
là ? ais-je demandé en ignorant le vertige qui me prenait. Ce mec
était un trafiquant de quoi ?!!
Toujours rien. Ray
regardait dehors, et Ryan fixait ses chaussures.
- Mais répondez bordel !!! ais-je
crié.
C’était une drôle
d’impression. Je venais d’apprendre que Tony
m’avait menti du début à la fin et je ne ressentais pour
l’instant aucune colère. Je voulais juste connaître la
vérité, je voulais tout savoir ! Après, peut-être que je
m’énerverais. Ray s’est lentement tourné vers moi et a
soupiré.
- Joshua Kendallson était un proxénète, un
mac, un trafiquant de chaire humaine appelez ça comme vous voulez,
m’a-t-il dit, mais il était spécialisé dans … le
trafique d’enfant.
Mon corps s’est
raidi.
- Il se servait dans les pays du tiers
monde, a continué Ryan - mais je continuais de fixer Ray -,
principalement en Afrique, Turquie et Brésil. Il prostituait des
mômes âgés de huit à quatorze ans surtout dans les pays slaves et
en Russie mais aussi en Amérique. Il avait plus de mal a vendre sa
marchandise ici, en France, et c’est pour ça qu’il
s’y cachait.
Ray et moi ne nous
étions pas lâché du regard de tout l’exposé. Puis, lentement,
j’ai de nouveau fixé le cliché. M’attardant sur Tony
… Ange Kendallson. Effrayé, l’enfant regardait la
direction opposée aux deux autres hommes. Il semblait attendre,
espérer quelque chose qui tardait à venir. Il était maigre,
incroyablement maigre et recroquevillé sur lui-même. À bien y
regarder, j’ai même eu l’impression qu’il tenait
difficilement debout. Mon regard est remonté le long de son bras
frêle jusqu’à cette main que Gabriel tenait. Tony et lui ne
se tenaient pas la main. Gabriel lui tenait le poignet,
l’obligeant à rester près de lui. J’ai relevé les yeux
vers Ray.
- Il a commencé a prostitué Ange il avait
huit ans.
Sa voix a crié dans ma
tête. J’ai lâché la photo et enfouit mon visage dans mes
mains. Je ne pleurais pas, je n’ai pas gémit ni même juré. Je
voulais juste qu’il se taise sans vraiment le vouloir.
Malheureusement - ou heureusement je ne sais pas - il a continué
:
- Mais on le soupçonne d’avoir violé
l’enfant bien avant.
Je n’ai pas
bougé.
- En fait il l’utilisait surtout pour
… convaincre d’autre trafiquant tout aussi pervers que
lui.
Je ne bougeais toujours
pas.
- Il y a exactement onze ans, on a
découvert que Gabriel s’était attaché à Ange d’une bien
étrange façon. Pour le récupérer il a tué la femme qui avait adopté
l’enfant. En interrogeant Ange, on a découvert que ça
n’était pas son père qui abusait de lui mais son grand
frère.
Idem.
- Vous comprenez ce que je vous dis Pérez!
Gabriel est dingue amoureux de son petit frère et il a été en
prison toutes ses années! La première chose qu’il a fait une
fois libre c’est se mettre à la recherche de ce dont son
corps a été privé pendant des années. S’il attrape Tony ça va
lui faire très très mal! Et malheureusement pour vous, il sait que
vous êtes amants.
Je n’ai eu aucune
réaction. Comment vous réagiriez à ça vous ? Je ne savais pas
moi-même comment réagir. Je suis amoureux d’un homme qui
m’a menti. D’un homme qui a un passé de putain et qui
met ma vie en jeu!
J’ai entendu Ray
soupiré.
- Voilà maintenant que vous savez tout ça
qu’est-ce que vous allez faire ? m’a-t-il
demandé.
...
*pause
dramatique*

Alors ?
Bon, certaines choses étaient
évidentes pour vous puisque j'en avais fait certaines allusions
mais vous doutiez-vous que Tony et Gabriel étaient frères ?
( oui bon là je parle à ceux qui
ne connaissent pas les "Entre deux"
)
Chose à savoir : Gabie
adoooooooooore les drames familiaux et histoires incestueuses

Deuxième chose à savoir : il
ne reste plus que trois ou quatre chapitres avant la fin de cette
fic plus un extra. 
Et vi, ce chapitre
spécial révélation sera le seul spécial révélation avant le grand
BOUM ! ( oui parce qu'y'a un grand boum
) ça va se fighter
Bon, dans les prochains chapitres
y'aura encore quelques petites révélations secondaires pas trop
trop importante ( bah ouais, vous savez pas tout encore
)
Le couple Daniel/Tony
survivra-t-il a la tempète Gabriel qui s'apprête à s'abattre sur
eux ? 

Réponse à votre question
muette
: pourquoi le michant de
cette histoire : Gabriel, porte-t-il le même nom que moi :
Gabrielle
Parce que
, z'en avez pas marre de vous posez des
questions bêtes ?

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