Grands Jeux Fêtes de Noël ! www.le-grand-jeu.com Venez vous éclater et Gagner du cash au 08 92 79 16 16

Que du bonheur - Chapitre 8  (Que du bonheur ( terminé )) posté le lundi 01 juin 2009 16:11

- Pardon, s’excusa-t-il en souriant, je t’ai réveillé ?

- Non, marmonnais-je en tournant la tête.

    Je passais une main nerveuse dans mes cheveux histoire de leur donner une désinvolture structurée, conscient d’avoir une tête à faire peur au réveil. Mes yeux se baissèrent sur une couverture chaude qui gisait à mes pieds, apparemment déposée sur mon corps cette nuit pendant que je dormais. Oh non ! Il m’a vu dormir. D’après les dires je ronfle comme un porc.

    Tony s’avança vers la table - située juste en face du canapé - et y déposa la sucrière et un sachet de pain de mie sans croûte. À sentir l’odeur du café qui régnait dans l’appartement, le petit déjeuné ne tarderait pas.

- J’ai ronflé? demandais-je abruptement.

    Il tourna ses yeux bleus pétillants vers moi et me sourit à pleine dent avant d’opiner. Je soupirais et me prenais la tête dans les mains.

- À ce qu’il paraît je suis une vraie star du rock à moi tout seul quand je dors, lançais-je en souriant bien décidé à prendre ça à la rigolade.

    Il rit.

- Toi au moins tu racontes pas ta journée à qui veut l’entendre, lança-t-il joyeusement, moi je parle c’est pas mieux.

- On fait la paire.

    Il sourit puis baissa légèrement les yeux alors que moi je me retenais de ne pas le dévorer du regard. Mais vas t’habiller bon sang !

- Je suis désolé de t’avoir obligé à dormir ici, dit-il tout penaud, le canapé n’est pas très confortable et t’as dû garder tes fringues.

    Je baisse un instant les yeux vers mon tee-shirt froissé et mon jean puis lui sourit.

- Bah c’est pas grave, argumentais-je, c’est pas comme si je devais prendre la voiture pour rentrer chez moi.

    Il sourit.

- Il est quelle heure au fait ? demandais-je en oubliant que je portais une montre au poignet.

- Six heure et demi.

- Histoire de voir le point positif, je serais au moins à l’heure aujourd’hui.

- J’ai remarqué que tu courais souvent le matin, t’as vérifié au moins si ton réveil était à la bonne heure ? Ça m’est arrivé une fois, l’heure dans ma chambre et dans le salon n’était pas la même et du coup j’étais toujours en avance d’une bonne demi-heure.

    Je souriais en me relevant, persuadé de n’être pas si bête - alors qu’en retournant dans mon appart’ dans une heure, je me sentirais bien stupide en découvrant que mon réveil avait un quart d’heure de retard.

- Du café? me proposa-t-il.

- Oui merci.

    Je le regardais rejoindre la cuisine gaiement et se tendre sur la pointe des pieds pour atteindre une porte de placard. Suivant le mouvement, le tee-shirt large qui lui servait de pyjama se souleva et dévoila ses cuisses. Je détournais la tête, les lèvres scellées pour étouffer un juron, et me laissa tomber sur une chaise, les coudes appuyés sur la table, ma jambe droite se mit à tressauter. Oh non ! Ne bande pas ne bande pas ne bande pas !

    Tony s’approcha et déposa une tasse pleine d’un café noir fumant devant moi.

- Monsieur est servi ! ironisa-t-il.

    Et bien assis-toi sur mes genoux que je puisse te remercier …

    Je serrais fort les poings alors que ma jambe redoublait ses tressautements et j’étouffais un juron dans un grognement. Mon genoux heurta le dessous de la table et la douleur me ramena à la raison.

- Ça ne va pas ? me demanda Tony, un peu inquiet.

    Je levai les yeux vers lui et forçai un sourire.

- J’ai la tête dans le cul, répondis-je en tentant de calmer les battements de mon cœur.

    Il me sourit.

    Bon sang c’est pas vrai ! Il est tellement près que je peux sentir l’odeur de kiwi qui se dégage de ses cheveux - apparemment il vient de prendre une douche - et son corps est là, juste à porté de main !!!

    Il retourne dans la cuisine et je ne peux détacher mon regard de ses hanches. Sous le ample tee-shirt, je devine la forme de ses fesses.

    Je me gifle mentalement.

    Maintenant que j’ai réussi à devenir un si bon ami pour lui je ne vais pas tout foutre en l’air ! De tout évidence lui ne me voit que comme un pote et je ne sais même pas s’il est gay - il s’est gardé ses secrets le bougre - ne gâches pas tout triple andouille ! J’inspire et expire lentement et les tressautements de ma jambe se calment. Tony me rejoint, sa tasse pleine de café dans une main et un pot de confiture dans l’autre. Il s’assoit près de moi, en bout de table, et sort une tranche de pain de mie du paquet. Les silences ne vont pas m’aider ! Bien décidé à penser à autre chose, je choisis le premier sujet de conversation qui me tombe sous la main :

- Faut que tu me dises si tes amis cachent tous des flingues sous leur veste, histoire que je prenne mes précautions à l’avenir.

    Je ne fais pas dans la dentelle quand je pense avec ma queue. Affligeant. Mais, contre toute attente, Tony garde son calme et me sourit.

- Désolé, s’excuse-t-il en étalant de la confiture sur son pain de mie, j’aurais dû te prévenir plus tôt que Ray était flic mais je ne voyais pas l’utilité d’en parler.

    Je pousse un profond soupir de soulagement. Il me fixe, amusé.

- J’suis rassuré! lançais-je en attrapant la sucrière. Pendant un moment j’ai cru qu’il s’agissait d’un gangster, un trafiquant de quelque chose quoi.

    Tony perd brièvement son sourire et détourne le regard, les yeux voilés. Bah qu’est-ce que j’ai di ? Mais très vite, il reprend constance et me sourit de nouveau.

- Ça a dû te faire un choc, excuse-moi. Mais, même si Ray est du genre a dégainé pour rien, il est doux comme un agneau.

    Je glisse un sucre dans mon café et m’empare de la cuillère, amusé par l’image mentale qui vient de prendre forme dans mon esprit : Ray coiffé d’une toison de mouton en laine blanche. Manquerait plus qu’il est un tatouage dans l’oreille.

- En tout cas cette nuit, j’ai pu découvrir une face de toi que j’imaginais pas, reprend Tony en me fixant de ses yeux brillants.

    Je soutiens son regard, intrigué, tout en buvant doucement mon café chaud.

- J’aurais jamais pensé que tu sois si agressif face à quelqu’un, même si t’as été un peu décontenancé devant l’arme, t’es resté courageux et t’as pas bougé.

    Je sens une bouffée de fierté m’envahir alors que Tony poursuit :

- C’est pas que ça m’a choqué mais, comment dire, plutôt impressionné. Ray est du genre à faire peur avec ses cent kilos de muscle mais toi, tu lui as fait face sans siller même si t‘avais aucune chance. Jusqu’ici je te prenais plutôt pour un … gros ours en peluche.

    Je garde ma tasse près de mes lèvres et arque un sourcil. J’ignore si je dois rire ou pleurer. Je l’ai impressionnée, ok. Mais il m’a bien di que de toute évidence je n’aurais rien pu faire face à Ray le Flic Bourru et je dois bien admettre que c’est vrai. Avec sa carrure de grand basketteur dans le meilleur de sa forme, ce gars aurait fait blanchir d’effrois Sylvester Stallone, et moi du haut de mon petit mètre quatre-vingt - c’est rageant d’être un espagnol des fois * - et mes vingt kilos en moins, j’aurais pas fait le poids c’est sûr. Il me sourit.

- Quoi ? demande-t-il amusé.

    Réalisant que je ne l’ai pas quitté des yeux tout le long de mes ruminations, je souris également.

- En fait j’ai vraiment un caractère de merde mais y’a qu’avec toi que j’arrive à être cool et généralement on me surnomme Le Taureau, pas l’Ours en Peluche, rigolais-je.

    Il rit aussi, légèrement gêné.

- Pourquoi Le Taureau ? me demande-t-il en portant sa cuillère préalablement plongé dans son café à ses lèvres.

- C’est le surnom que me donne toutes mes conquêtes, selon elles je suis monté comme un taureau espagnol.

    Il lâche sa cuillère se stupéfaction et sourit, le rose au joue. Je rigole.

- Mais l’Ours en Peluche ça me va aussi.

    Je l’observe à la dérobée, tentant d’imaginer quelle différence de taille et de poids il peut y avoir entre nous. Vu comme ça je dirais qu’il doit faire un mètre soixante-cinq à tout casser et cinquante kilos tout mouillé. Pourtant avec tout ce qu’il avale …

    Souriant, je le regarde s’enfiler sa quatrième tranche de pain de mie imbibée de confiture de groseille.

...

    Arrivé au garage - à l’heure ! - je me gare et prend le temps de repenser à ce matin. C’est peut-être bête de ma part mais, alors qu’on discutait, je me suis surpris à penser à quel point cela pourrait être agréable de vivre avec lui. Bon vivant, toujours plein de joie de vivre, de bonne humeur et bon cuisinier, se serait déjà plus supportable que seul ou avec ma femme-dinde. Je secoue la tête. N’importe quoi moi …

    Je descend de voiture et inspire à fond l’air froid alors que la nuit règne encore sur les alentours. Éclairé par des lampes basse consommation, le garage ne semble, à première vu, pas très accueillant.

    J’avais oublié la satisfaction que c’était d’arriver à l’heure !

    Karl sort de l’arrière boutique et stoppe net en me voyant, les yeux ronds comme des soucoupes.

- Bah, Grand Dan, lance-t-il éberlué, t’es tombé du lit ou quoi ?

- Lâches-moi, marmonnais je en l’évitant.

    Je me stoppe plus vite que lui et reste paralysé. La colère monte peu à peu et je sens mon sang bouillonner de rage. Là, devant le garage, Ray le Flic Bourru est en pleine conversation avec mon chef qui ne semble pas apprécié sa présence. Je m’avance à grande enjambées, bien décidé à l’envoyer balader ! Je m’arrête à quelques pas de lui.

- Qu’est-ce que vous foutez-là vous ! Hurlais-je en leur coupant net la parole.

    S’il se met à rôder autour du garage, là je vais vraiment commencer à avoir les chocottes. Il me lance un regard dédaigneux derrière ses lunettes.

- Tiens, l’immigré, maugréa-t-il.

    Je sers les poings. Il me cherche vous le reconnaissez ?!

- Pérez, marmonne Philip Starkey apparemment aux limites de ce que sa patience peut supporter, rangez votre fierté à la con et asseyez-vous dessus, j’ai vraiment pas besoin de votre sale caractère maintenant.

- Ce sale connard a osé braquer son flingue sur moi ! criais-je décontenancé.

- J’en ai rien à secouer, c’est un flic il fait ce qu’il veut. S’il estime qu’il doit vous tirer une balle dans le cul parce que vous ne l’avez pas suffisamment torché ça le regarde.

    Hein ?

    Ray le Flic Bourru sourit.

- T’en fais pas l’immigré, me lance-t-il en décroisant les bras, je ne vais pas empiété sur ton territoire plus longtemps mais toi, t’as intérêt à dégager tes pieds du mien.

    Il nous plante là, Philip et moi, et s’approche de sa moto. L’allusion furtive à Tony a fait mouche et mes mains se mettent à trembler. Autant que je me souvienne, c’est Tony lui-même qui lui a craché dessus ! Il s’éloigne dans un bruit de moteur assourdissant.

- C’était qui ce gars ? demande Karl en se grattant le menton.

- Je sais pas, réplique Doug en souriant, mais en tout cas il avait un cul à se damner.

    Son amant le fixe, indigné.

- Arrêtez un peu les deux pédés, et la prochaine fois que vous vous tripotez la biscotte pendant vos heures de boulot je vous vire! s’écria Philip encore plus énervé qu’à l’accoutumé.

    Je ne sais pas pourquoi mais j’ai bien l’impression que ces deux-là - Philou et Ray - se connaissent.

- La discrimination sexuelle est punie par la loi, répliquais-je amusé.

- Rien à branler, réplique mon chef, et pourquoi tu lui ais rentré dedans comme ça toi ?

- Il n’arrête pas de faire du gringue à mon voisin et ça m’énerve.

- AH ! s’écrit Doug en faisant sursauter tout le monde. Alors c’est lui que tu baises! Ton voisin !

    Et il se met à rire.

- La ferme connard de tapette ou je t’éclate la gueule avec la décolleuse ! récriais-je les points serrés.

- Discrimination sexuelle t’as oublié ? coupe Karl dans un sourire.

    J’ai envie de les lyncher.

- Alors comment il s’appel ? me demande Doug excité comme une pucelle - des fois j’ai vraiment du mal à le comprendre.

- Tony, répondis-je plus énervé que jamais, et je ne le baise pas c’est juste un pote c’est clair !

    Doug continue de rire à gorge déployée et Karl sourit.

- Mais oui c’est ça on te croit, me lance-t-il.

...

                            «  Double meurtre au garage des MontGoings !

                                                      Un employé, apparemment prit d’un excès de folie, aurait abattu deux de ses collègues d’un coup de clef à mollette ! »

...

    Prédiction des journaux de demain.

    Soudain, mon chef m’attrape par les épaules alors que les deux folles continuent de se fendre la poire.

- Comment t’as di qu’il s’appelait ? me demande-t-il une lueur inquiétant dans les yeux.

- Tony, pourquoi ?

- Son nom de famille !

- Euh … Tobias.

    Je vois les couleurs quitter le visage de Philip Starkey et, me lâchant, il part s’enfermer dans son bureau en claquant violemment la porte. Je suis entouré de dingue.

...

* = certains pensent, à tord, que les hommes espagnols sont grand, virils à souhait et macho ! ( là je parle des purs sangs hein {#} ) 2 choses sur 3 sont exacts. En réalité, ils ne sont pas très grand. Mon père, un espagnol pur souche, ne mesure qu'1m70 ( je suis plus grande que lui {#} ) et ses frères c'est pas mieux. Alors on peut même dire que Daniel est exceptionnellement grand pour un pur Andalou {#}

C'est le plus grand chap que j'ai écris jusque là ! Trop fier la Gabie {#} et en plus l'histoire avance {#} On réalise à présent qu'en réalité Daniel n'est qu'un pauvre bougre plongé dans toute cette histoire, prit entre deux feux ...

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 9  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 02 juin 2009 19:21

Le 15 Décembre

    Depuis mon problème de réveil réglé, je dois avouer que mes journées sont plus simples, hormis le fait que Ray le Bourru a prit la fâcheuse habitude de s’inviter au garage. Accablé par la colère - oui, ça accable ça aussi -, j’en étais arrivé, en cherchant le sommeil, à réfléchir à diverses possibilités de me débarrasser de lui : mon poing dans la gueule, un petit traficotage sur sa moto, une perceuse devenue folle. Mais, à force de réflexion j’en étais arrivé à une conclusion : il n’en avait pas après moi, mais après mon chef, Philip Starkey. Quoi que je fasse quoi que je dise, Ray le Bourru ne le quittait jamais des yeux ! Et pour finir se fut Philou qui lui envoya son poing dans la gueule. D’abord en pleine jubilation, j’avais fini par me cacher subtilement derrière Karl en découvrant que Ray le Bourru n’avait même pas chancelé sous le choc et que Philip venait de se tordre le poignet. Ce flic était-il incassable ? Avec un poignet bandé, mon chef était encore plus irascible qu’avant, et c’est peu dire.

    En ce qui concerne Tony, après l’incident d’il y a neuf jours, il ne m’a plus invité chez lui. Beuh nan je boude pas ! Et notre situation n’a pas tant évolué. C’est pas la peine de sourire de toute façon on est ami et on le restera ! Z’êtes dur de la feuille vous.

    Ce jour-là, tout guilleret - certainement dû au fait que je venais de me branler sous la douche - je sortais de mon appartement en sifflotant. Mais soudain, je m’arrête. Devant moi, un homme fixe la porte de Tony, espérant sans doute l’ouvrir par la simple force de son esprit. En entendant ma porte s’ouvrir, il s’est tourné vers moi. Des cheveux auburn et des yeux bleus électrique, il me fixe sans ciller. Je sens un frisson glacer remonter le long de ma colonne vertébrale. C’est moi ou ce mec à un regard de loup affamé? C’est vachement désagréable comme sensation, j’ai l’impression d’être un morceau de viande de luxe derrière une vitrine.

    Sans même lui tourner le dos, je referme ma porte.

- Si vous chercher Tony il n’est pas là, lançais-je en priant pour que ma voix ne tremble pas.

    Non, c’est vrai ! Il est midi, aujourd’hui je travail seulement l’après-midi et Tony est au boulot depuis sept heures et demi ce matin. Les lèvres de l’homme en face de moi s’étire dans un sourire carnassier. Je retiens mes dents de claquer. C’est moi ou l’atmosphère s’est nettement refroidie ?

- Tony ?

    J’évite de justesse à ma bouche de s’ouvrir d’étonnement. Sa voix, incroyablement douce et chaude, contraste nettement avec le reste de sa glaciale personne.

- Oui, c’est lui qui vit ici. Tony Tobias.

    Bon sang mais qu’est-ce qu’il me prend de donner son nom comme ça à un mec pareil ! Si ça se trouve c’est un anthropophage en manque venu trouver une proie faible et sans défense ! … Z’avez raison je ferais bien de retourner dare-dare dans mon appart’ avant de me faire bouffer.

- Un joli brun avec de beaux yeux bleus et le sourire d’un ange ? me demande-t-il en souriant toujours .

- Oui …

    Hein ? J’adhère totalement à sa description ? Même pas vrai d’abord. Il fixe de nouveau la porte.

- Tony … murmure-t-il pour lui-même, alors c’est comme ça qu’il se fait appeler maintenant …

    Je crois qu’un gros : Gnééééééééééééééé ? !!!!!!!!!!!! Serait la bienvenue dans le cas présent. Autrement dit j’ai rien pigé.

    Il se tourne de nouveau vers moi.

- Vous pourriez lui transmettre un message de ma part ?

- Oui …

    Allo la bouche ici le cerveau ! T’as rien d’autre à dire connasse ?!!!! Mais où est passé ma ferté d’espagnol je vous le demande.

- Dites-lui simplement que Gabriel est passé le voir.

    Sans dire un mot de plus, l’homme tourne les talons, descend les marches et disparaît. C’était quoi ça ? Voilà que je suis plaqué contre ma porte à trembler comme un chevreuil après une rencontre avec un chasseur. Sauf que cette fois, le chasseur n’a pas tué sa proie …

    Une fois dans ma voiture, je me met à ruminer. Encore un gars que Tony connaît. Mais bordel je vais devoir en envoyer paître combien comme ça avant de pouvoir … euh, rien. Ça paraît incroyable à dire, mais ce gars avait l’air encore plus dangereux que Ray le Bourru ! C’est normal si tant de mal bourré de testostérone se battent en duel autour de Tony ? Hey sauf moi ! Je ne suis pas un grand macho têtu et borné qui sait pas calmer sa queue et qui parle avec ses poings …

    Les commentaires sur cette tirade sont interdits.

    Je crois que je viens d’avoir une preuve de plus en ce qui concerne l’homosexualité de mon voisin. Mais, et s’il m’avait menti ? Et si, en fait, il collectionnait les mecs et n’était plus vierge depuis belle lurette ! Une image se forme dans mon esprit, celle d’un Tony plus sexy qui jamais qui m’invite à … AH !!!! Faut que je baise j’en ai marre des branlettes ! C’est quand qu’elle revient ma femme-dinde ? Faudrait que je l’appel elle au fait. On est sensé se marier en mai prochain et j’ai l’impression d’être plus proche du facteur du dimanche que d’elle.

    Beuh …

    Voilà à quoi se résume ma vie.

...

Le soir même …

    À dix-neuf heures vingt précise - oui je suis en retard !!!!!! - arrivé devant le Leader Price, je réalise qu’il n’y a plus une seule voiture sur le parking. Les employés se sont fait la male, et Tony n’est nulle part en vue. Et merde ! Inutilement, je fais le tour de parking deux fois, espérant sans doute que Tony sorte d’un mur en criant : « BOUH ! Je t’ai eu ! » mais je me rend à l’évidence, il n’est pas là et quelqu’un d’autre l’a certainement ramené.

    Je sens que Ray le Bourru a encore frappé. Je vais le massacrer, fois de Pérez ! Trop en colère pour réaliser que je roule à cent dans la petite bourgade et pas à cinquante, je manque d’écraser une mémé qui traverse avec son chien formule riquiqui. Salope ! Et les passages piétons s’est fait pour les crottes de pigeon !!!!

    Quelques minutes plus tard, je me gare devant mon immeuble et aperçois la moto noire à quelques pas de là. Il est encore là, parfait. Je monte les escaliers quatre à quatre et, à peine arrivé en haut, je réalise que la porte de l’appartement de Tony est entrouverte et que des voix en sortent. Je m’approche doucement, ma curiosité l’emportant sur ma colère.

- T’en as rien à foutre de Pérez, dit une voix que j’identifie comme étant celle de Ray le Bourru, c’est un con. Il est à peine capable de manier un tournevis, c’est une tête de lard et il n’en a rien à foutre de toi.

    Je sais pas si vous avez remarqué, mais on entend rarement des choses agréable sur son compte quand on écoute aux portes.

    Des sanglots s’élèvent et mon cœur se serre. Ce connard est en train de le faire pleurer ! Alors que je m’apprête à pousser la porte, la voix de Tony lui répond faiblement :

- Mais je l’aime …

    …

    …

    euh

    …

    Quoi ?

- Non Tony tu ne l’aimes pas, du moins pas comme tu l’entend. Tu l’aime comme tu m’aimes moi. Il fait semblant de s’inquiéter pour toi, d’être ton ami, alors tu crois l’aimer. Mais il s’en fou de toi. J’ai pas l’intention de te laisser le fréquenter si c’est pour te voir pleurer chaque fois que je reviens après l’une de tes virées avec ce type.

    Quoi ?

- Je m’en fou s’il m’aime ou pas ! Moi je l’aime et je veux rester ici, près de lui. Rien que pour l’entendre parler et le voir sourire …

    Quoi ?

- Non mais écoutes-toi ! Quoi t’as l’intention de le suivre partout quand il se mariera, quand il aura des rejetons et simplement pour quoi ? Pour l’entendre raconter des conneries !

    Quoi ?

- Oui, parce que je diriges ma vie comme je l’entend ! T’as trop longtemps dicté mes moindres gestes Ray. C’est à moi de décider maintenant.

    Quoi ?

- Évidemment que je dicte tes moindres gestes, regardes comment tu t’occupes de toi !

    Quoi ?

- Je l’aime et ça me regarde, maintenant comment je gère ma vie ne te concerne pas !

    QEUWAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!

...

Oui je sais, c'est du grand n'importe quoi {#} Mais, avec ce que prévois la suite de l'histoire, je préfère tout bombarder d'humour ( bah oui c'est drôle ! {#} ) tant que je peux.

Et oui, petit Tony est amoureux de Grand Dan {#} Comment celui-ci va-t-il réagir ?

Je suis consciente qu'à l'origine, il s'agit de fic gay, et qu'il devrait y avoir plus de scène de fesses ! Et bien, finit l'attente ! Le sexe, c'est pour le prochain chap {#}

Et voilà, maintenant vous savez comment Dan-Dan va réagir, c'est malin Gabie {#}

Ps : l'image n'a rien à voir avec la scène ( quoi qu'un tout petit peu {#} ) mais je la trouve assez marrante et je l'aime bien

{#}

 

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 10  (Que du bonheur ( terminé )) posté le jeudi 04 juin 2009 13:16

Le 23 décembre

    Et oui, ça fait déjà huit jour que je sais ce que je sais et qu’est-ce que j’ai fait ? Rien. Après avoir surpris la conversation entre Ray et Tony ce soir-là, je suis purement et simplement rentrer dans mon appartement, je me suis assis, et j’ai ruminé cette révélation dans le noir de mon salon. Bien sûr, sur le coup, tout ça m’a réjoui. Ce gamin aime un homme comme moi je me suis senti flatté c’est certain ! - pas bon pour mon ego tout ça. Mais, une fois mon allégresse passé, la déception m’a submergé. Tony a le béguin pour moi et après ? Moi je vais me marier et j’ai ma sœur à faire venir d’Espagne. Ma décision prise, je décidais de faire comme si je ne savais rien et continuais ma petite routine.

    Seulement, dès le lendemain, j’ai découvert que se serait bien moins simple que ce que j’avais prévu. Croisé son regard bleu si brillant était une véritable torture, voir son sourire mettait mon self-contrôle à rude épreuve - en gros j’avais une énorme envie de lui en rouler une ! - et sentir son parfum de chèvrefeuille m’envoûtait totalement. Étais-je condamné à l’écouter me parler, suspendu à ses lèvres, totalement au courant de ses sentiments pour moi, mais à jamais conscient de tout renier en bloc ? Non, pas éternellement.

    Après notre mariage, Katy et moi ne resterions pas vivre dans l’appartement que j’occupe maintenant depuis onze années c’était certain. Nous partirions nous installer ailleurs, loin, fonder notre famille. Et, depuis que cette vérité m’est apparu, mon cœur n’en est que plus lourd.

    Alors je vais osé ? Partir comme ça sans lui donner ma nouvelle adresse, avec un simple au revoir de la main ? Oui, je vais osé. Parce que l’entendre déblatérer des inepties telles que : « Je l’aime et peu importe ce qu’il pense de moi je veux rester près de lui le voir sourire. » m’a fait comprendre à quel point il était naïf et fragile, et à quel point je ne méritais pas un amour pareil.

    Bien sûr que non que je ne le mérite pas - là j’essaie de me convaincre moi-même - je suis une tête de lard qui râle tout le temps et qui est bien trop têtu pour admettre qu’il a tord - même si je n’ai jamais tord.

    Je m’éloignerais de lui, comme ça, et il s’épanchera sur quelqu’un d’autre. Moi je disparaîtrais de sa vie, il finira pas m’oublier complètement. Mon nom, la couleur de mes yeux, le temps qu’on pouvait passer ensemble … ses cheveux aux reflets si gourmands, sa peau si douce, son parfum si subtile… euh, ou j’en étais ?

    Bon, fini la parlotte, ça vous ennui. Là, à deux jours de Noël, il est exactement 19h07 et j’attend devant le Leader Price, dans ma voiture. Le moteur tourne toujours histoire de garder le chauffage allumer, et la radio m’aide à ne pas m’endormir. Oui parce que, à force de penser à tout ça seul dans mon lit froid, j’ai fini par en perdre le sommeil. Je n’ai pas le choix !!! Si je veux revoir ma sœur je dois me marier ! Je veux tant la revoir.

    Réalisant soudain que je ne lui ai par parlé depuis un bon moment, j’attrape mon portable et compose le numéro. Ça va me coûter la peau des fesses mais tant pis, j’ai juste besoin de l’entendre et puis, tant que j’y suis, lui annoncer la bonne nouvelle.

- Holà ?

    Ah, c’est pas elle.

- Holà prima.

- Daniel ?!!!

- Sì.

- AH DANIEL !!!

    Je grimace et coupe court à ses élucubrations - sinon j’suis encore là au nouvel an.

- Morgan esta aquì ? demandais-je.

- Sì sì ! MORGAN !!!!!!!!

    Cette fois, j’écarte mon portable de mon oreille. Ne jamais sous-estimer les cordes vocales d’une Pérez en pleine poussée d’hormones.

- Holà ?!

ndla : pour faciliter la compréhension du lecteur et pour éviter à la fainéante qui vous sert de narratrice de se casser le cul à utiliser sa langue maternelle depuis longtemps reléguée au rang de seconde langue, les dialogues sont directement traduits en français.

- Salut ma belle c’est moi.

- Oui je sais, me répliqua ma sœur dans un gloussement, j’ai entendu la folle hurler ton nom. Je suis sûre et certaine qu’elle a réveillé tout Madrid et le centre du pays.

    Étant donné que la majeur partie dudit centre est composé de sable et de chaleur, je ne pense pas qu’elle est réveillé grand monde dans cette partie du pays.

- J’ai une bonne nouvelle, déclarais-je de bute en blanc.

- C’est vrai ? Qu’est-ce que c’est ?

- Je vais me marier.

- AH !!!!!!!!!!!!!

    J’éloigne de nouveau le portable, certain d’être devenu temporairement sourd de l’oreille droite. Bizarre, ma sœur a fini sa mue depuis longtemps pourtant. Derrière j’entend des voix et devine qu’elle, elle a certainement ameuté tout le pays, et pas seulement le centre.

- Racontes racontes comment elle s’appelle ?

    J’entendis ma cousine tenter une percée jusqu’au téléphone pour ajouter quelque chose mais essuya certainement un lourd échec face à ma sœur. Certains diront qu’elle me ressemble sur bien des poings moi j’irais juste affirmer qu’effectivement, elle a le caractère de merde des Pérez.

- Katy, répondis-je simplement.

    Bizarrement, j’ai pas envie de m’étendre d’avantage au sujet de ma femme-dinde.

- Et c’est pour quand ? T’inviteras toute la famille hein ?

- Oui bien sûr, répondis-je d’une voix étrangement lointaine.

    Plutôt que de me réjouir qu’elle l’accepte si bien, je me sens comme oppressé. J’ai besoin de prendre l’air. Au fond de moi, je réalise que j’avais souhaité qu’elle rejette ce mariage, m’en dissuade jalousement, désireuse de garder son grand frère pour elle toute seule. Mais cette distance et toutes ses années n’ont pas créer une barrière entre nous, juste un immense viaduc.

    À l’autre bout du fil, ils se sont mi à tous parler en même temps. Une tradition chez nous - je vous explique pas le bordel pendant les réunions de famille - chacun essayant de me faire entendre sa voix. Pourtant celle de ma sœur parvient à dominer toutes les autres :

- Dis dis je pourrais être ta demoiselle d’honneur ?

- Morgan ?

- Ouais ?

- Après mon mariage tu viendras vivre chez moi ?

- Hein ? Attends … tu peux répéter s’il te plait j’entend rien avec le boucan qu’ils font.

- Si je me maries c’est pour toi Morgan, pour que tu viennes t’installer chez moi en France.

    Je n’ai pas voulu le dire comme ça, je n’aurais pas dû le dire comme ça. Pourquoi je l’ai di comme ça ? Je sens quelque chose couler sur ma joue. Je regarde dans le rétroviseur et réalise que je pleure. Un silence s’installe à l‘autre bout du fil, seulement comblé par les voix lointaines de ma tante, ma cousine et mes cousins puis j’entend une porte claquée dans le combiné. Ma sœur s’est isolée.

- Attends c’est quoi ce plan débile que t’es en train de me faire là ?

- Écoutes Morgan …

- Non toi tu m’écoutes !

    Beuh non les femmes ne portent pas la culotte dans la famille Pérez … elles ont juste une voix d’un million de décibel et des griffes à la place des ongles ! Honteux, je baisse les yeux sur ma main libre et me tais.

- T’as l’intention de te marier avec une française à la con pour me faire quitter mon pays et m’installer dans celui que tu considères maintenant comme le tien ?

    Y’a pas trente secondes elle semblait hyper heureuse d’avoir une « française à la con » comme belle sœur. Question de survie, je garde cette réflexion pour moi. Vous moquez pas, même à cette distance son courroux peut être mortel !

- Est-ce que tu l’aimes au moins cette grognasse ?

    Comme j’aurais aimé qu’elle ne pose jamais cette question. J’ouvre la bouche histoire de lui affirmer que oui mais ma voix se bloque dans ma gorge et je suis incapable d’émettre un son. Oui, bien sûr je l’aime ! J’aime tout de lui !! Quand il me sourit, me regarde, me touche … Ma bouche toujours ouverte, de stupeur cette fois, je réalise alors que je suis amoureux de ce mec à en perdre la tête ! Comment ça ça fait cliché ?

    Oui je m’en rend compte seulement maintenant et non je ne suis pas débile !

- Morgan je …

- Fermes-la crétin ! Tu l’aimes pas c’est évident !

    Bien sûr que si je l’aime ! Mais bon comme on parle pas de la même personne ça peut porter à confusion.

    Je l’entend soupirer, elle semble se calmer. Puis elle reprend :

- Daniel, vraiment c’est touchant ce que tu fais, mais ne te sacrifie pas pour moi comme maman l’a fait.

    Mon cœur se serre.

- Je refuse de quitter l’Espagne pour te rejoindre je regrette. C’est mon pays, ma famille ! Malgré ce qui est arrivé moi j’ai décidé de ne pas fuir.

    La honte me submerge de nouveau. Oui, j’ai fuis il y a onze ans. J’ai fuit cette famille de dingue dont je ne voulais plus entendre parler après les révélations affreuses faites sur ma véritable ascendance à l’hôpital. Là, sur la dépouille de mes parents,j’y ai appris que mon père n’était pas mon véritable père. Que ma mère m’avait menti toute mon enfance, que j’ai supporté le regard plein de haine et les coups d’un homme saoul tous les soirs, un homme dont je croyais être le fils. Mais, en une seule nuit, non seulement j’ai perdu tout ce que j’avais de matériel, mais aussi toute mes croyances. Mon monde venait de s’effondrer. Plein d’amertume, j’ai craché sur la mémoire de ma mère et je suis parti rejoindre le seul homme en qui j’avais désormais confiance : mon oncle français.

    La seule que je n’ai jamais rejeté c’est bien toi, Morgan.

- Ma vie est ici Daniel, mon lycée, mes amis, mon avenir ! reprit-elle doucement.

    Oui, une femme Pérez peut aussi être très douce. Étonnant hein ?

- Pas le mien, murmurais-je doucement.

- Bien sûr que si Daniel, ta vie est ici aussi. Reviens ! C’est à toi de venir vers moi pas le contraire ! C’est à toi de revenir vers les tiens !

    Évidemment, j’y ai pensé à la mort de mon oncle. Retourner en Espagne. Mais pourquoi ? Pour affronter le regard des autres et me demander sans cesse qui est mon véritable père ? Non, j’ai refusé et continué à me bercer d’illusion.

- Pourquoi t’es parti ?

    Je ne lui ai jamais di, jamais je n’oserais briser le lien si fragile qui nous uni encore.

- Reviens s’il te plait, rien ne te retiens là-bas non?

    Rien ne me retenait jusqu’à il y a un moi et vingt-quatre jours. Mais maintenant, je ne peux pas, quelque chose me retient. Ou plutôt, quelqu’un. Et ce quelqu’un vient de sortir du magasin.

- Je te rappelle plus tard, lançais-je plus brusquement que je ne le voulais.

- Non Dany attends !

    Mais je raccrochais.

...

Oui je sais je vous avais promi une scène de fesse mais j'ai mal calculé mon coup, je ne pensais pas que cette conversation téléphonique durerait si longtemps {#}

 

* s'autogifle *

Et pis comme j'aime pas faire des chapitres trop long bah voilà {#}

Bon au moins vous en avez apri un peu plus sur Dany {#} et cette fois, juré juré, y'aura une scène de fesse dans le prochain chapitre

{#}

Ps : je suis contente que cette fic te plaise tant Misa Jolie {#}

Ps2 : tu veux vraiment une scène de sexe entre Ray et Philou  ma Yayette ? ( en plus c'est vrai que j'en avais déjà promi une dans " Entre deux hommes " {#} ) d'accord alors j'essairais de caser ça quelque part ( j'hésitais entre en faire une ou pas toute façon {#} )

Ps3 : allez, un petit Dany en image, c'est un dessin de moi {#}

 

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 11  (Que du bonheur ( terminé )) posté le vendredi 05 juin 2009 12:28

/!\ Public avertis ! /!\

En fait c'est juste pour la forme, je me doute que si vous venez ici c'est parce que vous êtes des pervers {#}

...

- Qu’est-ce qu’il y a Dany ça va pas ?

    C’est dingue ça il est à peine monté dans la voiture qu’il a remarqué que j’avais pleuré. Pourtant je me suis échiné à essuyer toute trace de larme. En plus j’ai même pas les yeux rouge d’après le reflet que me renvoie le rétroviseur intérieur.

- Je viens de parler avec ma sœur, répondis-je plus brusquement que je ne l’avais voulu.

    Il ne di rien et se contente de boucler sa ceinture. Non c’est pas bon ça il faut qu’il me parle ! Rien que pour me donner du courage. Parce que j’en suis arrivé à une conclusion : si ma sœur ne veut pas quitter l’Espagne - bon sang je me suis débattu pour elle et tout ça pour rien !!! - alors moi je n’ai plus besoin de me marier. Cette perspective m’arrache une grimace. Alors finalement, j’ai perdu toutes ses années ici pour l’entendre dire que j’ai fui ? Et elle a raison, j’ai fui, je me suis caché derrière une excuse minable. Et maintenant ?

    Maintenant j’ai les tripes nouées et la gorge sèche comme lorsque Ricco m’a proposé de coucher avec lui pour tuer le temps. Bon d’accord c’était il y a quatorze ans mais, le problème reste le même. À quelques exceptions près : je vais sur trente ans - donc je ne suis plus puceau depuis bah, quatorze ans - et …

    Et autant se l’avouer, je n’ai rien accompli d’autre depuis.

    Perdu dans mes ruminations je n’ai pas remarqué immédiatement qu’on était arrivé dans le quartier. Ni lui ni moi n’avions décroché un mot de tout le trajet, pourtant il ne semblait gêné loin de là, il regardait par la vitre perdu dans ses pensées. Pensait-il à la conversation qu’il avait eu avec Ray huit jours plus tôt ? En tout cas moi, je ne pensais qu’à ça. Et je pensais et pensais et encore, et pour finir nous voilà arriver devant nos appartements respectifs sans que je sache quoi dire et le stress m’a soudain noué les entrailles.

- Dany ?

    Sa voix délicate et préventive m’a ramené à la raison. Je le regarde.

- Je suis désolé je ne peux rien faire pour toi, me dit-il dans un sourire, je me doute qu’elle te manque beaucoup.

    Il posa sa main sur mon bras et le pressa doucement. Mon cœur manqua un battement et ma respiration se coupa. Je lui souris du mieux possible.

    Et il me rendit mon sourire. Sans le quitter des yeux, je tentais de rassembler tout mon courage. Mais pourquoi je panique comme ça ?! J’ai sept ans de plus que lui, vingt bon centimètres en plus et trente kilos, si jamais il tente de me résister je peux toujours … hein ?

    Il a ouvert sa porte. Je ne peux pas, je ne peux vraiment pas ! J’ouvre ma porte également. Mais si je peux !

- Tony ?

    Il se retourne et me regarde. Il a l’air vraiment triste pour moi il … j’ai juste envie de … l’embrasser. À moitié entré chez lui, la main sur la poigné de la porte, il attend.

- Je … j’ai …, bégayais-je stupidement avant de passer une main dans mes cheveux, j’ai un truc à te dire.

    Il esquisse un sourire timide et un pas vers moi. Je déglutis, inspire à fond et me lance :

- J’ai entendu la conversation que t’as eu avec Ray la semaine dernière. J’étais dans le couloir.

    Doucement, son sourire s’efface et la terreur fait briller son regard qu’il détourne de moi. Je vois sa main trembler alors qu’il s’appuie sur cette poigné comme à une bouée.

    Un lourd silence gêné s’installe. Je n’ai qu’à faire un pas pour rentrer chez moi.

    Le sang bat à mes tempes et j’ai comme l’impression que mon cœur va explosé. Bientôt, des larmes se mettent à briller au fond de ses yeux bleus. Et moi je ne bouge pas. Bien et je fais quoi maintenant ?

- Je suis désolé, minaude-t-il en baissant les yeux, je … tu sais … je ne voulais pas que tu l’apprennes … pas comme ça …

    J’entends pratiquement pas ce qu’il me raconte tellement mon cœur bat fort et je sens une chaleur délicieuse monter en moi.

- J’te gênerais pas je te le promet, reprend-il d’une voix tremblante, je … promet …

    Il éclate en sanglot. Alors que je tentais de me persuader que je pourrais l’ignorer et rentrer chez moi - que je devais l’ignorer ! - et que je le vis qui s’apprêtait à fermer sa porte sur moi, je me précipitais. Plus brusquement que je ne l’eus souhaité, j’attrapais son bras et le tirais à moi. En larmes, parcouru de tremblement, il était totalement à ma merci.

    Je le plaquais brutalement contre le mur blanc du couloir - devenu gris depuis le temps - et plongeai mes yeux fiévreux dans les siens, écarquillés de terreur. Mes mains enserrant ses poignets, mon corps coinçant le sien lui supprimant tout échappatoire, je l’embrassais. Sa bouche ne m’opposa aucune résistance et j’y glissais ma langue sans aucune douceur. J’ignore encore aujourd’hui pourquoi il ne se défendit pas. Trop peur ou trop faible ? Peut-être aussi n’en avait-il pas envie. Ma langue caressa l’intérieur de sa bouche avec plus d’ardeur que je ne l’aurais cru et sentir son corps tremblant tout offert contre le mien propagea en moi une vague de plaisir intense. Il gémit et mon baiser redoubla de vigueur.

    Mais, vigoureux ou pas, un homme se doit bien de reprendre son souffle, aussi je m’écartais de lui. Terrorisés, ses yeux d’où continuaient de couler des larmes me fixaient, comme implorant. Et pourtant, il ne me repoussait pas.

    J’étais totalement conscient qu’il fallait que j’arrête, que je le lâche, que ses tremblements incontrôlés n’étaient pas dû à une quelconque préciosité, mais bien à de la peur. Mais, comme obéissant à un contrôle puissant et extérieur à ma pensée, je l’entraînais dans mon appartement. Là il tenta de me résister en poussant un gémissement effrayé. Je l’ignorais.

    Claquant violemment la porte derrière nous, la respiration saccadée, je le lâchais enfin et il recula, ses bras frêles enserrant sa poitrine dans l’espoir de se protéger. Fébrile, je retirais ma veste sans le quitter des yeux. Lorsque je m’approchais de nouveau de lui, le regard presque fou, il poussa un sanglot et tenta certainement la supplication mais je n’entendais plus rien. Violemment, je le poussais sur le canapé.

    Il y atterrit dans un cri et gémit de nouveau alors que je me retrouvais sur lui, le souffle court, mon excitation à son comble, je sentais déjà qu’il fallait que je me débarrasse au plus vite de mon jean. Je plongeais un instant mes yeux dans les siens. Il avait gardé ses bras contre son torse, son ultime protection. Je me laissais alors entièrement tombé sur lui, coinçant son corps sous le mien et enfouis mon visage dans le creux de son cou. L’odeur de kiwi de ses cheveux m’enveloppa totalement et sembla me ramener quelque peu à la réalité. Avec plus de douceur je me redressai et attrapais ses mains pour les dresser au-dessus de sa tête. Et je l’embrassais de nouveau. Cette fois, sa bouche mi plus de temps à me céder et ses jambes s’obstinaient à me rester fermées. Le barrage de ses lèvres me céda et j’y enfoui ma langue pour jouer avec la sienne. Attrapant ses deux mains avec une seule des miennes, je glissais la seconde entre nos deux corps, bien décidé à forcer ses jambes à s’écarter. Il poussa un cri de terreur, étouffé par mes lèvres, puis se mit à se débattre si fort que je dus mettre prématurément un terme à notre baiser. Enfin, mon baiser.

- Non ! supplia-t-il les larmes coulant sur ses joues. J’t’en prie va doucement ! … doucement… je n’ai … n’ai jamais … jamais …

    Le reste de sa phrase se perdit dans un sanglot et une vague de honte me submergea. Mais c’est pas vrai quel chien ! Qu’est-ce qu’il m’a prit ?! Je relâchais ses mains qu’il ramena immédiatement sur son torse.

- S’il te plait …

    Sa supplique m’arracha une partie de moi-même et quelque chose se brisa en moi. J’ignore encore de quoi il s’agit, mais dès cet instant je sus que plus jamais je ne pourrais me passer de ses yeux si unique, de son corps frissonnant. Plus jamais je n’autoriserais personne à poser des yeux envieux sur lui. Pendant un bref instant, l’idée saugrenue de l’enfermer quelque part pour moi tout seul me traversa l’esprit. Il était à moi, cet être si fragile était à moi. Je me devais de le protéger. C’est ça que ça veut dire, aimer à en perdre la tête ?

    Toujours haletant, le pantalon de plus en plus inconfortable, je lui caressai la joue. Les yeux plongés dans les miens il ne bougea pas, la respiration saccadée.

- Pardon, murmurais-je d’une voix rauque, excuses-moi …

    Il eut un faible sourire.

- Je ne t’imaginais pas si passionné, me répondit-il simplement.

    Et je souris à mon tour. Il n’avait plus peur, cela se voyait dans son regard. Totalement consentant cette fois, il m’ouvrit les bras et les passa autour de mon cou pour m’attirer à lui. Un peu avant que nos lèvres ne se touchent il ouvrit la bouche et se fut sa langue qui vint à la rencontre de la mienne. Resté pantois quelques instants par ce brusque revirement de situation, je répondis enfin au baiser et l’approfondis. Le gémissement de plaisir qu’il poussa m’aida à me souvenir que mon pantalon était des plus serré. Réprimant un frisson, il m’autorisa à glisser une main sous son pull. Sa peau frémissante était aussi douce que de la soie, son torse fin et délicats et son ventre plus chaud que celui d’une femme. Se fut à mon tour de gémir.

    Brusquement, je me redressais et retirait mon pull pour le jeter dans le salon. Le regard qu’il promena brièvement sur mon torse me fit l’effet d’une caresse des plus intimes. Jamais un regard n’avait été si intense. Si je ne m’étais pas retenu, j’aurais joui dans l’instant mais quitte à avoir commencé, autant aller jusqu’au bout. Je l’embrassai encore, insatiable. Il y avait sur ses lèvres comme un odeur de fièvre, et ses mains qui caressaient ma peau nue provoqua en moi une ivresse qui m’anéantis. Je l’obligeais à retirer son vêtement également et le contact de nos deux corps nus m’électrisa. Plus rien ne comptais pour moi si se n’est ce contact, cet échange. Un amour sans borne qu’il me transmettait par ses mains, ses lèvres, ses yeux.

   Bientôt, nos vêtements nous quittèrent et il m’ouvrit enfin ses jambes pour m’accueillir. Je m’y engouffrais avec bonheur. Le contact de nos deux sexes me fit pousser un cri d’extase bien malgré moi. Et il me sourit. Alors que je l’embrassais à nouveau, remontant d’avantage l’une de ses jambes, près à le posséder enfin, il m’arrêta.

- Attends ! Pas sans préservatif.

    Ah oui ! Très juste.   ndla : sortez couverts !

    D'un bond je sautais du canapé, fouillais fébrilement ma veste à la recherche de mon portefeuille et le délogeais enfin. À l’intérieur, une capote qui se promenait là en cas d’extrême nécessité - on sait jamais - et je retournais à lui me plonger dans la chaleur de ses bras. Il n’avait pas bougé, allongé là, complètement offert. Une fois de nouveau à ma place, je l’embrassais, bataillant contre ce putain d’emballage. Agacé, je l’arrachais à coup de dent et enfilait enfin le préservatif. Puis je plongeais mes yeux dans les siens, brillant. Je me souvins à cet instant - c’est con de ce souvenir d’un truc pareil dans un moment pareil ! - que la première chose qui m’avait frappé chez lui lors de notre rencontre était ses yeux, bien trop brillant. Aujourd’hui, je les trouvais bien plus brillants encore. Il m’adressa un sourire confiant et lâcha la formule qui enchaîna à jamais mon cœur au sien :

- Je t’aime.

   J’ai cru que j’allais explosé de jouissance avant l’acte. J’ai eu toutes les peines du monde à me retenir mais je l’ai embrassé quand même. Pourquoi je ne lui ai pas di non plus ? Vous croyez vraiment que c’est le truc auquel j’ai pensé à ce moment-là ?!

    J’ai redressé d’avantage ses jambes autour de mes hanches, me suis permis une caresse intime qui le fit gémir de plaisir et le pénétrait enfin avec toute la douceur dont j’étais capable - no comment - et me mit à trembler furieusement. Son visage ne se crispa pas, ni aucune autre parti de son corps. Il se contenta de pousser un soupir d’extase, les yeux fermés, et de s’accrocher plus fort à moi. Le fait que, pas une seule fois je ne lui fis mal, m’empli de confiance. Tremblant et haletant, je restais immobile un moment, savourant la chaleur de son être et ses yeux dans les miens. Le cœur complètement emballé, le souffle coupé et le corps parcourus de tremblement furieux, je dû lutter contre moi-même afin de rester le plus doux possible. J’avais une furieuse envie de le prendre avec toute la force dont j’étais capable mais, ma raison encore debout, je parvins à me contrôler et entamais des va-et-vient lents et peu profonds.

    À chacune de mes pénétrations, je l’entendais gémir de plaisir et, les yeux dans les yeux, j’ai commencé à lui faire l’amour. Et d’un coup, il m’a sourit pour me dire :

- Je ne suis pas en sucre Dany, prends-moi plus fort.

    Oui, j’avoue qu’il en faut peu pour me convaincre, surtout sur ce terrain-là. Alors, obéissant, j’accélère le rythme et la profondeur de mes coups de reins. Il a fermé les yeux et poussé un cri d’extase, totalement abandonné à ma passion, complètement offert. Subjugué par une pure émotion, je me suis effondré sur lui sans casser mon rythme pour enfouir mon visage dans le creux de son cou et ses caresses ont redoublé d’ardeur.

    Jamais j’avais ressentit ça, c’est comme si j’étais envoyé dans une autre dimension, sur un autre monde. Et ce monde c’était ses bras, ses yeux, ses cris, son corps et toutes les sensations uniques qu’il me procurait. J’étais enfin chez moi, dans ses bras, inséré profondément en lui, j’avais trouvé ma place.

    Plus rien n’existait autour de moi mis à part ses yeux, et j’ignore combien de temps je suis resté ici à le posséder, à jouer avec son corps comme un musicien jouerais avec son instrument : à la perfection. Chacune de mes caresses m’était rendue, chacun de mes baisers également et toutes mes pénétrations étaient accompagné d’un cri et d’un regard. J’aurais voulu que ça continu éternellement mais je ne suis pas un surhomme - fait chier ! - et lorsque j’ai senti l’orgasme venir, je me suis effondré sur lui, plongé dans le creux de son cou - l’endroit que je préfère - et j’ai crié en me libérant. Lui n’a pas crié, il s’est contenté de me murmurer un « je t’aime » plein d’amour au creux de mon oreille et de continuer à me caresser le dos alors que je tentais de reprendre mon souffle, le corps parcourut de soubresaut de plaisir.

    Il continuait de me prodiguer ses caresses et moi je restais en lui, un brin nostalgique du pur moment de bonheur qu’on venait de partager. Gardant les yeux grands ouvert dans la pénombre de mon salon - tiens je viens seulement de me rendre compte qu’on est dans le noir - je réalisais alors que, pour une fois, je n’ai pas pris. On m’a offert.

...

Et voilà ! La toute première scène de Sexe Gay que Gabie écrit {#}

 GROS MENSONGE !!!!

En fait non j'en avais déjà écris une mais c'était un viol hyper hard alors on le citera pas {#} ( " Humphbrouf " <== te caches pas on t'a vu {#} )

Je suppose que vous ne vous attendiez pas forcément à ça {#} En réalité moi non plus {#} J'avais dans l'idée de faire ça avec plus de description salées mais ça aurait cassé l'ambiance croyez pas {#}

Et voilà, ils ont sauté le pas. Et maintenant ? {#}

{#}

Ps : la berceuse qui a aidé Gabie a s'endormir durant les 10 premières années de sa vie ( Beuh quoi ? {#} )

 

 

 

lien permanent

Que du bonheur - Chapitre 12  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 06 juin 2009 15:52

 

le 24 décembre

    Je sais pas si c’est le cas pour vous mais en me levant ce matin-là, j’ai eu la très agréable sensation d’être l’homme le plus heureux du monde. Ça fait quatorze ans que je couche à droite à gauche - oui si vous vous posez la question il m’est déjà arrivé d’avoir recourt à une « professionnelle » - mais jamais je n’avais été aussi comblé. C’est dingue de voir à quel point on peut se sentir béat rien qu’en faisant l’amour à quelqu’un.

    Je me retourne, encore engourdi par le sommeil, et tombe à la renverse. J’avais oublié ce léger détail : je suis encore sur le canapé. On n’a pas bougé de là de toute la nuit et, pour se tenir chaud, on s’est serré fort l’un contre l’autre. Lorsqu’il s’est endormi tout contre moi, je l’ai regardé pendant plusieurs heures. Et là je me suis rendu compte à quel point je le trouvais beau.

    Mais là, en me redressant, je réalise que je suis seul. Je tourne la tête. Le canapé est vide - évidemment je viens de me ramasser le cul par terre - et mis à part mes vêtements, rien ne traîne dans le salon.

    Parti ?

- Tony ? appelais-je doucement.

    Pas de réponse. Bon sang il a pas fait ça ! Paniqué, je me jette sur mon jean et l’enfile difficilement - essayez de vous habiller avec grâce allongé sur votre carrelage vous - puis je me relève et ouvre la porte de mon appartement pour débouler dans le couloir. Là, je m’arrête.

    Tony vient à peine de poser le pied sur l’avant dernière marche de l’escalier de l’immeuble, un paquet de croissants chauds dans les mains, il me regarde légèrement ébahi. Oui, je dois faire peur avec ma tête d’adolescent du matin, pieds nus et le pantalon même pas fermé. Heureusement que c’est pas la voisine du dessus que j’ai croisé. Il me sourit et toute nervosité disparaît en moi.

- Oups, me dit-il dans un sourire en désignant les croissants, je voulais te faire une surprise mais c’est raté.

- T’imagines même pas la trouille que j’ai eu en me réveillant seul, avouais-je en m’appuyant contre le mur froid.

- Ah oui ?

    Il s’approche de moi en souriant. Je ne sais pas ce qui me fait le plus trembler, le froid du mur dans mon dos ou son regard légèrement - trop en fait - aguicheur. J’esquisse un pas vers lui quand soudain, le début de la fin :

- Dany chériiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!!

    Oh non ! Je reconnaîtrais cette cacophonie entre mille. Au tour de Katy de débouler de l’escalier, habillée comme s‘il faisait quarante degrés à l‘ombre dehors. Paralysé de terreur, je la regarde pousser Tony sans ménagement et me sauter au cou.

- Mon chéri d’amour !!!!!!!!!!!! J’ai une bonne nouvelle ! L’enquête est enfin terminé on va pouvoir avancer la date du mariage!

    Ses mots glissent sur ma peau sans que je m’en aperçoive, tout comme ses lèvres. Le regard planté droit devant moi, je n’ose même plus regarder Tony. Et Katy m’embrasse sans même que je réagisse. Soudain, elle s’arrête et se tourne.

- C’est qui lui ? demande-t-elle avec toute la grâce dont elle dispose - autrement dit pas énormément.

    Je glisse un regard lointain vers Tony qui fixe la scène sans trop y croire. On se regarde quelques secondes, puis il recule jusqu’à s’accoler au mur derrière lui. Les yeux embués de larmes, il répond d’une voix tremblante à peine audible :

- Rien que … le voisin …

    Accablé par le chagrin, il se jette dans l’escalier en retenant des sanglots. Je le regarde les dévaler vers la sortie de l’immeuble. Bon sang rattrapes-le fait quelque chose ! Réagis merde ! Mais j’en suis incapable, trop abattu par ma propre bêtise.

- Allez viens on va baiser !

    Même la voix stridente de Katy ne m’aide pas à réagir. Sans ménagement, elle m’entraîne dans mon appartement, claque la porte, et me pousse sur le canapé. J’ai l’impression de revivre la scène au ralenti sauf que cette fois, je n’y tiens pas le même rôle. D’un bon, elle se jette sur moi, s’assoit sur mes hanches et commence à se déshabiller.

    J’y crois pas. Je suis devenu un ami proche de Tony, on parlait de tout et de rien, on s’est raconté nos histoires passés, je n’ai rien omis à par le fait que j’étais fiancé et que j’allais me marier. Pourquoi est-ce que je ne lui ai rien dit sur elle ?!

    Katy se penche sur moi et m’embrasse fougueusement.

    Peut-être parce que je savais que cette révélation créerait une barrière indestructible entre nous.

    La bouche de Katy a un goût de rouge à lèvre.

    Peut-être parce que je ne voulais pas qu’il me croit indisponible, que je voulais être totalement libre pour lui.

    Les cheveux de Katy sentent la coloration.

    Peut-être simplement parce que c’est lui que je veux épouser.

- Dany ?

    Je regarde Katy dans les yeux. Elle a l’air en colère. Elle a remarqué que je ne bandais pas ? Elle se redresse, toujours à cheval sur moi, et attrape quelque chose.

- C’est quoi ça ?

    Ça, abrutie de femme-dinde, c’est un emballage de capote.

    …

    AH !

- Euh …, fut la traduction faite par mon cerveau de : « bah hier j’ai déchiré ça avec mes dents pour faire l’amour à un garçon mais la capote est dans la poubelle je te le promets! »

- Putain !

    Pleine de grâce oui.

    Elle se relève et me fait face, totalement nue. Et moi je réalise que je le suis également. Quand est-ce qu’elle a retiré mon jean ?!

- Tu t’es encore envoyé une salope ramassé dans ton garage ! s’écrie-t-elle.

    Je secoue vigoureusement la tête de droite à gauche. Et le fait qu’on se soit rencontré dans ce garage justement parce qu’elle avait crevé ne me fait même pas rire. Quoi que c’est assez ironique non ? Je me redresse et m’assoit sur le canapé. Une odeur de kiwi plane encore sur les tissus …

    Katy s’agenouille devant moi.

- Écoutes-moi bien petit con, me lance-t-elle en m’obligeant à la regarder, j’ai accepté longtemps que tu te foutes de ma gueule mais c’est fini maintenant. T’es à moi ! T’as pas le choix. J’accepte de supporter ta putain de sœur uniquement parce que je te veux pour moi toute seule alors maintenant tu vas arrêtés de te foutre de ma gueule et tu me baises !

    Ni une ni deux, elle m’attrape par les épaules et nous tombons tous les deux sur le tapis, complètement nus. De me retrouver au-dessus d’elle comme ça fait remonter des souvenirs en moi, aussi bien charnelles qu’olfactif. Lui, à cette même place quelques heures plus tôt, qui me sourit les yeux brillants, qui m’ouvre ses bras, qui m’accueille en lui et qui me murmure ces mots …

     Je t’aime … 

    Et de nouveau lui, l’odeur de ses cheveux, de sa peau, de son corps entier. Et ces mots …

    Je t’aime …

    Et encore lui il y a quelques minutes qui me regarde, brisé par la tristesse, et qui me tourne le dos en laissant tomber ces croissants à terre. Et moi, qui n’ais pas bougé. Pourquoi je n’ai pas bougé ? Pourquoi je suis ici à embrasser une femme que je n’aime évidemment pas ? Pourquoi je l’ai laissé partir merde !

- Je suis gay.

    Euh là, c’est sortit tout seul.

    Katy lâche mes lèvres, me fixe, et pousse un rire jaune.

- Mais oui c’est ça.

    Elle se redresse dans l’idée de m’embrasser de nouveau mais je recule.

- Je suis gay Katy, insistais-je avec force, le garçon que tu as vu tout à l’heure dans le couloir c’était mon amant.

    C’était …

    Katy me fixe, puis son sourire disparaît peu à peu, pour laisser place à une colère sourde dans ses yeux. Elle semble soudain me prendre au sérieux.

- Vas te faire foutre espèce de sale pédale !

    Et voilà, c’est ici que tout à commencé pour vous. Maintenant que vous savez comment j’en suis arrivé là, nus, penchés au-dessus d’une femme pleine de rage, à pleurer comme un enfant, vous serez plus à même de comprendre ce qu’il va suivre. Dehors, la pluie commence à s’abattre contre la fenêtre. La veille de Noël, nous y revoilà. Z’avez vu un peu tout ce que j’ai accompli en un mois et vingt-quatre jours ? Balèze hein …

    Katy me repousse violemment sur le tapis et se relève. C’est ici que je me suis brûlé les fesses …

- Tu me fais gerber! me lance-t-elle.

    Et moi je pleure. Comment j’ai pu être aussi bête ? Pourquoi ne pas lui avoir parlé d’elle plus tôt, pourquoi ne pas avoir été franc, pourquoi être si lâche ?!!! J’ai tout foutu en l’air uniquement parce que, quatorze ans plus tôt, j’ai fuis lamentablement et me suis obstiné toutes ces années à fuir la vérité. Quelle vérité ? Que j’ai eu tord de fuir ? Mais si je n’avais pas fuis je ne l’aurais pas rencontré. Et si je ne l’avais pas rencontré, je ne m’en serais pas tant voulu d’avoir fuis, alors je ne me serais pas poser toutes ces questions. Je pousse un sanglot et enfoui mon visage dans mes mains. Près de moi, Katy s’est rhabillée.

- Vas baiser tes tapettes connard de pédé!

    Puis elle sort de l’appartement et claque violemment la porte. Je me retrouve seul, roulé en boule sur le tapis qui gratte et qui brûle. Où est-il maintenant ? Il est parti retrouvé Ray ? Comment ? À pied sous cette pluie ? Et s’il s’était juste laissé tomber quelque part pour pleurer ? Pour me maudire ? Pour ne plus m’aimer …

    Jaimerais tant changer ce quil sest passé. Jaimerais tantrevenir en arrière

    Hélas, ça n’est plus possible maintenant. Tout ce que je puisse faire c’est me relever et me punir. C’était évident que je ne le méritais pas, et ce depuis le début. Comment un être si pur puisse-t-il m’être destiné ? Il faut que je trouve quelqu’un digne de m’infliger une punition digne de ce nom.

    En fait, deux personnes peuvent m’aider.

    J’ignore combien de temps je suis resté à pleurer ici mais, lorsque je n’eus plus de larmes à verser, le cœur aussi sec qu’un parchemin et tout aussi douloureux - non ça n’a pas mal un parchemin c’est une métaphore - je me suis relevé, toujours nu, et attrapé mon combiné. Dans l’air, l’odeur de kiwi refusait de me quitter, et m’arracha un gémissement de douleur. D’une main tremblante, je composais le numéro.

- Holà holà holà !

- Moggy …

    Le surnom que je lui donnais lorsqu’elle était enfant, en espérant que ça l’attendrirait un tant soit peu.

- Daniel ? Que pasa esta extraño ?

    Je lui racontais toute l’histoire en commençant par ma fuite quatorze ans plus tôt et la raison qui m’y poussa. Ma connaissance avec la femme-dinde puis ma décision de me marier, et ma rencontre avec Tony. Tout ce qu’on a vécu jusqu’à la nuit qu’on a passé et l’intervention de Katy le lendemain. Sans oublier ma misérable incapacité à lui courir après. Sa seule réaction fut :

- Hijo de puta !

Ndla : voilà maintenant que votre narratrice a put enfin écrire sa tirade préférée, elle va passer à la traduction automatique pour le français, si c’est pas génial.

    Je poussai un gémissement.

- Écoutes-moi bien petit con, reprit-elle - la deuxième fois qu’on me sort ça dans la journée quand même - tu vas te lever et le retrouver pour t’excuser c’est clair !

    Je fis non de la tête - comme si elle pouvait me voir.

- Non Moggy c’est trop tard, argumentais-je d’une voix briser, de toute façon je le mérite pas.

- C’est quoi ce truc minable !!! On t’a bouffé les couilles ou quoi ! Si tu te lèves pas tout de suite je demande à Mama Gourou de te jeter un sort alors bouges ton cul !

    Je m’obstinais tout en tentant d’ignorer le frisson de terreur qui courut le long de ma colonne vertébrale - rigolez pas, elle est vraiment capable de maudire les gens cette Mama Gourou ! - et provoqua chez ma sœur une colère dont jamais je n’aurais soupçonner ni l’existence ni la force.

- Va te faire foutre ! me lança-t-elle. Je le savais que t’étais pas mon véritable frère t’es vraiment trop lâche ! Finalement t’as eu bien fait de t’exiler alors reste dans ton payer de merde et oublis-moi !

    Et elle raccrocha. Je suis resté plusieurs minutes le combiné collé à l’oreille à écouter les « bip bip bip » puis j’ai baissé la tête sur mes genoux, laissé le téléphone tomber à mes pieds, et me suis balancé d’avant en arrière en gémissant.

    Il était tant d’aller rendre visite à la deuxième personne susceptible de me rabaisser plus bas que terre et, si possible, me faire passer un très sale quart d’heure.

    Et j’avais une petite idée de l’endroit où je trouverais Ray.

...

Beuh comment ça c'est fini ? C'est pas parce qu'y'a écrit "24 décembre" sur le prologue et pareil sur ce chap que c'est fini {#} C'est loin d'être fini au contraire ! {#}

Daniel court-il à sa perte ? {#}

Ps : Layla The Folle !!! Comment ça va ? Euh non, "Entre deux" faut oublier maintenant, j'ai mi à la poubelle, faut se contenter des fics maintenant {#}

Ps2 : désolé tout le monde, gros problème de publiage j'ai dû publiager deux fois {#}

{#}

 

 

 

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : The Saboteur PC | Final Fantasy XIII PS3 | Prince of Persia : Les Sables Oubliés 360 | James Cameron's Avatar : The Game Wii | Sonic Classic Collection DS