C’est marrant ça, d’un côté j’ai Ryan qui me dit qu’il y’a pas mal de chose à savoir sur Gabriel, et d’un autre Ray qui me dit l’inverse. Lorsque Ray a commencé à en parler, je me suis demandé lequel croire. Mais, dès les premières paroles, j’ai senti la peur :
- Pour résumer le personnage en quelques mots, je dirais que Gabriel est cruel comme Tony est délicat.
Ray m’a regardé.
- Ça vous donne une idée ?
J’ai opiné de la tête en tentant de paraître détendu mais d’après le sourire que m’a renvoyé Ray, j’ai deviné que mon expression devait être proche de celle du mec constipé. Tony a gémit dans son sommeil de drogué. J’ai tourné la tête vers lui. La peau blanche, les sourcils légèrement froncé et la bouche entrouverte, il avait l’air tellement fragile. Lentement, je me suis assit au sol tout contre le lit, histoire de me rapprocher d’avantage de lui. Ray a fait mine de ne pas me regarder et a commencé à nettoyer son arme.
- Joshua Kendallson était un mec dangereux, a-t-il reprit, un obsédé du sexe et des enfants. En cela, il était pas difficile à cerner. Mais au moins, c’était un débile.
Ouais c’est sûr faut être con pour s’envoyer une pute mineure dans un motel en étant poursuivit par toutes les polices de France.
- Le seul truc qui nous gênait vraiment avec lui c’était ses relations. Étant le fils d’un riche industriel, il a vite comprit où étaient les avantages de son statut de riche héritier milliardaire et s’est rapidement acoquiné avec les pires crapules enfin bref, c’est pas lui qui vous intéresse.
Nan effectivement.
- Gabriel a hérité ça de son père, c’est un homme d’affaire mais aussi un dingue de première. À quinze ans il a commis son premier meurtre.
- Et comment vous le savez ?
Ray m’a jeté un regard agacé. Ouais j’te coupe et après ?!
- Parce qu’il s’est vanté quand on l’a arrêté y’a onze ans. Il nous a aussi avoué qu’il avait perdu son pucelage en violant une immigré que son père avait fait venir d’Egypte, une gamine de pas dix ans. Lui en avait treize. En partant de là, c’est pas compliqué de savoir qui a violé Tony étant donné qu’ils ont neuf ans d’écart.
Beuh, j’suis pas doué en maths.
- En réalité il nous a avoué que jamais Joshua n’avait touché son cadet, il était pédophile d’accord, mais pas gay. Gabriel par contre a vite réalisé qu’il préférait les garçons.
J’ai préféré rien dire.
- Comme je l’ai dis, Joshua était un imbécile. Gabriel en revanche est mortellement intelligent.
Le Caméléon. Là, ce que m’a dit Ryan prend un sens.
- On a vite réalisé que Gabriel était une sorte de Joshua amélioré, surtout quand il s’est entièrement volatilisé trois ans d’affilé.
- Ok ça j’ai compris, il est pas stupide. Mais après ?
Ray m’a de nouveau regardé. Près de moi, Tony a légèrement remué.
- Quand on l’a foutu en prison, il ressemblait à n’importe quel mec de vingt ans qui avait grandi dans le fric de son papa. Il était pas grand et pas bien costaud mais diablement intelligent. En ça, on avait plus grand chose a craindre de lui et on a relâché la vigilance. Seulement, dix ans en taule ça changerait n’importe quel homme. En tout, incarcéré Gabriel a violé au moins une dizaine de mec par semaine et commis environ deux meurtres par an bref, un palmarès assez impressionnant. Il en avait pris pour vingt ans mais sa peine a été alourdie de dix ans. Seulement, il s’est échappé avant d’en avoir purgé la moitié. Comment il a fait ça reste un pur mystère. Un soir à la fermeture des cages il était dans sa cellule et le lendemain matin pouf ! Plus personne.
- Il a changé genre comment ? ais-je demandé alors que l’image de Gabriel dans mes souvenirs était encore floue.
Ray s’est laissé allé dans sa chaise et a croisé les bras. Il a balancé sa tête en arrière pour regarder le plafond, perdu dans ses réflexions.
- Pour vous résumer, il est puissant. Intelligent, dangereux et plus fort que vous et moi réunit. Lors de la dernière visite médicale à laquelle il a participé à la prison, il mesurait deux mètres zéro trois et pesait quatre-vingt onze kilo cinq cent, mais on arrondi à deux mètres et quatre-vingt douze kilos.
Il m’a regardé.
- La dernière fois que moi et ma Brigade nous sommes frotté à lui, j’ai été le seul survivant.
J’ai froncé les sourcils.
- Ryan était en congé paternité, a-t-il précisé.
J’imagine bien ouais.
- Je sais pas si vous vous rendez compte Pérez quel effet ça fait de voir un homme souriant prendre une balle sans broncher et tuer mes hommes à mains nues. On était armé jusqu’aux dents et lui n’avait que ses mains. Je l’ai vu explosé le crâne d’un de mes collègues à coup de poing avant de se tourner vers moi. J’ai regardé la mort dans les yeux cette nuit-là.
Il s’est penché vers moi.
- Gabriel est l’exact opposé de Tony, son contraire, son négatif. Si jamais il l’attrape ça va lui faire très mal et si jamais il vous attrape, ça va vous faire encore plus mal !
J’imagine bien là aussi.
- Et si jamais c’est moi qui l’attrape ? ais-je demandé.
Ray m’a sondé du regard, comme s’il tentait de savoir si je blaguais ou pas. À l’évidence j’avais l’air très sérieux.
- Avec un peu de chance il vous tuera sans procédé à quelques expériences sadiques. J’espère pour vous que le dégoût que vous lui inspirez sera assez fort pour ça. J’ai oublié de préciser qu’il avait eu le temps d’expérimenter pas mal de technique de torture dans sa cellule. En tout il en est ressorti vachement avancé sur le sujet.
Je n’ai pas bronché tout en continuant de le regarder.
- Qu’est-ce que vous avez l’intention de faire Pérez ?
- Qu’est-ce qui vous fait croire que j’ai l’intention de faire quelque chose ? ais-je répliqué. Et ne me répondez pas que j’suis con !!
Il a sourit faiblement.
- Vous mottez les mots de la bouche. Je répète : qu’est-ce que vous avez l’intention de faire Pérez ?
- En tout cas j’ai pas l’intention de me terrer dans ce dix mètres carrés en attendant qu’il me trouve !!
- Alors tirez-vous.
- Ok, mais j’emmène Tony avec moi.
- Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans : s’il le trouve il lui fera très mal ?!
- Rien j’suis con.
La colère a allumé son regard noir. Soudain, Tony a gémit.
- Pardon … a-t-il murmuré faiblement.
Je me suis tourné vivement et avant que j’ai pu en placer une, Ray m’avait tiré par le col et je me suis ramassé sur les fesses alors qu’il prenait ma place près du lit. Retenez-moi ou je fais un malheur !
- Tony ? a-t-il doucement appelé.
Un gémissement lui a répondu puis Tony s’est tourné vers le mur pour ne pas avoir à le regarder. Ray a doucement dégager ses cheveux chocolat de son visage pâle.
- Tony, pourquoi t’as fais ça ?
Pas de réponse. De mon point de vu, j’ai clairement remarqué que Ray perdait patience - faut avouer que c’est pas une qualité chez lui, la patience. Oui bon d’accord chez moi non plus !
- T’as quand même pas fait ça pour ce connard de Pérez putain !! a-t-il crié.
J’ai vu Tony se crisper et j’ai envisagé le flingue, resté sur le bureau. S’il arrête pas tout de suite de le brusquer je monte sur mes grands chevaux ! Et pis j’aime pas tant que ça qu’on parle de moi en faisant comme si j’étais pas là alors que je suis bêtement assit sur le derrière à quelques centimètres de lui.
- Si, a faiblement répondu Tony.
Mon cœur s’est serré et j’ai ignoré le regard plein de rage que me jetais Ray. Qu’est-ce t’as ?!
- J’ai fais ça pour pas qu’il souffre, a continué Tony.
Sa voix était tellement basse et tremblante que j’ai cru un instant qu’il parlait sous hypnose.
- Et t’as cru que c’est en te tuant qu’il …
Tony s’est brusquement tourné vers lui et j’ai enfin pu voir son visage. Le mouvement a cependant été si rapide que Ray a stoppé sa réplique.
- Si je meurs Gabriel le laissera tranquille !! a lancé Tony.
Puis, tout doucement, son regard a coulé sur moi. Vu l’expression que son visage a affiché j’ai deviné qu’il venait seulement de s’apercevoir de ma présence. Alors il avait même pas capté que j’étais là depuis vingt bonnes minutes ?
Il a fermé les yeux, m’a tourné le dos, s’est recroquevillé sur lui-même et s’est mi à sangloter. Ray a soupiré puis s’est relevé pour me laisser approcher. Ce que j’ai fais.
- Tony ? ais-je doucement appeler en posant une main sur son bras.
Il a frissonné si brutalement qu’on aurait pu prendre ça pour un sursaut.
- Non, a-t-il murmuré avant de se mettre à pleurer.
J’ai senti mes propres larmes me monter aux yeux et j’ai appuyé mon front sur son bras.
- Pardonnes-moi, lui ais-je dis, pardon de ne pas m’en être souvenu.
Il s’est d’avantage tassé sur lui-même et a tenté de cacher ses poignets meurtris sous sa poitrine.
- Et merci d’avoir prit soin de mon briquet.
D’une rapidité incroyable, il s’est tourné vers moi en pleurant et s’est accroché à mon cou. Ses bras frêles m’ont entouré et serré avec le peu de force qui leur restait et j’ai senti son souffle contre ma peau ainsi que son corps délicat qui tremblait contre le mien. J’ai hésité un instant.
- Tu t’en souviens, a-t-il dit partagé entre désespoir et soulagement, tu t’en souviens !
Je l’ai serré fort contre mon cœur.
- Je t’aime, ais-je simplement dit.
Derrière nous, Ray s’était appuyé contre la cuisinière et a levé les yeux au ciel en soupirant :
- Oh pitié.
Gerbement romantique,
j'étais en mode "guimauve ultra" ce jour-là 

un monstre..comme je les aimes

.. J'aurais juré que Ray lui en aurait collé une
et y'en a même paas eu une toute petite .. po zuste xD
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