10 ans plus tôt ...
Je cours en espérant semer la terreur derrière moi, le semer LUI et les morts qu’IL provoque tout autour de moi. Pourquoi elle … pourquoi la seule femme qui n’ai jamais accepté de prendre soin de moi? De m’aimer … pourquoi l’a-t-IL tué ? Elle ne LUI avait rien fait, rien du tout. Le seul crime qu’elle ait commis est d’avoir pris soin de moi durant trois ans.
J’ai couru longtemps, tout en pleurant. Il fait froid, il pleut. Pourquoi est-ce que c’est toujours comme ça ? Pourquoi, quand tout va mal et que votre vie n’a été qu’une succession d’horreur et de violence, pourquoi faut-il que l’ambiance tourne au film noir ? Il pleut, il fait nuit, il fait froid. Je suis seul et je cours toujours. Je pourrais presque m’attendre à voir arriver une équipe de tournage au tournant de la ruelle. Mais il n’y a personne.
Je suis seul.
Au bout d’un long moment, mes jambes ont refusé de continuer à me porter et je me suis écroulé sur le bitume, trempé par la pluie et engourdi par le froid. Tout autour de moi, les parisiens continuent leur route sans se soucier du garçon qui gît à terre et qui pleure. L’indifférence, la souffrance. Aucun d’eux ne pose ne serait-ce qu’un regard sur moi. Je les dégoûte. Je me dégoûte. Elle est morte à cause de moi. Deux hommes souffrent par ma faute. Elle les a quitté par ma faute. Et moi je suis de nouveau seul, priant pour qu’IL ne me retrouve pas. Priant pour qu’IL me laisse enfin tranquille. Priant pour mourir.
Je veux mourir.
On ne m’a jamais rien accordé de toute ma vie si se n’est des coups et des insultes, des caresses dont je ne voulais pas … SES caresses, SES mots, SES mains. Un violent frisson me parcours et, le cœur au bord des lèvres, je me redresse et reste assit tout contre un mur.
Je lève enfin les yeux et découvre que je suis arrivé devant la Gare de l’Est. Quoi seulement ?! J’ai couru si longtemps et parcourus si peu de trajet! Je baisse la tête et continue de pleurer. J’ai l’air pitoyable mais c’est bien le cadet de mes soucis. Je n’ai qu’à rester ici et attendre de mourir. Combien de fois ais-je attendu, assis dans le noir ou attaché nu à un lit ? Combien de fois ais-je prié pour mourir ? Tous les jours depuis mes 4 ans … J’en ai 11 maintenant et je ne suis toujours pas mort.
La vie est si cruelle.
Et je suis toujours seul.
Au bout d’un long moment, la pluie cesse enfin. Non, il y a quelque chose d’étrange. J’entends les gouttes continuer de tomber mais … tout autour de moi. Je relève la tête. Et pour la première fois, j’ai croisé ses yeux de braise. Ils semblaient si triste en cet instant, si accablé. Et pourtant, il me souriait tendrement.
Et là j’ai compris qu’il me protégeait de la pluie grâce à son parapluie. Tout doucement, les gouttes ont commencé à mouiller ses cheveux d’ébène. Alors il s’est accroupit devant moi, il n’a rien dit, il m’a juste sourit. Habillé d’un sweat-shirt marron avec capuche et d’un jean noir délavé, il ne semblait pas avoir 20 ans et portait en bandoulière un seul et unique sac de voyage. J’ai deviné qu’il sortait tout juste de la gare, arrivé fatigué d’un long trajet.
Il est resté silencieux. Je le suis resté aussi. On avait pas besoin de parler. Il a deviné ma misère dans mes larmes et j’ai deviné sa souffrance dans ses yeux. Celle d’être loin des siens.
Je l’ai regardé sortir un briquet de sa poche. Il me l’a tendu. Je l’ai saisi. Et j’ai frôlé ses doigts chaud au passage. J’ai frissonné. Tout ça sans se quitter des yeux. Ce sourire si triste a de nouveau étirer ses lèvres et il a saisit ma main pour y fourrer le manche du parapluie. Je n’ai rien dit, je l’ai laissé faire tout en plongeant mes yeux dans les siens presque rougeoyant. De sa main chaude, il a caresser le haut de ma tête et j’ai fermé les yeux sous ce contact.
Lorsque je les ai rouvert, il s’était redressé et avait remonté sa capuche sur sa tête. Dans l’ombre, ses yeux de braise ont continué de briller de tendresse. Il a redressé le épaules pour affronter le froid, rentrer ses mains dans ses poches pour resserrer son sweat-shirt autour de lui, et il est parti comme il était arrivé.
Toujours en larme, je l’ai regardé s’éloigner. Lorsqu’il a entièrement disparu de ma vue, j’ai remonté mes jambes contre ma poitrine et serré fort le manche du parapluie contre moi. Protégé ainsi de la pluie et du mieux possible du vent, j’ai ouvert le briquet en métal et allumé la mèche. La petite flamme jaune orangée qui en ai sortit a lentement réchauffé mon cœur. Et cette fois, les larmes qui coulaient de mes yeux n’étaient pas des larmes de chagrin, mais de gratitude. Cet homme venait de m’offrir trente secondes d’humanité et de tendresse.
J’ai longtemps continuer de fixer la flamme.
Non, finalement, la mort n’est peut-être pas la solution. Ici, même dans ce monde, quelque part, quelqu’un sera en mesure de vous sauver la vie grâce à un briquet et un parapluie.
...
De retour au présent, le 25 Décembre …
« Clic Clac … Clic Clac … »
- Mirmfff …
« Clic Clac … Clic Clac … »
Grognement cette fois.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Bon sang on peut pas dormir tranquille !!!
« Clic Clac … Clic Clac … »
À moins que se soit dans mon rêve ?
« Clic Clac … Clic Clac … »
J’ouvre doucement les yeux et une vive lumière me brûle la rétine. Ah non, je suis bel et bien réveillé.
« Clic Clac … Clic Clac … »
C’est un bruit métallique.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Le bruit métallique de quelque chose qu’on ouvre et qu’on referme.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Un bruit que j’identifie rapidement vu que je l’entend jusqu’à trente fois par jour - quand je suis bien énervé.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Le bruit d’un briquet qu’on ouvre et qu’on referme.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Mais à part moi, qui fume ici ?
« Clic Clac … Clic Clac … »
Pas Tony c’est certain.
« Clic Clac … Clic Clac … »
Ray alors!!!
Brutalement, j’ouvre les yeux. Allongé sous les couvertures chaudes qui sentent le kiwi, je me tourne. Tony est assit sur le rebord du lit, il me tourne le dos, et toujours ce bruit :
« Clic Clac … »
Toujours engourdi par la fatigue, je lève le bras et caresse doucement sa peau.
« Clic »
Il frissonne et se retourne.
« Clac »
Il me sourit. D’un geste vif, je le vois ranger quelque chose dans le tiroir de sa table de nuit. Il se penche sur moi et dépose un baiser dans le creux de mon cou.
- Joyeux Noël, murmure-t-il au creux de mon oreille.
J’ai passé la nuit ici. La veille, après avoir fait l’amour d’une singulière façon - et très satisfaisante je dis pas ! - je me suis accordé un petit somme. En me réveillant, une douce odeur de bonne cuisine me chatouillait les narines et je me suis levé. Tony préparait à manger en chantonnant. Je me suis arrêté pour le dévorer des yeux dans son tablier et lorsqu’il m’a aperçu, il m’a accueillit d’un sourire si innocent que je suis lamentablement tombé - oui on a fait mieux comme drague. Quoi qu’il en soit ça l’a bien fait rire et moi ça m’a bien fait mal.
Après quoi, on s’est installé pour manger et je lui ai parlé. Même s’il m’a affirmé ne pas vouloir d’explication, je l’ai supplié de m’écouter. Alors il m’a écouté. Je lui ai parlé de Morgan et de la conversation que j’avais eu avec elle avant qu’on fasse l’amour pour la première fois, ainsi que de celle qu’on avait eu après que Katy fasse son entrée fracassante dans l’histoire.
Il m’a écouté jusqu’au bout sans m’interrompre et quand j’eu fini la seule chose qu’il a trouvé à dire c’est :
- Mais ça veut dire que tu reverras pas ta sœur alors ! Ça coûte combien une place d’avion sur Air France pour l’Espagne ?
Je l’ai serré fort dans mes bras et là il m’a dit :
- J’aurais dû décorer mon appart’ pour le réveillon non ?
Et j’ai ri.
À vrai dire, tout comme moi, il ne s’attendait pas à passer la veille de Noël avec quelqu’un et puis, du fait de son récent emménagement et du budget serré avec lequel il devait vivre - cours par correspondance, loyer et tout ça à payer grâce à une paie minable - il n’avait pas eu le loisir d’acheter une seule branche de houx. Quant à moi, j’avais honte de lui parler des dizaines de guirlande et de boules rangés dans un carton lui-même rangé sur l’armoire qui se trouvait dans ma chambre.
Après quoi, il m’a demandé de lui parler de mon enfance dans mon pays natal. Je n’ai rien omis. Hormis le fait que je suis né dans une caravane - je suis tzigane je vous l’avais di ? Non! Bah maintenant vous le savez - et que par conséquent j’avais vécu toute ma vie avec des Roms à parcourir le pays en long en large et en travers une bonne dizaine d’année. Ah ! Et aussi le fait que j’avais eu ma première relation sexuelle à quinze ans avec mon meilleur ami dans un champ de blé avec pour seul témoin : un épouvantail.
Ensuite il m’a demandé de retirer mon tee-shirt - pour appliquer une pommade sur mon bobo bandes de folasses! - et on s’est couché en se serrant fort l’un contre l’autre. J’ai passé plusieurs heures à lui caresser tendrement les cheveux, même après qu’il se soit endormis, tout en regardant le plafond. À penser à lui. À l’avenir qui s’ouvrait enfin devant moi. L’homme de ma vie, ma sœur, mon pays.
C’est vrai ça, combien ça coûte une place d’avion pour l’Espagne? Et deux ? Tout à coup, j’avais follement envie de lui faire découvrir ma région, ma famille. Il fallait que je l’emmène là-bas, au moins une fois ! En vacance, une semaine ou deux.
Et alors que je jubilais en pensant à tout ça, je me suis endormis.
Voilà, maintenant il est contre moi et il me dit :
- On va prendre une douche ?
Je suis facile à convaincre vous savez.
Sans attendre ma réponse, simplement en voyant mon sourire, il a sauté hors du lit et s’est rué dans le couloir, vers la salle de bain. Je me suis redressé tant bien que mal - j’ai mal euh!! - et j’ai mi un pied hors du lit lorsque mon portable à sonné. Va te faire foutre. Mais ça ne semblait pas s’arrêter. J’ai grogné - oui je grogne beaucoup quand j’ai bobo - et je me suis levé dans une grimace. Sur une chaise, tout prêt de la porte de la chambre, Tony avait déposé mes vêtements. J’ai sorti ce putain de téléphone de cette putain de poche de ma putain de veste et j‘ai beuglé :
- Mais quoi putain ?!
Oui, je suis très irascible quand on me dérange alors qu’un garçon sexy en diable m’attend complètement nu sous un jet d’eau brûlant.
- Dany ? C’est moi …
Katy. Oui je ne l’appel plus ma « femme-dinde » à partir de maintenant, se serait déplacé sinon, croyez pas ?
- Qu’est-ce tu veux Katy ?
- Tu es … avec lui ?
- En quoi ça te regarde ?
- J’ai quelque chose d’important à te dire.
- J’ai pas envie de t’entendre, au revoir.
- Je suis enceinte.
Lourd silence. Dans le combiné, j’entend sa respiration saccadée, entrecoupé par des sanglots. Non mais je la connais vous affolez pas, elle invente tout ça croyez-moi c’est des conneries.
- T’as rien trouvé de mieux pour m’enchaîner hein ? lançais-je sincèrement dégoûté.
- Quoi ?
- La prochaine fois inventes quelque chose qui tienne la route connasse ! Tu sais très bien que moi je ne baise pas sans capote.
Et je raccroche. Je peux vous jurer sur ma vie que jamais, au grand jamais, je n’ai eu de rapport non protégé. Pas même avec elle. Et ça c’est carrément vrai.
J’entre dans la salle de bain et sitôt mon regard se pose sur Tony que tous mes tracas s’envolent. Pas pudique pour un sou, mon amant me sourit, nu au milieu de la pièce et me dit :
- Dépêches-toi j’ai froid.
...
Et voilà ! Gabie a
préféré vite en finir avec les "Chapitres Guimauve"
avant de passer à la suite !

Le mystère
s'épaissit, un problème pointe le bout de son nez, ainsi qu'un
nouveau rêve ... 
Mais que cache donc
notre petit Tony aux airs si innocents 
Va y avoir du sport
mes enfants 
Mais demain, là Gabie
est fatiguée 

avec le sexe bien sur
je sais c'est pas charmant^^ mais je vais mieux


*danse la maccarena*
sinon, t'aurais quand même pas osé sous entendre que Dany aurait "aidé" Tony, sans le savoir vraiment, dès son arrivé en france ????????
bien qu'on ai rien fait




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