Je me doutais bien que je le trouverais ici. Je suis arrivé près du garage - on est dimanche alors il est pas ouvert - et me suis garé près de la grille en fer forgée, à moitié caché derrière le grand panneau sur lequel est écrit : « Garage des Montgoins » - comment c’est débile comme nom ! -, bref n’importe quel neuneu aurait pu me remarquer. Et sa moto était là.
Je savais qu’il serait chez Philip. C’est bizarre hein ? Cette intuition de tout savoir ? Bah oui mais c’est comme ça. Ray est chez Philip Starkey et je ne me l’explique pas. Enfin si : à tous les coups ils ont été amant, ce qui explique que l’un - Ray - s’accroche et l’autre - Philip - râle. Oui je vous l’accorde il râle tout le temps lui mais plus avec Ray donc j’en suis arrivé à cette conclusion.
J’attends.
Pour éviter d’avoir à penser, j’allume la radio. Elle est branchée sur Nostalgie et c’est « Le géant de papier » de Jean-Jacques Lafon qui passe. Je change sur NRJ, « Ta main » de Grégoire. J’éteins la radio. C’est pas vrai bordel sors de ma tête. Tony encore et toujours Tony. Je l’ai perdu c’est clair comme ça !!! Je m’apprête à me faire casser la gueule par son bodyguard alors c’est pas le moment d’avoir des remords.
Mais quand même, ses yeux étaient si tristes tout à l’heure …
J’abats ma tête sur le volant. Et si je tentais quand même de me faire pardonner ? C’est lui qui l’a dit, il est prêt à tout supporter parce qu’il m’aime non ? Comment c’est lâche. Je me cogne la tête trois fois de suite sur le volant. Aïe.
J’ignore combien de temps je l’ai attendu - comme si ça avait de l’importance - mais il a fini par sortir de la maison - si on peut appeler ça une maison - salement amoché. Y’a eu de la bagarre ! Une bouffée de stress est montée en moi et mes mains se sont crispées sur le volant - c’est mon ami lui aujourd’hui - mais sans même m’accorder un regard, Ray est monté sur sa moto et a mi les voiles. Hein ? Il m’a même pas capté ? Quand même un peu hésitant, je met le contact et me lance derrière lui.
J’ai pas l’intention de me cacher ni même de le prendre sournoisement en filature, j’espère bien qu’il finira par me remarquer au contraire. Mais rien. Il continue son chemin, moi sur les basques, vers le centre-ville. Il est con ou quoi ? Et c’est sensé être un flic ça ? Même pas capable de voir quand on le suit de près ? Minable.
Triste ironie du sort, il s’arrête près d’un immeuble gris et sale à une rue de notre immeuble MON immeuble !!! C’est pas vrai ça … Il gare sa moto - en fait je suis incapable de vous dire s’il s’agit d’une Suzuki ou d’une Harley, tout le monde s’en fou je crois - et met un pied à terre, chancelant. L’a pas l’air en forme.
Moi j’ai arrêté ma voiture en milieu de la rue, en face de lui, le moteur tournant toujours. Et enfin, il lève la tête vers moi. Ça y est il m’a vu - pas trop tôt - et fronce les sourcils. Il sait que c’est moi ou pas ? J’ouvre la portière et sort. On se fait face.
- Qu’est-ce qu’il me veut l’immigré ? me lance-t-il en sortant un paquet de Marlboro de sa poche.
Alors là je suis perplexe. Quoi, il est pas au courant ? Tony n’est pas venu le voir !!! L’inquiétude remplace le stress et j’avance d’un pas.
- Tony n’est pas avec vous ?
Ma question l’oblige à se figer, cigarette au coin du bec, briquet allumé en main, regard haineux dirigé droit sur moi. Silence. Finalement, il semble se souvenir que c’est à son tour de répliquer et rengaine son briquet.
- C’est quoi cette question ?
Ma gorge se serre et je recule d’un pas. Jamais j’avais vu tant de haine sur un visage c’est comme si Hulk avait prit possession de ce mec ! Maman …
- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? me demande-t-il en jetant sa clope neuve dans le caniveau.
Il avance vers moi. J’ai encore le temps de remonter dans ma voiture et lui rouler dessus vous croyez ?
- Euh … bah …, bégayais-je.
Oui, le courage d’un paresseux narcoleptique vous pouvez le dire.
- On a couché ensemble.
Ray se fixe comme s’il venait de se faire asperger par Mr.Freeze. J’avoue que j’ai le don de lâcher mes bombes avec flegmes et délicatesse - BUZZ BUZZ !! gros mensonge.
- Et j’ai … comment dire … oublier de lui préciser que j’allais me marier. Alors quand ma fiancée s’est ramené ça a fait tâche.
Il s’est jeté sur moi. J’ai même pas eu le temps de trembler, de rassembler un tant soit peu de mon courage - hum hum - ou même de serrer les dents qu’il m’envoyait dans le caniveau au même titre que sa clope d’un seul coup de poing. J’ai pas vu le coup partir, j’ai juste senti la douleur et le goût cuivré du sang dans ma bouche. J’avais presque oublié l’effet que ça fait.
J’ai oublié de vous préciser que, fut un temps, j’ai été champion de boxe poids léger ? Champion national d’Espagne en réalité. J’aurais pu me relever, parer quelques uns de ses coups, ou même lui en rendre pourquoi pas, mais je ne l’ai pas fait. Je l’ai laissé m’attraper par le col pour me relever, me frapper une seconde fois au même endroit - ce qui fait très mal - rien que pour le plaisir de me revoir tomber. Et je me suis rouler au sol en protégeant mon visage de mes bras pour recevoir les coups, attendant qu’ils cessent de pleuvoir. Je ne sais pas combien j’en ai pris dans l’abdomen mais assez pour vous affirmer sans problème que j’avais au minimum une côte de casser - ça n’était pas la première fois, de ce fait je sais qu’elle sensation ça procure.
Pour ma défense je tiens à préciser que je n’ai pas crier une seule fois - bon peut-être un ou deux miaulement de douleur - et j’ai relevé la tête lorsque les coups ont enfin cessé. Quand j’ai vu son flingue qui me regardait droit dans les yeux, là j’ai commencé à avoir les chocottes. Juste sa voix :
- Salopard.
Le bruit du chien qu’on rabat, et :
- NON !
La détonation.
J’ai attendu une quelconque douleur qui viendrait se mêler à celles déjà présente - à savoir qu’au moins 90% de mon corps était affreusement douloureux -, mais rien. Alors j’ai rouvert les yeux, que j’avais au préalable fermés bien entendu, et j’ai vu Tony, trempé jusqu’aux os, qui s’était apparemment jeté sur Ray pour dévier son bras juste à temps. La balle venait de se loger dans le mur dix centimètres au-dessus de ma tête.
- Non, a-t-il répété d’une voix faible, je t’en prie.
Ray ne me quittait pas des yeux, un regard froid et terne dans lesquels je pouvais y lire une affreuse envie de tuer, une soif de vengeance à faire pâlir Dardevil - mais si rappelez-vous, le héros tout rouge et aveugle de Marvel - et il n’a pas bougé. Même lorsque Tony s’est agenouillé devant moi.
Et la première chose qui m’a frappé : ses yeux brillants. Des vestiges de larmes sur ses joues, de tristesse dans son regard, mais tellement de tendresse dans cette caresse. Sa main passa lentement sur ma joue tuméfiée, et il m’a dit :
- T’aurais pu te faire tuer.
J’ai souris autant que le permettait ma triste joue et je me suis redressé : ma hanche cria de douleur et je priais pour qu’elle ne soit pas casser elle aussi. Tout comme mon orgueil …
- C’était ça l’idée, minaudais-je en essuyant le sang qui coulait de ma lèvre supérieur fendue.
Oui bon d’accord, j’ai exagéré. Je voulais juste qu’il me casse la gueule un bon coup. Mais admettez que c’était suicidaire de venir voir Ray !
Tony m’a sourit tristement. La pluie continuait de tomber, fine et glaciale et, allongé là dans une flaque d’eau, lui devant moi, je me suis senti soudain vulnérable. Et ma gorge s’est nouée. J’ai tenté de me relever.
- Arrêtes ! s’est écrié Tony en m’arrêtant. Tu vas te faire mal.
- Lâches-moi.
J’ai senti son souffle se perdre dans un sanglot et les doigts de Ray se crisper sur son arme.
- Va-t-en, ais-je murmuré en fuyant son regard.
Silence. On entendait que les gouttes tomber sur le bitume et la veste en cuir du flic.
- Pourquoi ? m’a-t-il demandé dans un soupir.
J’ai risqué un regard vers lui et vu qu’il pleurait. Je n’ai pas répondu : Pourquoi ? Mais parce que tu es trop pur pour moi. Si je lui di ça je vais passer pour un couard pas vrai ? Et puis si jamais j’ouvre la bouche, je sens que je vais pleurer. Alors il a agrippé ma veste de ses mains tremblantes et a laissé tombé sa tête sur mon torse pour pleurer. Puis il a dit :
- Pardon.
J’étais tellement estomaqué que je n’ai pas répondu tout de suite. Pourquoi c’est lui qui s’excuse ?! Ray semblait aussi perplexe que moi. J’allais répliquer mais Tony m’en a empêché en posant un doigt sur mes lèvres.
- Je n’avais pas compris, a-t-il continué, quand tu me parlais de ta sœur et de mariage. Je n’avais pas compris que tu essayais de me prévenir pour cette femme. Je crois que je ne voulais pas comprendre.
Ah mais euh …
- Je comprend maintenant, tu veux revoir ta sœur et je ne me mettrais pas entre vous. Je ne veux pas tout gâcher.
Et il s’est agrippé à moi plus fort.
- Mais je t’en prie, ne me jette pas comme ça, laisses-moi être à toi !!! Je ne te demandes que … je ne veux que toi alors … même si c’est pour une nuit … ou deux par semaine … je veux que se soit toi …
Et il est retombé contre ma poitrine, s’abandonnant de nouveau aux larmes. Il a sangloté tout contre moi, trempé, faible et perdu. Et je crois que je l’étais tout autant. Non faut pas me dire ça, surtout pas ! J’ai relevé les yeux et croisé ceux de Ray. Son regard me disait clairement : « méfies-toi de ce que tu vas répondre » et comme pour appuyer ça, il a de nouveau braquer son arme sur moi. Il semblait sérieux c’est ça le pire.
On devait formé un drôle de trio quand même. Moi avachi par terre, les fesses trempées et du sang sur le visage, Tony en tee-shirt dans mes bras, tremblant et pleurant et Ray avec sa coupure au cuir chevelu qui ne voulait pas s’arrêter de saigner, qui braquait son flingue sur ma tronche. Dieu merci, pour un dimanche 24 Décembre, les rues étaient désertes, enfin surtout la nôtre.
Alors j’ai pleuré. Tony contre moi, j’ai passé un bras autour de sa poitrine et enfoui mon visage dans le creux de son cou - mon endroit préféré rappelez-vous - pour respirer l’odeur de ses cheveux mouillés aux effluves de kiwi. Et je lui ai di :
- Je t’aime.
...
Tout ce romantisme fait gerber Gabie
Gabie déteste le romantisme
Mais Gabie avait envie de mettre du
romantisme
et maintenant Gabie a envie de se
gratter les fesses 
On pourrait croire que c'est fini là mais euh, c'est loin de l'être. Dan-Dan n'est pas au bout de ses surprises
<== toujours pas rassurant du
tout
Accroches-toi
SuperDany ( avec le collant et la cape s'il vous plait !)
The-Grand-Michant-Loup arrive 
Oui Gabie est en
plein délire mais ça c'est parce qu'elle vient de se faire couper
les pointes ( de cheveux entendons-nous bien
)

Ps : en image, Tony
( dessin by Gabie
). Oui je sais c'est un peu
abusé. Mais Gabie aime faire dans la démesure 



ne me refais plus du tout flipper comme ça
Quoi ?! c'était pas ça le plus important dans le chapitre ??? 




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