Que du bonheur - Chapitre 13  (Que du bonheur ( terminé )) posté le lundi 08 juin 2009 22:57

Chapitre spécial Ray / Philou dédié à ma Yayette

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...

    Il frappa trois coups sur la porte imbibée d’eau et attendit. Des pas mal assurés, un grommellement injurieux et la porte s’ouvrit.

- Putain t’es chiant ! s’écria Philip. Dégages !

    Ray l’arrêta avant qu’il ne puisse refermer la porte et il entra dans la maisonnette.

- Pourquoi est-ce que tu refuses toute protection ? s’indigna-t-il en claquant la porte derrière lui. Sois sérieux un peu ! Gabriel peut …

- J’en ai rien à foutre de ce gamin, dégages j’ai di !

- Phil … t’es saoul ?

- Nan.

    Philip Starkey se laissa tomber sur son canapé miteux, trois cadavres de bouteilles de bières à ses pieds et une vodka à moitié vide - ou à moitié pleine ça dépend comment on voit la chose - dans une main. Il leva un regard vitreux vers l’intrus dans une expression qu’il voulait sans doute menaçante. Ray soupira.

- Gabriel n’est plus un gamin, argua-t-il en s’asseyant près de Philip, il mesure un mètre quatre-vingt dix-huit et pèse quatre-vingt dix kilos, sans oublier qu’il est aussi tordu que son père voire plus.

    Philip eut un rire sans joie et leva le goulot de sa bouteille à ses lèvres.

- Bah putain, s’exclama-t-il après une gorgée, tu connais son dossier médical par cœur.

    Il rit de nouveau. Ray lui, ne trouvait pas ça très drôle. Le silence s’installa un moment.

- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda enfin Philip.

- J’viens m’assurer que tu vas bien.

- Te fous pas de ma gueule.

    Ray décida de prendre une grande goulée d’air pour se calmer, puis déclara :

- Y’a une semaine, on a surprit Gabriel qui rôdait autour de l’appartement de Tony. On était trop peu nombreux pour intervenir alors on l’a laissé filé et on l’a suivit. Seulement, on a perdu sa trace.

    Phil pouffa.

- Bande de nases, lâcha-t-il avant d’avaler une nouvelle gorgée.

- On ignore encore où il a bien pu passer et pourquoi il ne s’en est pas encore prit à Tony. Selon toute probabilité, il est retourné à Paris pour tenter de se rabibocher avec les anciens associés de son père sans doute. Sinon je ne vois pas où il peut être.

- Tu veux dire que vous utilisez encore Tony comme appât ?

    Ray préféra éviter son regard.

- Salopard ! s’écria Philip en envoyant valser sa bouteille enfin vide à l’autre bout de la pièce. Tu crois que ce gamin en a pas vu assez dans sa vie vous voulez encore jouer avec lui ?!

- C’est pas moi qui donne les ordres et tu le sais bien !

- Encore heureux sinon Gabriel serait déjà le maître du monde avec tes compétences.

    Ray serra les poings.

- Si tu veux mon avis, reprit Philip en se redressant tant bien que mal, il est simplement quelque part à attendre son heure.

- C’est pas son genre.

- Ah oui excuses-moi, tu le connais mieux que personne.

    Ray se redressa de toute sa hauteur et suivit Philip jusque dans ce qui ressemblait à une cuisine - en tout cas c’était ici que se trouvait le frigo. Au moment ou Philip ouvrit un placard, Ray le referma violemment et l’obligea à le regarder.

- Gabriel a trente-deux ans maintenant ! s’écria-t-il d’une voix grave. La dernière fois où je me suis retrouvé en face de lui il ressemblait à un champion de catch toute catégorie et il pulvérisait le crâne d’un de mes hommes à mains nues en encaissant une balle dans le bras comme si c’était une piqûre de moustique ! Alors le jour où il décidera de s’en prendre à toi crois-moi, ça te fera très mal !

    Le visage de Philip perdit ses couleurs.

- La dernière fois que tu l’as vu c’est-à-dire ? demanda-t-il d’une voix tremblante.

- Deux jours après son évasion à Paris. On était à cinq hommes armés et lui était seul avec un canif. J’suis le seul du groupe d’intervention à m’en être tiré. Tu piges maintenant ?! Le gosse qu’on a coincé y’a dix ans et envoyé en taule est mort ! Ce Gabriel là n’est plus le même. Il est encore pire qu’avant … alors s’il te plait, fais attention.

    Philip garda les yeux dans le vague quelques instants puis sembla reprendre ses esprits et se dégagea de la prise de Ray.

- Et pourquoi hein?! hurla-t-il les yeux fous. Qu’est-ce que j’ai bien pu lui faire moi? Rien ! Tout ce que j’ai fais s’est accepté de prendre un gosse chez moi y’a treize ans, j’ai rien à voir dans cette histoire c’est toi qui a tué son père pas moi ! C’est après toi qu’il devrait en avoir !!

    Ray eut un sourire mi-figue mi-raisin.

- Oui, concéda-t-il doucement, j’ai tué son père c’est vrai. Mais tu te trompes totalement si tu crois que c’est pour ça qu’il joue avec moi. Pourquoi est-ce qu’il m’aurait épargné après avoir tué mes hommes dans cette ruelle à Paris ? Simplement parce que ça l’amuse. Et dès qu’il ne s’amusera plus, il me tuera. Mais pas parce que j’ai butté son paternel, parce que je lui ai pris Tony.

    Les deux hommes se lorgnèrent du regard un moment.

- C’est pour ça qu’il a tué ma sœur, reprit doucement Ray, y’a dix ans.

    Philip baissa les yeux et murmura :

- Ma femme …

    Puis il plongea son visage dans ses mains et se mit à pleurer. Tout doucement, Ray passa ses bras autour de sa taille et l’attira à lui. Il plongea son visage dans ses cheveux cuivrés et huma son odeur. Toujours cette même odeur de miel et d’orange chaude.

        « J’ai toujours été jaloux de toi Sylvia, pensa-t-il tristement, jaloux de ma propre sœur parce que tu t’étais marié avec l’homme que j’aime. »

    Sans même prendre gare à son geste, il déposa ses lèvres au creux de son cou, caressant cette peau chaude qu’il désirait tant. Philip frissonna et le repoussa violemment.

- Connard ! s’écria-t-il. J’suis pas encore assez bourré Ray, t’arriveras pas à profiter de moi comme y’a dix ans.

- Autant que je me souvienne c’est toi qui m’a supplié de te prendre.

- Menteur !!!

    Philip se jeta sur lui dans un cri de rage. Totalement saoul, il rata sa cible de vingt bon centimètres et se réceptionna sur ce qui semblait être une table - couverte de cambouis et d’outils. Il était en larme. Ray le regarda pleurer quelques secondes puis fit volte-face. Bien évidemment que Gabriel ne s’en prendrait jamais à Philip. Pour quelle raison ? Il ignorait même qu’il vivait ici - probablement en tout cas. Et il n’avait pas de temps à perdre. Il se préparait en vu de le défier lui. Un combat qui tournerait autour de Tony, comme il y a dix ans …

    En réalité, Ray se servait de cette excuse pour s’inviter chez Philip. Il aurait tant voulu ne jamais l’avoir mêlé à ça, ni lui ni Sylvia. Mais revenir en arrière était impossible. Il avait commis une grossière erreur il y a treize ans en confiant cet enfant à ce couple tout juste marié. Plus jamais il ne mettrait la vie de Philip en danger. Il avait presque atteint la porte quand :

- J’en ai pas fini avec toi salop !

    Philip se jeta sur lui et le tira en arrière. Déséquilibré, Ray s’étala sur le sol en dallage poussiéreux. D’un geste souple, il réceptionna le corps qui se jetait sur lui et le fit roulé sur le côté pour se retrouver au-dessus de lui. Philip se débattit en hurlant :

- Je te hais ! Tu l’as tué c’est de ta faute si elle est morte de ta faute !!

    Les deux hommes se débattirent violemment, Philip tentant de prendre le dessus et Ray luttant pour ne pas perdre sa place de dominant. Très vite, abruti par l’alcool et la tristesse, Philip perdit ses forces et cessa de gigoter. Haletant, penché au-dessus de lui, Ray reprenait son souffle.

- Je te hais, murmura Philip en pleurant de nouveau, je te déteste comme c’est même pas permis de détester quelqu’un !!!

- Moi aussi, répliqua Ray sans le quitter des yeux.

- Menteur !!!

    Soudain, Philip l’agrippa par le cou et le tira à lui pour l’embrasser. Ray ne résista pas et savoura sa langue au goût de vodka et de caramel. Pourquoi ? Chaque fois qu’il se retrouvait dans les bras de Philip Starkey, il perdait tout self-contrôle. Fébrilement, il déchira son tee-shirt et passa ses mains sur son torse frissonnant. Dix années s’étaient écoulées et Philip n’avait pas changé, réagissant exactement de la même façon sous ses caresses : il gémit et le traita d’enfoiré.

    Ils s’embrassèrent longtemps. Les caresses de Philip oscillaient entre abandon et révolte, comme si lui-même hésitait entre se donner ou le repousser. Ray avait continuer de le déshabiller et ne lui laissa que son tee-shirt déchiré. Très vite, sans doute de peur que son amant de l’instant prenne une décision, Ray dégrafa son propre pantalon, obligea les jambes de Philip à se resserrer autour de sa taille et le pénétra avec toute la force dont il était capable.

    Philip Starkey cria et la douleur sembla le ramener à la raison. D’un geste vif, il s’empara d’une bouteille de bière restée au sol et l’abattit violemment sur la tête de Ray. Sonné, celui-ci le lâcha et Philip s’écarta de lui.

- Enfoiré !!! cria-t-il avant de le frapper au visage à coup de pied.

    Ray roula sur le côté. Non, c’était différent. Dix années s’était écoulées et Philip avait énormément changé. La dernière fois, il s’était laissé faire, allant jusqu’à pleurer dans ses bras et en redemander. Qu’est-ce qui avait bien pu changer cette fois ?

    Philip recula jusqu’à touché le mur, ramena ses jambes contre lui et plongea son visage entre ses genoux pour pleurer. Pourquoi Ray agissait-il ainsi? Dans d’autre circonstance, il se serait donner corps et âme à lui. Mais pas comme ça …

    De son côté, Ray resta plusieurs minutes allongé sur le dos à laisser le sang couler de la plaie qui s’était ouverte sur son crâne, et à se maudire jusqu’à la septième génération. Puis, tout doucement, il se redressa et sortit de la maisonnette sans un regard en arrière ndla : pour celles qui se poseraient la question : oui, il a prit le temps de fermer sa braguette XD, en se jurant de ne plus jamais y revenir. Chaque fois qu’il devait croiser le regard doré de cet homme, il se sentait obliger de le posséder, même contre sa volonté, alors autant ne plus le revoir.

    Perdu dans ses pensées, accablé par sa propre honte, Ray monta sur sa moto et prit la direction de son appartement. Et, tout le long du chemin, il ne remarqua pas un seul instant la voiture qui s’était mi en tête de le suivre …

...

Et voilà Yayette d'Amoureuh {#} un spécial Ray / Philou ! Oui d'accord c'est pas très coustillant ce qui s'y passe mais ce "couple" est un peu spécial ( oui bon : carrément barje {#} ) m'enfin c'est pas comme si ç'avait de l'importance ( ah bon ça en a {#} )

Partagé entre amour et haine, tendresse et violence {#}

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Tous les commentaires de l'article:
Que du bonheur - Chapitre 13

  • tryto-remember lun 27 jui 2009 16:42
    C'est un peu un couple pas troo possible ^^ mais c'est justemen, ce que j'aime ^^

  • Plaisance

    sam 13 jun 2009 06:38

    C'est un couple assez improbable xD Même assez barje. Enfin bon, comme on dit, entre la haine et l'amour il n'y a qu'un pas

  • Lilly

    mer 10 jun 2009 00:17

    Ah mais j'en ai marre de tout ce mystère autour de Tony que tu amplifies un peu plus à chaque fois que tu parles de lui !! Ze veux savoir !

  • YaYa

    mar 09 jun 2009 11:40

    hhhhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
    c'était parfait, génial, hilarant. Non mais sérieux pouvait attendre mieux pour eux
    Sont vraiment space ça c'est vrai, mais c'est ce qui fait le charme de leur heu couple?

    pour ce chap, et merci de me l'avoir dédié

    Bisous

  • Misa

    mar 09 jun 2009 11:22

    Tendresse et violence= sadomaso
    Moi j'aime bien ce chapitre même si j'étai un peu étonnée de la réaction de Philip, le coup de "je t'assome avec la bouteille" est ma-gni-fi-que!


 

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