le 24 décembre
Je sais pas si c’est le cas pour vous mais en me levant ce matin-là, j’ai eu la très agréable sensation d’être l’homme le plus heureux du monde. Ça fait quatorze ans que je couche à droite à gauche - oui si vous vous posez la question il m’est déjà arrivé d’avoir recourt à une « professionnelle » - mais jamais je n’avais été aussi comblé. C’est dingue de voir à quel point on peut se sentir béat rien qu’en faisant l’amour à quelqu’un.
Je me retourne, encore engourdi par le sommeil, et tombe à la renverse. J’avais oublié ce léger détail : je suis encore sur le canapé. On n’a pas bougé de là de toute la nuit et, pour se tenir chaud, on s’est serré fort l’un contre l’autre. Lorsqu’il s’est endormi tout contre moi, je l’ai regardé pendant plusieurs heures. Et là je me suis rendu compte à quel point je le trouvais beau.
Mais là, en me redressant, je réalise que je suis seul. Je tourne la tête. Le canapé est vide - évidemment je viens de me ramasser le cul par terre - et mis à part mes vêtements, rien ne traîne dans le salon.
Parti ?
- Tony ? appelais-je doucement.
Pas de réponse. Bon sang il a pas fait ça ! Paniqué, je me jette sur mon jean et l’enfile difficilement - essayez de vous habiller avec grâce allongé sur votre carrelage vous - puis je me relève et ouvre la porte de mon appartement pour débouler dans le couloir. Là, je m’arrête.
Tony vient à peine de poser le pied sur l’avant dernière marche de l’escalier de l’immeuble, un paquet de croissants chauds dans les mains, il me regarde légèrement ébahi. Oui, je dois faire peur avec ma tête d’adolescent du matin, pieds nus et le pantalon même pas fermé. Heureusement que c’est pas la voisine du dessus que j’ai croisé. Il me sourit et toute nervosité disparaît en moi.
- Oups, me dit-il dans un sourire en désignant les croissants, je voulais te faire une surprise mais c’est raté.
- T’imagines même pas la trouille que j’ai eu en me réveillant seul, avouais-je en m’appuyant contre le mur froid.
- Ah oui ?
Il s’approche de moi en souriant. Je ne sais pas ce qui me fait le plus trembler, le froid du mur dans mon dos ou son regard légèrement - trop en fait - aguicheur. J’esquisse un pas vers lui quand soudain, le début de la fin :
- Dany chériiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!!
Oh non ! Je reconnaîtrais cette cacophonie entre mille. Au tour de Katy de débouler de l’escalier, habillée comme s‘il faisait quarante degrés à l‘ombre dehors. Paralysé de terreur, je la regarde pousser Tony sans ménagement et me sauter au cou.
- Mon chéri d’amour !!!!!!!!!!!! J’ai une bonne nouvelle ! L’enquête est enfin terminé on va pouvoir avancer la date du mariage!
Ses mots glissent sur ma peau sans que je m’en aperçoive, tout comme ses lèvres. Le regard planté droit devant moi, je n’ose même plus regarder Tony. Et Katy m’embrasse sans même que je réagisse. Soudain, elle s’arrête et se tourne.
- C’est qui lui ? demande-t-elle avec toute la grâce dont elle dispose - autrement dit pas énormément.
Je glisse un regard lointain vers Tony qui fixe la scène sans trop y croire. On se regarde quelques secondes, puis il recule jusqu’à s’accoler au mur derrière lui. Les yeux embués de larmes, il répond d’une voix tremblante à peine audible :
- Rien que … le voisin …
Accablé par le chagrin, il se jette dans l’escalier en retenant des sanglots. Je le regarde les dévaler vers la sortie de l’immeuble. Bon sang rattrapes-le fait quelque chose ! Réagis merde ! Mais j’en suis incapable, trop abattu par ma propre bêtise.
- Allez viens on va baiser !
Même la voix stridente de Katy ne m’aide pas à réagir. Sans ménagement, elle m’entraîne dans mon appartement, claque la porte, et me pousse sur le canapé. J’ai l’impression de revivre la scène au ralenti sauf que cette fois, je n’y tiens pas le même rôle. D’un bon, elle se jette sur moi, s’assoit sur mes hanches et commence à se déshabiller.
J’y crois pas. Je suis devenu un ami proche de Tony, on parlait de tout et de rien, on s’est raconté nos histoires passés, je n’ai rien omis à par le fait que j’étais fiancé et que j’allais me marier. Pourquoi est-ce que je ne lui ai rien dit sur elle ?!
Katy se penche sur moi et m’embrasse fougueusement.
Peut-être parce que je savais que cette révélation créerait une barrière indestructible entre nous.
La bouche de Katy a un goût de rouge à lèvre.
Peut-être parce que je ne voulais pas qu’il me croit indisponible, que je voulais être totalement libre pour lui.
Les cheveux de Katy sentent la coloration.
Peut-être simplement parce que c’est lui que je veux épouser.
- Dany ?
Je regarde Katy dans les yeux. Elle a l’air en colère. Elle a remarqué que je ne bandais pas ? Elle se redresse, toujours à cheval sur moi, et attrape quelque chose.
- C’est quoi ça ?
Ça, abrutie de femme-dinde, c’est un emballage de capote.
…
AH !
- Euh …, fut la traduction faite par mon cerveau de : « bah hier j’ai déchiré ça avec mes dents pour faire l’amour à un garçon mais la capote est dans la poubelle je te le promets! »
- Putain !
Pleine de grâce oui.
Elle se relève et me fait face, totalement nue. Et moi je réalise que je le suis également. Quand est-ce qu’elle a retiré mon jean ?!
- Tu t’es encore envoyé une salope ramassé dans ton garage ! s’écrie-t-elle.
Je secoue vigoureusement la tête de droite à gauche. Et le fait qu’on se soit rencontré dans ce garage justement parce qu’elle avait crevé ne me fait même pas rire. Quoi que c’est assez ironique non ? Je me redresse et m’assoit sur le canapé. Une odeur de kiwi plane encore sur les tissus …
Katy s’agenouille devant moi.
- Écoutes-moi bien petit con, me lance-t-elle en m’obligeant à la regarder, j’ai accepté longtemps que tu te foutes de ma gueule mais c’est fini maintenant. T’es à moi ! T’as pas le choix. J’accepte de supporter ta putain de sœur uniquement parce que je te veux pour moi toute seule alors maintenant tu vas arrêtés de te foutre de ma gueule et tu me baises !
Ni une ni deux, elle m’attrape par les épaules et nous tombons tous les deux sur le tapis, complètement nus. De me retrouver au-dessus d’elle comme ça fait remonter des souvenirs en moi, aussi bien charnelles qu’olfactif. Lui, à cette même place quelques heures plus tôt, qui me sourit les yeux brillants, qui m’ouvre ses bras, qui m’accueille en lui et qui me murmure ces mots …
Je t’aime …
Et de nouveau lui, l’odeur de ses cheveux, de sa peau, de son corps entier. Et ces mots …
Je t’aime …
Et encore lui il y a quelques minutes qui me regarde, brisé par la tristesse, et qui me tourne le dos en laissant tomber ces croissants à terre. Et moi, qui n’ais pas bougé. Pourquoi je n’ai pas bougé ? Pourquoi je suis ici à embrasser une femme que je n’aime évidemment pas ? Pourquoi je l’ai laissé partir merde !
- Je suis gay.
Euh là, c’est sortit tout seul.
Katy lâche mes lèvres, me fixe, et pousse un rire jaune.
- Mais oui c’est ça.
Elle se redresse dans l’idée de m’embrasser de nouveau mais je recule.
- Je suis gay Katy, insistais-je avec force, le garçon que tu as vu tout à l’heure dans le couloir c’était mon amant.
C’était …
Katy me fixe, puis son sourire disparaît peu à peu, pour laisser place à une colère sourde dans ses yeux. Elle semble soudain me prendre au sérieux.
- Vas te faire foutre espèce de sale pédale !
Et voilà, c’est ici que tout à commencé pour vous. Maintenant que vous savez comment j’en suis arrivé là, nus, penchés au-dessus d’une femme pleine de rage, à pleurer comme un enfant, vous serez plus à même de comprendre ce qu’il va suivre. Dehors, la pluie commence à s’abattre contre la fenêtre. La veille de Noël, nous y revoilà. Z’avez vu un peu tout ce que j’ai accompli en un mois et vingt-quatre jours ? Balèze hein …
Katy me repousse violemment sur le tapis et se relève. C’est ici que je me suis brûlé les fesses …
- Tu me fais gerber! me lance-t-elle.
Et moi je pleure. Comment j’ai pu être aussi bête ? Pourquoi ne pas lui avoir parlé d’elle plus tôt, pourquoi ne pas avoir été franc, pourquoi être si lâche ?!!! J’ai tout foutu en l’air uniquement parce que, quatorze ans plus tôt, j’ai fuis lamentablement et me suis obstiné toutes ces années à fuir la vérité. Quelle vérité ? Que j’ai eu tord de fuir ? Mais si je n’avais pas fuis je ne l’aurais pas rencontré. Et si je ne l’avais pas rencontré, je ne m’en serais pas tant voulu d’avoir fuis, alors je ne me serais pas poser toutes ces questions. Je pousse un sanglot et enfoui mon visage dans mes mains. Près de moi, Katy s’est rhabillée.
- Vas baiser tes tapettes connard de pédé!
Puis elle sort de l’appartement et claque violemment la porte. Je me retrouve seul, roulé en boule sur le tapis qui gratte et qui brûle. Où est-il maintenant ? Il est parti retrouvé Ray ? Comment ? À pied sous cette pluie ? Et s’il s’était juste laissé tomber quelque part pour pleurer ? Pour me maudire ? Pour ne plus m’aimer …
J’aimerais tant changer ce qu’il s’est passé. J’aimerais tant…revenir en arrière…
Hélas, ça n’est plus possible maintenant. Tout ce que je puisse faire c’est me relever et me punir. C’était évident que je ne le méritais pas, et ce depuis le début. Comment un être si pur puisse-t-il m’être destiné ? Il faut que je trouve quelqu’un digne de m’infliger une punition digne de ce nom.
En fait, deux personnes peuvent m’aider.
J’ignore combien de temps je suis resté à pleurer ici mais, lorsque je n’eus plus de larmes à verser, le cœur aussi sec qu’un parchemin et tout aussi douloureux - non ça n’a pas mal un parchemin c’est une métaphore - je me suis relevé, toujours nu, et attrapé mon combiné. Dans l’air, l’odeur de kiwi refusait de me quitter, et m’arracha un gémissement de douleur. D’une main tremblante, je composais le numéro.
- Holà holà holà !
- Moggy …
Le surnom que je lui donnais lorsqu’elle était enfant, en espérant que ça l’attendrirait un tant soit peu.
- Daniel ? Que pasa esta extraño ?
Je lui racontais toute l’histoire en commençant par ma fuite quatorze ans plus tôt et la raison qui m’y poussa. Ma connaissance avec la femme-dinde puis ma décision de me marier, et ma rencontre avec Tony. Tout ce qu’on a vécu jusqu’à la nuit qu’on a passé et l’intervention de Katy le lendemain. Sans oublier ma misérable incapacité à lui courir après. Sa seule réaction fut :
- Hijo de puta !
Ndla : voilà maintenant que votre narratrice a put enfin écrire sa tirade préférée, elle va passer à la traduction automatique pour le français, si c’est pas génial.
Je poussai un gémissement.
- Écoutes-moi bien petit con, reprit-elle - la deuxième fois qu’on me sort ça dans la journée quand même - tu vas te lever et le retrouver pour t’excuser c’est clair !
Je fis non de la tête - comme si elle pouvait me voir.
- Non Moggy c’est trop tard, argumentais-je d’une voix briser, de toute façon je le mérite pas.
- C’est quoi ce truc minable !!! On t’a bouffé les couilles ou quoi ! Si tu te lèves pas tout de suite je demande à Mama Gourou de te jeter un sort alors bouges ton cul !
Je m’obstinais tout en tentant d’ignorer le frisson de terreur qui courut le long de ma colonne vertébrale - rigolez pas, elle est vraiment capable de maudire les gens cette Mama Gourou ! - et provoqua chez ma sœur une colère dont jamais je n’aurais soupçonner ni l’existence ni la force.
- Va te faire foutre ! me lança-t-elle. Je le savais que t’étais pas mon véritable frère t’es vraiment trop lâche ! Finalement t’as eu bien fait de t’exiler alors reste dans ton payer de merde et oublis-moi !
Et elle raccrocha. Je suis resté plusieurs minutes le combiné collé à l’oreille à écouter les « bip bip bip » puis j’ai baissé la tête sur mes genoux, laissé le téléphone tomber à mes pieds, et me suis balancé d’avant en arrière en gémissant.
Il était tant d’aller rendre visite à la deuxième personne susceptible de me rabaisser plus bas que terre et, si possible, me faire passer un très sale quart d’heure.
Et j’avais une petite idée de l’endroit où je trouverais Ray.
...
Beuh comment ça c'est
fini ? C'est pas parce qu'y'a écrit "24 décembre" sur le
prologue et pareil sur ce chap que c'est fini
C'est loin d'être fini au contraire !

Daniel court-il à sa
perte ? 
Ps : Layla The Folle
!!! Comment ça va ? Euh non, "Entre deux" faut oublier maintenant,
j'ai mi à la poubelle, faut se contenter des fics maintenant

Ps2 : désolé tout le
monde, gros problème de publiage j'ai dû publiager deux fois




sinon ça va super bien surtout après avoir lu une petite suitouille 
Pourquoi lui faire subir ceci?????
mais va mouruter. Prions pour lui
Mais le pauvre quoi. Croyait que tu l'aimais bien Dany, non mais t'as vu tout ce que tu lui as mis dans la tronche en un chapitre ???!!!
et un couple de gay avec un petit bout, l'était trop mignon
) et que demain vais faire du sport avec une cop, donc je me connais et de sûr j'aurais pas tout tapé avant demain soir. Voili voilou tu sais pourquoi 
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