Que du bonheur - Chapitre 5  (Que du bonheur ( terminé )) posté le mardi 26 mai 2009 23:41

Le 29 Novembre

- Tony ? ! Tu te grouilles oui !

    Cette fois, ça n’est pas moi qui suis en retard ! En vingt jours, je dirais que j’aurais pu gagner le prix du plus sociable des garagiste. Tony et moi sommes devenus de grands amis, voisins de pallier qui se conduisent au travail - enfin moi surtout puisque Tony n’a pas de voiture - qui se rendent mutuellement service et qui déjeunent ensemble dès que l’occasion se présente. Et comme presque tous les matins je conduis Tony à son travail avant de partir pour le mien.

    Psychologiquement, mes relations sociales s’en ressentent. Ça fait treize jours que je n’ai plus de nouvelles de ma femme-dinde - qui a dit que 13 était un chiffre qui portait malheur ? - et je ne m’en porte pas plus mal. D’ailleurs plus le temps passe et plus je me dis que je devrais peut-être la larguer. Mais non, il faut que je pense à ma sœur …

- Bon tu te grouilles ?

    Quant à mes collègues de travail, je suis d’humeur plus joueuse et les espiègleries de Karl et Doug me font plus rire que grogner. Eux aussi le voient et ils m’en ont fait la remarque : « T’es de bonne humeur Dany ! » « T’as bien baisé cette nuit Dan-Dan! » « Ta blonde s’est amélioré ou t’as trouvé un film porno particulièrement bien filmé? » « Et ton nouveau mec il s’appel comment? »

- Tony euh !

    Parfois, leur perspicacité me rend dingue.

- J’arrive j’arrive …

    Le jeune homme sortit de son appartement et je fronçai les sourcils.

- Ça va ? demandai-je inquiet.

    Des cernes affreuses entouraient ses yeux bleus myosotis et ses cheveux en bataille venaient chatouiller sa nuque. Il sursauta lorsque je m’adressai à lui, comme s’il s’attendait à ne pas me voir ici.

- Euh … oui, j’ai … mal dormi… c’est tout.

   Il se força à sourire.

- Je t’ai mi en retard, excuses-moi.

- C’est rien.

    Je ne le quittai pas du regard, inquiet. Quelque chose n’allait pas j’en aurais mi ma main à couper, néanmoins je l’accompagnai au Leader Price sans poser plus de question, me contentant de parler de chose et d’autre en tentant de le faire sourire. Ce qui s’avéra délicat. Les lèvres sellées, le regard perdu dans le vague, Tony affichait une expression indéchiffrable. Quelque chose avec Ray ?

    Arrivé au garage, assaillit par un Philip plus grognon que jamais et un couple de gay aux idées loufoques bien décidé à jouer avec ses nerfs, j’éludai la question. Tony était libre comme l’air - d’après ses dires - mais ce Ray n’arrêtait pas les allés et retours vers son appartement. Parfois, on en arrivait à se croiser plusieurs fois par semaine mais on ne s’était jamais vraiment adressé la parole. Au début, le motard me lançait des regards amusés l’air de dire : « Tu perds ton temps mon grand » et puis finalement, ses regards étaient devenus plus noirs encore, plus méchant et agressif qui se traduisaient cette fois par : « T’as pas encore gagné ! ».

    Tony ne me parlait jamais de ce Ray et j’en était d’abord satisfait mais désormais, je commençais à me poser des questions. Qu’est-ce qui les liait en réalité ? Hormis le fait que Ray se soit occupé de Tony depuis sa plus tendre enfance ? En vingt jours, on avait eu le temps de faire plus amples connaissances. Apparemment, Tony était né sous X et n’avait jamais connu ses parents. Lorsqu’il avait été envoyé dans une famille d’accueil pour ses études au lycée, il avait rencontré Ray qui, par simple bonté, l’avait prit sous son aile. N’étant pas très brillant en classe Tony avait vite abandonné et suivait désormais des études de secrétaire médicale par correspondance, toute financée par Ray. Que cherchait cet homme exactement en s’occupant ainsi si généreusement de lui ?

    À mon tour, je lui avait également raconté mon histoire. J’était également orphelin, mais depuis moins bien longtemps que lui. Atteint de schizophrénie grave, mon père avait fini par devenir totalement fou et avait tué ma mère d’un coup de chevrotine avant de tourner son arme sur sa petite fille de neuf ans. J’était arrivé à temps pour sauver ma cadette et désarmer mon père avant de fuir de la caravane familiale. Le lendemain mon père avait été retrouvé allongé près de sa femme. Suicide.

    En entendant mon histoire, Tony avait pleuré. Attendrit, je lui avait assuré que cette histoire remontait à onze années et que rien ne m’importait plus que de rapatrié ma sœur en France. Et pour cela, je devais être marié.

    Pour la pause du midi, on avait prévu de se rejoindre dans un bar-restaurant à Coulommiers. Tony ne travaillant que la matinée tous les mardis, on se retrouvait ici tous les mardis. Ensuite je retournais travailler et Tony rentrait à son appartement. Après, quitte à savoir s’il retrouvait Ray, c’était une autre histoire …

    Arrivé en retard - essuyer un savon de la part de Philip prenait du temps - je me garais en hâte à cheval sur un épis et pénétrais vivement dans le café. Tony était assit au fond, une bouteille de coca à la main et plongé dans un bouquin. J’approchais et Tony leva les yeux vers moi en souriant. Les cernes étaient toujours aussi visible mais son sourire était plus franc et son regard plus sincère.

- Désolé je suis en retard, minaudais-je essoufflé.

- Je crois que c’est un genre qu’on se donne tous les deux, sourit-il en refermant son bouquin, on devrait peut-être tenté de guérir ça.

- Moi je me sens bien quand je suis en retard, ça emmerde les autres.

- Autosatisfaction ?

- Ouais le pied.

    On rigole.

- Qu’est-ce tu penses de Superman ? me demande-t-il.

    Hein ?

- Bah, je ne suis pas trop fan des Marvell, je suis plutôt Spirou et Titeuf, répondis-je incertain.

    Il rigole. La serveuse choisit cet instant pour débouler dans sa tenue noire.

- Comme d’habitude? nous demande-t-elle dans un sourire.

    Elle me fixe dans un sourire radieux. Je réponds par l’affirmative d’un hochement de tête et elle s’éloigne.

- Et du ketchup dans mon hamburger ! lui cri Tony.

    Il me regarde et rigole. Je ris à mon tour.

- Quoi ? lui demandais-je.

- Tu lui plais c’est évident.

    Je sors une cigarette de mon paquet - préalablement sortie de ma poche - et l’allume au coin de ma bouche.

- Mouais, marmonnais-je en évitant son regard, bah elle attendra parce que pour l’instant je suis plutôt garçon.

    Je lui jette un regard brillant et il baisse les yeux sur sa bouteille de coca, un mystérieux sourire aux lèvres.

- Et toi ? lui demandais-je doucement en expirant la fumée de cigarette.

    Il s’agit là d’un sujet qu’on a jamais vraiment abordé. Au début, je pensais qu’il était gay lorsque je l’avais vu en compagnie de ce motard - Ray - devant le Leader Price, mais en m’affirmant que se n’était qu’un ami pour lui, j’ai eu des doutes quant à sa sexualité. J’aimerais être sûr, enfin juste en ami bien sûr.

- Euh … moi je … enfin, baragouine-t-il le rose au joue, je sais pas.

    J’ai failli m’étrangler avec ma fumée de cigarette. Je ne m’attendais pas vraiment à cette réponse.

- Pas une fille ?

- Non.

- Ni même un garçon ?

- Non.

    Il est devenu rouge écrevisse et moi aussi excité qu’un taureau en rut - on fait la paire tous les deux. J’y crois pas, il est encore vierge. Ma jambe se met à tressauter et je tire une nouvelle taffe. Aïe, généralement ma jambe tressaute quand je m‘apprête à bander.

- Et Ray ? demandais-je histoire d’orienter la conversation vers un sujet qui ferait baisser mon voltage.

    Tony fronce les sourcils.

- Pourquoi est-ce que tu ramènes toujours nos conversations à lui, me demande-t-il d’une voix ou perce un brin de colère.

    Cette fois-ci, le tressautement de ma jambe est tout ce qu’il y a de plus nerveux. S’il découvre que je suis jaloux de ce Ray de mes deux - juste un brin promis -je suis pas dans la merde.

- Pourquoi tu me parlais de Superman ? lui demandais-je alors d’un apparent air serein - intérieurement j‘ai l‘impression d‘avoir été drogué à l‘hélium.

- Parce que je l’adore, sourit-il, près à aider les gens sans jamais rien demander en retour. Le pauvre se sent si seul, loin de sa famille …

    Je sens comme de l’amertume. La serveuse revient et dépose nos assiettes devant nous : Hamburger et frites pour lui, steak frites pour moi - bien saignant de préférence. Elle me sourit et je l’ignore.

- Et Ray tu sais s’il est gay ou pas ?

    Mais c’est pas vrai faut que je me fasse soigner !! Tony soulève une tranche de son hamburger et braque un regard meurtrier sur la serveuse.

- Bah et le ketchup! s’indigne-t-il.

    Puis il tourne son regard bleu vers moi.

- Peut-on avaler un hamburger sans ketchup ?

- Là est la question.

- Tu me le passes s’il te plait?

    Je me tourne vers la table derrière moi, m’empare dudit ketchup et lui tend. Il s’en sert généreusement et croque amoureusement dans son hamburger.

- De quoi che parlais décha ? me demande-t-il la bouche pleine.

    Je souris.

- Tu philosophais sur le problème des hamburgers sans ketchup.

- Ouais, reprit-il en essuyant le ketchup au coin de sa bouche, bah j’en sais rien figures-toi et tu veux que je te dises ? Je m’en fou ! Dès que ce gars a besoin de moi faudrait que je sois là à ses pieds et moi quand j’ai besoin qu’il soit là il m’envoie balader ! T’en veux ?

    Il me tendit ce qui lui restait de son hamburger alors que je grignotais une frite en le regardant, tentant par tous les moyens de comprendre de quoi il me parlait. J’ouvris la bouche lentement, hypnotisé par son regard d’azure puis me ravisa.

- Euh … non, murmurais-je en clignant des paupières, de quoi on parlait déjà ?

- Bah, de Superman.

- Ah … ouais.

    Je m’emparais d’une nouvelle frite en souriant. Dieu que j’aurais aimé que ce genre de moment avec lui continue pour l’éternité.

- Et tu sais le pire? reprit-il en versant du ketchup en abondance sur ses propres frites. C’est qu’au Canada, ils mettent de la mayonnaise dans les hamburgers.

    Je souris. Oui, pour l’éternité même si parfois, j'ai un peu de mal à le suivre.

...

Mais non ça piétine pas XD ça vient ça vient, parce qu'en fait y'a deux histoires en une alors je dose je dose ^^

 

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.114) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
Que du bonheur - Chapitre 5

  • cicipouce

    mar 16 jun 2009 09:12

    On veut savoir c'est quoi cette histoire avec ce Ray !!!

    Et puis c'est dégueu la mayonnaise dans l'hamburger xDDDDD

  • mimieec

    jeu 11 jun 2009 00:10

    mdr ben dis-donc il faut suivre avec Tony XD superman-Ray-les hamburger(ray-superman-les hamburger

  • Plaisance

    ven 05 jun 2009 11:15

    Mouaha, j'aime leur conversation à Danny & Tony!
    Par contre jme demande bien ce qu'il se passe vraiment entre "le-motard-pas-commode" en Tony! xD

  • YaYa

    ven 29 mai 2009 17:34


    C'est tout

  • Lilly

    mer 27 mai 2009 15:55

    Aaaah, moi, je veux savoir ce qui y a entre Tony et Ray, histoire de savoir si Danny a une chance. Je veux en savoir plus sur Tony tout court, il est tellemetn mystérieux, je crois que je le péfère à Danny, !
    En parlant de Danny, son histoire est bien glauque, quand même, c'est traumatisant même... pourtant, ça a pas l'air de l'avoir plus choqué que ça.
    Vivement la suite !
    PS : merci pout tes compliments et il n'y a pas que toi qui galères pour laisser des com' donc je précise, mdr.


 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS