Que du bonheur - Chapitre 2  (Que du bonheur ( terminé )) posté le samedi 09 mai 2009 18:04

le 2 novembre

- Putain je suis encore en retard !

    Malgré tout, j’ai continué ma petite routine. Je ne l’ai pas vu pendant deux jours à travailler comme un fou et à vrai dire, j’ai tenté de ne plus y penser. Pourtant, chaque fois que je sors de chez moi, je ne peux m’empêcher de regarder sa porte. Sortira sortira pas?

     Et ce matin - encore en retard - j’attrapais mes clefs quand mon téléphone sonna. Bon sang, ils sont contre moi c’est pas possible? C’est Philou qui va encore s’énerver je le sens. Je décroche.

- Mais quoi bordel? hurlais-je en rabattant ma veste sur mon épaule.

- Salut étalon de mes rêves.

    Ma femme-dinde.

- Je suis en retard là! soupirais-je en souriant néanmoins.

- Je passe te voir ce soir. Je te préviens histoire qu’on ait autre chose à manger qu’un croûton de pain.

- Ah la dernière fois c’était cas de force majeur.

- Mais oui c’est ça.

    J’ouvre ma porte en bataillant pour la refermer avec une main prise.

- Écoutes, je vis à deux cent à l’heure, je bosse vingt quatre heures sur vingt quatre je n’ai même pas le temps de m’acheter à bouffer alors demandes pas monts et merveilles non plus !

    J’attend une réponse qui ne vient apparemment pas. J’ai enfin réussit à refermer ma porte à clef. Je regarde mon portable. Plus de batterie. C’est ça quand on fait attention à rien le soir en rentrant sauf à faire gaffe de ne pas en mettre partout quand on se branle devant un film porno.

    Je range mon portable d’un geste furieux en marmonnant :

- Putain c’est pas vrai connerie de chiotte de merde!

    J’entend un rire bref puis :

- Bonjour.

    Je me retourne vivement, prit sur le fait. J’ai l’impression d’être un enfant désobéissant qu’on aurait prit en flagrant délit de bêtise.

- Euh …

    Mais c’est pas vrai j’ai perdu mon cerveau entre hier et aujourd’hui au quoi? Tony me sourit - et pourquoi je me souviens de son nom ? Ses yeux sont plus clairs, ses cheveux défaits lui chatouillent les épaules, ce tee-shirt qui ne semble pas être le sien pend sur son épaule. Il n’a ni sac ni manteau. Juste ses clefs et ce sourire épanoui. Il a découché cette nuit. Malgré moi, mon cœur se serre.

- Désolé, lâchais-je en détournant le regard.

    Il rigole.

- J’ai entendu votre conversation, reprend-il doucement, je travail au Leader Price de Boissy. Pendant ma pause je peux vous faire quelques courses si vous voulez? Enfin, je vous dois bien ça.

    Je lui ai évité de se faire plumer par un crapuleux c’est pas vraiment comme si je lui avais sauvé la vie monté sur mon noble destrier. Mais je mœurs d’envie d’accepter son offre, ça me permettra de le voir plus souvent et d’abuser de son temps … Quoi?!

- Non merci, répondis-je brusquement.

    Il perd son sourire et baisse les yeux. Apparemment, il ne s’attendait pas à ça. Légèrement honteux, je l’ignore, le contourne et descend les escaliers. Non mais n’importe quoi!! Ma fiancé m’appel trente secondes avant pour m’informer que je risque de passer une nuit de folie - et Dieu sait combien j’en ai besoin - et moi j’ai envie de draguer un mec! Qui, cela dit en passent, à l’air bien plus fragile et doux au toucher que ma blonde. Stop ! Mickael Jackson sort de ce corps, je ne suis pas intéressé par les petits garçons. Je me serais fais prêtre catholique j’aurais eu un succès fou.

    Arrivé au boulot, même place de parking, même atmosphère gris - la pluie en plus - et même supérieur névrosé qui me chie sur les pieds.

- Pérez t’es encore en retard!! hurle Philip Starkey.

- Sans blague, marmonnais-je.

- Quoi?

- J’ai rien dis.

    Cette fois, Karl et Doug sont là. L’un est penché sous le capot ouvert d’une fiat et l’autre tente de redresser une carrosserie qui a connu des jours meilleurs.

- Salut Dany! me chantent-ils en cœur.

     Je leur répond aussi positivement que je le peux et pars me changer. J’enfile ma salopette bleue - oui à mourir de rire, il ne me manque plus que la moustache - et prend un café-jus-de-chaussette offert par la maison. Et après Philou a le culot de dire : c’est moi qui régale.

    Je sirote mon truc immonde en repensant à ce qu’il s’est passé dans l’immeuble. Il voit quelqu’un? Qui? Une fille ou un garçon? Pourquoi est-ce qu’il a l’air si mignon? Grand Dieu quand je repense à son sourire. Ses yeux …

- DANY !!

    Je sursaute et me retrouve nez à nez avec Philou.

- Bah cris pas j’suis pas sourd, râlais-je de mauvaise foi.

- Tu te fous de ma gueule ou quoi ça fait trois plombes que je t’appels!

    Il a l’air de bonne humeur lui comme toujours.

- Aujourd’hui tu changes les plaquettes de frein de l’Audi bleu et j’attend Madame Gomez qui vient pour faire changer les pneus de son Kangoo tu t’en occuperas.

- À vos ordres Saïd.

    Il semble vouloir faire demi-tour pour me balancer une de ces vannes bien piquantes dont il a le secret puis se ravise au dernier moment en soupirant. Il sort de la salle de repos. Trop fatigué pour vanner ! Ça cache quelque chose. Karl arrive tout souriant dans la pièce.

- Alors grand Dan, me lance-t-il joyeusement, on a trop fait la fête et on peut plus se lever? J’avoue que je préfère un beau connard bien monté mais ta blonde c’est quelque chose!

    Ah, ma femme-dinde soulève bien des polémiques.

- Je peux te poser une question? lui demandais-je le plus sérieusement du monde.

- Non.

- Le Leader Price à Boissy, tu sais à quelle heure il ferme?

     Il me regarde, un sourcil au garde à vous, et son gobelet de jus de chaussette fumant - oublions le terme : café - touchant ses lèvres.

    19h00

    Plutôt que de rentrer directement chez moi, je bifurque vers Boissy. Selon une source sûre - Karl en fait mais c’est pas grave - ce petit supermarché de village ferme à dix-neuf heures quinze. J’ai le temps. En onze ans, je n’ai mi les pieds qu’une seule fois dans cette superette, et j’ai du mal à retrouver l’entrée - quelle idée de la planquer derrière des hangars aussi. Alors que ma voiture approche du parking, mon esprit pèse le pour et le contre. Pourquoi le ramener? Parce qu’il me plait c’est évident. À quoi ça va me mener? À une histoire de sexe avec un peu de chance. Et c’est bien? Non. Alors pourquoi tu vas le chercher? Parce que le cœur a ses raisons que la raison ignore.

    Bon sang ce qu’elle est pourrie mon excuse!

    On recommence : pourquoi le ramener? Parce qu’il est gentil avec moi et j’ai été un vrai con avec lui ce matin. À quoi ça va me mener? À devenir son ami, et rien d’autre que son ami.

    Ah cette fois ça me plait !

    Ma voiture pénètre sur le parking et là, d’un brusque coup de frein, je stoppe. Devant moi, le parking est vide mis à part deux voitures que je devine appartenant à deux employés, et une moto. Noire. Appuyé dessus, un homme fume. Je le reconnais. Long cheveux noirs, veste noire, jean noir, lunettes noires. Une allure de mafieux d’abord, puis de vieux motard à présent. Il s’agit de l’homme que j’ai croisé deux jours plus tôt, peu après ma rencontre avec Tony.

    Sa tête se tourne vers moi. L’air lourd chargé d’humidité a grisé le ciel et rendu glissante la chaussé. Cela plombe l’atmosphère dans une étrange scène de film noir. Je devine son regard sur moi. De la fumée s’échappe de sa bouche lorsqu’il expire, sa cigarette à la main. Au loin : un grondement sourd. La pluie s’apprête à tomber de nouveau et cette fois, il y aura un orage. Grave et violent. Mon moteur gronde.

     Soudain, il tourne la tête vers le magasin. Il se relève, je n’existe plus. Un mouvement attire mon regard également et un groupe de gens s’extirpe de derrière une grille blanche. Un grand homme, deux femmes minuscules et Tony. Mon cœur s’arrête quand je le vois qui sourit. Mais ce sourire ne m’est pas adressé. D’un geste fluide du bras, il fait un signe d’au revoir à ses collègues et avances vers le motard qui vient d’écraser sa cigarette du pied. Il lui sourit, lui parle. Sans demander mon reste, je tente de me faire le plus discret possible avec ma voiture et ressort du parking. Un coup d’œil dans le rétroviseur intérieur m’indique qu’il ne m’a pas vu. Qui n’a même pas pensé un seul instant à regarder ma voiture.

    J’ai désormais des réponses à mes questions : il est gay. Mais il n’est pas libre.

Ah cette fois Gabie a réussit un truc qui lui plait ! Comme quoi le Yaoi peut aussi être source d'auto-satisfaction ( y'a aussi peut-être le fait que j'ai fumé deux pètes avant d'écrire mais ça, on va éviter d'en parler XD )

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Tous les commentaires de l'article:
Que du bonheur - Chapitre 2

  • tryto-remember dim 13 sep 2009 10:58
    Et bim ! Un gay ! J'adore le YAOI ^^

  • tryto-remember lun 27 jui 2009 15:55
    c'est bien moi j'aime vraiment

  • Youn

    sam 11 jui 2009 08:54

    Et vlan !
    The problème xDD

    PS : J'adore le coup de la femme-dinde, je crois que je m'en remettrais jamais mdr

  • julien

    mer 01 jui 2009 11:04

    ave le motard je sens ke sa va pas le faire!!!

  • cicipouce

    mar 16 jun 2009 08:48

    Oula le début de la vie heureuse et sans doute comme dans un conte de fée pourri et coincé dans la vrai vie ... Bon tout ça pour dire qu'il est dans la merde !! lol

  • Deadly

    mer 03 jun 2009 08:42

    Haha le mec qui se cherche des excuses pour se rassurer sur son orientation sexuelle xD
    Mais c'est grillé ! Trop tard

    Je le vois trop sortir du parking complètement ratatiné derrière son volant xD

  • YaYa

    sam 09 mai 2009 20:13

    J'avais oublié de te le dire mais être dans la tête de Dany c'est excellent
    Yataaa Tony est Gay
    Comme si tu ne le savais pas bécasse
    Mais heeuuuuuu mon bonheur artificiel

    Comment ça folle ? Moi ? Nooonnnnnn !!
    Dingue, oouuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

    Ho et puis j'adore la nouvelle déco du blog, ça aussi j'avais oublié de le dire, j'oublie beaucoup de chose en ce moment
    Et le papillon de la présentation de Sylphideland j'adore les papillons

    Bon ben bon week end, y tout y tout
    Bisouuuuuu
    je t'aimmeeeeuuuuuuuuuuu


 

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