« Bradley Hastings, un riche petit trou du cul pourris jusqu’à la moelle… »
Voilà à quoi pensait Frederik Martin en appuyant sur la sonnette d’une luxueuse propriété. Il fourra ses mains dans les poches de son pantalon bleu marine, taillé à la perfection, en signe d’impatience. Grand et svelte, la peau légèrement bronzée, il émanait de lui une sorte de prestance hostile. La montre en or qui brillait à son poignet rajoutait cette note d’élégance en trop. Mais un raffinement exquis rayonnait de cet homme brun.
Il aurait tout donné pour porter ce nom, Bradley Hastings, tout donné pour avoir ce charisme, ces traits de visage, cette musculature…Bradley Hastings était un homme qui avait tout pour lui et qui prenait toujours un malin plaisir à tout gâcher. Pas plus tard qu’il y a quelques mois, il avait trouvé le moyen de tromper sa femme le jour des noces. Pas très poétique, en somme.
Frederik Martin s’apprêtait à appuyer de nouveau sur la sonnette mais la porte s’ouvrit devant une femme blonde au visage fin et yeux bleu pervenche. Elle portait un débardeur rouge bordeaux qui faisait ressortit sa poitrine et une minijupe en jean. Un léger trait de maquillage embellissait son visage. Elle sourit.
Et voilà, Bradley s’était encore laissé allé à une nuit de débauche dont il n’aurait certainement aucun souvenir.
- Vous êtes? demanda-t-elle d’une voix faussement enjouée.
- Euh…le collègue de Brad…il est ici? rétorqua Frederik.
- Oui il est ici.
L’homme en costume d’affaire s’écarta pour laisser passer la jeune femme. Elle semblait pressé de partir, les lèvres pincées, elle remonta la lanière de son sac sur son épaule.
- Vous lui direz de ma part que se n’est qu’un salopard! lança-t-elle en tournant les talons.
Frederik Martin la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse au coin de la rue. Il franchit la porte restée ouverte et risqua un œil à l’intérieur de la maison. Elle était très spacieuse. Des tableaux de grands artistes embellissaient ses murs, les fauteuils de cuir brun semblaient neufs, une table de verre était posée sur un tapis de style orientale aux couleurs vives et chaudes, une télé écran plat remplissait la presque totalité du mur et une immense porte fenêtre donnait sur un jardin avec piscine.
En face de ce salon était la cuisine, belle, grande et coûteuse avec un bar et un frigo américain, distributeur de glaçons. Séparant tout cela en deux, un grand escalier sombre qui menait aux chambres. Un mobilier fringant, un luxe inutile. Bradley avait toujours adoré ce qui était tape à l’œil. Tout ce qui n’était pas cher ne valait rien pour lui. Il avait grandit dedans après tout. Tomber dans ce luxe lorsqu’il était petit.
- Brad?!
L’appel de Frederik se répercuta dans toute la maison sans qu’il n’y ait de réponse. L’homme décida d’attendre un peu et se dirigea vers la cuisine, s’attardant à préparer un bon café. Il ouvrit placards et tiroirs en connaisseur, comme s’il s’était agit de sa propre maison. Alors qu’il remplissait la cafetière d’eau chaude, il entendit un bruit de porte puis celui de l’eau qui coule avec violence. Bradley Hastings était sous la douche. C’est ce qu’il faisait toujours après s’être levé.
Ce qui énervait le plus Frederik, c’était la façon dont Bradley avait de se foutre de tout. Un « je m’en foutisme » agaçant qui avait le dont de l’énerver au plus haut point. Mais Bradley avait été habitué dès sa naissance à tout recevoir d’un simple claquement de doigt, alors bien sûr, il n’avait pas eut à se battre pour la notoriété. Son nom seul avait suffit à l’élever au plus haut.
Après plusieurs minutes, il posa sur le bar une tasse de café fumante et s’occupa de nettoyer la cafetière. Il était assez maniaque et aimait que tout soit propre. Il entendit des pas dans les escaliers et vit apparaître son collègue, Bradley Hastings. Il ne portait sur lui qu’une simple serviette autour de la taille. Sa peau blanche avait quelque chose de mystérieux et de froid, ses épaules étaient carrées et son torse musclé. Sa passion pour la natation était plus qu’évidente. Il fixa Frederik d’un regard gris acier qui le cloua sur place, ses cheveux blonds platine étaient encore mouillés et lui donnait l’apparence d’un chien sortit de l’eau qui venait de s’ébrouer. Fourbe et taquin. Deux mots qui qualifiaient le mieux cet homme mystérieux au visage enjôleur. Toute femme qui posait son regard sur cet être se sentait irrésistiblement attiré par lui et d’ailleurs, aucune ne lui avait résisté jusqu’à aujourd’hui. Elle lui tombait toutes dans les bras, sans qu’il est à fournir d’effort. Évidemment, cette image de mauvais garçon qui lui allait si bien, y était pour beaucoup. Il était le mystère et la passion. Deux feux étourdissant pour la plus prude des femmes.
- Qu’est-ce que tu fous là bordel de merde! lança Brad en s’ébouriffant d’avantage d’un geste de la main.
C’était sûr et certain, Brad était tout ce qu’il y avait de plus séduisant. Même si, bien évidemment, il se laissait toujours allez à quelques écarts de conduite en sa compagnie. Un peu comme maintenant.
- Moi aussi ça me fait plaisir de te voir, rétorqua Frederik.
L’envie de lui envoyer son point à la figure le démangeait. Lui était levé depuis plusieurs heures et trimait comme un fou pour maintenir la société à flot, pendant que son collègue se prélassait dans le luxe et la débauche.
Brad contourna le bar, ignorant la tasse de café et ouvrit un placard pour en sortir une bouteille de scotch. Il retira le bouchon d’un geste vif, provoquant un « pop » sourd qui fit tourner la tête de Frederik vers lui. Lorsqu’il le vit se remplir un verre d‘une généreuse rasade, il lui arracha la bouteille des mains, l’arrosant de scotch au passage.
- Putain! hurla Brad en s’écartant vivement.
- Quoi! coupa Frederik. Tu veux te bourrer la gueule dès le matin! Je t’ai fais du café.
- Tu peux te le foutre où je pense ton café.
Brad s’empara de son verre dans l’intention de le boire mais Frederik lui arracha des mains pour vider son contenu dans l’évier. Il venait de le défier. C’était exactement ce qu’il ne fallait pas faire: se mettre entre Bradley Hastings et son verre.
- Tu fais chier sérieux! rétorqua Brad en se frottant la tempe dans une grimace de douleur.
Après avoir réduit Frederik au silence par un simple regard, il partit s’assoire au bar et commença à remuer son café à l’aide d’une cuillère d’argent, le regard perdu dans le vide. Il était las et ne cessait de soupirer. Son collègue rangea la bouteille et commença à nettoyer le verre. Brad eut un rire sans joie.
- T’as consulté un psy pour ta maniaquerie stupide, lança-t-il dans un rictus en se passant la main dans les cheveux.
Frederik ne répondit pas et se contenta de ranger le verre puis s’approcha du bar. Il fulminait de rage, mais lutta pour ne rien laisser paraître. Il fit face à Brad, un torchon de vaisselle à la main, et planta ses yeux marron dans ceux, glacials, de son collègue.
- T’es qu’un salopard, lâcha-t-il.
Brad n’eut aucune réaction visible sur son visage.
- Je ne m’attendais pas à une telle marque d’affection venant de toi Fred, rétorqua-t-il sans cesser de remuer son café, impassible.
- C’est la blonde qui m’a dit de te dire ça, continua Fred en fronçant légèrement les sourcils, de plus en plus énervé.
- Une blonde! Quelle blonde?
Brad avait l’air sérieusement étonné. Fred avait envie de l’attraper pour le secouer comme un pommier. Jamais personne ne l’avait autant fait sortir de ses gonds, lui qui était pourtant d’un calme à toute épreuve, ses nerfs avaient tendance à vite lâcher en présence de son collègue.
- Celle que j’ai croisé en rentrant chez toi, répliqua-t-il frustré, contenant du mieux qu’il pouvait sa colère évidente. Sauf que elle, elle sortait et avait l’air drôlement furax.
- Je ne me souviens pas avoir invité une blonde chez moi t’as du te tromper de maison, vas donc voir chez les voisins si j’y suis.
Le ton que Brad avait prit était agressif, sa voix fut aussi glacial que son regard et provoqua un écho dans la maison, qui fit monter des frissons le long de la colonne vertébrale de Fred. Son collègue avait toujours eût le don de provoquer cette réaction chez ses interlocuteurs. Cette façon qu’il avait de le regarder et de le toiser, remplaça la colère de Fred par une peur soudaine. Jamais il n’avait réussis à cerner son ami. Un coup il pouvait être tout à fait séduisant, et l’instant d’après incroyablement acerbe. Le matin rassurant et joyeux, le soir terrifiant et morne. Ça, quand il passait des mauvaises journées, il était encore plus insupportable et malheureusement pour lui, ses journées étaient rarement bonnes. De toute façon, Bradley Hastings avait prit cette habitude de ne jamais être content. Carrément méchant, jamais content, comme disait le dicton.
Brad se leva et partit s’assoire dans un de ses fauteuils en cuir brun. Il s’empara de la télécommande et alluma la télévision d’un geste vif de la main. Fuir les discutions, les responsabilité, c’était un art ou il était passé maître. Fred attendit qu’il se détende un peu avant de lui apporter sa tasse de café qu’il posa sur la table de verre. Il resta debout à côté de lui, les mains dans les poches. Il hésitait entre balancer tout son venin sur Hastings ou bien le caresser dans le sens du poil. Mais il savait par expérience qu’un Brad en colère équivalait à un ours maniaco-dépressif.
- Tu devais en tenir une bonne hier soir, lança-t-il en gloussant pour tenter de détendre l’atmosphère.
- M’en parle pas j’ai un mal de crâne horrible…, rétorqua Brad à voix basse.
À la télé, les cartoons défilaient, le son coupé. On voyait clairement Coyote se faire avoir une nouvelle fois par l’un de ses propres pièges débiles. Brad eût un petit rire et s’empara de sa tasse de café avant d’en boire une gorgée. Et voilà qu’il recommençait cela. Il n’avait donc aucune fierté! Fuir ainsi les responsabilités à tout bout de champs. Jamais il n’avait de remords, la vie était un jardin de rose pour lui, il ne s’inquiétait pas plus que ça de savoir qu’une femme venait de sortir de chez lui, bouleversée et énervée, alors que lui ne gardait aucun souvenir de leur nuit. Et oui, Bradley Hastings avait la tête dans les nuages et Frederik Martin, les pieds dans la merde. Le problème lorsqu’on s’élevait trop haut, c’était la chute. Elle faisait toujours mal. Fred se sentit bouillonner intérieurement, et il ne put retenir complètement sa rage.
- T’en n’as pas marre de cette gueule de bois tous les matins? reprit-t-il furieux. T’en n’as pas marre de te bourrer la gueule tout le temps comme ça!
- Épargnes-moi ta leçon de moral habituelle, coupa Brad d’un ton las.
- Et cette fille là…non mais d’où elle venait cette traînée!
- J’en sais rien et fermes un peu ta gueule!
- Écoutes! Là c’est plus le collègue qui te parle mais l’ami! Ça fait deux jours que tu viens plus bosser! Je veux bien que tu te remettes de tes émotions mais faire mon boulot et le tiens c’est légèrement infaisable! Et puis merde tu l’as cherché non! C’est de ta faute si t’es dans cette merde mon gars!
- Merci tu m’aides vachement, répliqua Brad en levant les yeux au ciel.
- De toute façon qu’on t’aide ou pas tu nous envois balader alors, coupa Fred d’un ton las.
- Oui, pas faux, alors pourquoi tu viens toujours me casser les couilles?
Fred n’avait jamais fait de mal à personne. Mais là, cela risquait de changer. Ce Bradley Hastings était têtu, borné et insouciant. Seul sa petite personne l’intéressait, il n’en avait cure des problèmes des autres et en l’occurrence, ceux de Fred.
Un miaulement aigu mais étouffé raisonna. Fred tourna la tête vers la porte-fenêtre gigantesque et partit l’ouvrir, laissant entrer un chat roux tigré de noir.
- Tu ne t’es toujours pas débarrassé de cette carpette! lança-t-il en refermant la porte-fenêtre.
L’animal sauta sur les genoux de Brad et s’y allongea en ronronnant et fermant doucement les yeux.
- Tu rigoles ou quoi! rétorqua celui-ci en la caressant doucement. C’est la seule femme qui ne me lâche pas je vais pas la foutre dehors!
Il y avait vraiment de quoi hurler d’indignation. Brad était égoïste au point de tourner tout cela en ridicule. Et il rigolait maintenant, heureux une nouvelle fois de mettre son ami dans l’embarras le plus total et la rage la plus folle.
- Non mais regarde toi! coupa Fred en maîtrisant ses mots avec un force surprenante. Te voilà réduit à faire des mamours à un chat bon sang!
- Tu comprends rien à l’amour, lâcha Brad en grattouillant la tête de l’animal. T’es qu’un gland.
Il tournait de nouveau cela en ridicule! Fred était bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds cette fois. Voilà maintenant sept ans que Brad le menait ainsi à la baguette. Il décida d’y allez franco, quitte à le blesser et provoquer le réveil de l’ours maniaco-dépressif.
- Peut-être mais moi au moins je me suis marié, railla-t-il acerbe, conscient de l’efficacité de ses paroles.
- Ta gueule!!! répliqua froidement Brad en le toisant d’un regard noir.
Bingo!
- Mais où est passé le Brad que j’ai connu en fac! lança Fred en criant presque, conscient qu’élever la voix n’était pas la meilleur des solutions.
- Tombé dans les chiottes connard! répliqua Brad en le toisant froidement.
Fred laissa ses bras retomber mollement le long de son corps. Il avait de nouveau perdu ce combat. Une fois de plus, le voilà résigné à obéir aux caprices de ce gosse de riche. Mais ce n’était que parti remise. Sa revanche approcherait tôt ou tard.
- Bon. Viens, je te sors d’ici on va au bureau, ça te changera les idées, lança-t-il en reprenant un ton mielleux.
- Non merci, rétorqua Brad sans même lui porter un regard.
- Brad…
- N’insiste pas je vais rester là avec ma chatte.
Brad eût un petit sourire en coin, charmeur pendant quelques secondes, apparemment heureux de sa phrase. Qu’il était grotesque. Tout à fait charmant tout en était détestable. Impossible à cerner.
- Viens je te dis bordel! reprit Fred en sentant le pression monter de nouveau.
- Tu n’arriveras pas à me faire changer d’avis, ça ne sert à rien, coupa Brad d’un ton moqueur.
- On paris?
Brad le fixa, l’air décidé à en pas se laisser faire. Mais c’était mal connaître Frederik Martin.
Bon voilà, c'est le premier chap^^
dans sa totalité
Jespère que ça vous plait, n'hésitez pas à me donner vos avis
et dites moi surtou ce qui, selon vous, mérite d'être changer ou maintenu
MERCI!!

















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