...
Le 25 Janvier 2007
…
Certains méritent leur
sort, ce châtiment qu’on appel la vie. Ces hommes qui ont un
jour osé faire du mal à leur prochain se retrouvent en prison, ou
leur existence devient une lutte de tous les
instants.
Mon seul crime ? Être
venu au monde.
Je ne suis pas en
prison. Mais c’est tout comme. À chaque fin de journée,
lorsque je quitte le lycée, je ne retourne pas immédiatement chez
moi. Car je sais que mes parents m’y attendent. Je traine
dehors, seul ou accompagné. J’ai quinze ans et déjà, un
profond mépris de mon existence.
- Hey ça te dit un pétard
?
Je relève les yeux sur
celui qui croit être mon ami. Il me tend un joint. Si seulement il
savait à quel point j’en ai rien à taper de lui et de tous
les autres. Je ne sais pas ce que je veux, je ne sais pas ce
qu’il me faut. Je sais juste que je ne suis pas à ma
place.
Je m’empare du
joint et tire une taffe, piquante. Je grimace.
- Mon frère nous emmène en boîte ce soir ça
te tente ?
Je détourne le regard et
mes yeux vert se perdent dans la foule qui se presse devant les
grilles du lycée. Comme une fourmilière qui vomirait ses ouvrières.
Ça rigole, ça cri, ça flirte. Tant de chose que je ne sais pas
faire. Et je souris.
- Nan merci, répondis-je simplement avant
de me lever.
- Bah quoi ?! C’était cool la
dernière fois pourtant ! Pourquoi tu veux pas ?
Sans rien répondre, je
me suis levé et l‘ai planté là. Pourquoi ? Parce que la
dernière fois ton frère m’a coincé dans les toilettes pour
que je lui en taille une voilà pourquoi. Les mecs très peu pour
moi. C’est pas parce que j’suis un peu gothique sur les
bords et que j’aime le rock que je suis forcément
gay.
J’ai continué ma
route, descendu la rue en passant près du parking des bus de
ramassage et atteint un banc au bout de quelques mètres. Je
m’y installe, le joint au coin de la bouche, sors mon lecteur
MP3 de ma poche et écoute mon rock à fond, sans regarder passer les
voitures, ni même les passants et encore moins le
temps.
Mon histoire est très
simple, et comme vous n’avez rien d’autre à faire, je
vais vous la raconter. Ma mère, une belle jeune femme aux yeux
vert, s’est marié avec un homme qu’elle aimait à
dix-neuf ans, elle a continué ses études de langues :
anglais-japonais, et est devenue interprète. Un jour, elle est
partie au Japon pour une durée indéterminée. Elle accompagnait
notre député des affaires étrangères. Sept mois après son retour en
France, je suis né. Mes traits typiquement Japonais n’ont
laissé aucun doute. Mon père ne lui a jamais pardonné.
J’avais cinq ans lorsqu’elle est morte. Accident
domestique. Elle est tombée dans les escaliers. Mon père a put
fournir un excellent alibi puisqu’il était chez sa maîtresse.
Mais moi je me souviens. Ma mère n’est pas tombée toute
seule, il l’a un peu aidé, mais on ne croit pas un enfant de
cinq qui a la fâcheuse tendance à faire des cauchemars. Deux mois
plus tard, mon père se remariait. Et cette femme fut incapable de
lui donner un enfant. Voilà. Tout serait d’une simplicité
enfantine si seulement ça n’était que ça. Mais, cet homme que
j’appel mon père, et qui n’a jamais pardonné à ma
génitrice, ne m’a pas non plus accordé son pardon. Il est
programmeur informatique, ses journées sont longues et monocordes
alors, lorsqu’il rentre, il boit un peu, beaucoup, et si je
suis dans son champ de vision lors de l’une de ses nombreuses
crises de la quarantaine, il me tape dessus. C’est ainsi. Le
plus souvent, cette femme qu’il a épousé est là, tout à côté,
et ne bouge pas d’un cil. Ça n’a pas l’air de la
déranger. Je sens qu’il lui en veut à elle aussi,
puisqu’à cause de sa stérilité, il est obligé de se contenter
d’avoir un fils comme moi. Un fils qui lui rappel que sa
première femme ne l’aimait peut-être pas
énormément.
La nuit et le froid
m’entoure. Le cadavre du joint gît à mes pieds depuis
plusieurs heures, les quelques cent chansons de mon MP3 ont toutes
défilé deux fois, alors je me décide enfin à jeter un coup
d’œil à mon portable. Vingt-et-une heure et trente-sept
minutes. Je devrais peut-être commencer à rentrer. Ankylosé et
engourdi par le froid, je me lève, mon sac sur une épaule, et
reprend ma route. Une demi-heure plus tard, me voilà chez moi.
J’ouvre le portail et aperçois, tout près de la porte
d’entrée, le chat de la famille et sa fourrure fauve. Il
pousse un miaulement aigu en me voyant approcher et se frotte
contre la porte, suivant chacun de mes gestes de ses yeux
jaunes.
Une fois la porte
ouverte, l’animal s’engouffre à l’intérieur, la
queue droite, son estomac dictant ses pas : droit vers la cuisine.
Moi je referme la porte d’un geste nonchalant. Tout est
éclairé. Dans le salon, j’entend la télé. Je retire mes boots
New Rock en cuir et métal, les laissant volontairement trainer dans
l’entrée, et prend la même direction que le chat. C’est
qu’un estomac, animal ou humain, quand ça a faim, ça fait pas
semblant.
Le chat - il
s’appel Monsieur Storm - a grimpé sur la table et me regarde,
miaulant désespérément. J’attrapa sa gamelle, planquée sur le
frigo, et lui sert une bonne dose de croquettes. Il ronronne. Une
petite caresse et j’ouvre un placard, m’empare
d’une boîte de cookies aux pépites de chocolat et, sans
demander mon reste, je monte les escaliers, suivit de près par
Monsieur Storm.
Il est vingt-deux heures
vingt-deux lorsque je prend ma douche. L’eau chaude réchauffe
mon corps, le noir que j’ai mis autour de mes yeux coule sur
mon visage. Propre et détendu, j’enfile un simple tee-shirt
et file dans ma chambre. La porte se referme derrière moi. Sur mon
lit, un Monsieur Storm heureux et ronronnant.
- Alors ? je lui demande dans un sourire.
Combien tu t’es fait de minettes aujourd’hui
?
L’animal ferme
paresseusement les yeux, épicurien. Je lui souris. J’aurais
tellement aimé être un chat. Je me retourne vivement car je viens
d’entendre des pas dans les escaliers. Je recule lorsque ma
porte s’ouvre et mon père surgit, me fixant de ses yeux
noirs. Ses cheveux hirsutes et sa barbe de trois jours lui donnent
un air menaçant. Il sert les points.
- C’est à cette heure-là que tu
rentres petit con !
Monsieur Storm crache et
saute du lit, mon père me gifle. Je titube, une main sur ma joue,
mais me redresse pour lui faire face. Il pointe sur moi un doigt
menaçant.
- Refais ça demain et j’te jure que
tu vas morfler !
Il ferme la porte
d’un coup sec. Monsieur Storm s‘en approche, grogne,
puis remonte sur le lit et s’allonge. Je frotte ma joue, mes
cheveux noirs encore mouillés tombant sur mon visage, et soupir
avant de me laisser tomber sur ma chaise de
bureau.
- Ainsi va la vie, dis-je
tristement.
Je m’empare de la
boîte de cookie. Monsieur Storm commence à faire sa toilette,
ronronnant de nouveau. Je mâche un biscuit, la joue
brûlante.
- Je pourrai peut-être faire mes devoirs
?
L’animal me
regarde, cligne des yeux, puis recommence à se lécher la patte. Sa
langue râpeuse sur ses poils provoque un bruit rugueux, mélangé à
ses ronrons, on pourrait penser à du rock. Je pousse un rire
bref.
- Nan, les études très peu pour moi,
t’as bien raison.
Monsieur Storm passe sa
patte derrière l’oreille.
- Pis toute façon j’m’en
tamponne.
Mon portable sonne. Je
décroche.
- Alors mon mignon ! me dit une voix que
j’identifie immédiatement. Pourquoi t’es pas venu avec
nous ce soir ?
Je raccroche. Ce
grand-frère commence à me taper sur le système, et j’approuve
pas le fait que mon « ami » lui ai refilé mon numéro.
Qu’est-ce que je vais faire d’un homo frustré
franchement ?
...
Le lendemain, je me lève
en retard, comme d’habitude. À peine habillé - pantalon en
cuir noir, ceinturon en forme de guitare, tee-shirt noir troué
marqué d’une tête de mort et blouson en vinyle noir - je
descend les escaliers. Ma pseudo-belle-mère, verre de scotch en
main, ne me jette pas un seul regard lorsque j’ouvre le frigo
pour avaler quelques goulées de lait frais. La femme a le regard
terne, dans le vide. Je verse un peu de lait dans la gamelle de
Monsieur Storm qui s’en régale puis m’en vais enfiler
mes boots New Rock. J’en ai à peine terminé avec ça que la
femme de mon père apparait, son verre toujours en
main.
- Je vais finir par me tuer, me
dit-elle.
J’ouvre la porte
et sort dans le froid de l’hiver. Monsieur Storm court dans
le jardin, saute le portail et disparait. Je sors une cigarette de
mon paquet et prend la route du lycée. À peine arrivé là-bas, mon
« ami » m’attrape :
- On s’est trop bien marré hier ! Mon
frère a été fou de rage que tu lui raccroches au nez par
contre.
- Mmh, fut ma seule
réponse.
Aucune autre matinée ne
fut plus longue et plus chiante que celle-ci. La sonnerie du
dernier cours avant la pause déjeuner retentit et, à peine mes
affaires furent-elles dans mon sac, qu’une jeune fille
apparemment dans ma classe, engagea la conversation
:
- Euh … excuses-moi
?
Qu’est-ce
t’as ?
Je me contente de lever
les yeux vers elle, l’interrogeant du regard. Je la reconnais
cette jolie brune, c’est la petite amie du caïd de ce bahut
de pouilleux.
- Je peux te parler ? me
demande-t-elle.
- J’ai pas le temps, répondis-je
gravement.
Elle sert son écharpe
dans ses mains.
- Ça ne te prendra que quelques minutes,
insista-t-elle dans un magnifique sourire, je voulais te dire que
… tu me plais beaucoup et …
- Stop ! Je t’arrêtes tout de suite.
Tu as un petit ami et j’tiens pas à avoir
d’ennuis.
- J’ai plaqué Flavien. Pour
toi.
Misère. Je soupire et
envoie mon sac sur mon épaule.
- Merci pour cette proposition mais
c’est non.
Et je sortis.
C’est que j’ai pas que ça à faire moi. Je m’exile
dans une salle de permanence, allume mon MP3, me calle contre le
mur et me perd dans mes pensées. Je pense à ma mère. Et si elle
était toujours en vie, comment ça se passerait ? Mon père la
bâterait elle, et non pas moi. Et se serait encore pire pour moi.
Se n’est peut-être pas si mal qu’elle soit
morte.
Le reste de la journée
s’est déroulé sur le même tempo. Sauf que, en sortant,
j’avais d’ailleurs prévu de rentrer directement chez
moi histoire de ne pas fâcher mon presque-paternel, j’ai été
coincé par un Flavien très en colère. Oui je sais, on ne voit ça
que dans les téléfilms. Mais après tout, ne sommes-nous pas tous
des personnages de roman qui ne comprenons pas toujours ce que veut
l’auteur ?
- Alors l’asiatique, on me pique ma
copine ?
Je le snobe royalement
et tente de le contourner mais il m’attrape par le bras et me
plaque contre le mur. J’ai quinze ans, je mesure un mètre
cinquante-trois et je pèse quarante-huit kilos, autant dire que
même chez les boxeurs poids léger on a vu mieux.
- Lâches ma copine ou tu vas
morfler.
Cher ami, on me menace
tous les jours alors c’est pas tes petites paroles qui vont
me faire faire dans mon froc.
- Gardes-la ta gonzesse, répliquais-je en
le repoussant, j’en veux pas.
Et je me suis pris un
direct du droit dans l’estomac.
- Parles pas d’elle comme ça petit
merdeux !
Un caïd au cœur
tout mou sous sa coquille toute dure. J’ai comme une envie de
gerber. Je suis tombé à genoux, autour de moi, Flavien et ses amis
se sont mi à rire. Le caïd me pousse d’un coup de pied en
riant de plus belle puis s’en fut. Je me retrouvais seul,
allongé sur le trottoir humide. Pathétique, des fois j’en
arrive à penser que c’est là ma place, sur le sol, dans le
caniveau. C’est ça mon monde, ce monde qui est le
mien.
À peine relevé, une
voiture s’arrête près de moi.
- Tu vas bien ? me demande le jeune homme
en descendant de son véhicule.
Je le
reconnu.
- Laisses-moi tranquille Georges, dis-je en
me relevant.
Il me
soutint.
- T’es sûr que tu veux pas monter ?
Je vais pas te laisser tout seul avec le coup que tu t’es
pris.
Le frère de mon
« ami » me sourit.
- Allez, t’en fais pas je vais te
ramener chez toi.
J’acquiesçai et me
laissai entraîner. Monté dans la voiture, j’ai commencé à
mieux respirer, mais mon abdomen me faisait toujours aussi mal.
Près de moi, Georges me jetait quelques coups d’œil
inquiets.
- Dès que ça va pas tu le dis
!
Je n’ai pas
répliqué.
- C’était qui ces abrutis ?
m’a-t-il demandé.
- Personne.
Il a
sourit.
- T’es pas commun
toi.
Georges s’est
arrêté sur un parking, tout près du parc qu’on nomme
« Parc des Capucins » et s’est tourné vers
moi.
- Ça te dit de te détendre un coup
?
Il a sortit un sachet de
poudre blanche de sa poche.
- Qu’est-ce que c’est que ça ?
ais-je demandé bien naïvement en connaissant la
réponse.
J’en ai fais des
erreurs, oui, je l’avoue. Je ne suis pas un adolescent
facile, je n’ai pas été non plus un enfant facile, et je
mérite peut-être ce qu’il m’arrive. Je la mérite
peut-être, cette prison.
- Du Cristal. Ça va te faire du bien. Tu
veux pas essayer ?
Seulement, une bêtise
comme celle-ci, j’aurais pu éviter.
...
Taaaaaaaaaaaadaaaaaaaaaa ! 
Et là je vous vois
venir : mais qu'est-ce qu'elle me fait cette Gabie de mes fesses !!
Il est où le rapport avec Dwen ?!! 
Et Gabie de vous
répondre : à première vu, y'en a pas 
Faut savoir aussi que
j'ai écris ça en regardant "Terminator 2" pour la
troisième fois en 24 h donc euh ... ça tient à peu de chose
L'identité du garçon
n'a pas été dévoilé z'avez remarqué ? Gabie ou l'art d'entretenir
des mystères inutiles 
Oui, chose importante
qu'il faut aussi que vous sachiez : Gabie traverse une zone de
forte frustration en ce moment, donc ça risque fort de se ressentir
sur l'écriture 
Sinon à part ça,
ça baigne 
BISOUS
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